EMPIRE Tome 4 . Le Sculpteur de chair

empire,tome 4,jean-pierre pécau,desko,igor kordey,delcourt,uchronie,steam punk,aventuresempire,tome 4,jean-pierre pécau,desko,igor kordey,delcourt,uchronie,steam punk,aventuresScénario : Jean-Pierre Pécau
Dessin : Igor Kordey
Couleur : Desko

Dépot légal : 06/2016
Editeur : Delcourt
Planches : 54
Genre : Uchronie d’aventures et d’epionnage

1820, l’empire Napoléonien s’étend de Brest à l’Afghanistan. A Constantinople, l’empereur échappe de peu à un attentat perpétré par un ectoplasme de Chateaubriand. Il charge ses deux meilleurs espions, Saint-Elme et Nodier de retrouver les commanditaires et percer le mystère du faiseur d’hologramme : le sculpteur de chair.

Roulements de tambours, sonnez buccins et trompettes, voici pour votre plus grand plaisir, celui que vous attendiez depuis dix ans…..la suite de la série Empire ! Que contient cette nouvelle production de Pecau et Kordey ? En général, les suites de série sortant une décennie après sont de cruelles désillusions. La suite du Régulateur ou de Tao Bang sont là pour vous en convaincre !

« Les plus petites circonstances conduisent les plus grands événements. (…) j’aurais atteint Constantinople et les Indes : j’eusse changé la face du monde ! » Napoléon Bonaparte, MÉMOIRES DE SAINT-HÉLÈNE

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Pecau reprend stricto sensu, les mêmes éléments des précédents tomes. Il tire les mêmes ficelles. Il développe sur une base uchronique (un peu sa spécialité) un récit d’aventures et d’espionnage. Nos deux héros (disons trois, maintenant) sont chahutés des déserts d’Afghanistan à Istanbul en passant par l’Egypte. Cela donne l’occasion à Pecau de déployer tout son univers « steam punk ». Les hélicoptères, les dirigeables, les robots en tous genres sont agrémentés à la sauce XIXème siècle. Ce foisonnement de trouvaille est éblouissant. Il faut l’avouer l’imaginaire de Pecau est impressionnant. Les décors ou les inventions deviennent ainsi des personnages à part entière. Le scénariste va jusqu’à piquer son histoire avec des personnages réels de l’époque comme Flaubert, rencontré au détour d’une échoppe. Le lecteur en redemande. Quant à l’intrigue, elle reste classique. Les rebondissements s’enchainent avec les escales des espions suivis de cliffhanger bien orchestrés. Par ailleurs, il reste un fond de géopolitique du précèdent cycle, comme une histoire parallèle. Cela permet de tisser habilement un fil conducteur sur plusieurs cycles.

Les dessins de Kordey sont identifiables au premier coup d’œil. Ils sont charbonneux, épais, expressifs et dans le ton de son scénariste. Somme toute, Igor Kordey est égal à lui-même deux lustres plus tard. Par contre, les couleurs sont toujours un peu trop sombres. Des tons vifs seront bienvenus et la lecture gagnerait en lisibilité.

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Finalement, le contrat est rempli. L’aventure et le plaisir sont bien présents, même s’il a fallu attendre 10 ans. Pour une fois, l’attente aura été salvatrice. Pécau maitrise son sujet. Nul doute, il s’inspire des classiques du XIXème comme Jules Vernes ou Mary Shelley (Frankenstein). Le voyage de l’autre côté du miroir est garanti. Une relecture du premier cycle n’est pas obligatoire mais ravira les amateurs d’uchronie. Il pourra ainsi enchaîner 4 tomes d’aventures hautes en couleurs. Messieurs Pecau et Kordey, s’il vous plait, vite une suite à ce deuxième cycle !

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Tigrevolant

Les chroniques courtes (106):Pornhollywood T2,Marvel saga N°2.

Pornhollywood Tome 2. Crépuscule
couv_274413-50188a5.jpg306418401.2-50188ab.jpg• Scénario : Noel Simsolo
• Dessin / couleurs : Dominique Hé
• Dépot légal : 03/2016
• Editeur : Glénat
• Collection : Grafica
• Pages : 46

 

