Curiosity Shop , l’interview.

Curiosity Shop1.jpg9782723472807_4.jpgJe vous invite à lire aujourd’hui pour illustrer le tome 1 de Curiosity Shop une interview de la scénariste espagnole  Teresa Valero.Un grand merci à elle d’avoir répondu à ma curiosité.

Bonjour Térésa, j’aurais tout d’abords aimé savoir comment est né Curiosity Shop ?

Angers-2-007.jpgA Madrid, j’habite dans un quartier près du quartier historique bourré de magasins bizarres et étonnants, beaucoup d’entre eux  sont dédiés aux antiquités et  aux objets peu communs… Je voulais faire un récit d’aventure placé dans ce Madrid que j’aime…
Ma première idée était de faire une bd autour d’une bande de contrebandiers d’art et d’antiquité. Je voulais faire un peu « d’investigation historique » au travers de tous les objets pour lesquels ces aventuriers pourraient se battre au cours de leurs affaires. Bien sûr, on ne voulait pas faire de la « pédagogie historique », mais essayer de réveiller l’intérêt et surtout la curiosité des lecteurs pour certains évènements que nous sommes en train d’oublier…

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Montse et moi, on avait travaillé ensemble pendant plus de dix années dans le studio d’animation Tridente. On avait des goûts et des visions communes, on se comprenait très bien au travail… Après la disparition du studio, on a continué à se voir dans certaines réunions d’artistes de bd qu’on fait habituellement à Madrid. On avait une grande envie de travailler ensemble à nouveau. Je lui ai parlé de l’univers de Curiosity et on a commencé à discuter, à inventer… et finalement on est arrivé à ce que sont maintenant les aventures de Max Prado.

Pourquoi avoir encré ton histoire au début de la grande guerre, c’est une époque qui t’inspire ?

curiosity_ink_col...e_perlas-1f52948.jpgAu long d’une des nos premières conversations, Montse a eu l’idée de situer l’action de « Curiosity Shop » autour des années vingt, parce qu’elle adore l’ambiance et l’esthétique de cette époque là. J’ai trouvé l’idée fascinante… ça nous donnait l’opportunité de raconter en parallèle l’histoire cachée de certains objets anciens et oubliés, l’histoire personnelle d’une femme née avec le siècle, et finalement l’Histoire de ce période pleine de merveilles et d’horreurs. Et un des plus terribles événements du siècle XX est sans doute la Grande Guerre, un conflit qui a mis un point final à un certain mode de vivre…

Cette époque est très intéressante pour beaucoup de raisons : Nous, tel que nous sommes, curiosity shop2.jpget aussi notre monde actuel, tout ça c’est évidement le résultat des événements du 20e siècle, des luttes ouvrières, de deux guerres épouvantables, de l’avancé des sciences et de la technologie, du changement moral et intellectuel des individus… Je trouve certainement passionnant de faire une petite collaboration avec notre travail pour  « nous rappeler » d’où on vient.

Comment se passe ta collaboration avec Montse Martin ?

C’est toujours un plaisir de travailler aux côtes de Montse. C’est une incroyable professionnelle. Non seulement, elle a un talent fou, mais elle apporte toujours une vision intéressante et juste sur beaucoup des aspects de l’histoire.
Pour la méthode de travail, tout d’abord j’écris un petit synopsis de l’histoire que je lui fais lire. Si elle est d’accord avec la route que j’ai prise, je commence à écrire un scenario « technique » avec des informations de case ou aussi un découpage mais quelque chose qui ressemble à des séries de télé ou des films. Après de ça, Montse fait le découpage et on en discute. Quand on est tous les deux d’accord sur ce point c’est l’heure des crayonnés…

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Curiosity shop est une BD très dense avec beaucoup de thématiques abordées. Quel conseil donnerais-tu pour bien aborder ta BD et aussi comment la définirais tu ?

