Dominic MARCO

Dessin : François Boucq – Scénario : Jérôme Charyn
Couleurs : Le Moal Jean-Noël
Editions Le Lombard
Collection « Signé »
Sortie : 07/11/2014
88 pages –cartonné
Prix conseillé : 16,45 €
ISBN : 9782803634170
Aventure, goulag, tatouages
Résumé (de l’éditeur) : Emprisonné en même temps que ses parents, c’est à l’âge de sept ans que Pavel a découvert l’enfer du goulag. Séparé des siens, il a dû apprendre à survivre seul. Quelques années plus tard, il connaît bien les règles qui régissent son univers: la violence permanente, l’incurie des gardiens, la toute-puissance des chefs de gangs,… Il sait que s’adapter et s’endurcir ne suffisent pas. Grâce à ses talents de tatoueur, il obtient la protection de Kiril la Baleine, le plus cruel des caïds. Mais s’allier avec le diable a toujours un prix…
« Le dessin est un art qui consiste à essayer de donner forme à l’invisible… »
Mon avis : « 25 ans après « bouche du diable », le duo Boucq-Charyn se reforme ». C’est le bandeau rouge de l’éditeur que vous trouverez avec l’album. Pour fêter les 20 ans de la collection « Signé », Le Lombard ne pouvait espérer un meilleur timing. Le même duo avait déjà frappé une fois avec « la femme du magicien » en 1986 dans la collection « A suivre » chez Casterman. Le Lombard en profite pour ressortir ces deux excellents albums. Jérôme Charyn est un des plus importants écrivains de la littérature américaine contemporaine. Après 25 ans, le fil a été renoué. Entretemps, Boucq a continué son chemin et est devenu un des grands auteurs de la bande dessinée franco-belge. Doté d’un humour dévastateur, il a fait vivre les aventures de Jérôme Moucherot, un agent d’assurance hors norme et décalé pour lequel l’aventure est au coin de la rue. Il aborde le western avec Jodorowsky dans la série Bouncer. Un western pas comme les autres qui fait preuve d’innovation et lui donne un univers qui lui est propre, vu nulle part ailleurs. Grand Prix de la ville d’Angoulême en 1998, son dessin précis et enlevé ont fait de lui un des maîtres de la profession, alliant qualité du travail graphique et rapidité d’exécution. La sortie d’un album de Boucq est toujours un événement, et plus encore quand il est en duo avec Charyn qui lui fait une confiance aveugle pour l’adaptation de son scénario. Une référence dont Boucq peut être très fier ! J’ai eu l’immense honneur de l’interviewer en décembre 2012 lors d’une exposition à la galerie Champaka à Bruxelles. Le personnage est affable et bienveillant mais aussi à la hauteur de son immense talent et de sa réputation (son interview sur Samba BD : ICI).
Après ce long et nécessaire préambule, vous savez en ouvrant l’album qu’à priori vous devriez passer un bon moment de lecture. D’autant plus que les auteurs ont concocté un scénario très intéressant qui mêle plusieurs thèmes dont le principal est les camps du goulag en Union Soviétique. Vient ensuite se greffer d’autres thèmes tels que le dessin, le tatouage, la criminalité dans ces camps, la survie mais aussi l’immigration en Amérique et le choc des cultures que ce parcours de vie implique. Ajoutez-y le dessin de François Boucq, très expressif et complètement maîtrisé, un découpage classique mais précis, des cases dignes d’un récit cinématographique. Le lecteur est directement emporté dans un univers sans concession et suit la vie incroyable de Pavel qui va devoir se battre pour sa survie, dont la vie va être marquée à tout jamais par ce qu’il va devoir subir. C’est par moment violent, comme l’était la vie dans les goulags, mais le Pavel adulte a des principes et des valeurs qu’il défend parfois au péril de sa vie. Il s’agit d’une parabole en 88 pages dont on ne sort pas indemne car les auteurs sont des virtuoses dans leur domaine. A noter que l’album se termine par un dossier graphique du meilleur effet.
J’ai également bien aimé dans cet album le rapport entre Pavel, l’élève tatoueur, et son professeur en tatouage, Andreï. Certains dialogues, entre les deux personnages sur le dessin et l’apprentissage des connaissances, valent le détour. Je suppose que François Boucq y adhère à 100%. Ce serait bien de lui poser la question lors d’une prochaine interview…
Pour moi, il s’agit d’un des meilleurs albums que j’ai lu durant cette année 2014. Les auteurs allient la fiction avec une solide base réelle, puisque François Boucq s’est pas mal documenté sur la vie dans les camps. C’est lui qui a proposé le sujet à Charyn en recherche d’un projet fédérateur et novateur. A lire sans délai ou à vous faire offrir pour les fêtes de fin d’année. Incontournable !
Scénario : 9/10
Dessin : 9/10
Moyenne : 9/10
Lien vers le site des éditions Le Lombard : ICI.
Capitol

Auteurs : Arleston et Barbucci.
Editeur : Soleil.
Sortie :11/2014
Des décors dignes des plus grosses productions cinématographiques, des actrices glamour… Alessandro Barbucci signe, dans ce troisième volet des aventures de Fourmille dans le monde décalé d’Ekhö, un magnifique album.
Le grand format, le noir et blanc mettent particulièrement en valeur son dessin élégant et dynamique. Avec son cahier de recherches inédites, cette belle édition spéciale et limitée est indispensable à tout connaisseur !
Chantons comme Axelle!
Chaussée du Soleil
De James Dean et de Biz Sailor
Je cherche dans la librairie
Les dessins et les phylactères
J’essaie un instant
De changer de temps
Plante le décor
Des films en technicolor
Je cherche le trait de Barbucci
Trait enchanteur
Je cours comme Forest Gump
Devant cette édition spéciale
Rêves de collectionneur
Comme une bulle de phylactère
Rêves de collectionneur
dans ma bibliothèque il sera
Je remonte Kennedy Boulevard
Sur des pages en noir et blanc
Je remonte Hollywood Boulevard
Sur des pages en noir et blanc
Des versions qui brillent
Sur des éditions de luxe
de nombreuses références cinéma
sur 1500 exemplaires
Et je pars avec lui
Jusqu’au bout de la nuit
Rêves de collectionneurs
Comme un tirage de tête
Rêves d’aficionados
Cette édition spéciale elle prend de la place
Je remonte Kennedy Boulevard
Sur des pages en noir et blanc
Je remonte Hollywood Boulevard
Sur des pages en noir et blanc.
PS : cette chronique est dédiée à cette édition spéciale grand format, l’album « classique » sera chroniqué plus tard par Jaxom.

Samba
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