USA uber alles – Tome 2 – Base 51

USA uber alles, delcourt, JP pecau, base 51, Maza, uchronie, Jean Verney, Roy GrinnellUSA uber alles, delcourt, JP pecau, base 51, Maza, uchronie, Jean Verney, Roy GrinnellScénario : Jean-Pierre Pécau
Dessin : Maza
Couleurs : Jean Verney
Couverture : Roy Grinnell
Editeur : Delcourt

Sortie : 21/10/2015
Planches : 54
Genre : Uchronie 

Nicolas Charlier est le pilote d’essai chargé de faire voler le prototype de bombardier. Il est décidément un être bien singulier. Que fait-il au cours de ses escapades en dehors de la base ? Qui rencontre-t-il ? Et surtout quelles sont ses motivations ? La réponse est sans doute dans son passé au sein de la célèbre escadrille Normandie-Niemen. Et la CIA entend bien le démasquer ….

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« Et si la France avait continué la guerre ? », la trilogie Oméga de la série « Jour J », « Block 109 » … les uchronies avec comme cadre la période 39-45 foisonnent dans le monde la BD. Il faut dire que la seconde guerre mondiale se prête particulièrement à ce genre d’exercice. Ce concept permet de digresser à l’infini pour chaque nœud historique. « USA uber alles » prend appui sur la mort d’Hitler et le retournement de la Wehrmacht contre Staline. Cette configuration aurait pu arriver et cela donne ainsi une réelle crédibilité au scénario. En tout cas, Jean-Pierre Pécau a été professeur d’histoire et ses connaissances en ce domaine sont tout à fait perceptibles. Il va plus loin. Comme d’habitude, il intègre des personnages réels à sa fiction et permet ainsi au lecteur de faire une vraie plongée dans le monde de l’imaginaire. Ainsi son héros est embauché par l’entreprise Bloch (future Dassault) et obtient un certificat de moralité en la personne de Joe Kennedy. Tout est bien monté, cadencé. J.P. Pécau n’oublie pas les éléments du décor pour magnifier son scénario. L’aviation est le pivot de cet album. « Pour surprenants qu’ils puissent être, les appareils présentés ont existé, en opération, comme le Messerschmitt Me 163 Komet et le P-82 Twin Mustang, en tant que prototype, comme le XP-56 Black Bullet, voire en tant qu’«avion de papier ». C’est le cas du projet d’ailes volantes Arado E.555 que Marcel Dassault semble reprendre à son compte après l’avoir modifié sous la dénomination de Thunderbird. »

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A la différence de « Wunderwaffen », « USA uber alles » axe son scénario plus sur l’espionnage et roman noir plutôt que l’action pure. Vous ne trouverez pas (ou très peu) d’action ou de combats aériens. Toute est plutôt centré sur les personnages avec un petit côté roman de John le Carré. Un juste milieu entre l’action et l’espionnage aurait été du meilleur effet.

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Coté dessin c’est justement le talentueux dessinateur de « Wunderwaffen », Maza qui est derrière les pinceaux. Pour les avions et les combats aériens, rien à dire c’est de l’art. Les avions sont magnifiques, presque des personnages à part entière. La notion de vitesse est très bien rendue. On en redemande. En revanche les visages des protagonistes laissent un peu à désirer : peu expressifs mais tout à fait lisibles pour une immersion dans le monde de JP Pecau. A noter une couverture de toute beauté de Roy Grinnell, le peintre des As.

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A l’origine « USA uber alles » devait faire partie de la série concept « Jour J ». Finalement elle a pris son indépendance et se verra décliner en trois tomes. Espionnage sur fond de décors uchronique « USA uber alles » sort du lot des séries du genre. Elle réservera sans doute un beau final dans le dernier opus.

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Tigrevolant

Vive la marée !

pascal rabaté,david prudhomme,furturopolis,satyre socialepascal rabaté,david prudhomme,furturopolis,satyre socialeAuteurs : : Pascal Rabaté, David Prudhomme
Editeur : Futuropolis
Sortie : 10 septembre 2015

118 pages

 

 

 

« Vive la marée » peux se passer aisément d’un résumé. En effet, il s’agit d’une poursuite graphique de protagonistes n’ayant aucun rapport entre eux. Une sorte de « short-cut » en un seul plan séquence. Le seul point commun est le décor : l’univers de la plage.

