Interview de Martin Jamar pour Double Masque.

BM.JPGA l’occasion du dernier tome de Double Masque « l’hermine », SambaBD avait envie de réparer un impardonnable oubli .Samba BD n’avait en effet pas encore interviewé  le talentueux dessinateur belge du charmant  village de Limbourg, Martin Jamar . Une interview à son image, conviviale et détendue avec quelques petites révélations.

Samba-Avec ce tome 6 de Double Masque, on clôture les aventures de la Torpille, de  son écureuil, de l’abeille et de la fourmi. Pas trop difficile de quitter ces personnages après 9 ans de   « cohabitation » ?

Martin Jamar-Bien sûr, c’est chaque fois un peu particulier, le moment où l’on arrive au 57278733_p.jpgbout d’une histoire, cela fait un petit pincement au cœur, en se disant qu’on les  » abandonne  » à leur destin de papier. C’est peut-être idiot, mais on s’y attache, avec le temps qu’on passe en leur compagnie. Parce que dans ma tête, ils existent vraiment … !

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Samba-Depuis que je vous suis, je remarque que vous dessinez toujours la même époque (François Julien, Les voleurs d’Empire, Double Masque.) Pourquoi cet attrait particulier pour cette époque Napoléonienne ?

Martin Jamar-Oui, je dois paraître quelque peu monomaniaque … De fait, le 19e siècle fut jusqu’à présent ma période de prédilection. Pourquoi cet attrait pour l’époque napoléonienne ? Il faut sans doute remonter à mes 10-12 ans, les jeux et lectures que j’avais alors – petits soldats, aventures de grognards et autres généraux -, la variété, le panache de ces uniformes me fascinaient ( mais je suis très loin d’être militariste … ) , le destin de certains  personnages de ce temps étaient assez incroyables ,  un cabaretier pouvait devenir en quelques années maréchal de France puis roi de Naples ! Sans parler de l’ascension fulgurante d’un petit Corse ( qui a dit, je crois :  » Ah, ma vie, quel roman !  » )

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La plupart des périodes historiques ont des éléments intéressants à raconter, mais il faut bien faire des choix et se plonger dans celles qui nous attirent davantage, pour des raisons parfois mystérieuses.

 

Samba- Pendant la lecture du tome 6, j’ai presque eu pitié de vous avec le couronnement de Napoléon qui fourmille de personnages et de détails architecturaux incroyables. Un morceau de bravoure ?

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Martin Jamar-Houlà oui, Mais c’était incontournable, lorsqu’on aborde Bonaparte devenant Napoléon. Ces planches montrant le Sacre m’ont pris un temps fou, même si j’avais une bonne documentation, ce fut assez fastidieux, tous ces figurants, ces costumes tarabiscotés… Mais, finalement, sur l’ensemble de l’album, cela ne représente qu’une petite partie. J’imaginais, en commençant l’album (dont je n’avais pas encore l’entièreté du scénario), que ce serait peut-être la moitié de l’histoire qui se passerait à l’intérieur de Notre-Dame. Le scénariste aurait-il, lui aussi, eu pitié de son pauvre dessinateur … ? 

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souris.jpg– Samba- Un peu à la façon d’une petite souris, j’aimerais connaitre comment se passe une rencontre avec Jean Dufaux pour élaborer un album ?

Martin Jamar-Si vous étiez une petite souris, vous pourriez nous suivre dans un Mainblanche.jpgrestaurant (plutôt chinois ou italien), à Bruxelles ou à Liège, nos lieux de rencontres habituels. Vous nous verriez commencer souvent par une coupe de champagne (on trouve toujours bien quelque chose à fêter ! ) et , autour d’une bonne table, discuter par exemple d’un prochain album : en fait , Jean Dufaux me raconte d’abord les très grandes lignes de l’histoire qu’il aimerait raconter, et, miracle, il se fait que , jusqu’à présent,  j’ai toujours été emballé par les projets , les idées qu’il m’a proposés ( après échanges sur mes envies, mes goûts ) 

A partir de là, … Il n’y a plus qu’à, comme on dit …! Chacun rentre chez soi plutôt guilleret, et on se remet au travail.

Jean m’écrit les premières planches, me donne quelques indications nécessaires pour la suite, et nous nous revoyons lorsque j’ai crayonné plusieurs planches, nous discutons mise en scène, lisibilité, efficacité / force des images. C’est un moment important, parce que j’ai toujours besoin d’un regard extérieur et neuf sur mes dessins, Jean sait mettre le doigt là où quelque chose est à améliorer. Et, bien souvent, nous sommes les derniers à quitter le resto, dans l’après-midi (avec la petite souris, sans doute … !)

 

Samba-Est-ce que Martin Jamar utilise la nouvelle technologie pour la confection d’un album ou est il plutôt traditionnel ? (une question pour savoir comment vous travaillez, à quel rythme, vos habitudes et votre univers adéquat).

mJ1.jpgMartin Jamar-Je suis encore très traditionnel – papier, crayon, encre, aquarelles -, mais ponctuellement, je commence à utiliser (en tous cas, j’essaie) PhotoShop pour faire certaines retouches, par exemple sur une illustration de couverture. Cet été, grande première, j’ai suivi un stage d’infographie : ce ne fut pas simple, mais j’ai appris quelques trucs … 

Info pour la petite souris …  : mon bureau est à la maison, 2 belles pièces bien tranquilles, où je travaille autant que possible ( surtout quand les enfants sont au collège ! ), et surtout en journée, je ne suis pas un  » nocturne », sauf quand les échéances l’imposent… Ce qui arrive à chaque fin d’album, bien sûr ! Mon rythme n’est pas super-rapide, les lecteurs auront pu le constater, depuis le temps … Et pas aussi régulier que je le souhaiterais (pour x raisons), mais c’est ainsi. Je pense que certains ont plus de facilités que d’autres, il faut nous accepter tels que nous  » fonctionnons « .

 

 

Samba- Pouvez-vous nous dévoiler une petite parcelle de votre prochain projet ?

Martin Jamar-Je préfère ne pas encore en dire trop, d’abord parce que le contrat n’est pas encore signé, ensuite parce que j’avais annoncé ces derniers mois un autre projet qui ne pourra finalement pas aboutir… 

Quelques indices quand même : scénario de Jean Dufaux, one shot , hors 19e siècle, autour d’un personnage ayant réellement existé et auquel vous ne vous attendez probablement pas … !

Je démarre là-dessus (Jean Dufaux  a déjà écrit les 10 premières planches)  dès que j’ai achevé un autre beau projet, un album collectif – 10 dessinateurs -, et un point commun: la 1ère Guerre, 1914, en Wallonie. J’ai, pour la première fois, écrit un tout petit scénario : 5 planches … !

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Samba-Une question à 1 euro, comment voyez vous l’avenir de la BD (la surproduction, les nouveaux supports de lecture,…)?

Martin Jamar-Vaste question, je n’ai pas d’opinion bien originale là-dessus. J’imagine que La BD continuera d’exister, mais sous diverses formes et sur divers supports, qui évoluent beaucoup et vite. L’essentiel est que les jeunes continuent à avoir envie de LIRE !! – BD, romans, nouvelles, biographies, mémoires, peut importe – . On verra petit à petit où l’offre et la demande se rencontreront le mieux … Le tout est que les parents donnent à leurs enfants le goût de la lecture et l’envie de découvertes. 

 

 

Samba-Lisez-vous d’autres BD, des conseils de lecture ?

Martin Jamar-Oui, je lis d’autres BD, pas des dizaines, mais j’essaie de suivre en priorité les albums des amis et autres copains, et puis des albums sur lesquels je  » flashe » – un bon dessin, une bonne histoire -, le miracle est lorsque cela coïncide, bien sûr ! Mes préférences vont plutôt vers la BD dite classique, l’école franco-belge, il y a quelques auteurs que j’achète  » les yeux fermés  » : Gibrat, Juillard, Pellerin, Prugne, Jusseaume,images.jpg Cosey, Griffo, Larcenet, par exemple …. Ce que j’ai beaucoup aimé, ces derniers temps : « Abymes », de Mangin et Griffo,  » Grand Prix  » de Marvano, pour ne citer qu’eux, il y en a d’autres …  L’un ou l’autre conseil de lecture : Bruno Marchand  » Quelques pas vers la lumière « , ou Stéphane Pêtre,  » Marbot  » – qui n’est malheureusement visible maintenant que via le Net… ou Céline Liégeois  avec son blog « dans la famille » ICI.

 

Samba-Pour terminer, le bonheur pour Martin Jamar c’est …….

1981858-2733024.jpgMartin Jamar-Le bonheur, c’est …. Quand j’étais jeune et insouciant, en vacances avec mes cousins dans un chalet au bord d’un lac !  Blague à part (quoique…), mon bonheur, c’est un bon équilibre entre mes très proches et mon travail : quand on le trouve, c’est formidable !

Samba-Votre album BD ultime : 

Martin Jamar-si c’est dans le sens  » celui que j’emporterais sur une île déserte «, je pourrais dire  » A la recherche de Peter Pan  » de Cosey, ou les  » Idées noires  » du génial  Franquin ! Choix difficile 

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Je tiens à remercier Martin Jamar pour sa grande gentillesse et son implication dans cette interview. 

N’hésitez pas à mettre un commentaire si vous avez besoin de complément d’information. 

Samba.

