La caste des Méta-Barons

La Caste des Méta-Barons

Synopsis trouvé Fnac.com :

Créé par Jodorowsky et Mœbius dans le cycle de l’Incal, le Méta-Baron incarne l’un des plus puissants guerriers de la galaxie. Il devient ici le personnage central d’une épopée dynastique à la croisée du space-opera, du film de samouraïs et de la tragédie antique. La geste épique des ancêtres du Méta-Baron est portée par le dessin puissant, réaliste et sensuel de Gimenez. Scénariste visionnaire à l’inspiration inépuisable, Alexandro Jodorowsky mêle dans le même souffle archaïsme et futurisme, sens du tragique et de l’humour, drame familial et science-fiction

(ce synopsis me semble plus pertinent que celui de l’éditeur)

Mon avis :

Je voulais absolument vous parler de ce qui reste, jusqu’à présent, ma BD culte, ma préférée avec Lanfeust de Troy : La Caste des Méta-Barons.

La somptueuse Intégrale, qui devrait apparemment ressortir en janvier 2008 (et coûte quand même quasi 100 euros… ouch…), reprend les 8 tomes sous la forme d’un album suivi. C’est, à mon opinion, un formidable space-opéra où l’on sent un souffle véritablement épique.

Après Othon, le Trisaïeul, chaque successeur des Barons devra tuer son père afin de devenir le guerrier le plus extraordinaire qui soit. Auparavant, il aura suivi un entraînement impitoyable et subi une mutilation qui, au lieu de l’affaiblir, fera sa force. En effet : le membre ou la partie du corps enlevé, coupé ou arraché (à vif, sans que l’enfant puisse manifester le moindre signe de douleur) sera remplacé par un élément artificiel décuplant sa puissance.

L’honneur, le courage, la résistance à la douleur sont des thèmes omniprésents dans cette oeuvre. Le dessin est magnifique et l’imagination du scénariste est tout bonnement époustouflante ! Il nous emmène pour un voyage dans l’espace au fil des générations, tandis que deux robots ‘domestiques’ nous content l’histoire fabuleuse d’une famille unique.

Il nous parle également de profondes histoires d’amour, d’espoirs et de trahisons car les Méta-Barons ne peuvent avoir de descendance qu’au travers d’un amour véritable. Pas question pour eux de jeter leur dévolu sur la première qui passe. Ce doit être ‘la’ bonne. Même le duel père/fils qui préside à chaque passation de pouvoir est un acte d’amour.

Bref, je ne puis que vous conseiller cette formidable saga que j’ai déjà relue quelques fois et que je relirai encore avec un même plaisir.

Ma cote : 10/10

Monsieur Noir

Monsieur noir 1

Synopsis de l’éditeur :

Mourir pour une plume L’Angleterre, au siècle dernier. Un château : Blacktales. Tous les sept ans, son propriétaire, l’inquiétant Monsieur Noir, vient y signer un nouveau bail avec son locataire. À Blacktales, deux clans, irréductiblement opposés, se livrent une lutte féroce et sournoise pour la possession d’une plume : elle seule permet d’apposer sur le contrat de location la signature qui donne le pouvoir absolu. C’est dans un climat d’effervescence que débarque Fanny, récemment orpheline : la plume, égarée depuis deux ans, a été localisée. Elle se retrouve entre les mains de deux êtres dont l’impitoyable sadisme terrorise tous les habitants du lieu…

Mon avis :

Au départ, la couverture m’avait un peu dissuadé : je n’aime pas vraiment les BD au graphisme trop ‘simpliste’ ou ‘enfantin’. Néanmoins, j’étais intrigué par deux choses : d’une part, l’espèce de petit ‘Chaperon rouge’ à la sauce gothique avec son costume évoquant une soubrette (quoique je les préfère plus âgées, of course 🙂 ) et le nom de Dufaux à qui l’on doit quelques-uns des scénarios les plus originaux de la BD.