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Pascal Rabaté et David Prudhomme posent un regard mi- amusé, mi- critique sur cet univers. Ils croquent les personnages avec truculence. Sans intrigue et sans héros, les auteurs déclinent ce que voit un observateur indépendant. Des anecdotes succèdent à des portraits en passant par des « plans » très photographiques. Est-on dans un film (la référence à « jour de fête » de l’immense Jacques Tati est indéniable), une bande dessinée ou une carte postale ? « Vive la marée » est sans doute tout à la fois. Personne n’est épargné : le beauf, les bidochons, les castes populaires ou bourgeoises, les punks….

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Les auteurs ont quand même un petit côté voyeur. Avec la magie de la bande dessinée, le lecteur a accès aux pensées les plus intimes des personnages. Entre satire sociale et comédie, ils parsèment leur voyage avec des dialogues ou des réflexions courtes fort cocasses :

« Ah, c’est un métier de trouver des conneries ! »,

« Matéo, mets pas du sable partout ! »

« Levés à 5 heures pour éviter les bouchons et on tombe sur ce con qui n’en finit pas de prendre son temps »,

« Dis donc, c’est pas donné la tong ! »,

« Des tatouages en veux-tu en voilà… Les gens s’écrivent dessus parce qu’ils n’ont plus rien à se dire ! »

« Vois-tu, en voiture, tu rentres dans le paysage, en train tu l’accompagnes… »

 » S’il pleut demain on fait quoi ? »

« Mais t’es là, qui c’est qui surveille les sacs ? »

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Finalement, depuis les premiers congés payés de 1936 rien n’a vraiment changé. Bien sûr, l’univers s’est modernisé, mais l’ambiance et le regard que chacun porte sur son voisin n’a pas évolué. Lors des vacances tout un chacun souhaite échapper à son environnement mais in fine l’espèce humaine sera toujours identique à elle-même. Ce qui est particulièrement sympathique dans cet album c’est le côté détendu avec un beau soleil, du sable chaud et toute la journée pour juger et dégoiser le tout venant à portée de regard.

Les dessins sont en ligne claire. Le couple Rabaté/Prudhomme va à l’essentiel sans fioritures. Avec des couleurs vives, des couleurs de tous les jours, l’analyse sociale se poursuit sans contrainte. Il n’y a pas d’anicroche, pas de retour en arrière à des fins de compréhension. Tout est lisse et limpide.

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Mais c’est la fin de la journée, il faut rentrer. L’inévitable crise de nerf sur les objets (les clefs de voiture !!) perdus dans le sable est au rendez-vous. Tout le monde a passé un bon moment tout en introspection, sans méchanceté. C’était une belle journée, un bel épisode de fraicheur.

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Day Men – Tome 1 – Lux in tenebris

day men,lux en tenebris,matt gagnon,michael alan nelson,fantastique,vampires,glénat comics,brian stelfreezeday men,lux en tenebris,matt gagnon,michael alan nelson,fantastique,vampires,glénat comics,brian stelfreezeScénario : Matt Gagnon, Michael Alan Nelson
Dessin : Brian Stelfreeze
Couleurs : Moore Darrin
Editeur : Glénat

88 pages
Sortie :
28 octobre 2015
Genre : vampires

 

Le monde est contrôlé par « 50 familles » … de vampires ! Pour continuer de gérer leurs affaires au grand soleil, ils ont créé les Day Men, de simples mortels surentraînés pour devenir de véritables armes mortelles. David Reid, le petit nouveau au service de la famille Virgo débarque alors qu’une guerre s’annonce entre les Virgo et les Ramses.