Je définirais « Curiosity Shop » comme une bd pour les CURIEUX. Pour les chercheurs, exlib_valero copie_1305211914.jpgles attentifs, les enquêteurs… Comme lecteur, j’adore les livres qui m’obligent à un peu de participation donc, pour ce bouquin, j’ai essayé de donner aux lecteurs ce que j’aime trouver quand je lis. C’est vrai que la lecture de « Curiosity » demande un certaine approche, une sorte « d’engagement » comme investigateur tant pour l’histoire que pour  la bd qui propose une époque de référence pour bien suivre tous les détails. On est conscient que ce genre de récit peut gêner certains lecteurs, mais il y a d’autres qu’ont beaucoup aimés ce jeu de « chercher-trouver » qui donne, toujours à mon avis, un « plus » à la lecture, et qui laisse le livre ouvert à plusieurs relectures, toujours différentes et plus riches selon le désir de connaître de chacun.

Et le conseil pour l’aborder ? Simplement de la lire avec CURIOSITÉ.

Peux-tu nous dévoiler un peu sur la suite des aventures de Maxima Predo ?

Bon, pour la prochaine aventure elle sera à Tolède, en quête de la Table du Roi Salomon, volé pour l’arabe Tariq aux Goths… Après ça, elle va visiter la France en pleine guerre…

Quelles sont tes sources d’inspiration (BD, roman, cinéma etc) ?

angers-029b-162363e.jpgTout ! J’essai de lire tout ce que je peux, j’aime voir de bonnes fictions qu’on trouve de plus en plus dans les séries télé.

Pour m’inspirer pour « Curiosity » qui demandait un travail de fou pour la recherche en document, j’ai passé beaucoup de temps en essayant d’apprendre sur la période historique, en cherchant des beaux endroits de l’époque pour situer les actions, des événements intéressants autour desquels je voulais construire le récit. J’ai plongé dans les archives photographiques d’internet, les hémérothèques, les livres anciens, les romans des auteurs du dernier siècle, essais historiques sur la première guerre mondiale ou la situation politique pour laquelle l’Espagne est devenue neutre, j’ai aussi vu plusieurs documentaires… ce n’est pas les matériaux pour l’inspiration qui nous manquent de nos jours !

Voilà, j’espère que vous  en savez un peu plus sur le travail de Téresa Valero. L’air de rien, on découvre que ce n’est pas une mince affaire de faire une bonne histoire.

avec un ex-libris.

L’oeil des dobermans T1: Pour la gloire du diable.

Oeil des dobermans (L')1.jpgOeil des dobermans (L')1p.jpgAuteurs : Cothias, Ordas et Zanat
Editeur : Grand angle.
Sortie : 05/2011

Si j’avais su….
Pour Hitler, le pouvoir suprême n’était pas l’héritage du Christ, mais celui d’une race supérieure, les Aryens. Il était convaincu que rassembler les preuves historiques de leur existence lui permettrait de régner sur l’univers entier. C’est la mission confiée au professeur d’ethno archéologie à la faculté des sciences de Vienne : Arno Ixks.
De Vienne à Katmandou en passant par Bagdad, Ixks sera accompagné par un ange noir, une magnifique Tibétaine, une tueuse nommée Palden. Il se rendra, avec l’autorisation de Gandhi, au bord d’un lac d’altitude, dans l’Himalaya, où s’ouvrirait l’un des rares accès à l’Agartha.
C’est là qu’Arno va décider qu’il faut peut-être donner à Hitler les preuves qu’il cherche. Mais le Führer sera-t-il satisfait des preuves en question ? Peut-être, ou peut-être pas…

Engagez vous qu’ils disaient ….
Cette BD est une adaptation d’un roman des mêmes scénaristes prévue en 3 tomes. On perçoit d’ailleurs assez bien cette  juxtaposition par le style très littéraire et narratif  dans ce tome 1 de  l’œil des dobermans. D’ailleurs, le texte en impose et rend parfaitement bien toute l’horreur de l’idéologie nazie. J’ai même ressenti une sensation de dégout quand les auteurs abordent les méthodes d’entrainement des futurs SS. Mais comment ont-ils pu aller si loin dans l’abomination ? Vous l’aurez compris, on ne rigole pas vraiment dans cette BD .Pour un peu contrebalancer ce réalisme, le héros principal a une petit pouvoir qui donne la dose  nécessaire d’originalité et permet ainsi au récit de se  démarquer de l’évocation historique de base .Pour le dessin, pas grand-chose à dire, un trait agréable et efficace.
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GRAND PRIX – Tome 2: Rosemeyer!

