Couleurs de l’incendie

Scénario : Christian De Metter
Dessin : Christian De Metter
d’après le roman de Pierre Lemaitre
Éditeur : Rue de Sèvres
170 pages
Date de sortie :  2 janvier 2020
Genre : adaptation littéraire, roman graphique,


« Mais enfin, maitre ! Donner trois millions de francs à un enfant à l’agonie, qui sera sans doute mort demain ? Est-ce bien légal ? »

 

Présentation de l’éditeur

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui vont ravager l’Europe.

couleurs de l'incendie_pl

Mon avis

En 2015, Christian De Metter avait adapté le succès littéraire de Pierre Lemaitre, Au Revoir la-haut, premier volume d’une trilogie dont le dernier roman est paru en ce début d’année chez Albin Michel. La version en bande dessinée avait alors rencontré le même succès que le roman, tout comme son adaptation au cinéma. On peut dire sans réserve que c’est là la marque d’une grande œuvre.

Couleurs de l’incendie est donc l’adaptation du deuxième volume de cette trilogie. Suite chronologique de Au revoir là-haut, on y retrouve le même univers et les mêmes familles de personnages dans la période de l’entre deux guerres. C’est néanmoins une suite qui peut se lire indépendamment, les liens entre les deux œuvres étant assez ténus si ce n’est la famille Pericourt dont on suit l’évolution.

Dès l’entame, le lecteur est happé par l’ambiance pesante de cette intrigue qui ne le lachera plus durant les 170 pages. On assiste alors à la transformation d’une famille riche et puissante, qui démarre par un double drame. On dit que l’argent n’a pas d’odeur, mais il attire bien les loups et les hyènes, et quand il peut mener sur les plus hautes marches du pouvoir, alors là … tous les coups sont permis. Corruption, machination et malversations, auront raison de la pauvre Madeleine Pericourt. Mais la vengeance est un plat qui se mange froid, ou tiède, et Madeleine va mettre en place lentement mais sûrement un stratagème autant implacable que machiavélique pour faire payer tous ceux qui l’ont humiliée, spoliée, dégradée.

Dans cette période historique instable, ou le monde change politiquement, économiquement et socialement, les auteurs nous proposent une fresque romanesque époustouflante dans laquelle de nombreuses thématiques sont au service de l’intrigue. La finance et le capitalisme rois qui font et défont des vies en un rien de temps, le pouvoir et son ivresse, les extrémismes grandissant, la société patriarcale décrite ici dans ses pires travers … Madeleine Péricourt, par son scénario vengeur impitoyable, se pose malgré elle et sans le savoir en chef de file d’un féminisme revanchard et combatif, pour que justice soit faite et rendue aux femmes victimes d’une toute puissance masculine aveugle et violente.

Cette fresque historico-familiale prend une tournure de polar machiavélique et Christian De Metter la met en scène avec brio, comme il l’avait fait dans Au revoir là-haut. Les couleurs de l’incendie ne sont pas ici chaudes et lumineuses. Elles sont sombres et froides comme cette période charnière des années 30 qui fera basculer le monde dans le gigantesque brasier mondial que l’on sait.

Je donne à cet irrésistible polar incendiaire mon premier coup de cœur de l’année.

Loubrun

 

 

5 commentaires sur “Couleurs de l’incendie

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  1. Belle chronique qui fait bien envie… rajouté dans ma wishlist !😉
    De Metter est vraiment le spécialiste des adaptations.

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      1. C’est clair que quand je lisais beaucoup de romans, certains m’inspiraient pour les imaginer en adaptation BD ou ciné. Heureusement, j’ai lu quelques adaptations BD avant les romans pour ne pas connaitre la fin qui est tout le sel du suspens (Shutter Island ou Nympheas noirs😜).

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