A l’ombre du convoi T2: L’espoir d’un lendemain.

a l'ombre du convoi.jpgÀ l'ombre du convoi2.jpgAuteurs : Beroy et Toussaint.
Editeur : Casterman.
Sortie :03/2013

Belgique, nuit du 12 au 13 novembre 1943, quelque part entre Malines et Louvain.
Un convoi de wagons plombés s’est immobilisé sur la voie ferrée, en pleine campagne. Il a quitté Bruxelles pour un voyage sans retour, direction Auschwitz.
À l’ombre du convoi retrace les destins croisés de trois personnages réunis cette nuit-là sur cette même voie ferrée : Olya la déportée, Wilhem, membre de la Schutzpolizei chargée de convoyer les captifs, et Théo, l’amant belge d’Olya, membre d’un très petit groupe de résistants qui, presque sans moyens, va attaquer le convoi et tenter de libérer les déportés.

Je vous invite au lieu de la chronique habituelle de parcourir ce tome avec les personnages réels, les lieux et les événements qu’on peut y trouver.

Les événements.

Le convoi numéro 20 : Le 19 avril 1943, le vingtième convoi (no 1233) quitte la caserne Dossin (Malines en Belgique) pour une « destination inconnue ». Il s’agit en fait du vingtième convoi quittant la Belgique à destination d’Auschwitz emmenant à son bord, 1 631 déportés juifs. Il sera l’objet d’une action menée par des résistants en vue d’en libérer les passagers, 231 parvinrent à s’échapper. De toute la Seconde Guerre mondiale, c’est l’unique épisode de ce type en Europe de l’Ouest. Un épisode similaire s’est déroulé en Pologne dans la nuit du 19 au 20 mai 1943, il conduira à la libération de 49 déportés.
Plus d’info ICI.

Les personnages.

Trois partisans armés d’un seul revolver, de sept cartouches et d’une lampe tempête recouverte d’un papier rouge parviennent à immobiliser le train. Il s’agissait de:
Youra_Livchitz_(1917-1944).jpgUn_juste_Franklemon.jpgUn_juste_Maistriau.jpg








Youra Livchitz, « Georges » de son nom de guerre, né à Kiev, le 30 septembre 1917, exécuté par les Allemands à Schaerbeek, le 17 février 1944 est un héros de la résistance belge durant la Seconde Guerre mondiale c’est lui qui recruta le « commando ».

 Jean Franklemon, surnommé « Pamplemousse », né en 1917 et décédé en République démocratique allemande, en 1977.

 Robert Maistriau, né à Ixelles, le 13 mars 1921 et décédé à Woluwé-Saint-Lambert, le 26 septembre 2008  En 1994, il a été reconnu Juste parmi les nations par l’Institut Yad Vashem.
Plus d’info ICI.

Jean De Selys..jpgJean de Selys. Le 20 janvier 1943, un avion de la Royal Air Force canonnait un immeuble de l’avenue Louise. Le chasseur-bombardier Hawker Typhoon 1B était piloté par un Belge qui « en avait ! »
 

Les lieux.

Fort de Breendonk : Durant l’année 1940, ce sont principalement des juifs qui y sont Breendonk.JPGdétenus, avant d’être libérés ou transférés vers d’autres camps. À partir de 1942, les juifs déportés de Belgique sont regroupés à Malines, à la caserne Dossin, centre de transit vers Auschwitz, le fort de Breendonk servant de camp de transit… pour un transfert vers le « Samellager Dossin » (librement traduit par « camp de rassemblement Dossin »).

Binnenplaats_kazerne_dossin.jpgLa caserne Dossin.

Le stade Joseph Marien accueille les rencontres de la Royale Union Saint-Gilloise depuis 1926..

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Bruxelles sous l’occupation. ICI ou Là.

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La brasserie de l’union, café bruxellois.brasserie.jpg

Le fort d’Ében-Émael, réputé imprenable, fut pris par une action combinée de planeurs et parachutistes allemands le 11 mai 1940, soit au lendemain de l’attaque allemande du 10 mai.

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Le Whist :le jeu de carte que tout bon joueur devrait connaitre.

SAMBA.

 

Sur la piste du Conquistador.

Conquistador (Glénat)2.jpgConquistador (Glénat)2f.jpgConquistador.
On se demande souvent quelle est la part de vérité ou de fiction dans une œuvre. Je vous propose de comparer votre lecture de la BD conquistador avec ces infos pour faire le tri entre imaginaire et réalité.

Les personnages.

Cortes-01.jpgHernán Cortés est un homme de la noblesse. Il a étudié à l’université de Salamanque et il connaît bien la stratégie militaire. Il rêve aussi du Nouveau Monde et veut s’y faire un nom. Il fait un premier voyage en 1504 vers l’île Espagnole (Haïti). Et un second vers Cuba en 1517. Arrivé sur place, il devient rapidement le secrétaire du gouverneur de l’île : Vélasquez. Il peut constater la mainmise sur ces nouvelles terres de quelques nobles et, comme beaucoup d’autres, il se sent spolié. Il estime que les richesses du Nouveau Monde méritent d’être partagées et espère en secret monter sa propre expédition pour changer les choses. Il est informé du succès de Francisco de Hernández de Córdoba vers le Yucatán où il a découvert la ville sacrée de Tulum (à ce propos, la légende raconte que le mot viendrait d’un malentendu : Córdoba aurait demandé aux Indiens qu’il venait de rencontrer là pour la première fois comment ils appelaient leur pays, quelqu’un lui aurait répondu : « Yukatán », ce qui signifie : « je ne comprends pas ce que vous dites »…). On sait maintenant que les îles des Caraïbes cachaient un continent. Et ce continent est immense et la population y est nombreuse. Il faut mener des expéditions d’envergures et bénéficier de l’effet de surprise. Le gouverneur de Cuba, Diego Vélasquez, projette une expédition exemplaire. Il peut aligner 11 navires mais il lui faut un homme de confiance pour la diriger. Il connaît Cortès et il se laisse convaincre par l’enthousiasme du jeune homme : Cortés, il est vrai, n’a que 33 ans… Mais Vélasquez sait que l’entreprise est risquée et quand il se ravise, il est déjà trop tard : Cortès a largué les amarres…
la suite ICI.

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Portrait-of-Moctezuma-001.jpgMoctezuma (1466 – juin 1520),  dont le nom originel complet en nahuatl est Motecuhzoma Xocoyotzin1, était le neuvième huey tlatoani (souverain) de Mexico-Tenochtitlan. C’est pendant son règne, de 1502 à 1520, qu’a commencé la conquête espagnole de l’empire aztèque.
La suite ICI.

 

 

 

 

 

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Pánfilo de Narváez (né à Valladolid ou Tudela de Duero1 (Espagne) en 1470 – mort en panfilo.jpgFloride en 1528) est un conquistador espagnol connu pour avoir conduit deux expéditions, la première en 1520 contre Hernán Cortés, puis la seconde, dramatique, en Floride en 1527.

La suite ICI.
Vous remarquerez que dans la BD , on ne le voit pas mourir , à juste titre donc !

Hernando Royo : personnage fictif de la BD conquistador.

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otomis.jpgLes otomis : Les Otomis (exonyme d’origine nahuatl) sont un groupe ethno-linguistique du Mexique central, dont on s’accorde à souligner l’ancienneté. N’ayant jamais possédé de système d’écriture et n’ayant pas laissé de sites archéologiques, les Otomis n’ont suscité que peu d’intérêt de la part des spécialistes de la Mésoamérique, à l’exception notable de Jacques Soustelle et surtout de Jacques Galinier. Les Otomis se désignent eux-mêmes par le mot « N’yuhu ».
La suite ICI.

Les lieux.

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Tenochtitlan est l’ancienne capitale de l’empire aztèque. Elle fut bâtie sur une île située Mexico-City-1628.jpgsur le lac Texcoco (dont une grande partie a été asséchée par la suite). Elle était coupée par de longues avenues, traversée par des canaux et reliée au continent par des chaussées. En 1521, les conquistadors espagnols, sous les ordres d’Hernán Cortés, détruisirent une grande partie de la ville, et plus particulièrement tout ce qui pouvait rappeler les cultes idolâtres aztèques, puis y fondèrent Mexico, qui devint la capitale de la vice-royauté de Nouvelle-Espagne.

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object91_t_300.JpegVera Cruz:La ville fut fondée le 9 juillet 15191,2 par Hernán Cortés qui, le premier, accoste le 22 avril avec Alonso Hernández de Portocarrero et Francisco de Montejo, et ses hommes sur la plage de Chalchihuecan3. La cité en devenir est nommée « Villa Rica de la Vera Cruz » (« La riche ville de la véritable croix ») : « riche » parce que les autochtones l’accueillent en lui offrant des vivres, de l’or4 et des bijoux1,2,5 (le but de l’expédition de Cortés est de trouver de l’or dans la région1, une première expédition de Juan de Grijalva en 1518 en ayant fait état3) et « Vera Cruz » (« vraie croix ») en raison du jour du débarquement sur ce rivage : un Vendredi saint (jour de la mort de Jésus-Christ sur la croix).

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Le Río Grijalva est un fleuve du Mexique méridional, tributaire du golfe du Mexique, long de 600 km.

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Las Hibueras (actuelle République du Honduras)

Samba

 

INTERVIEW d’Eric RUCKSTUHL, dessinateur de Sampiero Corso.

Eric, pourrais-tu nous faire une petite présentation pour les lecteurs qui ne te connaitraient pas ?

Eric Rückstühl, né à Dijon en 1957 et auteur de bandes dessinées depuis l’âge de 7 ans … époque à laquelle je créais mes premières bandes dessinées sur des petits carnets achetés chez l’ épicier du coin …

Première expo au lycée   Montchapet (Dijon) à 13 ans…. Première bd à 20 ans prépubliée dans le Bien Public grâce à Gérard Bouchu ….

