Les fondus du Beaujolais nouveau

fondus du vin.jpgfondus du vin beaujolais.jpgScénaristes :
Christophe Cazenove et Hervé Richez.

Dessinateur : Grégoire Berquin.
Editeur : Bamboo.
48 pages.
Sortie : 4 novembre 2015.
Genre : Humour.

 

Résumé :

Pour beaucoup, le beaujolais ne se déguste que nouveau et le troisième jeudi de novembre. Pour beaucoup, c’est le vin aux arômes de banane qu’on boit avec un saucisson posé sur un coin de table. Mais pour nos fondus, le beaujolais, c’est bien plus que ça ! Ce sont des crus d’exception qu’on découvre en remontant le cours de la Saône : Brouilly, Morgon, Saint-Amour… C’est un voyage. Un voyage autour d’un monde de saveurs qui fera tourner de son nom tous les moulins à vent de votre cœur.

Mon avis :

Les amateurs de vin n’auront pas de quoi bouder leur plaisir comme, d’ailleurs, je n’aurai pas eu de quoi bouder le mien avec la réédition du troisième volet de cette saga qui diffère de l’édition précédente en ce sens qu’un cahier spécial d’une dizaine de pages « Découverte du vignoble » et une entrée au « Hameau Du Bœuf » sont incluses ainsi qu’une légère modification de la couverture la rendant plus festive. Pour ma part, cette série a été une véritable découverte.

Elle me rappelle la BD Polish mais en mieux dessinée, dont l’épouse du personnage principal est quand même moins blasée (est moins dans le fait de subir une passion dévorante) et, certes, avec moins de jeux de mots mais un humour d’un niveau plutôt plus élevé. L’aspect ludique et instructif est aussi très présent, ce qui peut s’avérer utile surtout, par exemple, pour les futurs négociants en vin et/ou les débutants dans cette profession.

Et forcément, il n’y aurait aucun intérêt à ne pas parler de cette bande d’amis qui arborent les strips, avec des traits de caractère très distinctifs qui les rendent attachants. Ce qui constitue une des plus grandes réussites de cet album. Tout est là pour, d’abord, lancer l’appel à un autre regard sur une des plus grandes fiertés françaises : le monde vinicole. Ensuite, pousser le lecteur à s’intéresser aux autres tomes pour continuer de rire tout en s’instruisant d’avantage.

Merci aux scénaristes et au dessinateur pour ce très bon travail, pour cet hommage à plusieurs sortes de vins mais – dans ce cas-ci – au Beaujolais nouveau particulièrement tout en n’oubliant pas que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Quoi qu’on en pense, qu’il soit gouleyant, âpre, capiteux ou madérisé, cet opus vaut la peine d’être dégusté.

 

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a09-3e78912.gifGénéral 

Mister Med.

 

Pire Ouvrier de France

pire ouvrier de france.jpgpire ouvrier de france_pl.jpgScénario : Besseron

Dessin : Frédéric Felder

Éditeur : Audie – Fluide Glacial

56 pages

date de sortie : janvier 2016

genre : humour

 

 

présentation de l’éditeur
Avec Pire Ouvrier de France, on s’attaque au saint des saints : La tradition Française. Chaque corps de métier est méticuleusement passé à la moulinette. Le souffleur de verre confectionne des pipes à crack, l’horloger prépare des bombes avec des coucous suisses, quant au Boucher sa viande provient uniquement du pare-chocs de sa 4L ! Il en ressort un beau mélange bien homogène de catastrophes, de quiproquos et de gags à n’en plus finir.

 

« c’est marrant parce que des fois, être fleuriste, c’est pas loin de sociologue. Si on prend le temps, si on observe attentivement, si on fait bien attention, bin on peut arriver à mieux comprendre notre société. »

 

Mon avis
A l’heure où le made in France devient tendance dans l’hexagone, il est absolument indispensable de mettre en avant les artisans qui œuvrent durement pour mettre en avant ce qu’on appelle la tradition artisanale française. L’amour du travail bien fait, du bon produit et du savoir faire, érigés face à l’industrie et aux grandes surfaces. Le consommateur, de plus en plus exigeant, est en quête de références, de garanties, de labels qualité, de normes. En résultent de nombreux prix, médailles et certificats récompensant les meilleurs produits et/ou les meilleurs artisans. C’est fou, d’ailleurs ce qu’on peut voir comme labels « meilleur produit dans sa catégorie ». C’est bien, c’est rassurant et les gens sont contents.