 

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« Day men » est une série directe « from America ». Les éditions Glénat ont lancé depuis peu leur collection comics. Il apporte un sang neuf dans les éditions françaises en prenant des risques avec autre chose que des blocks busters. Elles raviront les amateurs de nouveautés en provenance d’outre-Atlantique et sans super-héros. La collection apporte un grand soin à la présentation : format comics, création d’un logo, couverture gommée, papier glacé…. De nombreuses bonnes surprises émergent aussi de cette collection : SambaBd vous recommande, entre autres, « Infinity loop » ou « Lazarus ».

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Dans « Day men » comme dans « Lazarus », il est aussi question de « famille » mais déclinée façon vampires. Ce thème mille fois rabâché, épluché et décliné, Matt Gagnon et Michael Alan Nelson arrive à nous étonner. Ils regardent par l’autre bout de la lorgnette et… font mouche. Au lieu de nous servir la soupe sur les vampires, ils focalisent sur leurs affidés, leurs sbires, leurs reitres exclusivement diurnes et finalement la face cachée des vampires à la lumière de l’astre suprême. C’est plutôt original !

Le récit est à la première personne et le lecteur suit David Reid au cours de ses pérégrinations très spéciales. Tout va très vite dans le scénario. Il faut parfois revenir en arrière pour comprendre qui appartient à quelle famille et donc situer les protagonistes. Les scènes d’actions ne manquent pas et le tout fait très « comics ». Action, introspection et enquête d’un non-vampire héliotrope font de cet album un bon moment.

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Les dessins dynamiques de Brian Stelfreeze sont très soignés. Un tantinet rigides mais la vitesse et les sentiments ressurgissent bien. De plus les couleurs de Moore Darrin donnent un ton très propre (trop ?) très classe à l’ensemble de cet opus.

Cet album comporte les épisodes 1 à 4 de l’édition américaine. « Glénat a consolidé le volume d’une préface de Mike Carey et d’un dossier final comportant de nombreuses illustrations de couvertures, d’essais, de recherches de personnages par Brian Stelfreeze, de variant covers d’autres artistes ».

 

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Cette série indépendante en provenance des Boom ! Studio, n’est pas forcement la révélation de l’année. Cependant, elle est très distrayante et c’est bien ce que l’on demande à une BD ! Gageons qu’un avenir radieux s’annonce pour « Day men » car l’éditeur californien de comics aurait cédé, pour une somme inconnue, les droits d’adaptation de « Day Men » aux studios Universal.

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L’indivision

indivision (l'),zidrou,benoit springer,futuropolis,one-shot,inceste,drameindivision (l'),zidrou,benoit springer,futuropolis,one-shot,inceste,drameScénario : Zidrou
Dessin / couleurs : Benoît Springer
Editeur : Futuropolis
Sortie : 20/08/2015

64 pages

 

 

Virginie et Martin sont frère et sœur. Ils entretiennent des rapports très particuliers… ils sont amants.

Le sujet est évidemment très difficile à traiter, pour ne pas dire très risqué. En voyant le pitch vous serez interpelés ; peut-être même horrifiés. Comment aborder ce sujet ? Comment dissiper un malaise croissant au fil de la lecture ? En lisant l’histoire vous serez amenés à avoir des sentiments paradoxaux. D’un côté, le sujet vous donnera une nausée, de l’autre de la compassion naitra pour tous les protagonistes : les amants malades, le mari perdu (ou pas) et les enfants sacrifiés (ou pas). Tout est ambigüité dans ce scénario.

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Mais Zidrou est habile (comme toujours !) : les sentiments contradictoires, l’angoisse mais aussi la frustration transpirent de chaque personnage. Les auteurs prennent la hauteur nécessaire pour ne porter aucun jugement (même s’il y a matière). L’indivision est donc un album fort et malsain en même temps. Le sujet est assez bien mené finalement. Il vous laisse à votre propre perplexité …. !!

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Autre aspect, les scènes très crues de sexe. Cela rajoute une couche de malaise avec une sensation de voyeur. Si cela est voulu, afin d’appuyer là où cela fait mal, le contrat est réussi ! La fin est superbement traitée. Saluons le travail du scénariste : il fallait une belle pirouette pour sortir du sujet … je vous en laisse le bénéfice.

