Le procès de Gilles de Rais

Jhen – tome 17

Scénario : Néjib, Jacques Martin
Dessin : Jean Pleyers
Editeur : Casterman
Parution : 17 avril 2019
48 pages – cartonné
Historique

C’est en 1440 que s’ouvre à Nantes l’un des procès les plus retentissants de l’histoire.
Compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, maréchal de France et connétable, Gilles de Rais doit répondre aux accusations de sacrilège en l’église de Saint-Etienne-de-la- mer-morte, de commerce avec le diable et, surtout, d’infanticides.

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Présentation :

Ayant outrepassé toutes les convenances, ayant bafoué l’Église et molesté publiquement un homme de foi, Gilles de Rais, est arrêté. Malgré ses nombreuses tentatives d’invocation, le diable reste sourd aux appels du seigneur de Tiffauges. Gilles se pense perdu. À moins que… pour sauver son ami d’un procès difficile, Jhen se lance à la recherche de la statuette de la vierge qui pleure, seule relique semblant permettre à Gilles de revenir dans le droit chemin. Mais les heures passent et le procès avance.

Mon avis :

Avec comme thème la folie des hommes aveuglés par l’appât du gain et du pouvoir à n’importe quel prix, la série Jhen s’avère depuis 1978 une excellente peinture des mœurs, de l’art, des costumes, des armées de la première moitié du XVe siècle. Le climat sombre et violent de l’époque y est particulièrement bien rendu, les très dures réalités de la guerre de cent Ans forment une toile de fond d’un récit épique et tourmenté. L’amitié qui unit Le Maréchal Gilles de Rais et l’Architecte Jhen (L’ogre et le héros) en un couple improbable a quelque chose de fascinant. Faiblesse du pouvoir royal, impôts frappant les plus faibles, dépenses extravagantes de la noblesse toujours endettée, procès en sorcellerie, populations terrorisées par des bandes d’écorcheurs, guerre interminable, voilà le cadre dans lequel  évoluent le cauchemardesque Barbe Bleue et son « ami » Jhen qui ne pourra pas le sauver de ses démons. Plus qu’un serial killer pédophile,  qu’un homme de guerre habile ou qu’un trublion du pouvoir royal, c’est un Gilles de Rais crépusculaire dont la dualité va de nouveau s’exacerber (il peut être le meilleur des amis et le pire  des monstres dans son inhumanité) qui s’agite pour la dernières fois face à ses juges et ses fantômes, sous le regard ambivalent de celui qui lui a malgré tout gardé un peu de son affection.004

Sur le plan graphique, la ligne claire réaliste associée à un souci pointilleux réservé aux décors et costumes restent le point fort de l’album comme de la série. Ce récit n’est pas le dernier de la série, mais la disparition d’un personnage comme celui de Gilles de Rais qui incarne si bien les troubles de son temps est une perte pour les scénaristes comme pour les lecteurs. Une des forces de cet album réside dans l’évocation de la jeunesse de Gilles, adopté par son grand-père, Jean de Craon, ce qui permet d’expliquer le sulfureux mélange de violence criminelle et de superstition diabolique du personnage. Un excellent titre de la série, parfaitement calibré dans l’esprit de sa création : Jacques Martin aurait apprécié (je pense).

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Skippy

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