LA FILLE DE L’EAU

couv-fille-de-l-eau.jpglfde-14.jpg

Un matin une jeune adolescente de 16 ans, Judith, travestie en jeune garçon, simule une chute de pédalo dans un lac au pied d’une superbe villa. Elle vient incognito à la rencontre de la famille qui occupe cette bâtisse et dont le père est à ce jour décédé. Judith n’est autre que sa fille illégitime.

 

Voici un album qui est destiné à un public de bédéphiles assez pointu. L’auteur, Sacha Goerg, utilise des codes et un langage qui nous emmène loin de la grande bande dessinée populaire. La construction de ce récit est lente, elle prend le temps de s’emparer du lieu de l’action et des personnages.  Le dessin, en harmonie avec le scénario, propose un trait léger et très épuré. Les planches sont composées très librement, les cases ne sont pas délimitées, ce qui crée une grande aération. Le dessin respire littéralement. La technique de couleurs directes de Goerg, plume et encre de chine directement sur l’aquarelle, démontre un travail spontané qui s’approprie habilement le jeu des couleurs complémentaires (les illustrations de la villa rouge vif sur le flanc d’une falaise entourée de verdure sont magnifiques).

 

Qui est l’auteur ? Sacha Goerg fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs belges francophones très inspirés et est l’un des piliers fondateurs de la maison d’édition bruxelloise l’employé du moi. Bouture (2003, employé du moi) et Rubiah (2005, employé du moi), ses premiers albums, montrent un auteur en pleine évolution. La fille de l’eau se place dans cette lignée de progression et de maturité. Goerg s’occupe également d’un site qui propose à de jeunes auteurs la mise en ligne de leurs créations : grandpapier.org. Il aime les projets qui suivent des chemins de traverse et le fait que La fille de l’eau soit issu de My Major Company BD en est une nouvelle preuve. Pour rappel, MMC BD est un site qui propose un financement d’albums Dupuis, Dargaud et Le Lombard par des internautes.

lfde-7.jpg


 

Le + : La fille de l’eau est avant tout une réussite visuelle. Traits, couleurs, technique, composition des planches,… l’ensemble forme une bande dessinée unique.

 

Le – : Un album qui utilise des codes et un langage peu accessibles au grand public (ce n’est pas un point négatif pour tout le monde).

 

 

Infos en vrac :

 

One-shoot

184 pages

Parution : janvier 2012

Dessin, scénario et couleurs : Sacha Goerg

Editions : Dargaud, My major Company BD

Prix : 18 euros

 

Site de l’auteur : sachagoerg.com

Site grand papier : grandpapier.org

Site Dargaud : www.dargaud.com

Site MMC BD : www.mymajorcompanybd.com



Monsieur William


Cette critique est également présente sur le site Myboox

 

Masqué T1 : Anomalies.

Masqué1.jpgMasqué1p.jpgAuteurs : Lehman-Créty-Benjamin Carré.
Editeur : Delcourt (Néopolis).
Sortie : 01/2012.

Super héros ?
Blessé au cours d’une mission dans le Caucase, le sergent Frank Braffort regagne Paris après six ans d’absence. Il découvre une ville en pleine mutation orchestrée par le Préfet Beauregard : Paris-Métropole. Une ville où le gigantisme rétro fait fureur et où se multiplient les “anomalies”, évènements mystérieux que nul ne peut expliquer. Une ville qui va s’emparer de Braffort et lier leurs destins à jamais…

Chez Fantômas.
Un communiqué de Standard and Poor’s vient de tomber affirmant suspendre la cotation de tome 1 de Masqué. Mais pourquoi cette suspension ? Déjà, avoir des actions dans la Lehman Brother’s , c’est un placement à haut risque .Il faut avouer que pour le moment son scénario est assez déconcertant et j’ai terminé cette lecture avec beaucoup d’interrogations. Je veux bien que Braffort soit une ex militaire et qu’il aime bien l’action mais à ce point ne pas se poser des questions, c’est de l’imbécilité. Désolé du terme mais quand on fonce droit dans les ennuis, ce n’est pas très intelligent. Bon, allez savoir si tout ça est bien réel et qu’on ne se retrouve pas dans un monde parallèle bourré de références « comics ». Par contre le triple A est sauvé par le dessin de Créty . Un trait inspiré et lumineux pour une ville lumière tout à fait originale et remarquable .En plus, ces personnages sont attachants (mmmm la sœurette) et donne envie de continuer l’aventure. Bref, pour le moment, je ne sais pas trop sur quel pied danser. Pour vous faire une image, une sorte de sirtaki grec avec Angéla M. Rendez vous avec le tome 2 qui ne tardera pas  pour savoir si cette série gardera son AAA+ face à ces  sales spéculateurs de SambabD. 
Dessin : AAA+
Scénario : A+
On en parle sur le forum.

fantomas.jpg

Inscrivez-vous à la newsletter.

 

Samurai T7: Frères d’armes.