Ensuite ce sera des parutions nationales , chez Vents d’ Ouest, Rombaldi, puis chez mes éditeurs actuels : DCL éditions et le Sphynx des glaces ….

Quelques prix aussi : celui d’Angoulême en 1999 en tant qu’ intervenant pédagogique ( 1er prix national),  Prix Méditerranée  et le Prix de la ville d’ Ajaccio lors du festival  BD…..

Comment arrives-tu à gérer ta carrière professionnelle d’enseignement et ta carrière de dessinateur ?

Lire la suite « INTERVIEW d’Eric RUCKSTUHL, dessinateur de Sampiero Corso. »

La casati.

la casati.jpgAuteure : Vinci Vanna
Editeur ;Dargaud.
Sortie :01/2013.

Luisa Casati Amman, passée à la postérité sous le nom de « La Casati », dilapida un immense patrimoine, dans le seul dessein de devenir une œuvre d’art vivante. Ses apparitions sulfureuses, ses tenues choquantes et ses fêtes pharaoniques la firent entrer dans la légende. Un personnage qui marqua les mémoires, sorte de Lady Gaga de la Belle Époque.
Et je propose à la place d’une chronique, une petite visite des lieux  ou des peintures qu’on trouve dans cette BD.

1-La marquise Luisa Casati, par Giovanni Boldini
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2-La marchesa Casati par Martini.
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3- Sa pierre tombale.
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4-Marchesa Luisa Casati by Man Ray
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5- Toujours par Man Ray.
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6 et 7 -Le palais rose du Vésinet.
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8 Casati par Kees van Dongen.
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9-Le palais Venier Dei Leoni à venise.

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10-Villa Lysis à Capri.
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11- Capri.

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Voilà quelques exemples de lieux réels ou de peintures que l’on retrouve dans cette BD, il y en a bien d’autres.

Samba.

Interview d’Hamo pour l’envolée sauvage.

L’ENVOLÉE SAUVAGE

Tome 3 : Le Lapin d’Alice
Scénariste : Laurent GALANDON
Dessinateur : HAMO
Paru le 31 Octobre 2012 chez Grand angle.

1942.  Il était une fois deux enfants qui fuyaient la nuit et le brouillard…

Comme des milliers d’autres, Ada et Lucja sont sœurs. Comme des milliers d’autres, Ada et Lucja sont juives. Comme des milliers d’autres, elles furent arrêtées avec leurs parents lors de la terrible rafle du Vel d’hiv’, le 16 juillet 1942.
Commence alors leur course effrénée pour la survie. Une aventure où, pour fuir la réalité et garantir leur sécurité, Ada invente à Lucja un monde où les princesses échappent aux loups à bottes cloutées… Mais jusqu’à quand ?…
 
Un nouveau cycle pouvant se lire indépendamment.

Revedefer a réalisé pour l’occasion l’interview d’Hamo, le nouveau dessinateur du tome 3 .Par contre, la mise en page , c’est Samba qui s’en est occupé.

 

Pourrais-tu nous faire une petite présentation de Hamo pour les lecteurs qui ne te connaitraient pas ?

hamo 4.jpgJe suis né en 1982 à Namur, ville où j’habite toujours namur.jpgactuellement. J’ai commencé le dessin très jeune, ainsi que l’accordéon diatonique. Deux passions que j’ai toujours rêvé d’exercer professionnellement. Plus tard, j’ai étudié l’illustration et la bande dessinée à Saint-Luc à Liège. Suite à quoi j’ai réalisé quelques histoires courtes pour le magasine Spirou (avec Zidrou notamment). Ensuite j’ai réalisé mes premiers albums chez Casterman (3 tomes de « Noirhomme ») et 3 tomes de Special Branch pour Glénat, aux côtés de Roger Seiter. Série que je mène actuellement de front avec L’envolée Sauvage chez Grand Angle (Bamboo).

Pas trop anxieux de reprendre le flambeau après Arno Monin ?

Non pas trop. Plutôt flatté. C’est l’éditeur qui m’a contacté et qui m’a proposé le projet. L’idée était de faire un nouveau cycle, à ma manière. Bref, des conditions idéales. J’apprécie beaucoup le travail d’Arno ; et même si nous ne travaillons pas de la même manière, je pense que nos styles ne sont pas tout à fait incompatibles.

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Comment as-tu procédé pour ton travail de recherches pour l’Envolée Sauvage ?

hamo 2.JPGJ’ai commencé par les recherches de personnages. J’ai assez rapidement compris que même si le contexte historique avait son importance, ce serait l’épaisseur des personnages qui ferait l’intérêt du récit. C’était la première fois que j’avais affaire à des enfants comme personnages principaux. J’ai ensuite réalisé un travail de documentation assez classique, en fonction de ce que le scénario exigeait.

Comment se passe ta collaboration avec Laurent Galandon ?

Nous ne nous connaissions pas. L’éditeur nous a donc assez rapidement invités à nous rencontrer. A ce moment là, j’avais déjà réalisé un storyboard complet de l’album. Ca nous permis de réajuster quelques scènes et de travailler davantage la fluidité de la narration. Ensuite, j’ai réalisé les planches seul, de mon côté (j’habite en Belgique et Laurent en France). Laurent vient laurent galandon.jpegrégulièrement aux nouvelles. Sinon, je le contacte lorsque j’ai besoin d’un avis extérieur. On fonctionne de la même manière avec Hervé, qui est notre éditeur sur ce projet.

Peux-tu nous expliquer comment tu travailles pour réaliser une planche ?

Je pars d’un storyboard A4, qui est déjà assez poussé. Tout y est (les bulles avec le texte, la structure des personnages, un semblant de perspective…) sauf le détail. Sur ce projet, j’ai fait le choix de réaliser l’intégralité des pages sur ordinateur. Je scanne donc ces storyboard, que je retravaille ensuite à l’aide de la palette graphique (un écran sur lequel je dessine directement). Le côté informatique peut rebuter certains, mais en gros je reproduis une méthode assez classique (je crayonne et puis j’encre). Sauf qu’ici, tout se passe directement dans l’ordinateur. Ensuite viennent les couleurs, infographiques, elles aussi. Sur les pages « du conte »  (puisque le récit va et vient entre la dure réalité de la guerre et l’univers des contes que nos jeunes héroïnes s’inventent), j’ai entièrement réalisé le dessin au crayon sur du papier à grain, car ces passages fantastiques nécessitaient un graphisme différent et bien identifiable.

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Comment réalises-tu les couleurs ?

Sur ordinateur. De manière assez classique : je démarre avec des aplats de couleurs, auxquels j’ajoute ensuite des ombres et quelques lumières. Sur la partie conte, la couleur est faite sur ordinateur aussi, mais avec un aspect de type « lavis ». Un peu comme une aquarelle, dans les tons gris-bleus.

Qui sont tes premiers lecteurs ?

Les premiers à acheter l’album Sourire . A part le scénariste et l’éditeur, je ne fais lire à personne mes albums avant qu’ils ne sortent.

J’ai lu que tu étais aussi musicien. De quel instrument joues-tu ?

Oui, je joue de l’accordéon diatonique depuis l’âge de 6 ans. Pour le moment, je joue principalement avec Camping Sauvach, un projet de chanson française rock festif que j’ai monté en 2003 avec Matthieu Hendrick, un ami guitariste (www.campingsauvach.com). Mais aussi Ratigan trio, un projet plus intimiste, axé autour de mes compos instrumentales et acoustiques (www.ratigan.be)

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Quels sont tes projets BD  et musicaux pour l’année 2013 ?

Je travaille actuellement sur le tome 4 de l’envolée sauvage, qui clôturera ce deuxième cycle. Ensuite j’enchainerai sur une nouvelle enquête de Robin et Charlotte, les héros de « Special Branch ». Nous avions développé une première enquête en 3 albums. Cette fois, nous partons sur des one-shot. C’est une idée qui m’emballe beaucoup ! Sortie prévue début 2014. Et puis il y a d’autres projets dans les tiroirs… On en saura probablement plus d’ici peu.
Côté musique, Camping Sauvach continuera la tournée de son 3ème album « L’oiseau de nuit », qui est sorti début 2012. Pour les fêtes, nous offrons un titre gratuit sur notre site (une reprise du « Pornographe » de Georges Brassens : (www.campingsauvach.com). Nous composons également de nouveaux morceaux pour un futur album, toujours autours des textes de notre chanteur (Matthieu Belette).

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As-tu en tête un projet plus personnel alliant tes deux passions : la musique et la BD ?

Non, pas vraiment. J’ai joué quelques années avec « le Boyz Bande-dessinée », un groupe composé d’auteurs de BD. Janry, Batem, Gihef et Giancarlo (Studio Cerise) continuent l’aventure. Le projet est vraiment sympa, mais je manquais de temps. J’aurai –je l’espère- l’occasion de remonter sur scène avec eux. A part ça, j’aimerais beaucoup enregistrer un album solo, autour de l’accordéon, où j’inviterais des amis, tous horizons confondus… Et que j’illustrerais. Mais bon, comme c’est parti, ce n’est pas pour tout de suite !

Tes derniers coups de cœur BD, cinéma et musicaux ?

Côté BD, je suis toujours sous le charme de « Seuls », de Vehlmann et Gazzotti. J’ai 9782800144139.jpgdécouvert « Jeux d’enfants » de Mickaël Roux, chez Bamboo, excellente série jeunesse. Ou encore le travail de Xavier Fourquemin en général. Cinéma, je suis bon public, je prends de tout, du moment que ça détend. Mais j’ai bien apprécie « Quand je serai petit » de et avec Jean-Paul Rouve. Musique, c’est un peu pareil, je découvre beaucoup de choses mais m’attarde peu. Mais c’est principalement du Rock, qui tourne sur ma playlist quand je travaille.

