Homicide, une année dans les rues de Baltimore – tome 4

Scénario : Philippe Squarzoni
Dessin : Philippe Squarzoni
Éditeur : Delcourt
152 pages
Date de sortie :  11 septembre 2019
Genre : documentaire ; policier


 » Le bon flic ne perd pas son temps à s’interroger sur la nature du mal ou l’inhumanité de l’homme envers son prochain. « 

 

Présentation de l’éditeur

L’immersion dans le quotidien des inspecteurs de l’unité des homicides de Baltimore en 1988 se poursuit dans cette avant dernière partie de l’adaptation du livre de David Simon, à l’origine de sa série The Wire (Sur écoute).

Des ados, avec plus de gueule que de jugeote, ont buté une conductrice de taxi pour une poignée de bijoux et quelques dollars de plus. Le plus jeune est persuadé que s’il rend la camelote, il pourra dormir au chaud chez lui ce soir. Il s’est pourtant vanté partout d’avoir tabassé la victime à mort. Ce genre de crétin facilite l’enquête mais ça en dit long sur la valeur qu’il donne à la vie humaine…

homicide t4_pl

Mon avis

Philippe Squarzoni adapte depuis 2016 le livre de David Simon Homicide : A Year on the Killing Streets, dans lequel le journaliste américain raconte son immersion durant une année, en 1988, dans la brigade criminelle de la police de Baltimore, une des villes des États-Unis où le taux de criminalité était alors le plus élevé. Ce documentaire écrit comme un journal de bord a été source d’inspiration pour la série télé The Wire diffusée de 2002 à 2008 sur HBO.

L’adaptation BD se veut très fidèle à l’ouvrage de référence qui renvoie un réalisme froid sur le fonctionnement de la brigade criminelle, et les méthodes pour résoudre les enquêtes. Ce document ne s’attache pas aux causes de la criminalité ni vraiment aux victimes, mais aux inspecteurs, à leurs forces et faiblesses, à leur quotidien fait du nombre d’affaires résolues ou non qui sont affichées sur un grand tableau blanc. Il y a des objectifs de résolution d’affaire à atteindre, des rivalités entre inspecteurs à gérer et des quotas d’heures supplémentaires à ne pas dépasser au risque d’être mis sur la touche.

Alors que les 3 premiers tomes nous faisaient vivre une succession d’enquêtes sur des affaires toutes plus glauques les unes que les autres, ce quatrième volume s’attache à nous montrer un peu plus les à-côtés des enquêtes. Des impératifs administratifs avec le quota d’heures supplémentaires au passage obligé à l’institut médico-légal pour suivre les autopsies, rien ne nous est caché et tout est décrit et montré avec une précision glaciale. Vous l’aurez compris, on est loin des clichés hollywoodiens et le quotidien d’un inspecteur de la brigade criminelle de Baltimore n’a franchement rien d’amusant ni d’excitant.

C’est par une mise en scène réaliste au rythme lent et aux couleurs froides que ce document s’offre au lecteur. Comme une enquête qui demande du temps, l’auteur lui impose de prendre le temps de l’immersion. Je vous le disais, c’est comme un journal de bord. Les récitatifs y sont nombreux mais parfaitement adéquat pour relater les états d’âmes des policiers.

Une démonstration implacable et passionnante qui témoigne avec une justesse chirurgicale de la rudesse de ce métier.
Loubrun

 

 

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