Couv_124476.jpgPlancheA_124476.jpgDessin et scénario : Marvano

Editions Dargaud

Sortie le  06/05/2011

Prix conseillé : 13,95 € 

Genre : Histoire/ Sport automobile

 

Résumé (de l’éditeur: Depuis son accession à la Chancellerie, le führer Adolf Hitler a fait de la compétition automobile un emblème de « son » Allemagne, insolente et conquérante. Mais s’il a été relativement aisé d’entraîner les constructeurs dans cet « effort de guerre » avant l’heure, les pilotes s’accommodent mal d’une autorité autre que celle du volant. Alors qu’adviendra-t-il de Bernd Rosemeyer, étoile montante des circuits, mais esprit libre et orgueilleux, volontiers insolent à l’égard du régime…?

 

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Mon avis : C’est le deuxième tome de cette trilogie basée sur la course automobile en Allemagne avant la guerre de 1940-1945.Hitler en a fait un vecteur de propagande pour le nazisme : une supériorité technique, des pilotes adulés, un moyen de redorer le blason de l’Allemagne au sortir de la première guerre mondiale, de lui rendre de la fierté. Mais, même si le régime nazi a mis les gros moyens pour réussir dans son entreprise, il n’est pas toujours facile de rendre dociles des pilotes automobiles casse-cous, trompe la mort, au caractère bien trempé…Rosemeyer en est l’archétype. 799c656866d37634.jpgIl se moque délibérément d’Hitler devant lui, refuse de se marier en uniforme SS comme lui demande le régime. On leur demande même de laisser gagner les Italiens pour entretenir les bons rapports de l’Axe, à la grande colère des pilotes allemands qui n’en ont rien à faire de la politique, ni de la propagande. Marvano a le bon goût de ne pas nous parler uniquement de courses automobiles mais aussi de tout l’environnement de la société allemande de l’époque avec le nazisme, les juifs, …Cela nous donne un scénario très réussi et assez complet qui fait le tour du sujet tout en restant accessible aux communs des mortels. Au niveau du dessin, c’est toujours l’excellence avec une grande capacité à varier les découpages des planches.

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A noter enfin une postface en fin de l’album de Ever Vermeulen, graphiste féru de BD et d’automobiles qui nous décrit toute l’admiration qu’il a pour cette nouvelle œuvre de Marvano. Remarquable.

 

8,0/10

 

Capitol.

 

On en parle sur le Forum : ICI.

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Reconquêtes T1: le horde des vivants.

Reconquêtes1.jpgReconquêtes1p.jpgAuteurs : Miville-Deschênes et Runberg.
Editeur : Le Lombard.
Sortie :05/2011

 A la guerre.
L’homme n’a-t-il appris à marcher que pour aller se battre ? On serait tenté de le croire à la lecture de ce récit écrit par S. Runberg et dessiné par Miville-Deschênes. Leur série s’ouvre en effet sur la conquête d’Urar par les Hittites, première étape d’une guerre sanglante. Urar appartenant aux souverains Marak, Kymris et Simissée, quiconque provoque leur colère voit se déchaîner la horde des vivants formée de la redoutable alliance entre leurs trois peuples scythes, guerriers nomades, ne vivant que pour avancer… et tuer !

A corps perdu.
Mmmm des poumons affriolants, voilà qui ne m’étonne pas du tout venant  du dessinateur de millénaire. Je ne vais pas jouer au faux cul, c’est plaisant à regarder tout comme les scènes de combat ou de rituel .On n’oubliera pas de si vite la scène divinatoire via une bonne éviscération.  Visuellement cet album en jette donc, néanmoins je mettrais un petit bémol pour les couleurs notamment pour les flashbacks. Sinon, pour le scénario, j’avoue avoir eu du mal avec tous ces noms de peuplades ou de royaumes au début d’album. Ensuite, on n’a pas vraiment le temps d’approfondir les personnages tellement ça guerroie de tous cotés. On repassera donc pour avoir un semblant d’empathie pour un des protagonistes. Nichons, bestialité et sang, voilà le programme de reconquêtes…. Les hommes savent pourquoi.
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On en parle sur le forum.

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