Merci pour cette interview. Bonnes fêtes de fin d’année à tous les lecteurs !

L’interview de Francis Porcel pour les folies Bergère.

 

folies bergere.jpgfolie bergere 1.jpgJe vous propose aujourd’hui une interview de Francis Porcel, dessinateur d’un album percutant sur la guerre 14-18.
Sachez aussi que la qualité de cet album est confirmée par la nomination de ce titre dans la sélection officielle à Angoulême. Pour ma part, j’en fais même mon favori.
Voilà déjà le résumé de Dargaud.

La guerre 14-18. Les tranchées. Des soldats sont confrontés à la souffrance et à la mort. Considérés comme de la chair à canon par leurs chefs, ils tentent de survivre.

La guerre 14-18. Pour défier la mort, les soldats appellent leur compagnie « Les Folies Bergère » et se donnent à chacun un surnom. Dans les tranchées, ils se serrent les coudes. Plaisantent. Dessinent. Gardent espoir. Et se battent. Meurent dans d’atroces souffrances. Se suicident ou perdent la raison. L’un d’eux est condamné au peloton d’exécution et… en réchappe. C’est un miracle. Jusqu’à ce qu’on lui amène sa fillette égarée sur les terres de personne. Le propos est désespéré et les personnages sont tragiques, attachants. Les dialogues vont à l’os et le dessin, réaliste, est très éloquent.

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Maintenant l’interview traduite par l’ami JR .Vous remarquez qu’on devient de plus en plus international chez SambaBD.

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SambabBD-Peux tu déjà nous dire comment toi et Zidrou êtes-vous venus à faire les folies bergère ? 

Francis Porcel-Es el destino! Jordi Lafebre, autor de Lydie, me aconsejó de trabajar con el, pues sus guiones, me aseguró, estan llenos de sesibilidad y poesia, y nosotros, Jordi y yo, nos consideramos un poco poetas del dibujo. 
Dargaud estaba encantado con Benoit y pensaron que la unión Porcel-Zidrou podia marchar bien. 
Despues de una serie de ciencia ficcion me apetecia algo retro y la primera guerra mundial es un tema que siempre me ha atraido, asi que decidimos irnos a las trincheras por un tiempo. 

C’est le destin ! Jordi Lafebre, auteur de Lydie, me conseilla de travailler avec lui car ses scénarii étaient très poétiques et pleins de tendresse, et comme, Jordi et moi nous nous considérons un peu des poètes du dessin……..
Dargaud était très satisfait de Benoit et ils ont pensé que l’union Porcel/Zidrou pouvait bien fonctionner.
Après une série SF je voulais quelque chose de « rétro » et la première guerre mondiale est un thème qui m’a toujours attiré, alors nous nous sommes plongés dans les tranchées pour un temps.

SambaBD- Francis Porcel, c’est plutôt reality Show ou les folies bergère ? (ce qui te représente le mieux) 

francis porcel.jpgFP-Francis porcel es un adolescente aun. No estoy terminado, asi que mi estilo final esta por llegar. 
En el Reality show intenté parecerme a lo que se suponia gustaba en la BD de ci-fi, con referencias a anteriores dibujantes de Jean David morvan. En les folies bergere la intención era ir mas alla del dibujo para que lo importante fuese el conjundo, el todo. 

Francis Porcel est toujours adolescent, je n’ai pas terminé ma maturité artistique donc mon style n’est pas encore défini. Dans le Reality show j’ai essayé de me rapprocher de ce qui fait la SF en BD avec des références aux dessinateurs précédents comme David Morvan. Dans Les folies Bergère mon idée était d’aller au-dèla du dessin afin que l’ensemble soit plus profond.

SambaBD-Ce qui frappe en premier , c’est la couverture, comment a-t-elle été choisie ? 

FP-Despues de unos cincuenta bocetos todos diferentes y ningunos sin gustarme, me encontraba en Angouleme, en el stand de Dargaud, con un petit caier haciendo bocetos y croquis para la reunion con Yves y Christel (dargaud). Gracias a mi amigo Lafebre, que me aconsejó apostar siempre por lo sencillo, ideamos la portada actual y a todos nos gustó. Las portadas son muy importantes y no son mi punto fuerte, solo hay que ver lo malas que son las portadas del « reality show » 

Après une cinquantaine d’essais, tous diffèrents mais ne me plaisant pas, je me trouvais à Angoulème, dans le stand de Dargaud en train de faire des croquis sur un petit cahier, en préparation de la reunion avec Yves et Christel ( Dargaud ). Ce jour là, avec mon ami Lafebre, qui me dit toujours d’aller au plus simple, nous avons imaginé la couverture actuelle qui nous plaisait! Les couvertures sont très importantes mais ce n’est pas mon point fort; il n’y a qu’à voir les couvertures du Réality show que je trouve très mauvaises.

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SambaBD- Parle-nous  un peu des touches de couleur dans cet album, Que représentent-elles pour toi ? 

FP-Mi idea era pensar en el libro como un todo, y me di cuenta de que no podia utilizar Les-folies-bergere-6.JPGcolores intensos. 
Tras ver una prueva de color a grises lo vi claro. Los toques de color anuncian la vida y la muerte, como si entrasemos en una nueva dimensión. Las artes son la vida, la sangre, vida y muerte. tiene el color una intencion dramatica y narrativa muy clara. 

J’avais dans l’idée de penser à l’album comme un tout ! et je me suis rendu compte que je ne pouvais utiliser des couleurs vives. Après avoir vu une épreuve où le gris dominait, ce fut clair dans ma tête ! Les touches de couleur annoncent la vie et la mort comme si nous entrions dans une nouvelle dimension. Les arts sont la vie, le sang, la vie et la mort. La couleur donne une intensité dramatique et narrative très claire.

SambaBD- Visiblement, vous avez fait plus que de décrire l’horreur de la guerre, vous êtes rentrés dans les âmes des personnages.

FP-Bueno, pienso que podia haberlo hecho mejor, pero si, era la intención mia y de Benoit. 

Eh bien,je pense que j’aurai pu faire mieux mais, oui, c’était notre idée à Benoit et moi.

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SambaBD-Comment sort  un dessinateur moralement  après avoir dessiné autant de folies « guerrière » ? 

FP-Bueno. No es facil porque he vivido un poco a pequeña escala, por supuesto, el aislamiento y la locura, rodeado de imagenes de horror y esa pena a la que te acostumbras. Al terminar el album y retomar conciencia con la realidad he visto un mundo que cae hacia la guerra y he pensado en las dos páginas de prologo. Mierda, no aprendemos nunca. 
Ahora quiero dibujar flores y conejitos tiernos y adorables. jajaja 

Eh bien,ce n’est pas facile car j’ai vécu, à petite échelle bien sûr, l’isolement et la folie, entouré d’images d’horreur et de cette douleur à laquelle tu t’habitues. Lorsque, à la fin de l’album, j’ai repris contact avec la réalité, j’ai vu un monde qui bascule vers la guerre et c’est ainsi que j’ai écrit les deux pages du prologue. « Merde », nous n’apprendrons jamais ! 
Maintenant je veux dessiner des fleurs et d’adorables petits lapins ( rires )

SambaBD- Que signifie pour toi la partie avec Monet ? 

FP-Adoro la incursion de personajes históricos en los relatos. Fue idea de Benoit y la verdad es que se ha hecho uno de mis personajes preferidos. El arte es inmortal y es creación, lo contrario que la guerra, que es destruccion. 

J’adore insérer des personnages historiques dans les récits; ce fut l’idée de Benoit et, il est vrai que c’est devenu l’un de mes personnages favoris. L’art est immortel et représente la création, contrairement à la guerre qui n’est que destruction. 

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SambaBD-Que dirais-tu pour inciter un futur lecteur à lire les folies bergère ? 

FP-Veras que está muy bien escrito y muy bien dibujado. Te gustará tenerlo, querras prestarlo. 

Tu verras, c’est très bien écrit et très bien dessiné; tu aimeras le possèder, tu voudras le prêter à tes amis……..
 

SambaBD- Bientôt un nouveau projet avec Zidrou ? 

FP-Si . Pensamos que al conocernos mejor, la pareja funcionará fenomenal. 

Je pense que, maintenant que nous nous connaissons bien, notre couple fera des merveilles.

SambaBD-Merci  pour ce très bel album, c’est un immense choc qu’on prend en pleine face. 
Et que d’émotions, bravo.

FP-Gracias a todos los lectores que hacen tan digna esta industria y este arte de contar historias con viñetas. 

Merci à tous les lecteurs qui donnent une reconnaissance à cette industrie et cet art qui conte des histoires dans des petites vignettes.

Merci à Francis pour sa gentillesse et sa disponibilité. Merci à JR pour sa traduction.
J’espère que cette interview vous aura donné l’idée d’aller jeter un œil à ce titre assez remarquable.

L’interview écourtée d’Olivier Speltens.

Une bien belle série vient de sortir chez Paquet.
L’armée de l’ombre et pas l’armée des ombres  comme je le dis à chaque fois.

Armée de l'ombre (L')1.jpg

Voilà le pitch de l’éditeur pour l’histoire.