Hollywood, 1934. Jim et Jenny filent le parfait amour. Mais il est Juif et elle est Noire. Jim tourne des films pornographiques, faute de mieux et Jenny est entraineuse. Dans les années trente, cette idylle est contre-nature pour le Ku Klux Klan et pourrait se révéler dangereusement mortelle. Et tourner des orgies sexuelles avec des hommes politiques n’est pas forcément une bonne option pour couler des jours heureux voire pour rester en vie …..
Noel Simsolo aime les scénarios complexes. Déjà en pleine tourmente dans le tome 1, Jim et le lecteur se retrouvent à intégrer dans l’équation un nouveau paramètre en la personne des fous d’extrême droite, le Ku Klux Klan. Et des protagonistes, PornHollyhood n’en manque pas. Il faut dire que le scénariste connaît ses classiques de polar. Il intègre tous les ingrédients du genre : drogue, violence, chantage, sexe…. rien ne manque à l’appel. Mais à trop charger le fil conducteur, l’écrivain prend un sérieux risque de perte de substance. Il est alors difficile de s’y retrouver et la lecture s’en trouve alourdie. De plus, le dessin, malgré de bons cadrages, peine à différencier les personnages. PornHollywwod est donc au final un polar juste classique. Les auteurs ont sans doute péché par gourmandise en voulant traiter trop de sujets. Mais il faut reconnaitre l’aspect politique de ce diptyque dénonçant avec virulence les dérives sectaires et les hypocrisies de l’Amérique des années 30. Et rien que pour ça Noel Simsolo et Dominique Hé en sont remerciés !

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Tigrevolant

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simsolo,hé,pornhollywood,glénat,cinémaMarvel Saga (3e série) N°2 « Le tournoi des Champions »

Panini comics kiosque – 08/2016 – 144 pages couleurs

Dessin: Thomas Labourot, Andrew Crossley, Paco Medina

Scénario: Al Ewing

 

 

 

simsolo,hé,pornhollywood,glénat,cinémaLe tournoi des Champions est un jeu mobile Marvel qui a un grand succès (tu m’étonnes!). Ce mois- ci Marvel Saga nous propose l’adaptation en BD et c’est superbe!

L’idée (tirée d’un one shot des années 80 publié en France par Lug dans le N°3 de la série « un récit complet Marvel ») est géniale : deux entités cosmiques (le Collectionneur et le Grand Maître), membres des « Doyens de l’Univers » parient l’un contre l’autre sur un tournoi où chacun d’eux choisit ses combattants! et que font nos joyeux drilles ? ils vont choisir des super héros et super vilains qu’ils vont forcer à s’affronter dans un combat à mort. Jouissif, non ? et nous avons le plaisir de voir se battre des êtres comme Gamora, Venom, Stick, Hulk, Bullseye (Elektra), Le Maestro, Sentry, Arès, etc.

Un très bon scénario mettant en vedette bon nombre de personnages plus ou moins connus de l’univers Marvel mais très attachants, des dessins de folie… bref ! courez-vite l’acheter car vous lirez un bel album pour pas cher !


JR

Ma note: 

 

Genpet 1. Tome 1. Nat & Niko

genpet,damian,fuentes, science-fiction, génétique, ankamagenpet,damian,fuentes, science-fiction, génétique, ankamagenpet,damian,fuentes, science-fiction, génétique, ankamaScénario : Damián
Dessin / couleurs : Alex Fuentes
Dépôt légal : 05/2016
Editeur : Ankama Éditions
Planches : 56
Genre : science-fiction

Dans le futur proche, la génétique a fait des progrès fulgurants. Il est dorénavant possible de créer des animaux de compagnie au goût du client : les genpets. Le père de la famille Kanan, n’a qu’une exigence : le genpet de son fils Nat doit pouvoir assurer sa protection. De retour à New York, la famille Kanan est agressée. Séparé de sa famille, Nat ne peut compter que sur son nouvel ami pour survivre dans la jungle urbaine.

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Voici donc la nouvelle série des éditions Ankama. A la différence de sa production de dessins animés type Dofus, les éditions Ankama ancrent l’action dans le réel avec pour thème la génétique. Sous couvert d’un conte, Damián aborde les dérives d’une politique débridée en la matière. Il pointe l’absence de consensus international sur le sujet avec la possibilité de « création » dans des pays off-shore (la famille Kanan part en Chine pour rapatrier un Genpet aux USA) ou encore la dangerosité des apprentis créateurs (le non-contrôle des mutations anarchiques du genpet fait froid dans le dos). Ainsi, la peluche vivante de Nat remplit sa fonction de protection mais n’en reste pas moins dangereuse et échappe à tout contrôle. Le lecteur se demandera même jusqu’où va pousser Damian dans le processus de mutation du genpet !!! Tout cela donne un bon aperçu de ce que pourrait être un futur sans consensus international, à jouer les apprentis sorciers. Quelques incohérences parsèment, tout de même, cet opus. Le lecteur relèvera l’absence d’explication sur l’agression des parents de Nat (sans doute un teasing pour la suite) et plus difficile à expliquer l’interdiction de créer un genpet aux USA mais pas de souci pour en posséder un (les mystères du droit sans doute !) ?!

