Phobos T.1

L’envol des éphémères

Scénariste : Victor Dixen
Dessinateur : Eduardo Francisco
Editeur : Glénat
Genre : Science-Fiction
Sortie : le 9 juin 2021

Avis de l’éditeur :

Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées.

Mon avis :

Le désespoir de Léonor se lit sur son visage : la belle rousse n’en mène pas large, et son emploi en tant que manutentionnaire pour une usine d’animaux la vide un peu plus chaque jour. Mais le hasard faisant parfois bien les choses, ramassant un prospectus pour appel à candidatures : elle se retrouve sélectionnée pour le programme Genesis, avec pour dessein la conquête spatiale, formant un groupe de six filles et autant de garçons tous âgés entre 16 et 20 ans. 12 jeunes gens issus de 12 pays différents, parmi des millions de candidats pour une expérience hors du commun : celle de mener à bien le périple sur New Eden, la base martienne gérée par la Nasa.

A leur départ, des foules de curieux, des centaines de journalistes qui immortalisent l’événement. Les candidats sont jeunes, plein de fougues mais ils ignorent vers quoi ils s’acheminent. En coulisse, on parle de les expédier vers une mort certaine, selon le rapport Noé.

Chaque participante prédomine dans sa catégorie : qu’il s’agisse de la navigation, de la biologie ou encore de la communication. Autant dire qu’elles seront autant coéquipières qu’adversaires lorsqu’il s’agira de se retrouver dans l’espace aux côtés des garçons… Car tout ce petit peuple est célibataire et l’une des lois de ce voyage consiste simplement à dénicher le grand amour en plein cœur spatial.

Phobos_T01_L-envol des ephemeres_Victor Dixen_Eduardo Francisco_glenat_extrait

Décidément, la SF est plus que jamais, belle et bien présente chez les éditeurs et cette année 2021 nous aura proposé certains titres originaux, à savoir Sapiens Imperium, Peaux Epaisses ou encore cette nouvelle saga Phobos, écrite à la base au format roman de la plume de Victor Dixen.

Le cas Phobos est pour le moins particulier, vagabondant entre le reflet satyrique de la télé- réalité et les dessous de carte détenus par des pontes de la finance, prêts à sacrifier une belle jeunesse afin de redorer leur ego et fructifier leurs capitaux.

Toutes les filles à bord de la navette spatiale en direction de l’orbite Phobos ont été triées sur le volet, et affichent une taille mannequin. Chacune aura trouvé le grand amour et sera mariée dans l’année car il y est question de speed-dating en pleine croisière inter-spatiale. Une vie dans les étoiles faite de mascara et de paillettes en quelque sorte. Sauf que ces petites naïves ignorent qu’Atlas Capital, le sponsor officiel de cette aventure, les envoie au casse-pipe uniquement pour rentabiliser leur capitaux. Un coup de pub qui remplirait les poches de nombreux actionnaires quelle que soit la finalité pour ces pauvres participantes.

Phobos_T01_L-envol des ephemeres_Victor Dixen_Eduardo Francisco_glenat_page 4

Le récit se tient si l’on prend suffisamment de distance par rapport aux scénarios cartésiens. Plus on décortique en profondeur la trame mise au point par Victor Dixen, plus on s’aperçoit de l’engrenage machiavélique qui tournoie autour de cette expédition vers Mars. Le concept repose sur les qualifiées de l’émission de Téléréalité, qui vont immanquablement rapporter gros à l’audimat et s’entredéchirer une fois sur orbite. Tout est prévu pour que pétage de plombs il y ait. Et que personne n’y survive… Sauf que rapidement, certaines jeunes filles cherchent un garçon pour s’accoupler et peupler Mars.

On ressent la volonté à Victor Dixen de présenter calmement les choses, de mettre en place ses différents protagonistes et le piège qui se referme sur ceux-ci. Garçons comme filles sont tous surfaits de beauté, mais il aurait été contraire aux normes de ne pas utiliser ce qui se vend. Jusqu’à présent, les connexions entre deux sexes ne se pratiquent que durant quelques minutes sous forme d’hologrammes à la vue de tous les terriens qui doivent voter pour d’éventuels couples. Classique sans réelle surprise mais qui répond aux attentes.

La partie graphique est assurée par Eduardo Francisco, et surprend d’entrée de jeu. Ce qui frappe c’est l’effet rapproché des protagonistes sur la majorité des planches. Usant d’un effet zoomé, l’observateur, le lecteur, notera les moindres détails et de surcroit quelques faiblesses, mais qui d’une manière générale se fondent dans la masse tellement la précision de l’artiste est rigoureuse.

Alors oui, certes, tout ici réside sur une tendance bling bling, mais les personnages ont de la gueule, là ou certaines cruches (ou de garçons mais moins mis en valeur jusqu’ici) manquent de finesse se mettront en relief d’une autre manière. La palette de couleurs, quant à elle, rayonne au firmament. On doit ce méticuleux travail à Chiara Di Francia, qui nous en met plein les yeux, littéralement et sans modération.

Un premier tome qui avance de manière linéaire, quelque peu « trop propre » en fonction des attentes mais soutenu dans son ensemble. De quoi surtout s’intéresser à l’œuvre originale de Victor Dixen, repris en 3 volumes best seller disponibles chez Pocket Jeunesse.

Coq de Combat

2 commentaires sur “Phobos T.1

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  1. Quelle chronique grandiloquente à l’instar de la palette de couleur qui rayonne au firmament de Claire de France !😅
    Cette histoire me rappelle l’époque du lancement de Loft Story (20 ans déjà) avec un casting apparemment moins prestigieux dont deux candidats auront survécu à la notoriété avec plus ou moins de bonheur !🤔

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  2. Peut-être est-ce parce que j’ai lu les romans en question avant de lire la BD, mais j’ai trouvé cette adaptation beaucoup trop « Barbie » (je n’ai pas d’autres mots…) Néanmoins, j’ai été soufflée par le dessin au niveau de l’univers et des couleurs, mais ça a été le seul point que j’ai aimé. J’ai trouvé les personnages si fades et sans personnalité…
    J’espère qu’il saura plaire à d’autres !

    J'aime

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