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Benoît Springer relève le défi du dessin. Ce comparse de Zidrou est à l’origine des dessins du très atypique (encore un) album «  le beau voyage ». Dans « l’indivision », ils sont simples et expressifs. Le sujet est tellement difficile que le dessinateur a bien appuyé les expressions des visages et des corps. Les couleurs sont à l’avenant du sujet, tantôt ternes, tantôt flamboyantes. Mais à l’inverse de l’album «  le beau voyage », les zones d’ombres sont très nombreuses, notamment sur les visages. Evidemment les décors ne sont pas mis à l’honneur et sont réduits au strict minimum. Enfin, les phylactères s’effacent et laissent la part belle aux dessins ; histoire de bien ancrer le moment !

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Peu de gens liront « l’indivision ». Beaucoup seront secoués à l’issue de ce one-shot. Fallait-il traiter un tel sujet en bande dessinée ? Que faut-il penser de l’inceste entre frère et sœur ? Le désordre psychiatrique des protagonistes est tel que l’on a du mal à avoir de la compassion ou même juste avoir un avis…
A vous de voir !

Bravo aux éditions Futuropolis d’avoir publié ce type d’histoire.

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Combats

combats,daniel goossens,humour,fluide glacialcombats,daniel goossens,humour,fluide glacialScénario / Dessin / Couleurs : Daniel Goossens
Editeur : Audie
Collection : Fluide Glacial
48 pages
Sortie : 19 août 2015

 

 

« Combats » est ce que l’on pourrait appeler un album atypique. Si le format est, sans conteste, des plus classiques (une couverture, des dessins et une quatrième de couverture), le contenu est pour le moins déconcertant. Non pas bien sûr pour les aficionados de D. Goossens mais bien pour les néophytes de ce monument des magazines de bandes dessinées, « Fluide Glacial ».

 

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Difficile de qualifier le travail de D. Goossens. Incapable de suivre des lignes directrices, cet immanquable de la BD, s’attaque à peu près à tout et n’importe quoi. Il glisse un regard féroce, inquisiteur sur des sujets allant de Dieu (rien que ça !) aux piliers de bars (divers et variés) en passant par les publicités pour la vente de femmes nues (si, si) jusqu’à la parodie de la célébrité. Evidemment le tout est nappé d’un humour potache, un subtil mélange de Gotlib et du regretté Desproges.

 

Pour comprendre et apprécier le travail de l’auteur, il vous faudra de la patience. Les albums Fluide Glacial sont des compilations d’histoires courtes imposées par le format du magazine. Si certaines sont d’approche plus facile, les histoires de D. Goossens sont plus ardues. Le format de chaque historiette est compact, concentré, appliqué avec beaucoup de texte. Le tout est un espace cohérent. Il s’appréciera par petites touches avec un goût de « reviens-y », une fois appréhendé le fond de l’histoire. Bref, hilarant !

 

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Le dessin est comme de bien entendu hors norme : rond, expressifs mais surtout reconnaissable au premier regard. Impossible de se tromper d’auteur.

 

Bref, « Combats » c’est du Daniel Goossens 100%….tout est dit !

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Jour J – Tome 21 – Le Crépuscule des damnés

jour j,tome 21,fred blanchard,fred,fred duval,fred & jean-pierre pécau,le crépuscule des damnésjour j,tome 21,fred blanchard,fred,fred duval,fred & jean-pierre pécau,le crépuscule des damnésScénario : Fred Blanchard, Fred Duval, Jean-Pierre Pécau
Dessin : Maza
Couverture : Manchu & Fred Blanchard,
Dépôt légal : 08/2015
Éditeur : Delcourt
Planches : 62

 

 

Dans cette France de 1943, le parti fasciste Omega est au pouvoir. Plus pour longtemps, les hommes libres se lèvent et libèrent peu à peu le territoire national du joug. Dans cette période de chaos, tout devient possible. Les uns affrontent leur destin, d’autres montrent leur vrai visage. Léo poursuit le « commissaire » Laffont, Simone de Beauvoir cherche à échapper à la vindicte populaire et l’aviation fasciste française livre son dernier combat ….

