Aimer poux deux  

Scénario : Stephen Desberg
Dessin : Emilio van der Zuiden
Éditeur : Grand Angle
80 pages
Date de sortie : 29 septembre 2021
Genre : tranche de vie, WWII, drame.

« Elle devait être en train de me regarder partir quand je suis arrivée dans la rue. Elle a dû demander où j’allais, quand je reviendrais. Elle avait trois ans. J’en avais vingt-quatre. Et je ne me suis pas retournée. »

Présentation de l’éditeur :

Pour vivre son histoire d’amour, elle va renoncer à ce qu’elle a de plus cher.

Monique a 20 ans et ne rêve que de s’émanciper. En 1941, elle débarque dans un Paris occupé et découvre l’euphorie de la capitale. Elle fait la connaissance de Francis, l’épouse sur un coup de tête et donne naissance à Nicole. Mais Monique cherche à comprendre comment elle doit aimer sa propre fille, cette enfant innocente qui la prive de sa liberté…

À la Libération, Monique rencontre un officier américain et découvre le grand amour. Pour vivre sa passion, la jeune femme décide de renoncer à tous ses droits sur sa fille et l’abandonne à son père. Dorénavant, la mère et la fille sont faites pour se chercher, se rater, se retrouver. Une histoire bouleversante inspirée de la vie de l’auteur.

Aimer pour deux_Stephen Desberg_Emilio van der Zuiden_Grand Angle_extrait

Mon avis :

Découvert, pour ma part du moins, avec « Ecoline » : je ne pouvais pas ne pas trépider à l’annonce d’une nouvelle BD signée Stephen Desberg. D’autant que la couverture, de la plume d’Emilio van de Zuiden, est on-ne-peut-plus alléchante ! Un visage de pin-up faisant un peu penser aux Andrews Sisters, un joueur de jazz piano dont la vie ne tient qu’au Luger tenu par le nazi dans son dos, un militaire américain fusillant du regard un homme à lunettes qui, lui, tend une main protectrice vers la petite fille blonde qui nous regarde.

Quel beau méli-mélo !

C’est à peu près la vie de Monique qui débarque à Paris en 1941. Certes, la capitale est occupée, mais il y a tant à y vivre, tant à y voir – de bien comme de moche… très moche. Sous les yeux de la jeune étudiante défile la guerre comme la parade des américains vainqueurs. Pourtant elle vit, aussi bien que faire se peut. Pour ça, il faut se cacher pour atteindre les bars clandestins. Il faut accepter les diners au restaurant avec un officier nazi.

Pour un oui, pour un non : les gens se font tabasser dans les rues, embarquer dans un train pour un camp. Et pourtant, Monique arrive à profiter de sa jeunesse jusqu’au jour où elle tombe enceinte. Tout bascule dans sa tête : sa quête de liberté est interrompue par une petite tête blonde qu’elle devrait pourtant aimer.

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Sa vie n’a pas la saveur qu’elle espérait. Monique désirait ardemment le grand amour, la folie de la capitale des lumières, … elle n’écope que d’un mari qu’elle apprécie, mais sans plus, et qui l’emmène malgré tout dans les nuits endiablées. Tous les gens qu’elle rencontre lui semblent vivre plus intensément qu’elle, comme Gin, ce jazzman afro-américain tenant un club clandestin, ou Manon, la courtisane auprès de ces messieurs allemands dans l’espoir de sauver la vie de son fils qu’elle garde secrètement dans son fastueux appartement. Les deux prennent des risques. Énormément de risques. Mais ils vivent pleinement !

Tout comme le lecteur se retrouve totalement happé dans ce monde entre la terreur de la guerre et les attentes idylliques d’une jeune campagnarde arrivée en ville. Le dessin suit merveilleusement la trame, nous plongeant dans les délices vintage, les doutes et les peurs. On se surprend à ressentir les émois de notre héroïne à qui il est tellement facile de s’identifier. S’éprendre de Gin et de Manon, de leurs vies, leurs histoires, leurs malheurs…

On en oublierait presque le dilemme de Monique quand il lui est demandé de choisir entre sa fille et son grand amour. Mais il est bien présent, du début à la fin, fil conducteur presque imperceptible et pourtant bien ancré dans le cœur des protagonistes et du lecteur.

ShayHlyn.

Un commentaire sur “Aimer poux deux  

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  1. Mouais, malgré un sujet très personnel, Desberg n’arriva pas ( sans doute jamais) à faire émerger de l’émotion de de ses BD. C’est bien raconté mais sans plus. 3 cœurs à tout casser.

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