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L’avantage des dessins tout en rondeur d’Alex Fuentes est de pouvoir exploiter un sujet grave (et récurrent) sur un mode « histoire pour enfant ». Le genpet, même s’il  fait peur dans son développement, exprime une vraie sympathie et donne envie de le prendre dans ses bras à l’instar d’un doudou ou d’une peluche. Pour le reste, le lecteur trouvera un rendu très « dessins animé » avec des séquences d’animations et d’actions toutes à fait réussies.

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Voilà une bd dans le cœur de métier de la société Ankama : la production de dessin animé. Une adaptation sur écran ne serait pas surprenante ! Les dessins d’Alex Fuentes feront merveilles. Genpet se veut donc résolument tournée vers les adolescents et les post adolescents. Par ailleurs, l’engagement de Damian sur un sujet aussi grave et emblématique est responsable. La bd se doit aussi de diffuser des messages politiques afin de sensibiliser, sur un mode léger (ou pas), le monde au danger des dérives de la génétique.

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Le maitre voleur. Tome 4. La Liste

robert kirkman,andy diggle,le maitre voleur,la liste,policier,shawn martinbrough,delcourt,felix serranorobert kirkman,andy diggle,le maitre voleur,la liste,policier,shawn martinbrough,delcourt,felix serranoScenario°: Robert Kirkman, Andy Diggle
Dessin°: Shawn Martinbrough
Couleurs°: Felix Serrano
Dépôt légal°: 04/2016
Éditeur°: Delcourt
Genre : policier 

Conrad Paulson est un voleur de génie. Il est le « Maitre voleur ». Surnommé Redmond dans le milieu, il enchaîne les « coups » audacieux sans jamais être inquiété. Mais ces « coups » réussis ne le mettent pas à l’abri d’ennemis, bien au contraire. Apres Venise et le vol d’un petit carnet noir aux lourds secrets, la mafia Romaine lui cherche des poux. Et en plus il doit gérer son rejeton marchant sur ses traces….

Le Maître voleur (Thief of Thieves) est une série créée par Robert Kirkman. Pour votre gouverne Robert Kirkman est le scénariste de Spawn, Haunt ou encore Walking Dead, excusez du peu ! Avec un palmarès pareil, difficile de ne pas s’arrêter sur cette série.

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Conrad Paulson est un héros bien particulier. Acculé, menacé ou encerclé, il s’en sort toujours avec moult rebondissements et pirouettes, laissant le lecteur tout à sa surprise ! C’est donc un voleur charismatique. Mais attire-t-il à lui une sympathie pour la canaille ? Rien n’est moins sûr car Redmond a beau être un voleur classe réalisant des casses avec panache façon Arsène Lupin, il n’en reste pas moins cruel et n’hésite pas à tuer de sang froid !

Au bout du troisième tome, le pitch est éventé. Il s’agit donc de renouveler le genre. Et pour cela les éditeurs américains font appel à du sang neuf en la personne d’Andy Diggle. Ce dernier est un pur produit des comics. Reconnu dans le milieu, il signe entre autre la série « Losers ». Tout en respectant la ligne de Robert Kirkman, il introduit des éléments nouveaux en la personne de son fils, notamment. Cela lui permet de relancer les fils scénaristiques et cela fonctionne plutôt bien. Dans cet album, vous serez frappés par l’absence d’un acteur majeur de ce genre littéraire : la police. « La liste », est donc un huis clos entre malfrats, entre pègre et justicier ambivalent sans oublier l’action et la violence indissociable de ce genre de milieu.

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Shawn Martinbrough accompagne cette série depuis le début. Ses dessins sont nets, tranchés. Tant et si bien que l’on a du mal à percevoir une cinétique. La colorisation numérique n’est pas du meilleur effet. Elle rend des aplats peu convaincants. Mais le dessinateur arrive à ses fins et installe une belle ambiance lourde et noire.

Sans révolutionner le genre, Robert Kirkman et Andy Diggle nous font passer un moment agréable. Les situations inextricables dans lequel s’est fourré Redmond n’ont d’égale que sa maitrise à en sortir (vivant mais pas toujours indemne). Le Maitre voleurs est une série ne demandant qu’à s’exprimer.

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Kamarades – Tome 2 – Tuez-les tous

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Dessin & couleurs : Mayalen Goust
Dépôt légal : 01/2016
Éditeur : Rue de Sèvres
Pages : 54
Genre : Aventure romanesque

 

En 1917, le peuple russe gronde. Il fait trembler le monde, il emporte tout jusqu’à la famille impériale : les Romanov doivent mourir. Ainsi en a décidé Lénine… pas les services secrets Anglais et Allemands. Sauvés de justesse, l’ex Tsar de toutes les Russies, sa famille et Volodia, héros bien malgré lui de la révolution bolchevique, seront ballottés au gré des alliances et des trahisons. Il va falloir lutter pour survivre !

