Lefranc : Lune rouge

Scénario : François Corteggiani
Dessin : Christophe Alvès
Editeur : Casterman
56 pages – cartonné
Parution : 22 mai 2019
Aventure – espionnage

Lefranc est embarqué dans la course contre la montre de la conquête spatiale.

Missionné par Le Globe pour mener une enquête sur les engins spatiaux expérimentaux, Lefranc est mis en contact avec le docteur Lukas Eugen Messner. Juste après leur entretien, le scientifique est enlevé. Axel Borg serait-il dans le coup ? Guy Lefranc se retrouve embarqué dans une nouvelle aventure qui le mènera de France en Corée.
La course à l’espace est lancée.

2Magnifique!

Je n’ai pas d’autre mot pour qualifier cette planche pleine page qui résume tout l’album (et accessoirement toute une époque, voire toute une épopée). Cet art subtil du détournement citationnel de Alves et Corteggianni se cristalise ici dans un hommage, d’une perfection formelle rarement atteinte, rendu à HJM, le trio infernal de l’école de Bruxelles, Hergé-Jacobs-Martin.

Nostalgie et vintage, couple diabolique de la BD, que dis-je, de cette société contemporaine qui adore regarder son avenir dans un rétroviseur (celui d’une facel vega par exemple). BD signe des temps, bien dans son époque, celle d’un passé mythique et fantasmé à outrance. Merveille pour le regard aux yeux embrumés, rêvant d’un espadon sur la lune détourné par Axel Borg. Lune Rouge vous fera frémir ou vous laissera indifférent. Dans ce dernier cas, tant pis pour vous!

3

Encore une fois, je me suis laissé prendre au piège diabolique de cette madeleine de Proust à l’arrière-goût sixties que le tandem d’auteurs propose. Pas une case sur laquelle je ne me pose la question : où ai-je déjà vu cela?,  pas un dialogue ou un récitatif sur lequel je me demande : où ai-je déjà lu cela?  Ce n’est ni un Lefranc au pays des soviets (l’action est située en Corée du Nord) ni un « objectif lune » (ou alors non atteint) puisque la fusée (à bulbes!) explose avant sa mise à feu. C’est à la fois tout ça et autre chose. Une communion entre l’esprit d’une époque à jamais révolue que l’on ne peut que regarder avec un mélange de souffrance, d’envie, de regret et d’amertume, époque parfois qualifiée d’âge d’or.

Mention spéciale pour la référence aux albums précédents : le coup de l’affiche est bluffant!

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3 commentaires sur “Lefranc : Lune rouge

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  1. Tu dis « Lune Rouge vous fera frémir ou vous laissera indifférent. Dans ce dernier cas, tant pis pour vous ! »… Désolé Skippy, mais ce sera tant pis pour moi !… bien que j’aime les madeleines de Proust (surtout à l’heure du goûter !). 😜
    Plus sérieusement, je comprends qu’on puisse être nostalgique de cette époque, mais c’est plutôt de ma jeunesse que de ce genre de BD dont je n’étais pas très fan ! 🙄
    Sinon, c’est le hasard de planification qui a mis 2 chroniques de Lune rouge à côté ? 😉

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  2. Curieusement ce genre de production semble trouver un nouveau public. Par ailleurs, je comprends parfaitement qu’on puisse trouver cela vieux jeu, rétro et dépassé. A mon âge, je lis les Lefranc avec l’oeil humide de la nostalgie.

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