LA FILLE DE L’EAU

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Un matin une jeune adolescente de 16 ans, Judith, travestie en jeune garçon, simule une chute de pédalo dans un lac au pied d’une superbe villa. Elle vient incognito à la rencontre de la famille qui occupe cette bâtisse et dont le père est à ce jour décédé. Judith n’est autre que sa fille illégitime.

 

Voici un album qui est destiné à un public de bédéphiles assez pointu. L’auteur, Sacha Goerg, utilise des codes et un langage qui nous emmène loin de la grande bande dessinée populaire. La construction de ce récit est lente, elle prend le temps de s’emparer du lieu de l’action et des personnages.  Le dessin, en harmonie avec le scénario, propose un trait léger et très épuré. Les planches sont composées très librement, les cases ne sont pas délimitées, ce qui crée une grande aération. Le dessin respire littéralement. La technique de couleurs directes de Goerg, plume et encre de chine directement sur l’aquarelle, démontre un travail spontané qui s’approprie habilement le jeu des couleurs complémentaires (les illustrations de la villa rouge vif sur le flanc d’une falaise entourée de verdure sont magnifiques).

 

Qui est l’auteur ? Sacha Goerg fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs belges francophones très inspirés et est l’un des piliers fondateurs de la maison d’édition bruxelloise l’employé du moi. Bouture (2003, employé du moi) et Rubiah (2005, employé du moi), ses premiers albums, montrent un auteur en pleine évolution. La fille de l’eau se place dans cette lignée de progression et de maturité. Goerg s’occupe également d’un site qui propose à de jeunes auteurs la mise en ligne de leurs créations : grandpapier.org. Il aime les projets qui suivent des chemins de traverse et le fait que La fille de l’eau soit issu de My Major Company BD en est une nouvelle preuve. Pour rappel, MMC BD est un site qui propose un financement d’albums Dupuis, Dargaud et Le Lombard par des internautes.

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Le + : La fille de l’eau est avant tout une réussite visuelle. Traits, couleurs, technique, composition des planches,… l’ensemble forme une bande dessinée unique.

 

Le – : Un album qui utilise des codes et un langage peu accessibles au grand public (ce n’est pas un point négatif pour tout le monde).

 

 

Infos en vrac :

 

One-shoot

184 pages

Parution : janvier 2012

Dessin, scénario et couleurs : Sacha Goerg

Editions : Dargaud, My major Company BD

Prix : 18 euros

 

Site de l’auteur : sachagoerg.com

Site grand papier : grandpapier.org

Site Dargaud : www.dargaud.com

Site MMC BD : www.mymajorcompanybd.com



Monsieur William


Cette critique est également présente sur le site Myboox

 

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