Jour J T46  

Les Noces de Sang (tome 1 sur 2)

Scénaristes : Fred Duval & Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Renato Arlem
Editeur : Delcourt Série B
Genre : Historique
Sortie : le 2 février 2022

« C’est bien, mon plan va coûter cher, et Dali est pauvre comme le Christ ! Mais il a des idées, encore plus que le Christ ! »

Avis de l’éditeur :

1936, le poète García Lorca est assassiné par les franquistes. Très touché, Salvador Dali décide de le venger. Se met alors en place une incroyable conspiration dont le but est d’empêcher Franco de prendre le pouvoir.

Mon avis :

Federico Garcia Lorca est froidement exécuté le 19 août 1936 dans la Province de Grenade. Apprenant la nouvelle, Salvador Dali déboussolé crie vengeance. Une vengeance impitoyable dont lui seul connaîtra l’étendue technique et tactique. D’abord, à Saint Ouen, aidé par un ami gitan, puis grâce au soutien du banquier Edward Jones monnayant les fonds du projet et enfin Manray, le faussaire qui donne le ton sur Paris.

Certes vénéré par ses proches, dû à sa notoriété sans égal, Dali n’en demeure pas moins un mystère. Comparant tout et n’importe quoi à des homards, créant des méthodes paranoïaques et illusionnistes au travers de ses peintures, l’homme et artiste traduit chaque parole qu’il scande telle une œuvre poétique synonyme d’un grand savoir… à tel point qu’en dehors de lui-même, personne d’autre ne parvient à réellement pouvoir décortiquer ce qu’il dit. Une encyclopédie vivante sur pattes, qui s’est juré de dénicher le responsable du meurtre de Federico.

Tandis qu’au Portugal, les événements se gâtent : les services secrets de Franco interagissent et signent un nouveau crime, à la vue médusée (ou homardesque) de Dali.

Jour J_T46_Les noces de sang_Tome 1 sur 2_Fred Duval_Jean-Pierre Pecau_Renato Arlem_Delcourt_SerieB_Page 1

« Dali ne boit pas, ça altérerait son jugement ! Et ça serait bien dommage ! »

Jour J revient sur le personnage emblématique, talentueux et troublé de Salvador Dali. Loin de retracer la vie du peintre, les scénaristes Duval & Pécau s’attardent sur sa vengeance vis-à-vis des fautifs d’assassinat sur la personne de Garcia Lorca, pour lequel il éprouvait de profonds sentiments.

Mélange subtil de folie et de génie qui peut se résumer à une séquence à la fois troublante et irrationnelle : Dali peint un homard géant prenant la pose sur une verge toute aussi gigantesque sur un mur de l’hôtel Altis Avenida, étant le plus réputé de la ville de Lisbonne.

Les consignes étaient simples : que tout le monde pense que Dali se trouve au Portugal pour une exposition. Seconde partie du plan : direction nord de l’Afrique où vont s’entremêler des pactes politiques.

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Bien que prenant, ce nouvel opus, premier des deux tomes prévus sur Dali, part dans toutes les directions. Les situations s’enchaînent sans temps mort, mais altèrent par moment la compréhension du fil du récit. Et la personnalité suffocante de Dali y joue son rôle. Il faut le suivre ce bonhomme et comme il le précise fort bien : Seul Dali peut comprendre Dali. Nous voici bien embarqués du coup !

Dali, intouchable, a ses entrées partout. Mais plus que sa renommée, il cherche à convaincre autrui de son génie, jusqu’à les balader ou les importuner volontairement sans pudeur.

La réelle force des Noces de Sang s’illustrent par la qualité optimale graphique signée Renato Arlem. Il suffit d’ouvrir ce titre, pour ainsi dire à n’importe quelle page, pour en être saisi d’émotions. Mais à bien y faire attention, la subtilité réside sur un choix pertinent des couleurs et un encrage épais et efficace. Les couleurs lumineuses projettent et accentuent la richesse graphique.

Un style moderne comparable à la plus value des films récents en ultra HD. Plus réel, davantage démonstratif, élégant et racoleur. Oui, dans ce schéma visuel en ressort une image tape à l’œil ultra efficace. Fort heureusement la qualité du papier « glacé » permet d’obtenir tel résultat. Un papier mat n’aurait pas permis d’offrir ce paysage réaliste, du moins perçant.

En résumé, Jour J s’attaque à du lourd en la présence de Dali. La trame s’appuie sur de solides bases pour toucher son lectorat, piétine quelque fois par des changements radicaux à 180° passant d’un étage à un autre sans crier gare, mais délecte par un trait et des nuances colorées absolument titanesques sur certaines planches.

Coq de Combat

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