Sauf que…

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Olivier Besseron et Frédéric Felder ne sont pas du genre à se fondre dans un conformisme rébarbatif et se foutent pas mal de rassurer les gens en racontant de gentilles histoires sur le bel artisanat français. A l’opposé de la bienséance, ils s’échinent dans une succession de gags en deux pages à présenter une palette de métiers artisanaux de la manière la plus trash possible. Ainsi, du boucher au souffleur de verre, en passant par le maçon, le sculpteur, le prothésiste dentaire ou le fleuriste, et j’en passe, les auteurs nous font l’éloge de ses métiers à leur façon dans une apothéose de giclées liquides de toutes les couleurs.
Attention ! c’est vraiment trash, gore, scabreux, graveleux, scato. Les gags ne feront sûrement pas rire tout le monde, et ne sont pas à mettre entre n’importe quelles mains. Mais ceux qui ne craignent pas ce registre démesurément irrévérencieux et qui n’ont pas la nausée facile se payeront quelques bonnes tranches de rigolade.
Par ailleurs, ce qui donne un peu de consistance à cet humour spécial et du coup l’affine un tant soit peu, c’est le décalage entre les textes narratifs très consensuels et le visuel trash représenté dans un style clair et aéré. On est à l’opposé du style « dessin dégueu » de Vuillemin. Là, on est dans du « crade propre » avec un trait simple et des couleurs tout en aplats (sauf pour les giclées) qui rendent presque supportable l’insupportable.
Pire Ouvrier de France, c’est un gros pied de nez totalement déjanté et bien graveleux fait au made in France. Mais que les âmes sensibles se rassurent, tout cela n’est que pure fiction. La preuve : les personnages n’ont que 4 doigts …

Allez ! vous en reprendrez bien une petite tranche !

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Loubrun

 

Les chroniques courtes (87) : L’œil des dobermans T3, Neska du clan de lierre T1

L’œil des dobermans – Tome 3 – La grimace du vieux singe.
l'oeil des dobermans.jpgoeil dobermans.jpgDessinateur : Zanat Beb.
Scénariste : Patrick Cothias et Patrice Ordas.
Editeur : Grand Angle.
48 pages.

Sortie : 3 février 2016.
Genre : désastre.

Quand Hitler voulait prouver qu’il descendait des Dieux…
Il aurait bien fallu un souffle divin pour sauver cette série du naufrage. C’est à coups de pied au cul que j’ai péniblement relu les 2 tomes précédents. On retrouve dans ce tome 3, la même soupe de situations incongrues et de dialogues catastrophiques. Je me suis parfois demandé si l’ordre de pages était correct, c’est vous dire comment j’ai trouvé la construction complètement bancale.
C’est fou un sabordage pareil !
Un candidat tout désigné pour le Sambad 2016 !

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a06-3e788fc.gifDessin 

a02-3e788b1.gifGlobal.

Samba.

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Neska du clan de lierre – Tome 1 – Le marché des coccinelles.
l'oeil des dobermans,zanat,cothias,ordas,grand anglel'oeil des dobermans,zanat,cothias,ordas,grand angleAuteure : Louise Joor.
Editeur : Delcourt
56 pages..
Sortie : 27 janvier 2016.
Genre : jeunesse.


Initiée par sa mère à la fonction d’« Appeleur », Neska se prépare à ce rôle qui consiste à attirer les escargots dont la survie du clan dépend. Alors qu’elles sont parties ensemble à la recherche de plantes rares, une ombre obstrue soudain le ciel.

l'oeil des dobermans,zanat,cothias,ordas,grand angle,Neska du clan de lierre,joor, delcourt,C’est tout confiant que je passe cette BD à  Gaelle pour me donner son avis sur ce titre. Un dessin vraiment sympa et charmant, une histoire écologique, des personnages originaux, des bonnes critiques. Vraiment tout ce qu’il faut pour intéresser une jeune fille de 10 ans.
Et patatras, sa tête en dit long lorsque je viens pour son débriefing. Elle n’a pas aimé (merdum !) mais pourquoi ? Elle a trouvé le langage assez difficile, ce qui explique peut être le décalage avec les autres critiques faites par des adultes. Trop d’information dans les bulles mais une belle fin selon elle.

Mais je trouve ça intéressant d’avoir son avis car cette BD est typée jeunesse … on se serait trompé de cible ?
Ah la jeunesse !

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Gaëlle et Samba.
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Capa L’étoile filante

capa1.jpgcapa2.jpgScénario et dessin : Florent Silloray
Editeur : Casterman
88 pages – cartonné
Sortie : 27 janvier 2016
Biographie

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

1954, Robert Capa dresse le bilan d’une vie passée à couvrir les champs de bataille du monde entier. Loin de l’image de tête brûlée qui lui colle à la peau et qui a fait de lui une légende du photojournalisme, il se raconte sans fard et dévoile la blessure originelle qui a décidé de toute son existence…

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Biopic sans fard d’une légende de la photographie.

