Le Tueur – Affaires d’état T3

Variable d’ajustement

Scénariste : Matz
Dessinateur : Luc Jacamon
Editeur : Casterman
Genre : Polar
Sortie : le 27 octobre 2021

Ce troisième opus du cycle « Affaires d’état » clôturant cet arc, sonne quelque peu creux. Une première pour la saga, pour laquelle on se serait agenouillé par respect à plus d’une reprise.

Avis de l’éditeur :

Une planque au Havre, une couverture de cadre dynamique, la vie de bureau dans toute sa splendeur pour Le Tueur… Mais les communautés urbaines françaises se révèlent finalement des terrains d’intervention tout aussi violents que ceux qu’il a eu l’habitude de « nettoyer » quand il bossait à son compte.

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Mon avis :

Qui dit règlements de compte, dit divergences d’opinion. Mais tout porte à croire qu’il ne s’agit nullement de bandes rivales classiques jouant à celui qui détient le plus gros calibre. Les douilles retrouvées à proximité des cadavres et les impacts de balles logées en plein front ou au centre d’un cœur révèlent qu’il s’agit de professionnels pour le moins entraînés.

Dès lors, les deux inspecteurs, Eddy et Rodrigue, ne savent quoi penser : d’une part satisfaits que des raclures disparaissent de la surface de la Terre, de l’autre l’interrogation quant aux véritables mobiles de cette organisation. Alors qu’entre temps, le Maire Marchand vante les mérites de son parti politique, lui, idéalement placé pour monter les échelons du pouvoir…

Le duo d’auteurs Matz & Jacamon reprennent du service par l’intermédiaire de leur Tueur – implacable, efficace et surtout… très professionnel. En quatre cycles, notre éliminateur de poids morts s’est royalement illustré, faisant de cette série l’une des pointures incontournables en matière de polar moderne. Chaque album se complétant, suivant la même schématique pourvue de longs monologues issus de l’esprit du tueur, cet être intouchable, impénétrable, quasiment invincible.

A chaque titre, les auteurs font mouche, cartonnent et nous en mettent plein la vue. Et cependant, ce troisième opus du cycle « Affaires d’état » clôturant cet arc, sonne quelque peu creux. Une première pour la saga, pour laquelle on se serait agenouillé par respect à plus d’une reprise.

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En effet, comme l’indique le titre de ce récit : « Variable d’ajustements » ne demeurera pas parmi les moments forts de la carrière du Tueur. Certes, Matz maîtrise toujours son élément, dans son ensemble, personne ne dira le contraire. La trame se lit de manière décomplexée grâce à une certaine forme de fluidité. Mais contrairement aux grands tournants de cette saga, cet opus est de loin bien trop soft, trop léger, sans le moindre effet de surprise que l’on ait déjà pu contempler par le passé.

Ce que le lecteur souhaite plus que tout est d’accompagner le Tueur en pleine jungle, tirant sur des mercenaires, pourchassé et puisant dans ses dernières ressources. Or, ici, rien de tout cela. On doit simplement se contenter d’un semi-rôle de sa part, jouant sa carte d’employé, se pavanant dans des soirées mondaines avec sa copine du moment, qui ne dégage absolument rien. Un planqué administratif, vacant à ses petites activités, et fort heureusement pour lui : avec une cible à abattre en fin d’ouvrage.

Un mets peu appétissant qui ne traduit nullement l’atmosphère régnant au sein de cette fabuleuse série.

Et pour couronner le tout, les incessants monologues qui jusqu’à lors divertissaient pleinement le lectorat de leur richesse philosophique et métaphysique, manquent clairement de panache. Alors oui, nous avons compris le message : tous les humains sont englués dans une haine viscérale de leur prochain, l’humanité disparaîtra comme tant d’autres espèces avant nous, la loi du plus fort est la seule loi en vigueur. Et au final, il se trouve que personne ne s’en sortira.

Ce ne sont pas ces mots qui dérangent, mais la redondance d’idées, exploitées sous toutes ces formes.

On attend plus que jamais un nouvel arc, mais évoluant dans d’autres conditions. A la dure, sans pitié, comme l’indique les auteurs. Et une attaque réelle où, au moins, nous aurons le plaisir de contempler les méthodes du Tueur à nouveau à l’œuvre, car cette série possède indéniablement des arguments de taille.

Affaire à suivre avec quelques variables d’ajustement.

Coq de Combat

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