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Jour J est devenu un classique du neuvième art. Avec une régularité de métronome, les éditions Delcourt sortent des scénarios à couper le souffle. Le fil conducteur de la série est l’uchronie. Ce concept permet de tout imaginer à partir d’un événement majeur (politique, historique, artistique ou militaire). Fred Blanchard, Fred Duval, Jean-Pierre Pécau s’en donnent à cœur joie. Ici, les auteurs concluent un triptyque commencé en 2013 avec le tome 14 « Oméga » et poursuivi par le tome 18 « Opération Charlemagne » en 2014. C’est bien mené et surtout très crédible. La propagande fasciste et les scènes d’insurrections vous plongent dans l’histoire et l’Histoire. Facétieux, les auteurs s’amusent à parsemer le récit de personnages ayant réellement existé (Déat, de Gaulle, Laffont, Sartre…). Cette perte de repères entre le réel et la fiction est très déstabilisante. Le dessinateur de la série est très à l’aise avec le sujet. Les graphismes sonnent juste avec des scènes d’action tout à fait pertinentes. Le lecteur notera les magnifiques avions à réaction et les combats aériens très réalistes.

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Afin de bien apprécier la série, il est recommandé de reprendre les autres albums. Ainsi, l’illusion n’en sera que meilleure. Cette série jour J est un bon moment de BD. Mais où va s’arrêter l’imaginaire de ces trois auteurs très, très prolifiques ?

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Tigrevolant

Les chroniques courtes (80).Pathfinder T2,Vertical T11,Le grand mort T6,

Pathinder Tome 2 . Le Tombeau des Gueux

pathfinder t2.jpgpathfinder t2 r.jpgScénario : Jim Zub
Dessin : Andrew Huerta
Couleurs : Campbell, Ross
Dépot légal : 09/2015
Editeur : Glénat

Pathfinder ces aventuriers qui doivent affronter les dangers et les créatures de la forêt de Mosswood, pour poursuivre les gobelins qui menacent le petit village côtier de Pointe-Sable.
L’ambiance sombre du tome, du aux lieux où se déroule l’action, la nuit le marécage la forêt, ne ternis pas le dessin fouillé des personnages présenté aux lecteurs au fil de la BD.
La mise en page avec des biais qui déterminent le contour des scénettes, sont du plus bel effet et choisis à la perfection pour donner encore plus de mouvement à l’action décrite.
La seule petite critique les elfes sont dans le même thème graphique que les autres personnages alors que la luminosité entoure normalement de type de personnage.
Amateurs de médiéval et fantastique, jetez-vous sur cette BD elle vous ravira.

Les fiches techniques de la fin du tome sont à destinations plus spécifiques des amateurs de jeux de rôle, ça donne envie de pratiquer ces jeux de rôle, mais les fans de BD peuvent alors appréciez le style du dessin splendide au demeurant.

Note globale

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Patounet & Tigrevolant

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Matsumoto

matsumoto,laurent-frédéric bollée,philippe nicloux,secte,histoire vrai aummatsumoto,laurent-frédéric bollée,philippe nicloux,secte,histoire vrai aumScénario : Laurent-Frédéric Bollée
Dessin & couleurs : Philippe Nicloux
Dépôt légal : 09/2015
Editeur : Glénat
Planches : 192

1994. la ville de Matsumoto est frappée par une attaque au gaz sarin. L’auteur de cette abomination n’est autre que la tristement célèbre secte Aum. Patiemment mis au point, elle n’est que le point de départ de l’« Armageddon » prôné par son gourou : détruire Tokyo et renversé le gouvernement de Japonais.

 

Matsumoto est donc un test grandeur nature. Un préliminaire sordide de l’attaque au gaz organophosphoré (sarin) du métro de Tokyo en 1995. Si tout le monde connais l’attentat du métro de Tokyo, peu de monde connait ce triste épisode (dont votre serviteur). Laurent-Frédéric Bollée choisit de relater cet événement de façon linéaire et chronologique. Il ajoute une pression supplémentaire (si besoin est !) avec un compte à rebours intervenant à intervalles réguliers. Le lecteur est ainsi plongé dans la mécanique implacable d’une secte. Les mêmes esprits faibles, les mêmes esprits perdus, les mêmes pratiques se retrouvent dans Aum : peu de surprise dans ce filigrane des pratiques d’endoctrinement. Le gourou, pervers narcissique et cupide (en pleine page de couverture) est impressionnant de manipulation.

