Mon rond-point dans ta gueule – Portraits de Gilets Jaunes

Scénario : Sandrine Kerion
Dessin : Sandrine Kerion
Éditeur : La Boîte à Bulles
Date de sortie : 9 juin 2021
176 pages
Genre : Documentaire et Reportage

« J’ai eu l’impression de revenir d’une zone de guerre civile qui ne dit pas son nom et qui se reproduit à l’identique samedi après samedi. Il y a une espèce de jeu, où les flics sont contents, où ceux qui veulent la confrontation sont contents. »

Présentation de l’éditeur

Le 17 novembre 2018, un mouvement non structuré ébranle la France et son gouvernement, l’émanation d’un ras-le-bol collectif qui pousse des centaines de milliers de personnes à protester ensemble contre la vie chère, les inégalités grandissantes, le manque de démocratie… Des groupes de Gilets jaunes campent durablement sur des ronds-points stratégiques, bloquant le pays pour faire entendre leur colère.

Sandrine Kerion était l’une d’entre eux. Afin de mieux rendre la réalité et la complexité de ce mouvement, elle a interrogé plusieurs de ses compagnons de lutte afin de retranscrire leurs témoignages en BD. Sans émettre de jugement sur leur discours, elle les écoute et les laisse s’exprimer, eux qui considèrent s’être tus trop longtemps et ont vu dans ce mouvement de « la France d’en bas » l’occasion de faire bouger les choses. Avec espoir puis, souvent, avec désillusion.

Le projet de l’autrice vise notamment à contrer les représentations – trop souvent caricaturales – des Gilets jaunes dans les média. Ces portraits rendent compte là de diversité des profils de ces personnes mais aussi des combats chers à chacun de ces Gilets jaunes. Une diversité qui faisait sa richesse mais qui a également causé son incapacité à se structurer…

Mon avis

Sandrine Kerion revient, dans ce reportage, sur le mouvement des gilets jaunes. Après une chouette préface d’Yvan le Bolloc’h (formidable, pour les amoureux de musique dans Le Plein de Super qu’il animait avec Bruno Solo sur Canal dans les années 90), la BD est découpée en deux parties distinctes. Tout d’abord un rappel des faits et événements qui ont donné naissance, entretenu et mis fin à cette contestation sociale. Puis, et c’est la principale raison d’être de cet ouvrage, neuf portraits de gilets jaunes se succèdent.

Mon rond-point dans ta gueule se veut donc dans un premier temps documentaire, le recul historique permettant de se replonger dans des événements vus et revus en boucle sur les chaines d’info à l’époque. Sandrine Kerion souligne avec habileté le contexte socio-économique du début du quinquennat d’Emmanuel Macron ainsi que les rouages et mécanismes politiques et médiatiques, même connus, de l’époque.

On parle encore DES gilets jaunes. Cette pluralité constitue intrinsèquement à la fois la force et la faiblesse du mouvement: le refus d’avoir un représentant du mouvement revient régulièrement sur le devant. Les nombreux manifestants expriment, d’une seule et même voix un ras-le-bol qui les rassemblent. Mais les formes de cette contestation diviseront l’opinion publique et ceux-mêmes qui ont porté le gilet jaune.

Le choix de donner la parole à ceux et celles qui ont occupé des ronds-points et/ou manifesté dans les rues, permet d’humaniser le mouvement, de mettre des visages et des existences en avant. Mon Rond-Point dans ta Gueule m’est avant tout apparu comme un témoignage d’une partie de notre société, sans tomber dans le portrait robot ni la caricature. Le récit du quotidien de Dany, Alexandre, Benjamin, Barbara, Michel, Gilles, Bris, Mathieu et Céline m’a permis d’y voir un peu plus clair sur les Gilets Jaunes et leurs expressions diverses d’une seule et même colère contenue jusqu’alors. Une lecture utile sur un phénomène de société complexe.

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Petitgolem13

2 commentaires sur “Mon rond-point dans ta gueule – Portraits de Gilets Jaunes

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  1. Les gilets jaunes sont pour moi le reflet du gouffre financier qui devient de plus en plus grand entre les élites et les autres. Quand on entend qu’actuellement des travailleurs ont du mal à boucler leur fin de mois et que la pauvreté n’arrête pas de progresser, il y a réellement un gros soucis et il ne faudra pas s’étonner qu’un jour cette colère leur pète à la gueule en effet.

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    1. Le souci c’est que me système capitaliste a gagné, le communisme a montré ses limites et sa corruption et que les riches peuvent se payer une protection qui empêchera les pauvres gens de les atteindre… Donc si ça pète, ce sont les pauvres qui en pâtiront encore

      Aimé par 1 personne

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