Fin 1942, Ernst Kessler ayant terminé sa formation de soldat au sein de la Wehrmacht est envoyé sur le front russe.  La réalité de cette guerre qu’il ne percevait qu’à travers les journaux se révèle brutalement toute autre.  Ernst Kessler doit affronter non pas un ennemi, celui auquel il s’attendait, mais deux ! En effet, l’hiver Russe s’avère un adversaire aussi redoutable que les Russes eux-mêmes.
Ce premier tome retrace le périple de Kessler traversant la Russie d’Ukraine jusqu’à Stalingrad.  Lui et ses nombreux camarades devront lutter tant contre l’ennemi, contre les partisans attaquant les colonnes de ravitaillement Allemande et contre un climat hostile et complice de la victoire Russe.
Ces multiples facettes d’un même combat ôteront la jeunesse et les illusions du jeune soldat Kessler lui révélant impitoyablement les pires horreurs que peut générer la nature humaine

Je vous invite maintenant à suivre un entretien que j’ai eu par téléphone avec son auteur, le bruxellois Olivier Speltens…..avant que la technologie ne me lâche après 9 min d’’interview…..Made in China a encore frappé.

Bonjour Olivier, avant de commencer, peux-tu nous faire une petite présentation de ton parcours avant l’armée de l’ombre ?

olivier s.jpgJ’ai fait un  parcours relativement classique après avoir suivi des études à St Luc .Je me suis lancé dans un projet qui a intéressé les éditions Joker, les larmes de pourpre mais qui n’a malheureusement pas donné suite et qui s’est arrêté au numéro 3 au lieu des 6 tomes  de prévus.
Et ensuite  M99 qui est arrivé à son terme mais sans arriver non plus au résultat escompté.

Avec l’armée de l’ombre, ça devrait marcher non ?

Mais écoutez, on croise les doigts. L’éditeur a beaucoup d’espoir en tout cas. Ce qui est  clair aussi, c’est que j’ai bien progressé.

Comment est né d’ailleurs ce projet et comment es tu arrivé chez Paquet ?
 
Ca, c’est très simple, c’est un sujet qui m’a toujours fort attiré. Déjà tout petit, j’ai commencé avec des maquettes d’avion puis après je me suis intéressé au contexte dans lequel évoluait ces appareils. Je me suis renseigné sur toutes les armées, américaines, anglaises et allemandes etc.et puis j’avais remarqué que le coté « allemand » était relativement peu traité, peut être encore un sujet un peu tabou. J’avais donc envie de me lancer, il fallait le bon moment et après avoir lu le Grand Duc de Romain Hugault, c’est tout à fait les éditions qui me convenaient.

armée 2.JPG

D’ailleurs quand j’ai ouvert l’album, j’ai trouvé pas mal de similitude avec le trait de Romain Hugault et notamment au niveau des couleurs ?
Effectivement, je n’avais non plus pas trente mille solutions pour rendre l’hiver  du tome 1. C’était soit le blanc ou le bleu pour rendre cette impression de froid et de grand espace.
Sinon, c’est vrai que cela se passe au même moment, la même armée.
J’ai quand même essayé de m’en éloigner  un peu et pour le moment, je n’ai pas eu des reflexions à ce niveau là mais c’est clair qu’on me compare beaucoup à Romain.
Ceci dit, je le prends très bien.

armée 3.JPG

C’est  une belle  référence non ?
Exactement, j’adore son dessin donc voilà.

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Maintenant, une fois le projet initialisé, vous avez du faire de fameuse recherche documentaire?

armée4.JPGAbsolument, déjà comme c’est une passion, je connaissais déjà  pas mal le sujet  mais il m’a fallu énormément de documentation, une partie via les moyens modernes mais aussi chez les passionnés qui collectionnent les uniformes allemands, les insignes et autres matériels de guerre. Certainsi recréent même des batailles qui sont l’air de rien une bonne source de renseignement.

J’aurais aussi voulu savoir la part de réalité dans l’armée de l’ombre ?

L’héros est purement fictif mais tous les lieux et les batailles sont authentiques .Il n’y a presque aucune place à l’invention même les journées  des soldats sont tirées de récits véridiques.

C’est là que l’appareil made in China a stoppé net pour d’obscure raison l’enregistrement.
Mais avec ce bout d’interview et les illustrations, vous savez maintenant que le sérieux est de mise dans cette nouvelle série chez Paquet. Les amateurs du genre savent maintenant pourquoi ils doivent l’acquérir.

Interview de Morgann Tanco (Siorn).

Siorn1.jpgSiorn1p.jpgSIORN T.1 – Le Parfum de la Dryade Rouge
Editeur:Soleil.
Sortie le 17 octobre.

Siorn est un homme venu des steppes glacées, un Nosvar. Alors qu’il tente de voler la perfide comtesse Ysbel, il est fait prisonnier. Ysbel et Siorn passent un marché : en échange de sa liberté, le guerrier devra ramener la tête d’Olshorn, suzerain de la comtesse. Afin de s’assurer qu’il ne s’enfuira pas à la première occasion, Ysbel empoisonne Siorn, lui promettant l’antidote en échange du fameux “trophée”.
Commence alors pour le barbare des steppes une quête des plus ardues: ramener la tête d’un puissant chef de guerre adulé par son clan, actuellement en plein conflit avec le clan voisin dirigé par Giarthen, son propre frère.
Siorn n’a de toute façon plus rien à perdre : dans quelques jours, le poison d’Ysbel lui aura dévoré les entrailles !

A la place de la chronique, je vous invite à suivre l’interview du dessinateur de Siorn (Morgann Tanco). Je pense que vous y trouverez si cette BD est faite pour vous.

Mais d’abords, peux tu nous retracer ton parcours de dessinateur pour ceux qui te ne te connaissent pas encore (saint milliard, pas bien !) ?

Je te donne la version moyenne longue en exclu !

tanco.jpgJ’ai toujours baigné dans le milieu de l’art en général. Mais c’est en lisant un Strange et un Rahan que mon père m’avait acheté, que j’ai eu le déclic. Je ne savais pas encore qu’on pouvait en vivre ou comment cela se confectionnait, mais c’est vraiment vers 9 ans que j’ai commencé à faire de la BD. Au début, pour ma gueule avec deux trois copains et mon cousin. Plus âgé, vers l’adolescence, j’en ai même fait avec mon père. Mais bien évidemment, toujours à titre amateur, et bien sûr jamais édité. De toute façon, je ne savais pas vraiment comment il fallait faire pour être édité !

Le collège terminé j’ai réussi à rentrer au Lycée professionnel d’art appliqué et communication graphique, St-Géraud à Aurillac. C’est là qu’on m’a appris le monde de l’édition et de l’impression, bref ce qu’on appelle la chaine graphique. Et ce, grâce à différents stages en maison d’édition, comme Milan par exemple et autres stages en imprimerie. Mine de rien, c’est très important d’avoir ces clefs pour le monde de la BD.

Là où ma vie pro a pris un tournant significatif, c’est vers mes 17/18 ans. Je rentre un week-end chez ma mère à Toulouse, à peine arrivé elle me dit qu’elle a un vieux pote qui vient d’ouvrir un bar, et il se trouve que son associé est scénariste de BD. Cet associé, tu t’en doutes, c’est Wilfrid Lupano, qui, à l’époque, n’avait encore rien sorti, puisque Little Big Joe (son premier album) était en bouclage pour sortir trois mois plus tard à Angoulême. Et il avait dans les cartons déjà, Alim le tanneur avec les tout premiers croquis de Virginie Augustin ! En plus, il s’est avéré qu’il était le voisin de ma mère, chez qui j’habitais encore. C’est pour te dire… Bref, je ne les pas lâché.

Trois mois plus tard à Angoulême, par son intermédiaire, je rencontre Thierry Joor (éditeur chez Delcourt). Il m’a défoncé intelligemment. Du coup j’ai pu avancer et m’améliorer.
Et c’est après bien 4 ans de relou-attitude, et un acharnement à mieux faire mes planches et mes dessins, que Wilfrid m’a proposé de travailler avec lui. On a présenté 6 mois plus tard L’ivresse des Fantôme à Thierry. Il a des doutes sur l’histoire mais le dessin lui plait. Wilfrid étoffe le scénar, je refais des planches et on signe.

Me voilà dans le monde impitoyable de la BD !

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Par rapport à L’ivresse des fantômes et le droit chemin (avec Lupano au scénario), as-tu remarqué une façon de travailler différente pour Siorn ?

Clairement !
Mais avec Wilfrid, j’étais débutant, c’est plutôt lui qui me drivait, j’apprenais ses « recettes » narratives. J’étais sont padawan. Et c’était une très bonne expérience et « école ».
Du coup petit à petit je découvrais mes propres recettes, retrouvais certaines de Wilfrid chez d’autres auteurs. J’ai commencé à rencontrer d’autres auteurs en salon, à Nantes, on a partagé, j’ai appris d’autres « trucs ». Et j’apprends encore.

Avec Sébastien Viozat (scénariste de Siorn), la grosse différence c’est que j’avais 5 albums derrière moi quand on a commencé Siorn. J’étais plus confiant et il avait entièrement confiance en moi.

Et d’ailleurs, comment est né Siorn ?

siorn 3.jpgAlors, Siorn est né tout d’abord d’une envie de revenir à mes premiers amours de gosse. D’ailleurs, petite parenthèse, un ami d’enfance, m’a dit il y quelques jours, que j’avais enfin sorti la BD qu’il attendait de moi !
Je voulais une Histoire avec un Héros, une mission/quête/voyage, un monde qui le dépassait avec ses problématiques politiques et surtout que mon héros soit bien viril et que le tout soit épique ! Bref… un univers salle bourrin, nerveux et épique avec le héros qui va avec. Je le conçois, rien de bien original. La seule différence, c’est que je ne voulais pas qu’il soit beau ! Conan, dans les récits d’Howard ou même dans les BD, est plutôt beau et musclé. Mon héros, je le voulais, musclé, oui, mais avec une vrai gueule à la Kurt Russell, Clint Eastwood, Mads Mikkelsen. Je ne sais pas trop si j’y suis arrivé mais c’était mon objectif.

