Dernier Ferry pour le succès  

Auteur : Shinichi Sugimura
Editeur : Lézard Noir
Genre : Drame
Sortie : le 17 février 2022

Shinichi Sugimura nous livre une œuvre poétique pleine de valeurs humaines et de réconciliation avec son for intérieur. Sa protagoniste centrale, une scénariste en perte de vitesse, se retrouve, au gré du hasard, à imaginer une ultime œuvre, particulièrement efficace et gratifiante, se déroulant à bord d’un ferry le temps d’une croisière.

Avis de l’éditeur :

Yôko Kojiri est une scénariste à succès qui écrit pour la télévision. Mais le jour où elle est exposée à une affaire de moeurs, elle décide de se réfugier dans sa campagne natale et oublier les critiques qui s’étalent sur les réseaux sociaux. Pour cela, elle doit embarquer sur un bateau dont la particularité est de tourner en rond !

Mon avis :

Yoko Kojiri s’est forgée une solide réputation en tant que scénariste pour la télévision grâce à sa série « Boucle temporelle de nuit », se déroulant dans le quartier chaud de Kabukicho. Très rapidement, elle franchit les paliers de la réussite mais sa dernière série « Union sans fin » la précipite vers les abysses. En cause, trois raisons : le public peu réceptif à la folie du scénario, au fait qu’il soit plagié d’un roman et surtout au décalage entre le message transmis. Total 5% d’audimat… et la série annulée en cours.

Désastre total ! Celle qui roulait des mécaniques, prisée de tous, chute lamentablement. Ses proches prennent leurs distances, la snobent et la rejettent. Il en va de même pour ses histoires de cœur.

Dernier ferry pour le succes_Shinichi Sugimura_Lezard noir_extrait

Face à une telle situation extrême : le plus judicieux est de prendre le large. Ce que la jeune Yoko exécute sur le champs, partant au loin, retournant là où elle a vécu 10 ans plus tôt, avant de connaître la gloire … et la défaite. Empruntant le ferry « Old Castle » sur le lac des mirages pour une visite touristique se déroulant aux abords d’un récif volcanique, elle décide d’y rester quelque temps, sous le regard songeur et curieux du capitaine de bord et de son staff.

Se détacher des problèmes, songer au calme qu’apporte l’essence de la nature : Yoko sombre toutefois dans d’atroces cauchemars durant la nuit. Des songes étroitement liés à son récent passé tumultueux. Mais à bien y réfléchir, c’est l’occasion rêvée pour elle de se relancer avec un scénario captivant, grâce à la complexité de l’équipage de bord et des autres touristes tous aussi interpellant qu’elle. Est-ce le signe d’une nouvelle prose romancière qui lui permettrait de rectifier le tir ?

C’est de là que naîtra son futur Best-seller pimenté de sa touche créatrice et imaginative. Mais il incarnera également son dernier travail en tant que scénariste, une symbolique d’autant plus significatif. Une trame se déroulant sur un ferry avec ses récits croustillants, avec ses histoires d’amour entre inconnus ou amants, avec ses rives et ses dérives… où chaque mot, chaque syllabe s’alliera à l’espoir enfoui.

Shinichi Sugimura nous livre une œuvre poétique pleine de valeurs humaines et de réconciliation avec son for intérieur. Sa protagoniste centrale, une scénariste en perte de vitesse, se retrouve, au gré du hasard, à imaginer une ultime œuvre, particulièrement efficace et gratifiante, se déroulant à bord d’un ferry le temps d’une croisière.

Un temps nécessaire à Yoko afin de s’illustrer et de créer son ambiance, s’imprégner de son propre style, comme à l’époque où elle était une grande écrivain. Décidant de réécrire à la plume, délaissant volontairement les technologies modernes, elle s’engage à démontrer qu’elle peut encore transmettre une idée. Mais pour ce faire, seuls les témoignages recueillis lors ses interviews sur le ferry, auront leur utilité.

Une action en entraînant une autre. La voici face au capitaine de bord qui en pince pour elle ; ce qui n’est pas sans éveiller la jalousie d’une des vendeuses amoureuse du capitaine. Alors elle se questionne, s’interroge quant aux réelles motivations que poussent chaque protagoniste à venir se perdre en mer, loin des néons et du peuple.

Contrairement à une vaste partie du catalogue de chez Lézard noir, affichant des titres extrêmement débridés et / ou violents, mais dont l’impact visuel contribue à rythmer ses mangas, Dernier ferry pour le succès circule en eaux peu profondes, apaisantes mais par moments trop monotones. Certes, il en résulte cette image plutôt originale mais dont le fond manque de génie.

Il en est de même pour la technique graphique, calibrée la majeure partie du temps, mais sans parvenir à décoller le lecteur de son siège. Un trait trop fin se perdant par moments, qui s’efface presque, ne laissant que des ombres ou des croquis à déchiffrer. Des regards intenses mais des nez ridicules ou absents ; peu de créativité là où il devrait y avoir davantage de mordant.

Au final, on se retrouve avec une romance assez classique, gratinée d’une intrigue efficace mais sans révolutionner non plus le genre. Avec un trait plus authentique et précis, on aurait pu espérer un résultat plus probant. Demeure une idylle entre l’héroïne et son capitaine de bord. Sympathique mais un peu léger.

Loin des sentiers battus du panel proposé chez Lézard noir, Dernier ferry pour le succès plaira au public féminin  en quête d’aventure romanesque.

Coq de Combat

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