OSS 117 – tome 1 – Tequila molotov pour oss 117

oss 117, gihef, rinaldi, bruce, soleil, espionnage, action,09/10,4/10oss 117, gihef, rinaldi, bruce, soleil, espionnage, action,09/10,4/10Scénario : Gihef

Dessin : Pino Rinaldi

Editeur : Soleil

48 pages

date de sortie : septembre 2015

genre : espionnage, adaptation

 

 

 

Résumé éditeur

OSS 117, arrogant agent de la CIA, est un séducteur hors pair et excelle dans les « mises  au poing ». Envoyé en mission secrète dans l’ambassade soviétique de Mexico, il lui faudra user de ses multiples talents pour s’infiltrer en territoire ennemi et découvrir ce qui s’y trame réellement ! Au cœur des sixties, Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, vous embarque dans de tonitruantes aventures ! Séduction et action garanties !

 

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Créé en 1949 par le Français Jean Bruce, OSS 117 est une série de romans d’espionnage comptant 265 volumes. Première série du genre en Europe, bien avant James Bond qui n’apparut qu’en 1953, OSS 117 fut porté à l’écran dès la fin des années 50, puis six fois dans les années 60 par André Hunebelle avant les deux gros succès de Michel Hazanavicius de 2006 et 2009 que tout le monde connait. Les plus jeunes auront donc à l’esprit cette image du personnage interprété par Jean Dujardin. Il faut cependant se détacher de cette interprétation et de ces films qui, aussi bons soient-ils, ne sont que des hommages au cinéma des années 50 et 60 abordés sous l’angle de la comédie.

 

Le vrai personnage créé par Jean Bruce et repris par sa femme puis par sa fille, est un authentique espion de fiction. Beau gosse, athlétique, charmeur, intelligent et brillant. C’est ce personnage que Gihef et Rinaldi mettent en scène ici, en adaptant le roman OSS à Mexico. On va donc avoir une bonne BD d’espionnage !

 

Comme le pitch est alléchant pour qui aime la bonne BD d’aventure ! Il va y avoir du coup de poing et du coup de feu, de la poursuite et du rebondissement, du flirt et certainement plus si affinités. Il y aura aussi très certainement d’épouvantables méchants, des trahisons de rigueur et des décors exotiques à couper le souffle.

Il y a un peu de tout ça assurément, avec même un peu d’humour en plus. Mais bizarrement, la sauce à du mal à prendre tant l’intrigue et les situations sont convenues. L’intrigue manque cruellement de ressorts et le lecteur n’a que très peu d’empathie pour Hubert Bonisseur de la Bath. Dommage. On n’a finalement qu’une petite histoire d’espionnage très (trop) simple à se mettre sous la dent.

Heureusement, le dessin sauve un peu les meubles et est à la hauteur de ce qu’on attend sur ce genre d’album : un trait et une mise en scène classiques avec un découpage insufflant le rythme nécessaire à l’action, nous plongeant assez bien dans l’ambiance sixties.

 

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Ce premier tome reste assez décevant, et il va falloir un tome 2 plus convaincant pour que ce personnage mythique trouve en BD le succès qu’il a eu en romans et à l’écran.

 

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Loubrun

L’Hermione

l'hermione, delitte, glénat, chasse marée, voilier, marine, lafayette, histoire, 7/10,09/2015l'hermione, delitte, glénat, chasse marée, voilier, marine, lafayette, histoire, 7/10,09/2015Scénario et dessin : Jean-Yves Delitte

Éditeur :  Glénat / Chasse marée

48 pages

date de sortie : juillet 2015

genre : histoire, aventure, espionnage

 

 

 