En tout cas, j’ai démarché chez beaucoup d’éditeurs, Les seuls scénar qu’ils avaient à me proposer, étaient certes épiques mais toujours avec des héros gringalets. Ce qui ne correspondait pas du tout, pourtant les scénarios étaient de bonne facture.
Seul Jean-Luc Istin était vraiment à fond sur mon travail et a accepté que Sébastien Viozat m’écrive un scénario sur mesure. Après pas mal de séances de discussions et quelques semaines de recherches graphique, Siorn était né.

En lisant Siorn, le parallèle avec Conan le barbare me semble évident .C’est un univers que tu apprécies ?

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C’est un univers que j’ai découvert tout petit, 8 ou 9 ans, avec le film de Milius. C’était un été, ça passait à la télé, j’ai regardé ça avec mon grand-père. Ce fut une grosse claque ! Je ne comprenais pas tout, mais je n’ai pas arrêté de le revoir après en VHS, DVD et récemment Bluray. J’ai vu/lu comme tout le monde les BD de Buscema et d’autres, puis les illustrations de Frazzetta, reste que j’adorais ça ! Ce n’est que plus tard, grâce à Thim Montaigne et Denis Béchu que j’ai découvert les origines de ce héros. Thim m’a prêté les vielles éditions de poche (plutôt mal traduites) de « J’ai lu », justement avec les illustrations de Frazzeta. Puis je me suis acheté les dernières éditions de Bragelonne (que Thim ne voulait pas me prêter ^^), où tout a été très bien retraduit et dans l’ordre d’apparition à l’époque du pulp, Weird Tales.
Ceci dit Siorn ressemble plus à Snake de Escape from New York (NY 1997) qu’a Conan… C’est Snake au pays de Conan ^^

Mais quel temps de merde dans ces contrées reculées, tu ne t’es pas simplifié la vie sur ce coup là ?

Tu parles de l’averse en fin d’album ? En fait, c’est plus un choix narratif, ce n’était pas écrit dans le scénario. Comme cette scène était plutôt conséquente niveau pages. Je me suis dit 13 pages en simple nuit éclairées au feu, ça va être redondant pour les yeux. Du coup j’ai décidé d’appuyer le moment fatidique de cet album en y faisant apparaître une grosse averse. En plus visuellement la pluie ça évoque plein de choses. Mais il faut lire l’album, car je vais en dévoiler trop sinon.

Plus c’est compliqué plus je m’éclate, je dois être maso !

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que ton personnage principal est brut de décoffrage qui ne fait pas dans la dentelle. Ca doit être plaisant de ne pas faire du politiquement correct non ?

Comme je te le disais, Siorn c’est un peu Snake de NY ’97. ‘Faut pas le faire chier. Et là on l’oblige à jouer ses billes, alors qu’il a rien demandé, lui il veut sauver son peuple d’une guerre de clan qui le gonfle passablement. Alors s’occuper des affaires politiques d’une tigresse avare de pouvoir…
Ça me parait normal de ne pas être jouasse quand on te force à faire quelque chose. Sauf que nous, dans « nos petites vies tranquilles » on ne va rien faire, on fait l’autruche. Comme tu dis, on va être politiquement correct.
Oui Siorn c’est un peu un exutoire ! Et puis c’est un barbare, hein. Mais en fait, si tu grattes un peu, il la joue fine quelque part.

T’es tu inspiré des vraies personnes pour tes héros ?
Non pas vraiment, même si on n’arrête pas de me dire que Ysbel ressemble énormément à ma compagne… Je me sers surtout d’acteur et d’actrice, mais je fais en sorte qu’on ne les reconnaisse pas au premier coup d’œil. Le but est de m’en inspirer pour en faire de vrais personnages à part entière. Perso, ça me sort complètement du récit si on reconnait l’acteur derrière le dessin. Je me dis : Tiens ! C’est Tom Cruise qui est entrain de se battre avec un monstre, par exemple. Déjà que dans les films il y a un peu ça…

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J’ai trouvé ton trait fort proche de celui d’Alex Alice. J’aimerais connaitre quels sont tes modèles comme « maîtres » dessinateur ?

Je le prends comme un compliment !
Concernant les « maîtres », j’en ai plein ! Alice en fait parti, mais il y a aussi en vrac Uderzo, Chéret, Loisel, Giraud, Vatine, Lauffray, Meyer, Mucha, Wendling, McFarlane, Coipel, Rosinski, Franquin, Miller, Bisley, Coyote, Maester, Wrightson, Recht, Frazzeta, …… La liste est longue…

Tu travailles déjà sur le tome 2 ?
Oui, juste après cette interview 

As-tu un blog où on peut suivre tes travaux et tes rdv dédicaces ?
Oui, en plus il y a des N&B de Siorn et plein d’autres choses !

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http://lesfantomesdemorgann2.blogspot.fr/

Voilà, un grand merci  à Morgann et Sébastien Viozat pour cette BD  qui déménage. Un vrai plaisir pour les amoureux de beaux dessins et d’aventure .

Venez nous rejoindre aussi sur le forum où Tanco attend vos réactions.

A l’ombre de la gloire :Interview.

Aude-Samama-2.jpgOMBRE_GLOIRE_3.jpgL’histoire.
Portrait croisé de deux personnalités des années trente en France, Mireille Balin et Young Perez ont tout deux connu la gloire avant de connaître un destin tragique. Une histoire authentique subtilement racontée par Denis Lapière et magnifié par les peintures d’Aude Samama, à découvrir en librairie depuis le 22 août!
Victor Younki dit Young Perez est né en Tunisie. Le petit gamin juif se passionne pour la boxe et de fil en aiguille, il deviendra champion du monde des poids lourds en 1931. Rattrapé par ses origines, il est dénoncé et arrêté par la milice en 1943. Il sera déporté à Auschwitz où étonnement, il participera à un dernier combat de boxe contre un champion nazi avant d’être abattu en 1945. Mireille Balin, l’actrice adulée des années 30, femme fatale à qui personne ne résiste, maîtresse de Jean Gabin, Tino Rossi et Young Perez connaîtra elle aussi un destin tragique à la fin de la guerre. 
Pour découvrir l’univers d’Aude Samama:http://www.audesamama.com/
Pour en savoir plus sur Denis Lapière: http://www.lapiere.be/

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L’interview d’Aude Samama et Denis Lapière..
C’est votre 2e collaboration après « Amato », « à l’ombre de la gloire » est avant tout une envie de retravailler ensemble ?
denis-lapiere-L-1.jpegDenis Lapière:Oui, bien entendu… Aude et moi sommes de plus en plus complices dans le travail.
Qui était le plus au courant de ces deux destins tragiques mais aussi tellement exceptionnels ?
DL : C’est Aude qui m’a fait connaitre Young Perez. Puis Mireille Balin s’est imposée d’elle même dans le récit.
La 1e chose que j’ai fait après ma lecture, c’est des recherches sur ces deux célébrités. Et j’ai été stupéfait de voir que tout est vrai, même le fameux match de boxe à Auschwitz  ….ça semble tellement improbable. C’était le but  de cette BD, un devoir de mémoire ?
DL :Pas vraiment un devoir de mémoire, le but premier n’était pas un récit historique ou documentaire, mais bien un instantané sur la réalité des relations amoureuses de deux personnes en quête de réussite sociale. Mireille et Victor ont vécu leur vie comme un jeu, où tout était possible, où seul le présent avait de l’importance. La guerre, qui rend tous les destins tragiques, les a évidemment broyés.

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Pourquoi cet attrait pour la boxe de la part d’une  dessinatrice …ou plutôt d’une artiste peintre ?
Samama.jpgAude Samama : La boxe était un thème qui m’attirait, pour leyoung perez.jpg mouvement et les jeux de lumière entre autre. J’avais aussi vu des films sur des histoires de boxeurs qui m’avaient beaucoup plu « Raging Bull », « Nous avons gagné ce soir »…

C’était une volonté de votre part de montrer des corps dénudés, de mettre une touche de sensualité  dans cet album?
AS : C’est Denis qui a pris le parti de mettre Mireille en avant, presque autant que Young Perez, elle amène évidemment cette part de sensualité qu’elle représente à l’écran comme dans la vie. Il y a aussi une forme de sensualité dans la boxe.

Pas trop d’appréhension pour le partie « Auschwitz » ?
AS : Si, un peu, d’autant plus que je m’étais attachée à Victor… Et puis il y avait évidemment le problème de la représentation, comment montrer cela, et surtout ne pas être trop dans l’emphase lors du combat de boxe qui déjà semble plus grand que nature. L’arrivée au camp que Denis a choisi de mettre en scène sans aucun texte me semble être une bonne façon de montrer tout en gardant une certaine pudeur.
 

J’aimerais savoir comment vous avez perçu  Mireille Balin car pour moi, c’est un mystère cette femme ? 
mireille balin.jpgDL :Pour moi, Mireille est telle que je l’ai posée dans le livre : une jeune femme qui balin.jpgs’abandonne totalement au jeu de la séduction pour pouvoir trouver l’homme qui  saura rassurer, protéger, la petite fille tremblante qui se cache derrière les atours de la femme fatale qu’elle affiche avec mépris, mais surtout avec défi. Mireille était une femme fragile. Elle a eu la naïveté de croire qu’un homme, que l’amour d’un homme, parce qu’il était riche, fort, cultivé ou puissant, ou le tout à la fois, pouvait balayer ses angoisses. Elle l’a évidemment payé très cher…

Finalement, c’est très superficiel ce qu’on sait d’eux non ?
DL : Ce qu’on sait des gens est toujours superficiel, mais les actes qu’ils posent parlent pour eux et sont révélateurs d’une certaine vérité. C’est cette vérité que j’ai essayé de transmettre au travers du livre.

