Aspirine

Scénario : Joann Sfar
Dessin : Joann Sfar
Éditeur : Rue de Sèvres
140 pages
Date de sortie :  juin 2018
Genre : fantastique

 


« – Aspirine c’est grave ! Tu ne peux pas tuer autant de monde.

– Pourquoi ? On est des vampire ou des Bisounours ? Je suis une ado, ça me passera.

– ça fait trois cents ans que ça empire. Aspi, faut que tu fasses quelque chose contre ta rage. »

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Présentation de l’éditeur

Aspirine, étudiante en philosophie à la Sorbonne a la rage, elle ne supporte plus de revivre sans cesse les mêmes épisodes de sa vie pourrie. Et ça fait 300 ans que ça dure car Aspirine est vampire, coincée dans son état d’adolescente de 17 ans. Elle partage un appartement avec sa sœur Josacine, heureuse et sublime jeune femme de 23 ans, qui elle au moins, a eu l’avantage de devenir vampire au bon âge. En perpétuelle crise d’adolescence, elle passe ses nerfs sur son prof, sa sœur et tous les hommes «relous » qui croisent sa route. Assoiffée de sang, elle n’hésite pas à les dévorer (au sens propre) ou les dépecer. C’est même devenu un rituel avec les amants que sa jolie grande sur collectionne. Malgré tout, elle attise la curiosité d’Ydgor ado attardé, un étudiant de type « no-life » : vaguement gothique, légèrement bigleux et mal peigné… avec comme kiff dans la vie, le fantastique et la légende de Cthulhu… Il rêve de vivre un truc magique, d’un destin exceptionnel et a compris qu’Aspirine est une vampire. Pour acquérir le privilège de pouvoir l’accompagner, il s’engage à garder le secret et à devenir son serviteur… son esclave. Parviendra-t-il à gagner sa confiance voire même son amitié ? Arrivera-t-il à la calmer de ses pulsions mortifères ? Au final, lequel sera le plus enragé des deux ?

 

Mon avis

Comment vivre sa crise d’adolescence quand celle-ci est éternelle ? Déjà qu’en temps normal c’est compliqué ! C’est ce qu’essaye de faire Aspirine, mais elle est bien consciente de cette éternité insupportable, et elle en a vraiment marre. Alors elle passe sa rage comme elle peut, après tout elle est vampire, elle peut beaucoup de choses, comme bouffer les amants de sa sœur Josacine, ou faire son esclave d’Ydgor, un gamer « no-life » complètement addict aux jeux de rôles à l’ancienne (avec les plateaux, les figurines, les guides, les scénarios …) qui s’enferme dans ses mondes imaginaires. Et quand même, elle essaye de trouver des réponses à cette existence et à son sens en fréquentant les philosophes (en 300 ans elle a eu le temps d’en voir quelques uns) et suivant des cours de philo à la Sorbonne.

La vampirette et le rôliste, tous deux prisonniers de leur propre existence semblent faits pour s’entendre, ou tout au moins se comprendre. Pour l’instant, a défaut de trouver un sens à leur propre vie, ils s’éclatent bien !

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Joann Sfar aussi s’éclate bien ! Il se lâche totalement dans un déferlement de dialogues francs du collier où leur crudité n’a d’égale que leur longueur. Dans un délire caustique pseudo philosophique il pose les sempiternelles même questions sur les problèmes de l’adolescence et le sens que l’on peut donner à sa vie. On pourrait trouver tout ça un brin prétentieux si ce n’était l’humour et la dérision qui étaient mis en avant. En tout cas, moi j’adore, parce que Joann Sfar parle bien et écrit bien, même quand il y a des gros mots partout !

Il donne l’impression de mener ce récit décalé et incisif au fil de l’eau, en couchant sur le papier les idées comme elles lui viennent sans avoir vraiment de plan pré-établi. Il faut dire aussi que cette Aspirine là n’est pas vraiment une inconnue. C’est un des personnages de la série Grand Vampire écrite et dessinée par Sfar de 2001 à 2005.

A ce propos, cette Aspirine ne serait-elle pas une auto relecture d’une partie de l’œuvre de Sfar ? Grand Vampire, Petit Vampire, Professeur Bell, Donjon Monster, crépuscule & co, inscrivent tous leur empreinte dans ce récit.

Pour le dessin, c’est du Sfar pur jus complètement décontracté. Plus lâché (relâché?) et moins fouillé que, par exemple, dans le reboot de Petit Vampire qui paraît en ce moment chez Rue de Sèvre, Sfar va ici à l’essentiel : les personnages et leurs états-d’âmes.

C’est drôle et grave, léger et profond, absurde et réfléchit, intelligent et très con. Comme la vie quoi !

Loubrun

 

 

 

 

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