
Dessin et scénario: Christian Lax
Editions Futuropolis
Sortie : 27/09/2012
80 pages
Prix conseillé : 16,25 €
ISBN : 9782754807807
Histoire, cyclisme, 2e guerre mondiale.
Résumé (de l’éditeur) : Paris, mai 1940. Sam et Eddie sont frères. Deux frères, que lie un amour quasi fusionnel que rien n’altérera jamais. Deux frères, qui chacun à sa façon, affrontent avec obstination les années noires de l’Occupation.
Sam, l’aîné, est un pistard, un coureur cycliste sur piste, l’un des meilleurs de sa génération, particulièrement apprécié du public populaire du vélodrome d’hiver, le fameux Vel’ d’Hiv, qui le surnomme l’écureuil, du fait de son agilité.
Eddie, le cadet, souffre d’une hémiplégie inférieure du bras et de la jambe gauches.
Adulé par sa mère, Eddie est rejeté par son père, le docteur Ancelin. Serge Ancelin, persuadé en ces temps d’occupation qu’il vaut mieux Hitler que le Front populaire, soigne le jour ses patients, souvent gratuitement, et passe ses nuits à se perdre dans le jeu avec des officiers allemands. Docteur Ancelin et Mister Serge…
Mon avis : Christian Lax est un féru de cyclisme. Après l’Aigle sans orteils sur le tour de France dans les années 1910, après Pain d’Alouette sur le Paris-Roubaix dans les années 1920, il termine une trilogie dédiée au vélo avec l’Ecureuil du Vel’d’Hiv, un récit complet en un seul album de 80 pages. Mais quel album ! On retrouve les grands thèmes de prédilection de Lax à savoir la volonté de s’élever même si on a un handicap, la vie quotidienne des gens ordinaires qui par leur forces intérieures se fraient un chemin de vie hors du commun.
Plus précisément dans cet album, l’auteur nous a concocté très intelligemment un récit qui mêle trois lignes de force : le cyclisme et la compétition qu’il engendre, le Vel d’Hiv ( le vélodrome d’Hiver à Paris) en tant qu’endroit mythique pour la pratique du sport (cyclisme, boxe,…) mais aussi le théâtre des pires moments de la période 1940-1944 avec les rafles des juifs et les réunions politiques de la France collaborationniste et, enfin, la vie quotidienne à Paris pendant l’occupation. Lax parvient à nous faire vivre des moments d’exaltation mais aussi d’émotion, de grande tristesse. Des sentiments divers qui sont très bien distillés par le narrateur tout au long de l’album, qui a su nous parler d’évènements historiques mais aussi du milieu du cyclisme sur piste, avant et pendant la guerre. Cerise sur le gâteau, via l’histoire d’une famille atypique, il parvient à nous faire comprendre les sentiments antagonistes et parfois troubles que peuvent ressentir chaque membre d’une même famille en fonction de leurs aspirations et de leurs convictions. Un père médecin, joueur invétéré et sympathisant -collaborationniste à ses heures, une mère qui aide clandestinement les enfants juifs, un fils aîné champion cycliste, la fierté de son père, et un deuxième fils, handicapé par une hémiplégie, rejeté par ce même père, couvé par sa mère. Tout ce petit monde va vivre la guerre avec des destins divergents, tantôt tragiques, tantôt héroïques. Ce sont ces trajectoires que Lax nous décrit avec retenue mais aussi avec une criante vérité.
La travail de recherche a probablement dû prendre beaucoup de temps que ce soit par la presse de l’époque, par les documents photographiques pour pouvoir décrire avec précision aujourd’hui le Vel’d’Hiv des années 1930-1940. A noter qu’un cahier graphique en fin d’album raconte les coulisses du Vel d’Hiv pendant les compétitions pistières. Cet album est un coup de cœur du journal L’Equipe qui a collaboré à la documentation de l’auteur. Ce n’est pas seulement un album sur le cyclisme sur piste, c’est un chemin de vie…
Vous l’aurez compris, le scénario, le point fort de l’album, m’a transporté et j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire cet album passionnant. Le dessin de Lax est typique. On le reconnaît directement avec un style qui lui est propre, sa mise en couleur est du même tonneau. Les puristes diront peut-être que les postures des cyclistes ne sont pas toujours au « top », qu’il y a moyen de faire mieux mais je n’ai pas du tout trouvé que c’était un handicap à la lecture.
Un des meilleurs albums que j’ai lu pendant ce mois de septembre 2012. Un coup de cœur également pour moi !
Graphisme : 8,0/10
Scénario : 9,5/10
Moyenne : 9,0/10
Capitol.







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