En 1778, dans l’arsenal de Rochefort la frégate l’Hermione est mise en chantier d’après les plans de l’ingénieur Chevillard Aîné. Pendant près d’un an, charpentiers, perceurs, calfats, forgerons et bagnards se relaient pour construire ce navire de près de 45 mètres, doté d’une voilure de 1500 m2, de 26 canons pouvant tirer des boulets de 12 livres. En 1779, Gilbert Motier, marquis de La Fayette, décide d’embarquer sur l’Hermione pour combattre aux côtés des insurgés dans le conflit qui oppose l’Angleterre et ses treize colonies en Amérique du Nord…

 

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Pour les ermites qui n’auraient jamais entendu parler de L’Hermione, sachez que c’est sans doute le bateau de la marine Royale le plus connu à ce jour. En 1780, le jeune général La Fayette, âgé de 22 ans, part à bord de la frégate L’Hermione pour aller combattre aux côtés des insurgés américains qui luttent contre les anglais pour leur indépendance. Cet appui militaire au général Washington sera décisif dans cette guerre d’indépendance et le marquis de La Fayette deviendra au fil du temps un personnage à part entière de l’Histoire des États-Unis. A tel point qu’en 2002 il fut nommé citoyen d’honneur des États-Unis, titre exceptionnel accordé qu’a huit personnalités à ce jour.

 

200 ans après cette traversée, des passionnés d’histoire et de patrimoine maritime se sont lancés dans la folle aventure de reconstruire la fameuse frégate, en utilisant les techniques du 18ème siècle, et avec pour objectif une traversée commémorative. Formidable aventure humaine et historique, le chantier aura duré près de 20 ans et le voyage commémoratif s’est déroulé en juillet 2015.

 

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Jean-Yves Delitte, peintre officiel de la marine en Belgique, s’est emparé du sujet en 2009 dans l’album Black Crow raconte l’Hermione. C’est cet album qui est donc réédité ici dans un format plus grand, avec une nouvelle couverture et 7 pages de bonus à la fin. Sorte de préquelle à sa série Black Crow, l’album raconte les prémices du départ de La Fayette pour l’Amérique en pleine guerre d’indépendance. Delitte ne raconte donc pas l’histoire du navire à proprement parler, mais imagine une histoire d’espionnage assez bien ficelée pour mettre en scène les personnages et les faits historiques et introduire la vraie Histoire. Du coup, le bateau parait secondaire et les amoureux de vielles coques et de vieilles voiles en seront un peu pour leur frais, car la frégate ne prend la mer que tardivement. Il n’empêche, Delitte ne démérite pas son titre tant les scènes en mer sont sublimes. Et là, le grand format est vraiment un plus, d’autant que Delitte aime utiliser de grandes cases panoramiques, parfois même en double pages. Je mettrai en revanche un bémol pour les personnages qui ont tous la même tête et qui manquent cruellement d’expression. Heureusement que les costumes permettent de différencier les personnages…

 

L’Hermione est un très bel album qui aurait mérité plus de pages pour qu’on profite davantage des embruns et des voiles qui claquent …

 

 

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Loubrun

 

 

 

Stray dog – tome 1 –

strya dog,vanrah,glénat,manga,global manga,loup garous,fantastique,510,092015strya dog,vanrah,glénat,manga,global manga,loup garous,fantastique,510,092015Scénario et dessin : VanRah

Éditeur : Glénat manga

320 pages

date de sortie : juillet 2015

genre : fantastique, seinen

 

 

 

 

Résumé

Les Karats… des démons capables de se fondre dans la société. Des créatures si terrifiantes qu’elles ont contraint l’humanité à les asservir pour s’en protéger. Parmi eux, Toru, un Lycan au destin funeste. Pour ce Karat réduit à combattre dans des arènes clandestines jusqu’à la mort, la rencontre avec le docteur Senri Aokideso pourrait bien être le moyen d’échapper à la malédiction qui le ronge. Mais pour cela, encore faudrait-il que la bête en lui accepte…

Entre l’être humain et le démon se tisse alors un lien inattendu qui pourrait bien changer à jamais l’existence de la fille de Senri…

