Churchill et moi.

Scénario : Frank Giroud.
Dessin : Andrea Cucchi
Couleur : Elvire De Cock.
Editeur : Casterman.
Sortie :27 juin 2018.
104 pages.
Genre : fiction historique.

« J’éprouve une aversion viscérale, quasiment physique, pour toute forme d’injustice, entre autres celle qui a longtemps frappé les femmes, éternelles mineures. Parler d’elles et leur donner des rôles à la hauteur de leurs mérites était donc une sorte de devoir » (Frank Giroud)

Winston et Clem : un gouffre entre deux mondes.
Bladon (Lancashire), 1894.
Clémentine Harper, 20 ans, tombe amoureuse de Winston Churchill, même âge. Ils sont voisins mais un monde les sépare : « Winnie » appartient à l’une des plus prestigieuses lignées anglaises alors que Clem n’est que la fille du maquignon local.

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Mon avis.

Glissé dans l’album, je remarque vite un dossier de presse très bien fait et surtout intéressant. Alors oui, pour une fois je vais m’en servir pour faire cette chronique.
On y apprend qu’il s’agit étonnamment de la première BD de Frank Giroud chez Casterman. Dans ce récit romanesque où l’ombre du jeune Churchill plane sur chaque page, l’inventeur des séries concepts (le décalogue, quintett) nous invite à suivre une jeune femme qui par amour va devenir ambitieuse et briser les carcans de son époque. Un défi de taille pour une jeune anglaise à l’époque victorienne. Comme il s’agit d’une fiction, Frank Giroud peut lui inventer un destin d’exception mais en veillant à respecter le contexte historique dans un décor réaliste. En outre, le scénariste avait envie de montrer un Churchill (un personnage oh combien ambigu et intrigant) dans une période peu connue de sa vie. Pour illustrer cette tranche de vie, Casterman a fait appel à un nouveau venu, l’italien Andrea Cucchi. Arrivé timidement à Angoulême en 2016, son trait tape dans l’œil des experts. Il commence alors une collaboration avec Frank G pour 7 pages dans la revue Pandora. Son dessin colle parfaitement à son histoire et comme le scénariste maitrise la langue de Dante, les voilà à l’ouvrage pour réaliser le destin de Winston et de Clem. Elvire de Cock qui s’occupe de la colorisation remarque vite qu’il ne faut pas dénaturer la force de son noir et blanc. Elle va donc réduire sa palette de couleurs et fonctionner avec une fausse bichromie. Exit par exemple la couleur des visages trop « chair ».
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Finalement, on lit cet album avec envie et on s’attache vite à son héroïne au tempérament « fort ». Un bon moment de détente mais aussi de réflexion sur la place de la femme car leur combat est loin d’être gagné partout. Mais que de chemin parcouru en un siècle néanmoins.
Samba.

 

 

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