
L’histoire.
Portrait croisé de deux personnalités des années trente en France, Mireille Balin et Young Perez ont tout deux connu la gloire avant de connaître un destin tragique. Une histoire authentique subtilement racontée par Denis Lapière et magnifié par les peintures d’Aude Samama, à découvrir en librairie depuis le 22 août!
Victor Younki dit Young Perez est né en Tunisie. Le petit gamin juif se passionne pour la boxe et de fil en aiguille, il deviendra champion du monde des poids lourds en 1931. Rattrapé par ses origines, il est dénoncé et arrêté par la milice en 1943. Il sera déporté à Auschwitz où étonnement, il participera à un dernier combat de boxe contre un champion nazi avant d’être abattu en 1945. Mireille Balin, l’actrice adulée des années 30, femme fatale à qui personne ne résiste, maîtresse de Jean Gabin, Tino Rossi et Young Perez connaîtra elle aussi un destin tragique à la fin de la guerre.
Pour découvrir l’univers d’Aude Samama:http://www.audesamama.com/
Pour en savoir plus sur Denis Lapière: http://www.lapiere.be/

L’interview d’Aude Samama et Denis Lapière..
C’est votre 2e collaboration après « Amato », « à l’ombre de la gloire » est avant tout une envie de retravailler ensemble ?
Denis Lapière:Oui, bien entendu… Aude et moi sommes de plus en plus complices dans le travail.
Qui était le plus au courant de ces deux destins tragiques mais aussi tellement exceptionnels ?
DL : C’est Aude qui m’a fait connaitre Young Perez. Puis Mireille Balin s’est imposée d’elle même dans le récit.
La 1e chose que j’ai fait après ma lecture, c’est des recherches sur ces deux célébrités. Et j’ai été stupéfait de voir que tout est vrai, même le fameux match de boxe à Auschwitz ….ça semble tellement improbable. C’était le but de cette BD, un devoir de mémoire ?
DL :Pas vraiment un devoir de mémoire, le but premier n’était pas un récit historique ou documentaire, mais bien un instantané sur la réalité des relations amoureuses de deux personnes en quête de réussite sociale. Mireille et Victor ont vécu leur vie comme un jeu, où tout était possible, où seul le présent avait de l’importance. La guerre, qui rend tous les destins tragiques, les a évidemment broyés.

Pourquoi cet attrait pour la boxe de la part d’une dessinatrice …ou plutôt d’une artiste peintre ?
Aude Samama : La boxe était un thème qui m’attirait, pour le
mouvement et les jeux de lumière entre autre. J’avais aussi vu des films sur des histoires de boxeurs qui m’avaient beaucoup plu « Raging Bull », « Nous avons gagné ce soir »…
C’était une volonté de votre part de montrer des corps dénudés, de mettre une touche de sensualité dans cet album?
AS : C’est Denis qui a pris le parti de mettre Mireille en avant, presque autant que Young Perez, elle amène évidemment cette part de sensualité qu’elle représente à l’écran comme dans la vie. Il y a aussi une forme de sensualité dans la boxe.
Pas trop d’appréhension pour le partie « Auschwitz » ?
AS : Si, un peu, d’autant plus que je m’étais attachée à Victor… Et puis il y avait évidemment le problème de la représentation, comment montrer cela, et surtout ne pas être trop dans l’emphase lors du combat de boxe qui déjà semble plus grand que nature. L’arrivée au camp que Denis a choisi de mettre en scène sans aucun texte me semble être une bonne façon de montrer tout en gardant une certaine pudeur.
J’aimerais savoir comment vous avez perçu Mireille Balin car pour moi, c’est un mystère cette femme ?
DL :Pour moi, Mireille est telle que je l’ai posée dans le livre : une jeune femme qui
s’abandonne totalement au jeu de la séduction pour pouvoir trouver l’homme qui saura rassurer, protéger, la petite fille tremblante qui se cache derrière les atours de la femme fatale qu’elle affiche avec mépris, mais surtout avec défi. Mireille était une femme fragile. Elle a eu la naïveté de croire qu’un homme, que l’amour d’un homme, parce qu’il était riche, fort, cultivé ou puissant, ou le tout à la fois, pouvait balayer ses angoisses. Elle l’a évidemment payé très cher…
Finalement, c’est très superficiel ce qu’on sait d’eux non ?
DL : Ce qu’on sait des gens est toujours superficiel, mais les actes qu’ils posent parlent pour eux et sont révélateurs d’une certaine vérité. C’est cette vérité que j’ai essayé de transmettre au travers du livre.
Que diriez-vous pour inviter à lire « A l’ombre de la gloire » aux lecteurs de SambaBD ?
DL : Qu’ils ouvrent le livre, ils seront happé par les splendides peintures/dessins de Aude…

Une dernière pour la route, quelles seront vos actualités à venir ?
DL : Nous commençons, Aude et moi, un nouveau livre. Rendez-vous dans deux ans.
Un grand merci aux auteurs pour cette interview (un record de rapidité aussi) .Il ne vous reste plus qu’à plonger dans ces deux destins incroyables .Je peux vous dire que vous en sortirez tout petit.
Une preview ici sur le blog de Futuropolis.
Samba.

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