Ainsi, la villa Ipatiev, n’est pas, n’est plus le tombeau des Romanov. Voilà exactement le point de départ d’un nœud historique où tout peut basculer. Que serait devenue la famille impériale ? La révolution rouge aurait elle été menée à son terme ? Les armées blanches auraient-elles vaincu l’armée rouge ? Sous couvert d’une romance entre un cosaque de basse caste et la princesse Anastasia Romanov, Benoît Abtey et Jean-Baptiste Dusséaux développent une uchronie dans la plus pure tradition des « what if » !

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Si vous pensiez tomber sur un synopsis à l’eau de rose, c’est raté ! Les auteurs mènent la vie dure à nos héros et n’hésitent pas à les jeter dans le chaos de la révolution. Ils y vont fort : trahisons, meurtres à grande échelle, basculement d’un camp à l’autre (je vous laisse la surprise de la fin de cet album ; truculent !)… rien n’est épargné à ce si joli couple. Les situations s’enchaînent, les rebondissements se télescopent le tout avec une vraie maitrise du scénario. Le duo des scénaristes nous octroie quand même de beaux moments de sentiments et de belles scènes de tendresse. Elles ne desservent pas le scénario pour autant et permettent de faire une pause dans cette cadence infernale.

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Le trait est particulier : léger avec des couleurs délavées à limite de la transparence. Cela surprend toujours. Le contraste avec les scènes d’action s’en trouve doublement souligné. Mayalen Goust est en grande forme : elle joue avec les lumières, et parvient ainsi à imposer une notion de vitesse dans l’action. Par contre, le peu de décors (voire quasiment dépouillés) semble être une volonté de la dessinatrice. Cela permet de magnifier les superbes décors sauvages de l’hiver russe mais devient un handicap dans les scènes intérieures.

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Si j’étais peu enthousiaste à l’ouverture de tome 2, je me suis retrouvé piégé par l’imagination des auteurs. Je ne m’attendais pas du tout à ce scénario. Et rien que pour cette très bonne surprise, je vous recommande ce tryptique. Car il y aura un tome 3. Si cet ultime tome est à l’avenant, cela promet un très bon moment en perspective.

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Le signe

Le signe, angoisse, fantastique, horreur, noir et blanc, Philippe thirault, Manuel GarciaLe signe, angoisse, fantastique, horreur, noir et blanc, Philippe thirault, Manuel GarciaScénario : Philippe Thirault
Dessin : Manuel Garcia
Éditeur : Glénat

Collection : Flesh & Bones
Dépot légal : 03/2016
Planches : 128
Genre : angoisse, fantastique, horreur, noir et blanc

 

Tout sourit à Alex Morsen : écrivain à succès avec un bestseller, unanimement reconnu, encensé par la presse, l’amour de sa femme….. Mais le temps a passé et Alex tombe dans une routine se résumant à accompagner ses enfants à l’école le matin, et tenter de juguler l’enfer de la page blanche. A fleur de peau, il ne supporte plus les répétitions de sa voisine au piano. Elle devient l’excuse d’absence d’inspiration. Jusqu’au jour, où il lui lancera un « sort » qui ne sera pas sans conséquence pour lui et sa famille.

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« L’écrivain au fond, c’est le raté de tous les arts, poésie, musique, théâtre, politique ; le bâtard de toutes les muses ! Qu’il lui soit beaucoup pardonné. » Céline.

Au contraire de Céline, PhilippeThirault ne pardonne pas à son héros l’absence d’inspiration. Tout doucement, il distille son venin. Et il faut le dire c’est assez habile. Le point de départ est totalement banal, avec un héros (pourrait on le qualifier ainsi ?) sans vraiment de charisme. Le lecteur s’attend même à lire un récit type roman-graphique. Mais évidemment, « Le signe » n’intègre pas la collection « Flesh & bones » pour rien. Tout bascule très vite dans une spirale de violence et de tension. Le récit ira crescendo pour basculer définitivement dans l’horreur, le paranormal et le sang. Dire que l’épouvante, le frisson sont au rendez-vous serait forfaiture de ma part. Mais il existe indéniablement un petit quelque chose. Il s’instille lentement mais sûrement, et c’est, sans doute là qu’est l’intérêt de cette lecture.

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Le dessin noir et blanc fait aussi partie du cahier des charges de la collection. Manuel Garcia, connu pour ces incursions dans le monde du comics, a une belle plume. Les crayonnés sont très sombres, très noirs (forcément) et méticuleux.