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Ce récit aurait pu être ennuyeux en ne passant que par la case secte. Mais Laurent-Frédéric Bollée choisit de raconter le vécu de cet évènement au travers de personnages très différents. Cette touche intimiste permet d’opposer la folie meurtrière à la vie de tout à chacun. Elle permet une appropriation personnelle de l’évènement. Elle permet juste de se projeter à Matsumoto (ou à Tokyo). Je laisse le lecteur découvrir les symptômes du gaz sarin. Cela se passe de commentaire. Cependant la dynamique de lecture est stoppée nette en pages 50 à 53 par des images pleines pages avec une telle quantité de phylactères que l’on ne sait par où commencer (ou terminer). Heureusement, cela revient à la normale (si cela est possible).

 

Le dessin de Philippe Nicloux est réaliste. Il est sans fioriture et participe activement à l’immersion dans le récit. La dynamique du récit doit beaucoup aux cadrages et à la mise en scène des différents protagonistes. L’ambiance pesante est donc bien rendue. Par contre, les aplats des couleurs gênent. Cela manque de rondeur, de profondeur. Dommage ! Peut etre que le noir et blanc eu été plus judicieux afin de coller à la noirceur de l’histoire ?

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D’une BD noir et blanche « terra australis » à une bd couleurs, Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux nous emmènent sur des terrains totalement différents, opposés. Mais des similitudes se retrouvent dans leur travail. Ils ont le gout de l’histoire. Et la sensation d’un travail préliminaire sérieux et poussé est nettement perceptible. Celle de Matsumoto fait froid dans le dos. Malgré un sujet sombre, ce one shot est une découverte agréable avec un rappel à la vigilance.

 

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Tigrevolant

 

1940 – Et si la France avait continué la guerre Tome 1. Le Grand Déménagement

1940 - et si la france avait continué la guerre,le grand déménagement,peacau jean pierre,ukropina jovan,uchronie,soleil productions essai historique1940 - et si la france avait continué la guerre,le grand déménagement,peacau jean pierre,ukropina jovan,uchronie,soleil productions essai historiqueScénario : Jean-Pierre Pécau
Dessin : Jovan Ukropina
Couleurs : Tanja Cinna
Dépôt légal : 09/2015
Editeur : Soleil Productions
Pages : 56

Château de Cangé, près de Tours. 12 juin 1940 au soir. Lors d’un Conseil des ministres particulièrement houleux, le président du Conseil, Paul Reynaud et son sous-secrétaire d’Etat à la Guerre, Charles de Gaulle se heurtent au maréchal Pétain. «La France a perdu la guerre » estime Maréchal. Mis aux arrêts pour trahison, la France va poursuivre le combat à partir de « l’empire ».

Il s’agit ici d’une fiction. Les spécialistes appellent cela une uchronie, un genre littéraire qui repose sur une réécriture de l’histoire à partir d’un «point de divergence». Depuis longtemps déjà, les historiens anglo-saxons aiment à pratiquer l’exercice du « What If ? ». Et si Napoléon avait gagné Waterloo ? Et si Trotski n’avait pas été assassiné ? Les possibilités sont légions sur tous les sujets historiques, politiques ou mêmes artistiques. Jacques Saphir, Franck Stora et Loïc Mahé (Editions Tallandier) dans son essai historique projette un « what if » sur la possibilité de non capitulation française en Juin 1940. Couvrant tous les aspects du conflit (politique, économie, diplomatie, stratégie et même tactique), ce livre le récit d’une histoire possible….