Et je dois dire que je n’ai pas été déçu. C’est surtout l’humour noir, tout en suggestions, que j’ai apprécié. J’y ai vu une satire féroce des contes à l’eau de rose, de l’opposition haute bourgeoisie/classes laborieuses (la maîtresse de maison lit d’ailleurs du Karl Marx) et finalement, le dessin à tendance sépia rend très bien l’ambiance un tantinet glauque de l’histoire.

Qui est ce Monsieur Noir, propriétaire d’un château qui grandit sans cesse à l’instar de la Maison Winchester en son temps ? Et pourquoi les ‘châtelains’ donnent-ils cette fricassée pour le moins surprenante aux pauvres ? D’où viennent Mambo et Tango, ces deux sinistres personnages qui détiennent désormais la ‘plume’ et qu’adviendra-t-il de cette chère Alice… pardon… Fanny qui semble plus délurée qu’elle n’en donne l’air ? Sa coupe de cheveux à la fin lui va d’ailleurs beaucoup mieux qu’au début (enfin, c’est mon opinion).

Ma cote : 8/10 (car ce tome m’a vraiment donné envie de voir la suite).

Remarque : je n’ai pas encore lu le second tome, mais il existe déjà une intégrale.

Monsieur Noir-intégrale

32 décembre

32 décembre

Synopsis de l’éditeur :

Optus Warhole, le duplicateur d’humains, se mue en Artiste du Mal Suprême, prompt à jouer et à se jouer de tout, de l’infiniment grand, y compris une ouverture abyssale sur l’inconnu du cosmos, ou de l’infiniment petit, y compris quatre destins humains, il est vrai pas tout à fait ordinaires, car tout simplement ses préférés : ceux de Nike, Leyla, Amir et…Sacha.

Mon avis :

Cette BD est la suite du Sommeil du monstre, commenté par Miss Chikita ici. Personnellement, je n’avais pas trop apprécié le volume 1, qui, pour moi, part un peu dans tous les sens et demande presque un mode d’emploi (je lui aurai donné 6/10). Le 2 me paraît mieux construit, moins ‘explosif’. J’ai d’ailleurs lu sur d’autres sites que c’est ce que reprochent un peu les inconditionnels à Bilal : ne pas avoir fait un deuxième opus aussi déjanté que le premier. De mon côté, je remercierai l’auteur d’avoir pensé aux gens qui, comme moi, estiment avoir le cerveau dans le bon sens 🙂

Alors là-dedans, vous trouverez des clones qui pensent être l’original, un fou qui repeint son salon avec du sang, trois petits orphelins qui ont connu les premiers jours de leur vie ensemble et que la vie rapproche dans un Sarajevo quasi post-apocalyptique. Une chose qui me gêne un peu – mais c’est sans doute la ‘patte’ de l’auteur, c’est cette dominante grise et sale, ces ‘couleurs-vomi’, ces nombreux visages où le sang suinte comme de la sueur, ces personnages dont les contours semblent non pas découpés mais déchirés. Difficile de rester indifférent : je pense qu’on aime ou qu’on n’aime pas.

L’intrigue commence à m’intéresser un peu plus mais je pense toujours que l’auteur gâche un peu ses idées (une femme qui devient noire de peau, des conflits d’identité entre clônes, un gros nuage bizarre qui fait pleuvoir une sorte d’acide sur les gens, et la fin qui semble remettre en cause l’origine même de l’homme sans nous y avoir préparé au fil du scénario [quand parle-t-on d’une telle découverte dans les pages ou le volume précédents ???]) en nous les jetant à la figure au lieu de nous les suggérer peu à peu. De même : quid de la capacité mémorielle de Monsieur Nike, si omniprésente dans le premier tome ?

En lisant cette BD, j’ai eu l’impression de plonger dans l’esprit d’un auteur tourmenté.

Ma cote : 7/10 (c’est néanmoins fort original)

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