Fukushima – Chronique d’un accident sans fin

Scénario : Bertrand Galic
Dessin : Roger Vidal
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 3 mars 2021
137 pages
Genre : Docu-fiction

« Voyons Ishikawa! Vous pensez bien que TEPCO a envisagé tous les scénarios possibles! »

Présentation de l’éditeur

Japon, 11 mars 2011. Un séisme effroyable accouche d’une vague immense, qui vient frapper de plein fouet le nord-est du pays. C’est là que se trouve, entre autres, la centrale de Fukushima-Daiichi… D’une violence inouïe, le cataclysme provoque alors le pire accident nucléaire du XXIe siècle. Comment réagir face au chaos engendré ? Que faire quand l’inconcevable vient d’arriver ? Masao Yoshida doit répondre dans l’urgence. La réputation de son pays est en jeu, la vie de ses employés et de ses concitoyens en dépend. Dans un univers complètement dévasté, où les bâtiments sont plongés dans l’obscurité, tandis que les explosions se multiplient et que les radiations sont toujours plus toxiques, le directeur de la centrale fait preuve d’une ingéniosité et d’un sang-froid hors du commun. Il prend seul des décisions vitales, transgresse les procédures et les directives de sa hiérarchie pour éviter l’apocalypse… Mais, malgré tous ses efforts, après cinq jours durant lesquels les secondes passent comme des heures, un énième incendie se déclare et oblige à l’évacuation de la majorité des employés. Ne reste alors sur place qu’une poignée de volontaires qui travaillera d’arrache-pied pour stabiliser tant bien que mal la situation.

Dix ans après, Bertrand Galic et Roger Vidal retracent avec force et détails les premières journées d’une tragédie sans fin. Le récit d’un compte à rebours angoissant, pendant lequel un chef et ses équipes doivent faire face à une catastrophe technologique sans précédent et à des supérieurs complètement dépassés par les événements.

Mon avis

Pas simple de lire Fukushima Chronique d’un accident sans fin. L’histoire est inspirée de faits réels mais « les suppositions et l’invention pure sont ici librement mélangés ». Alors excusez-moi de m’excuser mais moi ça m’a posé problème. Dans les Simpson j’ai bien compris qu’Homer et M. Burns n’existaient pas. Ici, j’ai aussi saisi que le directeur de la centrale de Fukushima – qui de surcroît est décédé depuis – a réellement existé et que justement c’est lui qui, devant une commission, est acteur narrateur de ce drame. L’avertissement :« les personnages historiques côtoient d’autres entièrement imaginaires. » fait donc que les dirigeants de TEPCO, le Premier Ministre Naoto Kan et le directeur Masao Yoshida (qui a visiblement empêché que la catastrophe soit encore plus grave) interagissent avec des employés qui ont vraiment existé et d’autres non. Mais lesquels ?

J’avais avant tout, en lisant cette bande-dessinée, envie d’en savoir plus sur l’accident en lui-même, je reste finalement sur ma faim. Les couleurs pâles au bleu-gris dominants et un trait que je trouve un peu figé peuvent apparaître comme une volonté de souligner justement l’atmosphère pesante et suspendue de ce drame. Mais la tension n’est pas palpable, les événements s’enchaînent mais je n’ai pas réussi à m’identifier avec un des personnages. Le discours du directeur qui se veut fédérateur n’a pas fonctionné… J’aurais voulu que Mel Gibson dans Bravehaert débarque dans la salle de contrôle pour lui prêter main forte (pas pratique avec le cheval j’en ai conscience), ça peut vous indiquer mon niveau d’empathie (et pourtant j’en ai beaucoup, promis !) à ce moment de ma lecture.

Les dernières pages de l’album proposent un dossier rédigé par Pierre Fetet, « observateur de la catastrophe» qui documente la fiction et qui m’a apporté ce que j’attendais : des informations plus précises, et pour le coup c’est très réussi.

Ce docu-fiction donne très habilement la succession des événements, c’est là sa principale qualité. Mais la dimension dramatique et humaine m’est apparue froide et détachée alors que c’est justement le drame humain qui est souligné et qui est au cœur de cette « fiction ».

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Petitgolem13

2 commentaires sur “Fukushima – Chronique d’un accident sans fin

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  1. Belle chronique pour un album qui semble plus qu’intéressant. Cependant ce n’est pas Gibson dans Braveheart qu’il te fallait mais plutôt Willis dans Die Hard, non ?

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