«Si la photo est ratée, c’est que tu étais trop loin!»

Le plus célèbre des reporters de guerre, auteur polémiqué de LA photo de la guerre d’Espagne, l’un des seuls photographes à avoir couvert le débarquement de Normandie, co-fondateur, avec Cartier-Bresson, de l’agence Magnum, nous est livré ici dans toute sa complexité. Un homme extrême, toujours sur le fil du rasoir, recherchant le danger et la mort, hanté toute sa vie durant par son unique amour (malgré de nombreuses maîtresses) disparu lors de la guerre d’Espagne.Il n’aura de cesse de braver tous les dangers pour la rejoindre dans une mort en première ligne.

capa,silloray,casterman,27 janvier 2016,biographie

 

Mon avis :

Privilégiant le côté intime de la vie du grand reporter de guerre Robert Capa mort à 40 ans, le scénario de Florent Silloray couvre les grands conflits du XXième siècle en adoptant un angle de vue intéressant. De la vie l’auteur polémique de LA photo la plus célèbre de la guerre d’Espagne, il tire un récit autobiographique, rédigé à la première personne, une vision romanesque qui met bien en évidence le caractère idéaliste mais tourmenté de ce personnage hors-normes. Des champs de bataille aux tables de poker, de la dépression teintée d’alcoolisme aux nuits passées dans les bras d’une star de Hollywood, des podiums des défilés de mode aux rizières minées de l’Indochine, des plages du débarquement en Normandie aux chambres noires de développement des pellicules photographiques, le lecteur est emporté dans les tourbillons d’une vie marquée par une vision révolutionnaire du statut du photojournalisme. Avec une rigueur de documentaliste poussée à l’extrême, dont 10.000 photos d’archives, Florent Silloray est arrivé à extraire l’essentiel de la vie tourmentée et polémique de Capa tout en réhabilitant le travail de sa compagne, Gerda. La première femme photographe tombée au front, broyée par un tank républicain espagnol.

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 Au niveau du graphisme et du dessin, si les cases fourmillent de détails historiquement exacts, leur réalisation révèle également un travail minutieux. Le sépia utilisé pour la majorité des planches n’est pas une couleur de fond, mais est obtenu par un travail direct sur un papier Kraft japonais, recyclé et pelucheux. Les cases sont ainsi réalisées une à une puis recollées sur les planches, elles sont cernées à la plume, rehaussées de passages à l’encre de Chine et de lavis à la peinture acrylique blanche. Les cases grises qui forment un récit enchâssé, celui du chapitre du débarquement en Normandie, ont été obtenues par adjonction de sel sur l’encre avant le séchage. Le rouge, utilisé avec parcimonie, vient souligner certains détails : la veste d’un serveur de café, le bandeau du magazine Life ou encore le sang sur l’appareil du photographe.

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A la lecture de cet album, fruit de 40 mois de travail, ce sont les mots, passion et émotion, qui viennent d’abord à l’esprit et qui résument le mieux la démarche de son auteur. 

capa,silloray,casterman,27 janvier 2016,biographie

Cette chronique a été rédigée après une rencontre avec Florent Silloray, organisée par l’éditeur Casterman, à la Foire du Livre de Bruxelles, le vendredi 19 février 2016. Nous avons pu, Capitol et moi, parler de son travail avec Forent Silloray. Il nous a fait partager, lors de ce sympathique moment, sa vision rigoureuse et passionnée d’auteur de BD.

 

 Dessin

 Scénario

 Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

 

Skippy.

 

 

En compagnie de la 7ème

en comapgnie de la 7e.jpgScénario : Philippe Chanoinat.
Illustrations : Charles Da Costa.
Editeur : Glénat.

48 pages.
Sortie : 28 octobre 2015.
Genre : Humour.

 

Résumé :

En temps de guerre, la vie n’est pas facile ! Surtout quand le teuton est tatillon, l’occupant encombrant, le résistant impliqué dans son réseau et le bidasse enclin à s’évader dès que l’occasion se présente. Tout ceci, Robert Lamoureux l’a joyeusement mis en scène dans sa fameuse trilogie de la 7ème compagnie, fleuron du cinéma populaire français qui a réjoui des générations de spectateurs. Alors, amis lecteurs, restez groupir afin de savourer ici un florilège de répliques cultes et de situations cocasses issues de ces films inoubliables !