Que diriez-vous pour inviter à lire « A l’ombre de la gloire » aux lecteurs de SambaBD ?
DL : Qu’ils ouvrent le livre, ils seront happé par les splendides peintures/dessins de Aude…

Young-Blog.jpg

Une dernière pour la route, quelles seront vos actualités à venir ?
DL : Nous commençons, Aude et moi, un nouveau livre. Rendez-vous dans deux ans.

Un grand merci aux auteurs pour cette interview (un record de rapidité aussi) .Il ne vous reste  plus qu’à plonger dans ces deux destins incroyables  .Je peux vous dire que vous en sortirez tout petit.

Une preview ici sur le blog de Futuropolis.

Samba.

Le grande interview de Dobbs.

dobbs 1.jpg

Olivier Dobremel alias Dobbs fait parler de lui avec 3 nouveaux titres qui viennent de sortir.
C’est l’occasion pour SambaBD  d’en savoir plus sur ses récentes sorties.
Focus donc avec Olivier sur ces 3 albums.

Scotland Yard
Scotland Yard1.jpgLondres, 1890. L’inspecteur Tobias Gregson est une des valeurs montantes du Yard. Mais sa carrière serait accélérée s’il n’était pas considéré comme un humaniste trop sensible et avant-gardiste, et surtout s’il n’avait pas pour fonction principale d’être le défouloir quotidien de son supérieur Lestrade.
Alors lorsqu’un transfert de prisonniers ne se passe pas comme prévu, Gregson se retrouve au placard. Un blâme qui va vite se transformer en opportunité afin de démontrer sa vraie valeur aux yeux du patron des patrons, le commissionner Fix. À la tête d’une équipe atypique réunissant un gamin des rues, ancien informateur de Sherlock Holmes, un médecin psychiatre aux méthodes atypiques ainsi que son étrange assistante, Gregson va faire alliance avec le diable : coopérer avec la pègre londonienne pour traquer deux fous extrêmement dangereux qui ont profité du fiasco de l’opération de transfert pour se volatiliser. Deux aliénés mentaux qui vont apprendre aux citoyens de Londres la signification du mot terreur.
À leurs côtés, plongez à votre tour au cœur des ténèbres…

1- J’aimerais connaitre tes impressions quand tu as vu les premières planches de Stéphane Perger ?

J’étais heureux et comblé… Bon je ne vais pas trop jeter de fleurs à Stéphane, il va y prendre goût et ce n’est pas le genre de la maison hehehe. Dés les story-boards, j’ai pu voir que l’album serait vraiment bien. On a travaillé tous les deux sur un découpage laissant la plus grand place possible à l’atmosphère et à une approche très cinématographique. En fait, on retrouve dans les planches couleurs l’atmosphère que j’avais en tête (cet aspect tout aussi poisseux et ténébreux que magique dans la gestion de l’obscurité et de la lumière).

Scotland Yard1pv.jpg

2- Il me semble que tu as pris un abonnement à la collection 1800. C’est une époque qui  t’inspire ?

En effet, c’est une époque qui me plait énormément. Tant dans ses événements majeurs, les découvertes techniques et scientifiques qui ont fait avancer bon nombre de domaines, et donc l’ensemble de son rayonnement culturel.
Par le fantastique, le romantisme, l’exotisme de ses romans, le 19eme siècle m’a souvent fait voyager durant mon adolescence quand je découvrais ses auteurs. C’était l’heure de la grande Aventure et du mystère, ce qui dopait mon imaginaire et m’a profondément marqué …

3- Faustine Clerval semble être un personnage fil rouge. Aimerais-tu les puzzles « scénaristiques » ?

Faustine est un mystère à part entière, une intrigue dans l’intrigue … un personnage que beaucoup de lecteurs (et lectrices) avaient apprécié dans Mister Hyde contre Frankenstein (l’action de Scotland Yard se situe 7 ans auparavant). C’est un hommage à ma fille et à toutes ces héroïnes incroyables d’un 19eme siècle, aventureuses, spirituelles, romantiques et déterminées.
Quant aux « puzzles » et autres jeux scénaristiques , c’est un challenge technique complémentaire qui fonctionne comme une marque de fabrique, une sorte de parti pris personnel que j’adore. Ceci va de pair avec le découpage que je fais au départ et qui va jouer sur un certain nombre de registres et de lectures possibles avec quelques pièges et un montage qui joue souvent avec le lecteur. Il y a des clins d’œil et des références oui, mais c’est parfois la surface émergée de l’iceberg.

4- Aurais-tu un compte à rendre avec l’inspecteur Lestrade ?

dobbs.jpgC’est un personnage que je n’ai jamais aimé dans toutes mes lectures Holmesiennes. Bon, ensuite il faut bien admettre qu’il fait un très bon ennemi interne pour l’inspecteur Gregson au sein même du Yard.
J’ai souvent entendu qu’une bonne histoire doit avoir de bons méchants : c’est parfaitement vrai. De plus, j’aime les méchants de services, les bad guys et les antihéros donc … Dans Scotland Yard, vous trouverez des monstres humains, des criminels endurcis, des gens qui souffrent mais aussi de belles personnes, ou des gens qui apprendront et changeront (Lestrade en fait partie pour le tome 2 mais chut !…).

5- Un univers aussi riche ne mériterait-il pas plus qu’un diptyque ?
Ma foi, si les lecteurs sont au rendez-vous, pourquoi pas une saison 2 oui… Il y a effectivement matière sans que le fantastique pointe son nez, j’ai déjà pas mal d’idées à développer ultérieurement si le succès et la demande étaient là. Je pense que Stéphane n’a pas assez souffert avec moi, donc l’équipe pourrait reprendre du service, qui sait…

Les questions de Revedefer.

 Alamo

Alamo2.jpgEn une vingtaine de minutes d’une boucherie intense, les troupes texanes massacrent un grand nombre de soldats de l’armée mexicaine en criant distinctement « Souvenez-vous d’Alamo ! ». Ces soldats se montrent impitoyables en ne laissant aucun survivant, achevant même les blessés. Nous sommes alors au tournant de l’indépendance du Texas, car l’avant-garde mexicaine n’existe plus … Mais une question demeure : que s’est-il réellement passé à Alamo pour que les hommes fassent preuve d’une telle folie guerrière ? Le mois précédent, Louis Rose, un tueur à la solde du futur Président de la jeune République du Texas prend contact avec le célèbre Davy Crockett et ses volontaires. La troupe se rend à Bexar pour prêter main forte à la garnison de fort Alamo, et renforcer ainsi les hommes de James Bowie et du jeune officier William Travis pour tenir face à d’éventuelles attaques des Mexicains … Les choses s’enveniment sur place, car les différents leaders s’affrontent pour le pouvoir local. Tout ceci arrange les affaires de Rose qui veut bénéficier de cette atmosphère lourde pour mener à bien sa mission : faire que Travis et Crockett ne reviennent pas de cette mission … Pas de soldats, juste des maris, des hommes de loi, des rêveurs et une légende, ensemble pour défendre le fort le plus célèbre de l’histoire des Etats-Unis !

Pourquoi t’être frotté au mythe d’Alamo ? 

Justement parce que c’est un mythe et que j’ai horreur des choses par trop idéalisées.Alamo1pjk.jpg C’est un symbole fort de la lutte et de la résistance entre forces texanes et mexicaines, qui deviendra un enjeu et une force incroyable dans l’histoire future de l’Amérique.

Cet épisode devenu célèbre va être traité de façon peu réaliste dans beaucoup de livres, BD et de films à l’instar de celui de John Wayne (qui reste très beau dans ses compositions et son côté épique). Les « héros » d’Alamo seront eux-mêmes sacralisés par Disney et consort…

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Pourquoi mettre en avant Louis Rose et non pas les purs héros américains que sont  Davy Crockett ou Jim Bowie ?

Parce que cela a été trop fait et trop vu dans le passé dans les illustrés, les « témoignages », les films et la littérature… Crockett a tellement eu cette image d’Epinal de trappeur-chasseur alors que c’était un tireur d’élite et un homme politique aguerri, et Bowie n’était pas que le créateur du Bowie Knife mais était si sauvage, si insaisissable, si imprévisible dans la réalité avec ses activités d’esclavagiste et autres encore… j’ai abordé cette face réaliste et sombre de leurs histoires, mais je voulais un personnage plus neutre qui pouvait vivre sa propre aventure au sein du fort.

Rose était apparemment le seul Français du fort, celui que l’Histoire a retenu comme le «lâche » d’Alamo alors que les autres sont rentrés au panthéon des héros américains. Le choix m’est apparu comme évident, c’était lui et personne d’autre.

Comment as-tu procédé pour ton travail de recherches sur Alamo ?

Alamo1ph.jpgPetit à petit, dés le feu vert donné par Jean-Luc Istin, le directeur de collection 1800. J’ai commencé par des recherches sur les témoignages avec la volonté de m’éloigner du travail de producteur/réalisateur de John Wayne. J’ai analysé le film de Hancock, plus récent et plus réaliste, et j’ai repris mes notes sur le western (de l’époque classique au western crépusculaire).