« Le signe », comme toute cette collection, est à ranger dans la catégorie « horreur ». Il ne sera pas en tête de gondole de votre listing. Cependant, il faut lui reconnaitre une certaine efficacité avec son lot de questions sans réponse propre à ce genre de littérature. Normal, lorsque  l’on convoque le paranormal !

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DAY MEN – Tome 2 – Tempus vestigium

Day men, Tempus vestigium, Michael Alan Nelson, Matt Gagnon, Brian Stelfreeze, Day men, Tempus vestigium, Michael Alan Nelson, Matt Gagnon, Brian Stelfreeze, Scénario : Michael Alan Nelson, Matt Gagnon,
Dessin : Brian Stelfreeze Couleurs : Darrin Moore
Éditeur : Glénat
Collection : Glénat comics
Planches : 88
Dépot légal : 04/2016
Genre : fantastique – horreur

 

David Reid est un « day men », un homme de main au service d’une « famille » (les Virgo) de vampires. Afin d’éviter une guerre entre deux clans, David affrontera le champion d’une autre « famille » (les Ramses) au cours d’un combat singulier à mort.

Day men, Tempus vestigium, Michael Alan Nelson, Matt Gagnon, Brian Stelfreeze,

« Day men » est une production alternative du label Boom Studio ! Le lecteur de comics ne sera pas perdu pour autant. Tous les codes de la bande dessinée anglo-saxonne sont présents, hormis …. le super héros. La violence, le format de publication et un thème plutôt adulte agrémentent le scénario de cette série et la classent dans la catégorie comics.

Le tome 1 plantait le décor et donnait des pistes narratives. Le second tome donne des éléments de réponse. Les scénaristes invoqueront même l’enfance du héros pour percer la psyché du personnage central. Mais il reste de nombreuses zones d’ombres annonçant, gageons-le, une suite à ce diptyque.

Day men, Tempus vestigium, Michael Alan Nelson, Matt Gagnon, Brian Stelfreeze,

Reste dans le canevas, l’élément central, le clou du spectacle, le point d’orgue du scénario : le duel. Dignes des jeux du cirque, ces néo gladiateurs s’affrontent à mort dans une arène chauffée à blanc. Cette ordalie de vampires n’invente rien : des champions représentent un clan de patricien, une « famille » de vampire (par famille entendre un clan type mafieux) et s’étripent avec des règles, une étiquette et un décorum très strict. Cependant, la mise en scène de Michael Alan Nelson et de Matt Gagnon a du panache. En ça, il est bien aidé par les magnifiques dessins de Brian Stelfreeze avec de très beaux cadrages et de belles ellipses de vitesse. Le tout est mâtiné avec les couleurs lumineuses de Darrin Moore.

Ce dernier tome clôture un cycle, ma foi, plutôt plaisant. Le scénario n’est pas d’une vraie originalité mais les réponses aux interrogations du tome 1 sonnent vrai. Les vampires et la mafia sont votre tasse de thé ? Courez lire « Day men » !

 

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Odyxes Tome 2. L’écume des sables

odyxes,tome 2,l'écume des sables,scotch arleston,steven lejeune,soleil productionsodyxes,tome 2,l'écume des sables,scotch arleston,steven lejeune,soleil productionsScénario : Scotch Arleston
Dessin : Steven Lejeune
Couleurs : MiKl
Dépôt légal : 03/2016
Éditeur : Soleil Productions
Pages : 46
Genre : aventures/fantastique

 

Odyxes dans l’antiquité, Oscar au XXème siècle, notre héros mène une double vie. Mais comment diable s’est-il retrouvé à faire des aller retours dans le temps ? Comment se sortir du piège dans lequel pharaon l’a enfermé. Sa vision de médecin en devenir est en contradiction avec les despotes du monde antique…

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La précédente chronique d’ »Odyxes » (tome 1) se terminait sur une déclaration : « Faisons juste un vœu sur le nombre limité des albums ; ne pas répéter à l’infini des scénarios à rallonge ». Nous voilà, quelque part, exaucés…..mais pas forcément en bien. En effet, les éditions Soleil ont décidé d’arrêter la publication de cette nouvelle série prometteuse, faute de ventes suffisantes. Cette façon de faire ne surprend pas des éditions Soleil, coutumières du fait. Et ceci est bien triste. Car « Odyxes » a (avait ?) tous les atouts pour faire une série à succès : de l’aventure, des personnages crédibles, de l’amour, du rêve, un scénario robuste et pour finir de très beaux dessins avec une belle colorisation. Bref, n’en jetez plus « Odyxes » a remporté tous les suffrages et notre déception n’en est que plus grande. Cela nous change, évidemment, des cycles à n’en plus finir. Mais dans cette situation, c’est un peu raide. Dans ce tome 2, S Arleston nous dévoile quand même des éléments de réponse. Sans rien révéler, les thèmes employés sont ceux de la mythologie où les dieux s’affrontent via des héros. Le tout est mené tambour battant (il faut bien finir le cycle et ne pas laisser le lecteur sur une trop mauvaise fin/faim).