Mon avis :

Ma foi, je ne vais pas y aller par quatre chemin tellement ma déception fut grande. A vrai dire, cette oeuvre n’a rien d’une BD à proprement parler. Il s’agit plutôt d’un ouvrage mi-littéral, mi-caricatural mais là n’est pas le problème. Le gros bémol est que, sur les 48 pages que comporte ce qui est censé être un hommage à une saga cultissime, moins de cinq pages parlent du film en lui-même ! Les autres pages sont, encore une fois, soit des caricatures (hélas, en noir et blanc. Contrairement à la couverture de l’album), soit les filmographies tant des acteurs importants qu’indispensables ayant contribué au succès de cette trilogie.

Bien entendu, il est plus qu’admirable de vouloir faire l’éloge, d’une certaine façon, de cette palette d’excellents comédiens et, pour en revenir aux caricatures, mêmes si elles sont très bien dessinées, elles manquent quand même de couleurs. Mais, je trouve que le plus gros du travail, étant donc lié à la filmographie, aurait pu être fait par un individu lambda. Surtout lorsque l’on sait à quel point il est facile, grâce à internet, de rédiger les meilleures filmographies qui soient. J’ai vraiment l’impression que, de ce point de vue-là, on n’a pas affaire à du boulot sérieux. Particulièrement pour la mémoire des acteurs décédés.

Malgré tout, je dois quand même reconnaître un point positif supplémentaire : une page sur deux met en évidence toutes les grandes répliques de ces trois films et je pense qu’aucune trilogie fictive n’en a autant dont on se souvient encore aujourd’hui ! Or, cela ne suffit pas pour faire de cet album une référence. Pourtant, il y a tellement d’anecdotes croustillantes autour de ces longs métrages qui valaient la peine d’être intégrées et qui, de toute évidence, auraient été ultra enrichissantes.

A déconseiller aux cinéphiles et aux fans de ce qui a marqué le cinéma comique français, sauf s’il y a une volonté absolue de compléter une collection quelconque. Il ne fait aucun doute que, alors qu’elle illustre bien les situations critiques dans lesquelles se retrouvent souvent les personnages de la septième compagnie, on peine à avoir envie de pousser cette chansonnette qu’on doit aux trio « les Inconnus » : ça ne fait pas de mal, ma foi, de marcher au pas de lʼoie ; pas comme ces abrutis, qui se planquent dans le maquis.

 

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a06-3e788fc.gifGénéral 

Mister Med.

 

 

La fabrique pornographique

fpcov.jpgfp3.jpgScénario et dessin :
Lisa Mendel

D’après une enquête de Mathieu Trachman
Editeur : Casterman
Collection : Sociorama
168 pages – broché
Sortie : 03 février 2016
Documentaire – humour

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Howard, jeune vigile de centre commercial et fan de porno amateur, rencontre la star du genre, il saisit l’occasion de se faire inviter sur un tournage pour faire ses premiers pas comme acteur. Mais de l’autre côté du miroir, la production d’un film pornographique se révèle moins glamour : la fabrication des fantasmes sexuels, c’est un travail des corps souvent trivial et éprouvant, soumis jusqu’à l’absurde aux logiques commerciales du genre.

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Mon avis :

La nouvelle collection Sociorama, chez Casterman, mêle bande dessinée et sociologie et s’inscrit dans une mouvance en plein développement : la BD documentaire, journalistique ou sociologique. C’est d’ailleurs lors d’un colloque sur la portée sociologique de la BD qu’est née l’idée d’une collaboration entre des sociologues amateurs de BD et des auteurs de BD curieux de sociologie. Ensemble, ils ont créé l’association Socio en cases. Résultat : une collection d’albums de fictions tirées d’enquêtes de terrain. Au-delà de l’adaptation ou de l’illustration, il s’agit plutôt d’un travail de réappropriation. Ce qui en fait toute l’originalité.

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Comment fait-on un film pornographique ? Comment sont organisés les tournages ? Combien de fois faut-il refaire une scène ? Comment les acteurs et les actrices perçoivent-ils leurs rôles ? Combien sont-ils payés ? Pas question ici d’une BD porno mais plutôt d’un angle d’approche qui permet de décomposer le processus de création de fantasmes, de montrer l’envers du décor, d’expliquer la démarche commerciale, en suivant le personnage d’un jeune acteur qui découvre le milieu du X. Tous les aspects du métier, du travail, sont abordés : du côté physique des performances des acteurs à la précarité des contrats.