Je voulais me focaliser sur l’antihéros Louis Rose, tout en respectant les faits historiques par tri et défrichage des documents iconographiques, des schémas de bataille, des plans des bâtiments, des uniformes, des dates précises etc …

La voix off présente tout au long du récit permet de  présenter des données importantes didactiques, tout en plongeant au cœur du récit pour participer au siège et à la chute du fort avec les protagonistes. Tout ceci du point de vue d’un mercenaire envoyé sur place pour assassiner des gens, parce qu’ils menaçaient les ambitions politiques d’autres personnes … voici tout l’enjeu de ce diptyque …

Loki

Loki1.jpgUn moinillon habile et perspicace, un vieux poète facétieux et un guerrier sans passé. Trois prisonniers d’une société de femmes conquérantes, promis à l’esclavagisme sexuel ou au sacrifice… Trois rescapés, opposés dans leurs convictions, bien décidés à survivre dans ces terres hostiles et primitives. Trois compagnons malgré eux, réunis par le destin pour s’approprier une ancienne relique tombée du ciel dans un déluge de feu… Alors que les dieux s’égarent en quêtes futiles et que leurs guerres intestines s’enlisent, celles que l’on nomme les Nornes, les Soeurs du Destin, décident de prendre en main le futur de tous. Dieux, géants, monstres et mortels entreront dans l’ère de l’Épée et de la Hache lorsque Loki, le dieu malin, s’éveillera. Tous s’avanceront alors sur la voie du Ragnarok, le commencement de la fin.

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1) Es-tu un fan de Comics et plus particulièrement de l’univers Marvel ?

Oui depuis mon enfance et les traductions de Lug avec Strange et autres publications de l’époque. Je connais bien l’univers Marvel, DC comics, Dark Horse et les autres tels que 2000AD pour les britanniques. J’ai toujours eu une affection particulière pour les XMen chez Marvel et pour certains méchants de Spider Man, Kraven en tête par exemple.

2) Qu’est-ce qui t’a donné envie de conter ton histoire de Loki ?

Loki1pfds.jpgLoki est certainement ma divinité favorite. Il n’est pas manichéen, il défend juste son propre camp avec une vision des choses malicieuse qui créera la base nécessaire au chaos absolu que représente l’ascension des géants contre les Ases, et le Tabula Rasa du Ragnarok.

Il est l’archétype du trickster, du personnage trompeur qui manipule les autres, qui change les règles du jeu. C’est mon passé d’anthropologue qui parle en fait, en se focalisant ainsi sur le Dieu fourbe, le décepteur, le fripon individualiste qui bouscule l’univers connu et figé.

Loki a toujours été présenté avec un caractère atypique, contre les autres, contres les Ases, contre le dieu Heimdall et Odin le Père de toute chose  (et pas spécifiquement Thor comme le montre souvent Marvel)

3) Pourquoi avoir donné si peu « d’épaisseur » aux personnages,  Brand et Ambrosius, dans ce premier tome ? Dans le résumé de l’éditeur, ils ont l’air d’avoir autant d’importance pour l’histoire que Loki. A la lecture de Le feu sous la glace ils semblent insignifiants et ne rien apporter à l’histoire.

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C’est une critique régulière, ce qui prouve que ce que j’ai fait a marché (lecture du tome 2 oblige). Si ils sont insignifiants à ce point, c’est que cela doit faire sens effectivement : Ils ne sont là que pour accompagner, mais sans le caractère des faire-valoir traditionnels, ils sont à part (et amènent un peu d’humour et de candeur) et je ne peux en dire plus pour le moment.

4) Loki sera une série en combien de tomes ?

C’est une mini série en 2 tomes pour aller à l’essentiel, avec un tome 2 crescendo doté de plus de pages pour amener la lutte irrémédiable contre ses « pairs » et le chemin vers Ragnarok. L’important, c’était de donner un caractère sympathique à Loki, et lui faire perdre ses repères en le rendant amnésique sans pouvoir, en occultant aussi par la même occasion le panthéon traditionnel.

La suite et la fin répondront aux questions sur Brand et Ambrosius, sur Silke et Angrboda, Loki et les géants ainsi que sur Niddhog et les Nornes…

Mais vous en savez déjà trop… hehehehe

Si tu es d’accord des questions d’ordre plus général.

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Olivier tes derniers coups de cœurs BD, cinéma et musicaux ?

Alors en BD : le End de Canépa et Merli (Métamorphoses), et le tome 3 de Holmes de Cecil et Brunschwig

Au cinéma : Rebelle des Studio Disney-Pixar et Amazing Spider-Man de Webb

Pour la musique : du Shakapunk, du Undred Waters, du Gotye et du Skip the Use…

Quels sont tes projets BD pour les mois à venir ?

Le tome 2 d’Alamo sort fin août, ce qui m’occupe un peu l’esprit après la sortie le mois dernier du tome 1 de Scotland Yard. On travaille en ce moment aux tomes 2 de Loki et de Scotland Yard, tandis que plusieurs projets sont en cours de développement à l’heure actuelle.

J’écris en ce moment pour Ankama un manga de 132 pages en noir et blanc dans l’univers Dofus Monster (cela s’appelle Bworker et c’est dessiné par Ricardo Tercio), tout ceci dans un emploi du temps un petit peu chargé de formateur en histoire du cinéma dans une école d’effets Spéciaux (ArtFX à Montpellier).

Si tu ne devais conseiller qu’une de tes Bds à nos lecteurs laquelle ? Et pourquoi ?

C’est extrêmement difficile comme exercice… Mais s’il faut jouer le jeu, je dirai Scotland Yard parce que c’est un récit qui me tient beaucoup à cœur et dont l’atmosphère ressemble beaucoup à mon imaginaire : du gothique proche de l’esprit des productions de la Hammer, de l’ambiance à couper au couteau parce que le thriller/suspense permet de mettre les lecteurs rapidement dans l’univers et des personnages attachants.

Mais j’aime tellement ce que j’ai fait sur les autres albums de la collection 1800 et sur Loki (avec tous mes co-auteurs) que c’est quand même un peu vicieux comme question hehehe.

Un grand merci à Olivier pour cette grande interview. Vous pouvez aussi le retrouver sur son blog.

Interview d’Arno Monin(L’enfant maudit).

Enfant maudit (L')2.jpgl'enafant maudit.JPGL’ENFANT MAUDIT

Tome 2 : La marque o
Cycle 1 [Épisode 2 / 2]
Scénariste : Laurent GALANDON
Dessinateur : Arno MONIN
Paru le 06 Juin 2012

Mai 68. Quand la France perd son identité, Gabriel cherche la sienne…

De toute sa vie Gabriel ne s’est jamais plaint. Il n’a jamais osé se poser de questions non plus. Qui étaient ses vrais parents, par exemple ? Pourquoi en 1945 a-t-il été adopté par un couple de paysans de la Creuse ? Pourquoi un flic le traite-t-il un jour de « rejeton de Boche » ? Pour Gabriel, il est temps d’explorer ses origines.
En fouillant son histoire, l' »enfant maudit » va fouiller des épisodes obscurs de l’Histoire de France. Et d’ailleurs, en même temps que Gabriel, le pays entier se remet en question. Car ce moment, c’est mai 68…

Et maintenant place à l’interview d’Arno Monin

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1- J’aimerais connaitre ton état émotionnel une fois bouclé ton album. Anxieux, détendu, satisfait ?
Après un bouclage je ressens un grand soulagement car ces périodes sont souvent une sorte de sprint de fin de course. En général je ne sais plus ce que je pense de mon travail, je me contente de l’aboutir. Très rapidement il me sort totalement de l’esprit après l’avoir remis à l’éditeur. J’ai souvent très envie de commencer quelque chose de nouveau. De remplir un carnet de croquis.

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2-As-tu constaté une évolution ou une méthodologie différente dans ton dessin par rapport à l’envolée sauvage par exemple ?

envol-e.jpgOui les quatre tomes de ces deux histoires ont été l’occasion de tester des méthodes différentes d’encrage, de colorisation, de narration. Je ne suis pas très attaché aux règles posées en début de livre, je laisse le personnage évoluer. Je me laisse l’occasion de découvrir des choses aussi.

3-Ce tome 2 est plein de rebondissements avec un enchainement assez rapide. Cette densité t’a-t-elle posé des soucis ?
Oui en effet. J’ai essayé au travers d’un découpage plus dense de pallier ça, mais sans y parvenir. Cette histoire aurait dû s’épanouir en trois tomes plutôt que deux me semble-t-il.
J’ai regretté de survoler certains aspects et certains moments.

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4- Si j’affirme qu’Arno Monin carbure à l’émotion, d’accord ou pas ?

Je suis émotif de nature, d’une façon très intérieure mais puissante. C’est un frein comme un carburant, il faut l’apprivoiser.

5-Maintenant que l’enfant maudit est bouclé, sur quel projet travailles-tu ?

l'anfant.JPGJe suis en recherche d’un scénario sur lequel je flasherai vraiment. Je vis un peu de l’illustration en attendant d’être emballé par un projet. J’en suis à un stade peu évident pour une collaboration car mes envies sont précises sur la manière de raconter une histoire, plus que sur l’univers à représenter. Je fais des essais d’écriture, c’est un autre boulot. Je ne sais pas encore ce qui va émerger de cette période instructive.

6. Et enfin, tu écoutes quoi comme musique( cfr la préfaceClin d'œil) ?

Je suis féru de Thomas Fersen, au milieu d’un brassage très varié, j’écoute des choses très différentes. Mais j’ai une résonnance particulière  à son univers, son usage de la langue et les personnages qu’il évoque. Pour les siestes j’ai un rituel avec Lisa Ekdhal  album « when did you leave heaven », et Danyel Waro. J’aime les hamacs pour la sieste. Au possible

Un grand merci à Arno pour ses réponses.

Samba.

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