Anaïs Nin.

Auteure : Léonie Bischoff.
leonie Bischoff
Éditeur : Casterman.
Sortie : 26 août 2020.
192 pages.
Genre : biographie, tranche de vie.

« La vie rétrécit ou s’étend en proportion de notre propre courage.»


anais nin casterman

Le résumé.
Début des années 30. Anaïs Nin vit en banlieue parisienne et lutte contre l’angoisse de sa vie d’épouse de banquier. Plusieurs fois déracinée, elle a grandi entre 2 continents, 3 langues, et peine à trouver sa place dans une société qui relègue les femmes à des seconds rôles. Elle veut être écrivain, et s’est inventé, depuis l’enfance, une échappatoire : son journal. Il est sa drogue, son compagnon, son double, celui qui lui permet d’explorer la complexité de ses sentiments et de percevoir la sensualité qui couve en elle. C’est alors qu’elle rencontre Henry Miller, une révélation qui s’avère la 1ère étape vers de grands bouleversements.

anais non photo

Mon avis.
Avec ce titre, Léonie Bischoff s’attaque presque à un mythe, femme à la réputation sulfureuse, Anaïs Nin ( 1903-1977) reste surtout connue auprès du grand public pour ses nouvelles érotiques dans les années 50. Elle a pourtant écrit des romans et un journal qui décrit ses relations intimes et son rapport à l’écriture, c’est sur ce chapitre que se base cet ouvrage. L’artiste s’y révèle complexe, ambivalente et multiple.
Léonie Bischoff a mûri son projet pendant près de huit ans en adaptant son trait aux vibrations d’un crayon à la mine multicolore pour y célébrer l’émancipation et l’érotisme de son héroïne. Un dessin qui met aussi en valeur le côté poétique du récit avec quelques scènes oniriques. On assiste à la naissance de l’artiste qui s’ouvre à elle-même en prenant confiance en elle, qui apprend à s’assumer telle qu’elle est. Un thème assez universel et qui pourra parler à beaucoup d’entre nous. Pour rester dans les clous de la morale et de la bienséance, Anaïs ment et s’invente des personnages pour gagner sa liberté. Les interdits ne sont pas pour elle, elle cultive volontiers le goût du sulfureux et du blasphème. On peut clairement parler de séductrice mais avec un côté torturé qui fait d’elle un personnage complexe et divisé. Un bon sujet de psychanalyse vous attend en lisant cette brique de 192 pages dans un format souple.
Malgré les failles et les gouffres de sa vie, le trait léger et lumineux de LB entraîne aussi le lecteur vers des moments plus frivoles et décomplexés.
Cette BD est presque une ode à concevoir des relations ouvertes, pour sa lucidité à échapper au mirage du grand amour, pour explorer tous les chemins de traverse menant à la sensualité.
Un album ambitieux qui vous fera peut-être penser à vos propres chaines et qui sait, larguerez-vous les amarres après cette lecture.

Samba.
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