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Le dessin de Steven Lejeune est identiques au précèdent tome : réaliste et dynamique. Les détails abondent et les décors sont très riches. Le lecteur sera frappé par la maîtrise de la plume de S Lejeune pour dessiner une foule parisienne aux heures de pointe et être aussi à l’aise dans un dessin de marché antique Egyptien. La colorisation de MiKl est tout aussi remarquable : éclatante sans être criarde. Il accentue le talent du dessinateur.

Ainsi se termine une page de BD prometteuse. Il est vraiment dommage de ne pas avoir une suite car le scénario est loin d’avoir épuisé le sujet. Ce sera sans doute la plus petite série de S Arleston ! Il est également préjudiciable que ce soit le facteur vente qui soit à la manœuvre. Mais, hélas, l’art dans ce bas monde est soumis aux lois du marché. Quel dommage !

 

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Kaplan & Masson (Une aventure de) -Tome 2 – Il faut sauver Hitler

Couv_274394.jpgPlancheA_274394.jpg Auteur : Jean-Christophe Thibert
Éditeur : Glénat
Collection : Caractère
Planches : 46
Dépot légal : 03/2016
Genre : espionnage burlesque

 

 

Le colonel Kaplan a un problème épineux : il doit sauver Hitler ! Ou plus exactement une chèvre, une doublure des services secrets français (SDECE – ancêtre de la DGSE. NDLR) afin de révéler un réseau d’anciens nazis. Et qui de mieux pour assurer cette mission que le très efficace Nathan Masson doublé de Monsieur Watanabé ? Comme de bien entendu, la CIA et le KGB ont eu connaissance de la « résurrection » d’Hitler et veulent eux aussi mettre la main sur lui.

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Il aura fallu pas moins de 7 ans pour avoir la publication du tome 2 des aventures de Kaplan & Masson. 7 ans d’attente et d’interrogations : les éditions Glénat ont-elles décidé d’arrêter là ? JC Thibert et Didier Convard sont-ils fâchés ? De nombreuses spéculations ont mis les nerfs des fans à rude épreuve (dont votre serviteur). Toujours est-il que le résultat est à la hauteur de l’attente. JC Thibert est seul aux commandes : scénario et dessin. Il emploie les mêmes ressorts que pour le premier tome : aventures débridées mâtinées d’humour, sur fond de guerre froide. Avec ce type de décors, l’espionnage a, bien sûr, le beau rôle ! JC Thibert paye son tribut à E.P Jacobs : le couple de héros (un militaire et un savant) est évidemment une transposition franchouillarde de Blake et Mortimer. Cette filiation (jusque dans le graphisme) est pleinement assumée par l’auteur. Il n’hésite pas à rajouter une touche personnelle à ses héros, les rendant tout de suite plus proches de nous. Ainsi, ils fument et ont une vie sexuelle (by Jove ! Chocking) ! Ceci dit les personnages ont des personnalités individualisées. Ils sont fouillés, y compris les personnages secondaires comme la sculpturale Line. Le scénario est lui aussi, très bien conçu avec des rebondissements, des courses poursuites, et surtout des caricatures de nazis ou d’espions, très drôles et très réussies.

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Le dessin est époustouflant. Dans la droite ligne de la ligne claire, JC Thibert pousse le trait très loin. Il est précis, très fluide et surtout très documenté. Le lecteur ne peut être qu’impressionné par le travail préliminaire de recherche d’archives retranscrites en dessin. Ainsi les voitures sont d’époque avec le souci du détail. Les « wunderwaffen » imaginés par les nazis sont raccord avec la réalité. Vous découvrirez, outre les célèbres ME 262, un prototype V2 piloté : le Heinkel Lerche (totalement improbable !). Cela contribue grandement à l’immersion dans le scénario.

Les aventures de Kaplan & Masson sont une véritable surprise. Qui a dit que la ligne claire était du passé ? Voilà un parfait contre-exemple totalement réussi ! Chaque album se lit comme un one shot. Mais je ne saurais que vous conseiller de vous procurer au plus vite la lecture du tome 1 (la théorie du chaos). Vous y trouverez un vrai moment de bande dessinée avec des morceaux d’humour et d’aventure à l’intérieur. Jubilatoire !

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The Bunker – Tome 1 – Capsule temporelle

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Dessin / couleurs : Joe Infurnari
Éditeur : Glénat
Collection : Glénat comics
Pages : 108
Parution : 09/03/2016

Genre : Thriller / science-fiction

 

Le « club des cinq » découvre au fond des bois un bunker souterrain. A l’intérieur, des courriers venus du futur s’adressent à chacun des protagonistes. Ces lettres ont la particularité d’avoir été écrites par eux-mêmes. Chacun est responsable d’une action décisive entrainant l’apocalypse. Que faire de ces prémonitions ? L’heure des choix est venue….

