Barbara

Scénario : Osamu Tezuka
Dessin : Osamu Tezuka
Éditeur : Delcourt / Tonkam
430 pages
Date de sortie :  31 octobre 2018
Genre : manga ; chronique sociale, fable fantastique

 


Dans le cadre du 90e anniversaire d’Osamu Tezuka, Delcourt / Tonkam ressort, dans une prestigieuse intégrale,  Barbara , œuvre emblématique du plus célèbre des mangakas !

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Présentation de l’éditeur

Barbara est une jeune hippie désoeuvrée et alcoolique qui erre dans la gare de Shinjuku. Un soir, un inconnu la ramène chez lui. Cet homme, Yôsuke Mikura, est un célèbre et séduisant écrivain. Deux êtres opposés sont réunis pour une aventure à la frontière du fantastique.

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Mon avis

Delcourt poursuit sa mise à l’honneur du dieu du manga qui aurait eu 90 ans en 2018. Après l’Histoire des 3 Adolf, la Vie de Bouddha et Ayako, voici Barbara, œuvre à part considérée d’ailleurs par Tezuka lui-même comme une pause récréative.

Pourtant, derrière cette histoire à première vue un peu rocambolesque et loufoque teintée d’une pointe de fantastique, se révèle une grande réflexion sur l’art, la création et l’inspiration.

Barbara, cette femme totalement libre, énigmatique, est bien plus qu’une simple hippie alcoolique, sale et sans gène. Elle se pose en allégorie de la muse inspiratrice du processus créatif. Jetant son dévolu sur un artiste, là un écrivain, elle ne le lâche plus jusqu’à le pousser dans ses ultimes retranchements, en le confrontant à ses propres obsessions et en le poussant vers une forme d’auto-destruction inconsciente à travers la fusion intégrale de sa propre vie et de son œuvre. Les frontières de la folie et de la schizophrénie sont régulièrement franchies, car finalement, cette Barbara n’est-elle pas juste le fruit de l’imagination de Mikura ?

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Racontée sous forme de chronique sociale, d’histoire d’amour, de fable fantastique ou comico-tragique, ce récit volontairement chaotique perd un peu le lecteur au même rythme que l’écrivain Mikura se perd dans son processus créatif. Ça n’est pas désagréable pour autant, la lecture offrant tour à tour un ton amusant, étonnant, inquiétant. Et puis la narration de Tezuka reste un régal, tant dans l’écriture que dans la construction graphique.

Inspirée à Tezuka par l’opéra d’Offenbach Les Contes d’Hoffmann et publiée au Japon de 1973 à 1974 dans la revue Big Comic, cette œuvre qui se voulait légère, l’est finalement bien moins qu’il n’y parait et, au delà d’une fable sur l’art et la folie, elle est aussi le reflet d’une société japonaise en pleine mutation.

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Le style graphique de Tezuka est identifiable entre mille. Son trait habituellement souple l’est encore plus ici, « vacillant ou tordu » comme il le dit lui-même, évoquant ainsi avec une grande force le délire du personnage principal.

Plutôt pour adultes, Barbara s’inscrit dans le registre curiosités de l’œuvre de Tezuka et offre un grand moment de lecture à la fois troublant, surprenant et amusant.

Loubrun

 

 

A noter qu’une adaptation au cinéma à été tournée par le fils de l’auteur, Macoto Tezuka.

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