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Jean-Pierre Pecau est un amateur du genre uchromique (lire et relire les « Jour J » aux éditions Delcourt). Il se propose de retranscrire cet essai littéraire en bande dessinée. Evidemment, il ajoute une dose de fiction dans la fiction pour rendre cette transposition plus « grand public ». Ainsi, le lecteur suivra, parallèlement à la politique, Yvon Lagadec, pilote tête brulée et Marianne, aussi jolie que caractérielle. Le récit s’en trouve alors un peu décousu. L’histoire passe par à-coups de la politique (règlements de comptes en conseil des ministres) à l’action du terrain via nos protagonistes. C’est un peu abrupt et une lecture attentive est nécessaire. Est-ce ce genre littéraire qui brouille notre perception de la réalité ? Il est dur de prendre du recul pour oublier l’histoire, la vraie, le sabordement de la république par ses représentant pour se jeter dans une alternative non défaitiste.

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Ceci dit, la narration n’est pas vraiment aidée par le dessin de Jovan Ukropina. Les traits ne sont pas très précis, les visages ne sont guère expressifs, des erreurs de proportions accrochent la lecture et les décors ne sont pas très fouillés. Seules les scènes d’actions rattrapent l’ensemble. Ainsi les graphismes aéronautiques et les combats aériens sont empreints d’un réalisme pertinent.

Cette uchronie produit le phénomène recherché : une étrange sensation à la fin de l’album de ne plus savoir où est la réalité. En cela le but est atteint pour les amateurs de ce genre de digressions. Cependant, la narration et les dessins desservent la transposition d’une histoire qui n’a pas été, mais qui aurait pu être. Des correctifs sont attendus dans les prochains tomes de cette série prévue en trois tomes.

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Tigrevolant

 

The infinite loop, Tome 1 : L’éveil

the infinite loop,pierrick colinet,elsa charretier,glénat,tolérance,homosexualitéThe infinite loop, pierrick colinet,elsa charretier,glénat,tolérance, homosexualité, Scénario : Pierrick Colinet
Couleurs & Dessin : Elsa Charretier
Dépôt légal : 08/2015
Editeur : Glénat
Planches : 74

 

 

 

Dans un monde où le voyage temporel est maîtrisé, le prix à payer est l’absence totale de surprise: ni haine, ni amour…. un monde lisse. Chaque voyage induit des anomalies temporelles. Teddy est chargée de les corriger. Jusqu’au jour où elle rencontre une anomalie humaine : une sculpturale jeune fille aux cheveux mauve, « Ano ». Le cours de sa vie va en être totalement bouleversé….

 

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Cet album est un véritable conte de fées, une « success story » du nouveau mode éditorial participatif. Jugez plutôt : « The Infinite Loop a été à l’origine financée avec succès sur la plateforme de financement participatif Ulule. La série est publiée mensuellement aux États-Unis par l’éditeur IDW depuis avril 2015. Les éditions Glénat décident de l’éditer dans sa première version hard cover en août 2015. ».

 

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Il est vrai que le travail de Pierre Colinet et Elsa Charretier vaut le détour. Sous le thème de l’anticipation, il recèle des surprises. La science-fiction n’est ici que pour sous-tendre les relations entre les hommes ou plutôt les femmes dans le cas présent. Il aborde un terrain relativement rare dans le monde des phylactères : l’homosexualité. Si cela reste un des derniers grand tabous de notre société – en témoigne le battage médiatique (incroyable) du mariage gay partout dans le monde-, ce sujet tend à s’affirmer, et à sortir au grand jour. Et pourquoi pas en bande dessinée ? L’ouvrage est agrémenté d’un dossier historique sur le sujet, retraçant l’histoire des gays dans la BD, montrant un processus lent mais inexorable de l’ombre à la lumière. En y regardant bien, les références sont nombreuses et le sujet n’est pas totalement confidentiel.