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A partir d’un travail de recherche scientifique de fond, le scénario parcourt une trame narrative classique : une histoire, un récit, une fiction qui s’alimente au réel. Le format des albums(16×19), plus proche du livre de poche que de la BD, l’impression en noir et blanc sur un papier brut, la reliure brochée, font de cette collection un produit très typé.

Le dessin au trait simple, non réaliste, humoristique et léger, convient parfaitement au traitement du sujet.

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Loin des clichés habituels, ce véritable document arrive à traiter le porno sans vulgarité. A la lecture, on s’amuse sans gêne et on apprend beaucoup.

 

Cette chronique a été rédigée après une rencontre avec Lisa Mendel, organisée par l’éditeur Casterman, à la Foire du Livre de Bruxelles, le vendredi 19 février 2016. Nous avons pu, Capitol et moi, discuter avec Lisa Mendel de son travail pendant 45 minutes. Nous la remercions de sa sympathie, de sa rigueur, de son traitement empathique et décomplexé du sujet. 

 

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a08-3e78906.gif Scénario

a08-3e78906.gif Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

Découvrir le travail du sociologue Mathieu Trachman : ICI

 

Skippy.

 

Verdun – Tome 1 – Avant l’orage.

Scénariste : Jean-Yves Le Naour.
Mise en scène : Marko.
Dessinateur : Inaki Holgado.

Editeur : Grand Angle.
56 pages.
Sortie : 3 février 2016.
Genre : historique.

Des coulisses du pouvoir à l’horreur des tranchées, va se jouer le sort de la Grande Guerre.
Décembre 1915, les Allemands semblent préparer une attaque d’envergure sur l’un des points stratégiques de la ligne de défense française, à Verdun. Mais le Maréchal Joffre se refuse à renforcer la zone, persuadé que la vraie bataille se jouera en Champagne. Janvier 1916, l’attaque ne fait plus le moindre doute. Seul un miracle pourrait sauver Verdun. Et le miracle se produit : pendant des jours, la pluie s’abat sur la ville, repoussant l’offensive des troupes allemandes.

« J’ai entièrement confiance en vous »

Lire la suite « Verdun – Tome 1 – Avant l’orage. »

Sorties de secours

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Éditeur : Delcourt
208 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : chronique sociale, roman graphique

 

 

Présentation de l’éditeur

Devenus vieux, Lars et Rachel sont contraints de quitter leur appartement de Los Angeles, dans lequel les plus infimes objets du quotidien s’entassaient depuis des années, pour intégrer une institution. Avec tendresse et affection, Joyce Farmer parvient à transmettre toutes ces petites choses qui reliaient ses parents. Comment ils se taquinaient, comment ils s’aimaient, et comment ils sont partis.

 

Mon avis

Un sujet difficile, rarement traité en BD. Des situations qui nous touchent et nous toucheront tous, fatalement, pour nos proches, puis pour nous mêmes.

En vérité Lars et Rachel s’obstinent à ne surtout pas la quitter, leur maison de la banlieue de Los Angeles, car pour rien au monde ils n’iraient dégénérer dans une institution. Ils préfèrent le faire chez eux, entourés de leur univers familier fourmillant de petits riens, de choses inutiles qui leur sont indispensables, d’objets du quotidien qui deviennent de plus en plus lourds, hauts, bas… Et avec Ching, le chat irascible et adoré.
Il faudra pour cela tout l’amour, le dévouement et la patience de Laura, la fille unique de Lars, qui se fait de plus en plus présente auprès d’eux pour pallier leurs absences ; et qui redécouvre, voire découvre son père et sa compagne, aussi agaçants qu’attachants.
Quand on prend de l’âge et que le corps nous trahit, les masques tombent et cela peut être aussi dur d’un côté du masque que de l’autre.

Les cases toutes de la même taille s’enchaînent comme les journées du couple englué dans ses habitudes. Le dessin n’est pas beau. Noir et blanc, hachuré (ridé ?), un peu « branlant », surchargé de détails (à l’image de l’encombrement poussiéreux, voire crasseux, de la maison des protagonistes), il ne cherche pas à enjoliver, à éluder ce qui pourrait paraitre gênant, il est modeste, humble, comme on doit accepter (et non choisir) de l’être lorsqu’on en est réduit à exposer sa nudité flétrie aux bons soins d’une tierce personne…
Il est en cohérence avec le propos.

Clairement autobiographique, cette peinture sans concession de la vieillesse, de la dépendance, de la diminution des êtres jusqu’à la bien nommée « sortie de secours », reste un hommage au courage et à la vie longue et bien remplie des parents de Joyce Farmer.

Bon, les amis, en attendant, CARPE DIEM !

 

 

 

 

 

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