Ana Miralles.

Ana Miralles.


Dessin & scénario: Mitsushisa Kuji
Editions Ki-oon
Sortie : 12/04/2012
192 pages
Prix conseillé : 7,65 €
ISBN : 9782355923739
Aventure, Moyen-âge, manga
Résumé (de l’éditeur) : Dans la Suisse du XIVe siècle, un seigneur tyrannique règne sur la forteresse et la passe de Saint-Gothard, surnommée le Col du Loup par les voyageurs terrifiés. L’homme a une capacité surnaturelle à deviner les tragédies personnelles que cachent les malheureux cherchant à fuir le pays. Avec un adversaire aussi machiavélique, le sort est souvent cruel pour les clandestins qui risquent le tout pour le tout…
Mon avis : Toujours dans ma balade au sein de la planète manga, j’ai lu ce tome 1 de « Wolfsmund ». Coq de combat, mon vénéré collègue, spécialiste du manga, n’a pas aimé et me voilà donc avec cet album à chroniquer. N’ayant pas de préjugé, je me suis plongé dans ce manga dessiné par Mitsuhisa Kuji, un ancien assistant de Kentaro Mura, le dessinateur de la série à succès « Berserk ». Il s’agit ici de sa première série, une chronique médiévale, « sombre et torturée », d’après les termes de l’éditeur. On ne peut mieux définir l’ambiance qui règne dans ce manga : sombre et torturé. La mention « pour public averti » est indiquée en 4e page de couverture.
Plus je lis des mangas, plus je me dis que nous sommes influencés par une certaine image des sociétés asiatiques et plus particulièrement nippone et chinoise.
A côté des séries qui nous parlent de la vie à Tokyo, Pékin ou Séoul, il nous arrive maintenant des séries directement inspirées de l’Europe, tant au niveau de la vie quotidienne que d’épisodes historiques. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’en général ces séries sont bien documentées. On peut dire aussi, si on prend le problème du point de vue de l’éditeur francophone, qu’il y a eu un tri effectué par des professionnels dans une surproduction qui existe aussi dans les mangas. On s’est plaint à un certain moment de la violence des séries américaines au cinéma, à la télévision. Dans le manga, c’est plus diffus. On y met plus les formes, on exalte les grands sentiments d’abord mais on n’a pas peur d’étaler une certaine violence, une violence sublimée et mise sur un piédestal, comme s’il s’agissait d’un plaisir, une certaine forme de sadisme de bon aloi…
Wolfsmund surfe sur cet aspect torturé du récit, au propre comme au figuré. Le seigneur tyrannique du Saint-Gothard prend un malin plaisir à tuer tout qui ne respecte pas la loi mais aussi tout qui ne lui plait pas ou lui semble suspect…Il ne se soucie pas beaucoup du problème de la preuve ou des droits des accusés. Nous sommes au Moyen-âge et l’auteur appuie sur cette particularité historique.
Au niveau du scénario, cela se laisse lire mais il ne faut pas y trouver le scénario très novateur. Les références extérieures sont monnaie courante. On y croise Guillaume Tell et son fils. On y voit un remake de la scène mythique du film « Il était une fois dans l’Ouest », du fils qui porte son père sur ses épaules. Son père à la corde autour du coup et si le fils s’effondre, le père passera « ad patres ». Mais il manque l’harmonica…Ce manga manque vraiment de poésie…
Le dessin n’a rien d’extraordinaire. Bon sans plus. Les scènes de combat, c’est par moment un peu du n’importe quoi. Il faut être fort pour suivre tous les développements.
En conclusion, une série manga qui se laisse lire mais qui ne laissera pas non plus un souvenir impérissable…Si vous êtes intéressé par ce genre de lecture, le tome 2 est sorti au mois de juin 2012.
Graphisme : 6,5/10
Scénario : 6,5/10
Moyenne : 6,5/10
Capitol.
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