 

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Cet album démarre sur les chapeaux de roues en se voulant résolument futuriste. Le lecteur peinera à comprendre le travail de Teddy et son environnement. Les dialogues se percutent, s’enchainent au rythme de l’action libérée de ses cases et de sa dimension linéaire. Quand enfin survient Anno, la douceur et la grâce vous recouvrent. La pause dans des doubles pages magnifiques est bienvenue ! Cela permet de prendre du recul. Ainsi, Pierrick Colinet décrit un monde dur, sans sentiment (inimaginable pour des terriens du 21ème siècle) et avec des brigades  fascistes dignes d’un monde de cauchemar . Il aborde le thème du libre arbitre avec à des moments clefs des algorithmes de décisions impliquant le lecteur façon « livre dont vous êtes le héros ». Astucieux. La deuxième partie est plus introspective et laisse place à une réflexion sur l’Essence de l’homme ou son devenir dans une société qui le modèle. Anno va même lire du Sartre et de déclamer « l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, il se définit après ».

 

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Elsa Charretier est très à l’aise dans la maitrise du genre comics. La déstructuration du gaufrier, l’éclatement des pages à coup de vignettes sonne vrai avec le sujet. Avec un trait fin et des couleurs lumineuses, le coup de crayon rend hommage au scénario aussi bien dans les scènes intimistes que dans les scènes d’actions.

Le thème des libertés fondamentales est le fil conducteur de cette série. Cette dernière nous interroge sur des thèmes comme la nécessité de liberté de penser, d’exister et sur le monde que l’homo sapiens sapiens souhaite développer. Cette édition particulièrement soignée, vous ouvrira des champs de réflexion peu courants dans le neuvième art et ne vous laissera pas indifférent, à bien des égards.

 

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Scénario a07-3e78901.gif
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Reconquêtes Tome 3. Le Sang des Scythes

Reconquetes, le sang des scythes, lelombard, Runberg, miville-deschenes, heroic fantasyReconquetes, le sang des scythes, lelombard, Runberg, miville-deschenes, heroic fantasyScénario : François Miville-Deschênes,   Sylvain Runberg
Dessin & couleurs : Francois Miville-Deschênes
Dépôt légal : 06/2015
Éditeur: Le Lombard
Pages : 46

« La horde des vivants » est sortie vainqueur de son premier affrontement avec les Hittites. Mais des dissensions internes couvent. Et si, son plus grand ennemi était son concept-même : alliance de peuples nomades mais sans réel autre point commun …..

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Fiction historique mâtinée d’heroic-fantasy, « Reconquêtes » a su conquérir non seulement les steppes d’Asie centrale mais aussi notre imaginaire. Les deux auteurs se livrent à une débauche de recherches historiques, de sensualité, de batailles en tout genre et d’interventions mythologiques faisant basculer le destin de l’alliance Scythes. Le tout est très plaisant car la cohérence de ces trois tomes est remarquable. Les rebondissements sont bien à propos et le récit laisse place à un foisonnement de questions. Ainsi peu de chance, de perdre le lecteur sur une série trop longue qui plus est prévue en quatre tomes. Dans ce tome 3, les auteurs se recentrent sur la tribu : comment vivre ensemble avec des cultures, des sociétés et des religions très différentes ? Un écho terriblement contemporain… Mais n’ayez pas peur, l’action, les trahisons et autres fantasy sont bien le fil conducteur de cette très belle série.

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Nonobstant son scénario original, elle est portée par un graphisme proche de la photographie. Les détails abondent, les expressions des protagonistes crèvent le papier (ou l’écran pour d’autre) et, surtout, les couleurs sont époustouflantes. On notera les très belles couvertures de toute la série captant immédiatement votre regard. Puisqu’il faut laisser une marge de progression à François Miville-Deschênes, parfois les couleurs sont un peu trop délavées, diluées. Elles ne rehaussent pas les émotions des personnages ou les actions.

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Si j’osais, je mettrais en parallèle cette série avec « Servitude ». Les deux séries, de très belles factures, imaginent un monde où se côtoient des sociétés différentes. Si l’un est très introspectif (« Servitude »), « Reconquêtes » laisse la part belle à l’action. Mais l’analyse est la même et la finalité identique.

« Reconquêtes » est avant tout une série épique alternant les scènes d’actions et d’analyse sociale, le tout soutenu par un graphisme irréprochable. « Le sang des Scythes » est dans la droite ligne de sa fratrie : cohérent et beau !

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