Samurai7.jpgalbum-page-large-14402.jpgAuteurs: di Giorgio et Genêt.
Editeur : Soleil.
Sortie : 11/2011

Ah la famille !
Takeo et son frère sont sur les traces de leur passé pour lever le voile d’ombre sur l’histoire douloureuse de leur famille et ainsi retrouver leur honneur ! Mais le destin entrave leur progression. Ils font étape dans une petite ville paisible et tombe au milieu d’un conflit où se confrontent le suzerain local, les moines Ishozu et des yakuzas aux dents longues. Takeo se verra contraint et forcé d’endosser la peau d’un voleur le temps d’une nuit, mais il ignore que l’endroit renferme des secrets que les puissants dignitaires du royaume ne veulent à aucun prix voir révélés ! Voici l’histoire d’un chapardage à haut risque, où les voleurs sont certainement les plus innocents de l’affaire…

La concorde.
Quand on arrive au tome 7, on peut se rapprocher des cotes et commencer à parader et faire un peu le show pour les lecteurs du littoral. D’ailleurs je ne vais pas faire une longue chronique pour éviter un bis répétitat par rapport aux anciens avis sur les tomes précédents. Car la formule est maintenant bien rodée comme une bonne croisière. On accoste facilement grâce à une mise en page moderne et dynamique accompagnant un dessin très « vivant ».La traversée du tome est toujours aussi agréable et c’est un plaisir de lire un récit aussi clair. L’album semble un peu plus enjoué que d’habitude notamment grâce au frère de Takéo qui semble être un joyeux guignol. Pour le coté sombre, il faut compter sur le capitaine Di Diorgio pour ouvrir de nombreuses brèches aux ennuis.
Bref, ce n’est pas avec ce nouveau cycle que le Samurai fera naufrage.
Scénario : 7.5/10
Dessin : 8/10
8-17b1.gif Global.
On en parle sur le forum.

Samurai_7_centre.jpg

Inscrivez-vous à la newsletter.

Bienvenue à Hoxford

Bienvenue à Hoxford CouvertureBienvenue à Hoxford PlancheBienvenue à Hoxford

  • Scénario/Dessin et Couleurs : Templesmith, Ben
  • Dépot légal : 08/2011
  • Editeur : Delcourt/Collection : Contrebande
  • ISBN : 978-2-7560-2754-8
  • Planches : 144

 

Résumé :

Enfant battu, adolescent à problèmes, militaire traumatisé, Raymond Delgado n’a pas eu une vie facile. Condamné à perpétuité pour meurtres avec actes de barbarie, il fait partie d’une population carcérale à haut risque que le système pénitencier américain ne parvient plus à gérer. Lui et ses congénères vont être transférés à Hoxford, un établissement privé russe aux méthodes uniques et radicales…

Vol au-dessus d’un nid de psychopathes :

J’ai découvert ce one-shot grâce à la preview de BDGest. J’ai été assez intrigué pour feuilleter le bestiau en librairie. J’ai été très désagréablement surpris, le pitch étant relativement simple: lycanthropie et univers carcéral, bof bof, rien de bien novateur. Je ne pensais pas l’acheter. Pis comme j’avais un peu de temps devant moi, j’ai lu la petite préface de Ben Templesmith et là j’ai vu son travail sous un autre angle et finalement j’ai fait chauffer la carte bleue.

Amis du politiquement correct, culs bénis et autres vierges effarouchées ne poursuivez pas plus en avant la lecture de cette chronique !!! Ce Comics n’est absolument pas pour vous !!! Ici, vous ne trouverez que violence, haine, folie, décadence, bestialité, vulgarité ….. Je vous aurai prévenu.

Comme Ben Templesmith l’explique fort bien dans son introduction, les loup-garous, c’est nul ! Alors pourquoi faire une histoire autour de ces bestiaux peut-être afin de laisser libre court à la violence/bestialité que peut engendrer la rencontre de deux univers la prison et la lycanthropie ?

Ici point de héros, que nenni, vous avez affaire à une bande de sales types plus antipathiques les uns que les autres. Bref, la lie de notre société, tueurs en série, prêtre violeurs d’enfants, cannibale, nécrophage …. Que des gens que vous rêvez d’inviter pour le baptême de votre petit dernier. Si vous pensez que les gardiens de prisons relèveront le niveau, détrompez-vous. Ici aussi point de salut pour vos âmes, que noirceur et sang. Le seul rayon de «lumière » de ce Comics vous sera apporté par le Doc Jessica Ainley, la psychiatre qui suit Raymond Delgado. 

Belle brochette de fous furieux


Voilà le décor est planté, bienvenue à Hoxford !!!!

C’est ici que Ray Delgado vient d’être transféré après avoir encore commis un nouveau meurtre, un de trop pour le système normal. Ray notre « héros » se prend pour Kronos seigneur des Titans, il pense avoir été enlevé par des extraterrestres. Il parle avec une souris qui n’est autre que sa mère, il entend des voix… Bref, il est complètement à la masse et à une sale manie, il égorge ses codétenus avec ses dents. La seule personne avec qui il entretient un semblant de normalité est sa psy.

 

Un compagnon des plus charmant

Cette histoire débute par une séquence flashback qui nous permet de nous rendre compte de ce que Ray a enduré et ce n’est pas joyeux. Nous sommes de suite dans le bain de ce Comics, folie, violence et barbarie et cela ne fera qu’empirer tout au long de la lecture.

 

Sympa le papa

L’ambiance de ce Comics est pesante, glauque, dérangeante, violente ce que les dessins de Ted Templesmith rendent parfaitement. Ici pas de place pour les fioritures, les petits détails travaillés à l’extrême, rien que l’essentiel. Les dessins vous sautent au visage comme s’ils voulaient vous mordre. La mise en couleur est très réussie et colle parfaitement aux diverses ambiances de cette histoire, voir l’utilisation du rouge lors de scènes sanguinolentes/gore.

Les dessins et la mise en couleur sont en parfaite adéquation avec l’histoire mais ils peuvent aussi rebuter nombre d’entre vous. Je pense qu’ici, il n’y a pas de juste milieu soit on adore, soit on déteste.

Vous vous trouvez en présence d’un récit très violent visuellement et que dire de certains dialogues, qui d’un seul coup « dérapent » avec des passages ultra grossiers. S’il fallait trouver un rapprochement cinématographique, je dirais la rencontre d’Hannibal Lecter et de Quentin Tarantino.

 

Revedefer

Ma note 8.5/10

Dessins/colorisation : 9/10

Scénario : 8/10


C'est qui qui cause

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