 

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Glénat continue de publier la production du label Oni-Press en provenance d’outre Atlantique. Cela commence à faire une belle collection de titres. Si certaines séries comme « Lazarus » ou « Letter 44 » sont de très bonnes surprises, d’autres, laissent à désirer (« Roche limit »). Qu’en est-il de ce thriller mâtiné de science-fiction ?

La thématique de fin du monde avec des voyages dans le temps est une vieille rengaine de la littérature ou du cinéma. La particularité de ce scénario vient de l’écriture des lettres d’avertissement par leurs doubles du futur. Et évidemment, cela complique diablement le scénario. A tel point qu’il est difficile parfois de comprendre à quelle époque se situe l’action. Les allers-retours de chaque personnage, les flash-backs, l’écriture à la première personne des lettres futuristes nuisent à la lecture et à la compréhension. Il faut donc être persévérant et… « The Bunker » vous le rendra bien !

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Chacun des protagonistes se retrouve confronté à un, voire à leurs choix : empêcher la fin du monde ou accéder à de futures grandes destinés flattant leur ego ? Ont-ils le choix de leurs actions ? Échappe-t-on à son futur ? Ajoutez à ceci, la période trouble du passage à l’âge adulte des cinq amis et vous obtenez un savoureux mélange des tares de la race humaine et de fulgurances !

Ce qui est plaisant, c’est de voir tomber les masques du club des cinq : bas instincts, individualisme, lâcheté sont au programme. Même si certains sortent du lot, le tout n’est pas brillant.

Le dessin, de prime abord, semble bien pauvre. La sensation de crayonné, de vite-fait est très présente. Il vous sera demandé un effort pour distinguer les acteurs. Les visages sont peu expressifs et semblent être taillés au couteau. Afin de rendre plus lisibles les époques et les allers-retours, un petit code couleur ou une annonce dans une police ad-hoc aurait été du meilleur effet. Une fois intégré, le graphisme devient lisible mais reste au service du scénario. 

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En conclusion, un album mi-figue, mi-raisin. Joshua Hale Fialkov part sur un scénario classique mais avec un découpage très personnel et Joe Infurnari sur un dessin peu conventionnel. Ils distillent savamment des éléments d’intrigue pour la suite, et finalement, arrivent à accrocher le lecteur. « Joshua Hale Fialkov et Joe Infurnari nous prouvent que défier l’avenir n’est pas plus simple qu’échapper au passé. » Et vous que feriez-vous ?

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Dessin a04-3e788e4.gif
Total  a05-3e788c9.gif

 Tigrevolant

Solo – Tome 2 – Le Cœur et le Sang

solo,Óscar martín,le cœur et le sang,aventure post-apocalyptique,delcourtsolo,Óscar martín,le cœur et le sang,aventure post-apocalyptique,delcourtAuteur : Óscar Martín
Éditeur : Delcourt
Collection : Contrebande
Pages : 94
Sortie : 13 janvier 2016
Genre : Aventure post-apocalyptique

 

Solo est (enfin) heureux. Il a trouvé une compagne, un foyer et une communauté. Mais le doute et l’aiguillon de la jalousie s’invitent dans ce bonheur inédit pour notre héros solitaire. Solo a besoin de faire le point, et part pour une traversée du désert (au sens propre, comme au sens figuré) qu’il espère salvatrice…

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Beaucoup de surprises attendent le lecteur de cette série.

Le graphisme est sans nul doute la première d’entre elles. Dans la biographie de Martín Óscar, il est fait mention d’animateur à la Warner, des travaux pour le journal de Mickey …. Ce passé d’animation fait immédiatement écho aux dessins très « cartoonesques » de cette série. Ne nous voilons pas la face, le trait, les dessins sont très réussis. D’un côté, il existe une maitrise de la vitesse et du cadrage, de l’autre, il surprend par un rendu de douceur, d’environnement confortable voire de naïveté. Ce coup de crayon ouaté contraste totalement avec le monde de violence dans lequel l’action est résolument ancrée. Ce paradoxe est une des particularités de cette série.

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Autre surprise, la narration se fait à la première personne. Elle est en majorité en voix off avec une immersion dans la tête du personnage principal, Solo. Cela donne un rendu introspectif dans la psyché tourmentée de Solo et finalement un côté très humain à ce rat anthropomorphe.

Bref, Solo est une série animalière dans un monde plongé dans le chaos. Si le scénario n’est pas vraiment original, l’auteur a travaillé son univers afin de le rendre cohérent. Le contexte de chaque peuple est détaillé en fin d’album avec des fiches techniques fournies dignes d’un « donjon & dragon ». Oscar Martin met, ainsi, en action tout un bestiaire aux caractéristiques humanoïdes (ou pas). Tous ce petit monde se croise s’entretue, survit.

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Dans cette série, prévue en trois tomes, le tome un se lit comme un one shot. Le lecteur découvre le monde selon Oscar Martin, noir cruel, solitaire, sans avenir. Il est résolument tourné vers l’action. Le tome deux est par contre plus introspectif, plus interrogatif sur l’existence de Solo ici-bas. L’auteur prend, ainsi, le temps d’accompagner le héros. Mais rassurez-vous, de l’action il n’en manque pas.

Solo est une belle découverte d’un auteur Espagnol très doué, non seulement dans la narration mais également dans le dessin et les couleurs. La suite est attendue. Ceux qui maitrisent la langue de Cervantès ou de Gabriel García Márquez peuvent déjà tromper l’attente avec des spin-off déjà disponible dans la péninsule Ibérique. Des séries d’importation comme celle-ci, on en redemande !

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Dessin a07-3e78901.gif
Total a07-3e78901.gif

Tigrevolant

Pornhollywood – Tome 1 – Engrenages

Noël Simsolo, Dominique Hé, Pornhollywood, polar noir, glénatNoël Simsolo, Dominique Hé, Pornhollywood, polar noir, glénatScénario : Noël Simsolo
Dessin / couleurs : Dominique Hé
Editeur : Glénat
Pages : 46
Sortie : 13/01/2016
Genre : polar noir

 

Hollywood, 1934. Jim Jewsky est un metteur en scène talentueux. Mis au ban des Majors du cinéma, il en est réduit à tourner des films pornographiques. Sa marque de fabrique est le l’utilisation de « sosies » de stars : Mae West, Gary Cooper. Ce genre cinématographique n’est pas sans risque. La mafia, les flics véreux, les trafics en tout genre, la violence sont le quotidien de ce type de film.

 

Point de méprise, si le titre est évidemment évocateur et si le cinéma pornographique est bien le fil conducteur de ce roman graphique, aucune scène obscène ou vulgarité ne sont mises en avant. Ici, ce n’est qu’un prétexte pour plonger dans les bas-fonds de la cité des anges. Cela permet à Noel Simolo de mettre en scène tout un panel de protagonistes plus au moins glauques, plus au moins réels. Jim Jewsky rencontre de vraies stars (Josef Von Sternberg ou Erich Von Stroheim) mais aussi un vrai parrain de la mafia flanqué de tueurs professionnels. Tous les éléments d’un véritable polar sont sur la table : les travers des stars du cinéma, les caprices de bourgeoises richissimes en mal de sensations fortes, la paranoïa des mafieux, du sexe (avec un titre pareil !) et bien sûr la corruption et le chantage à tous les étages. Mais tout ça ne fait pas une histoire. L’ensemble fait un peu plat, comme un air mille fois chanté. Heureusement, en dehors de la fiction pure et dure Noel Simonolo a la bonne idée d’introduire des notions politiques. « J’ai voulu parler des minorités aux USA. Jim est juif. Il va tomber amoureux d’une Noire, le Klu Klux Klan va intervenir dans le tome 2 qui conclut l’histoire mais laisse une porte ouverte pour la suite, au cas où ». Cela donne du corps, de l’épaisseur au scénario….

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La mise en image est tout à fait cinématographique. Il faut dire que « Noël Simsolo, le scénariste de ce Pornhollywood, connaît parfaitement le cinéma, il a été réalisateur, scénariste, comédien ». Cela se ressent bien dans l’agencement des cases et des angles de prises de vues. Afin de coller au mieux avec le scénario, Dominique Hé a choisi une ligne claire comme approche. Cela est pertinent. Malheureusement, la mise en couleurs ne suit pas. C’est bien terne avec des aplats bien pales. Mais peut être est-ce pour donner une touche finale au sordide ?

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« Pornhollywood » est donc une BD en demi-teinte. D’un côté les standards du polar noir sont respectés. La touche politique et le fil conducteur dans le cinéma pornographique des années 30 sont de très bonnes idées. Mais la narration manque singulièrement de rythme. De l’autre le dessin est certes bien adapté aux années de l’entre deux guerre, certes bien cadré mais finalement peu expressif et un peu trop figé. Cela est sans doute dû aux choix des couleurs. La suite et la fin en mars 2016. La pellicule n’a pas fini de tuer …

 

Scénario a06-3e788fc.gif
Dessin a06-3e788fc.gif
Total a06-3e788fc.gif

 

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