 

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Autant vous le dire tout de suite, ce type de manga n’est pas du tout ma tasse de thé. Ne suscitant guère plus d’intérêt de la part de mes collègues, je me suis dévoué pour chroniquer ce service presse. Répertorié en Seinen (je l’aurai plutôt mis dans la catégorie Shonen, mais bon …) ce manga est en réalité un … Global Manga. Ce qui explique le sens de lecture occidental. Le global manga, c’est du manga qui ne vient pas du pays du soleil levant. Réalisé par des auteurs occidentaux il reprend tous les codes des ouvrages asiatiques, à part – sauf exception – le sens de lecture. Si je ne m’étais renseigné sur l’auteur, j’aurais été bien en peine de vous expliquer tout ceci. En effet le graphisme et le style ont tout du manga japonnais : des visages très anguleux, beaucoup de gros plans et peu de décors. Aussi, est-il difficile de deviner que VanRah, à moins d’être une pointure du manga, est une une artiste Française qui a pas mal publié sur le net, sur des sites américains (inkblazers.deviantart.com) et qui est reconnue pour ses talents d’illustratrice.

 

Je ne suis pas trop friand de ce style de dessin où les mises en page paraissent surchargées et où les dessins se chevauchent trop souvent. Cela complique la lecture et donne une sensation de confusion. Mais il faut avouer que VanRah a un sacré coup de crayon et un talent indéniable. Son trait est finement ciselé, ces monstres sont convaincants et elle arrive à mettre un brin de sensibilité voire de poésie dans une histoire assez sombre.

 

 

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Justement, parlons en de l’histoire. Il s’agit d’une histoire de loups-garous, où, dans un univers semi gothique futuriste, VanRah revisite le mythe de la bête du Gévaudan. Mais elle ne se contente pas de n’exposer que le côté sombre des créatures. Elle met aussi en avant leur part d’humanité et montre le combat qu’ils doivent mener contre leur côté obscur. Les hommes cohabitent avec les monstres et ont cherché à les asservir pour ne pas devenir leurs victimes. Toru est un des ces monstres qui accepte son sort et qui est devenu une sorte de monstre de foire. Il combat dans des arènes clandestines pour distraire les gens. Senri Aokideso est quant à lui le fondateur d’une société dont le but est de faciliter la cohabitation entre les monstres et les hommes. Alors qu’il est appelé par le propriétaire de Toru pour l’aider à le contrôler, des liens se créent entre Toru et Senri.

 

Si les personnages sont plutôt bien construits, l’intrigue n’est pas des plus évidente à comprendre de prime abord. Mais les choses finissent par se mettre en place et l’on saisi le cheminement des personnages. Toujours est il que ce tome se résume essentiellement à une confrontation/négociation entre Toru et Senri et on a quand même le sentiment d’avoir a faire à une mise en place de la série. Introduction très bavarde et qui dure quand même 320 pages ! Même si la tournure que prend l’histoire pique un peu la curiosité, je ne suis pas sûr pour autant de poursuivre l’aventure dans un deuxième tome …

 

Un manga fantastique à la thématique intéressante mais dont le traitement graphique risque de ne plaire qu’aux lecteurs de mangas avertis.

 

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Loubrun

 

La galerie de VanRah : ICI

Lazarus – tome 2 – Ascension

lazarus,rucka,lark,glénat,comics,thriller,anticipation,totalitarisme,082015,0810lazarus,rucka,lark,glénat,comics,thriller,anticipation,totalitarisme,082015,0810Scénario : Greg Rucka

Dessin : Michael Lark

Editeur : Glénat comics

114 pages

date de sortie : 26 août 2015

genre : anticipation, thriller

 

 

Dans un futur dystopique, le gouvernement est un concept archaïque, les richesses du monde sont farouchement acquises par quelques familles qui règnent de façon despotique. Forever Carlyle est l’ange gardien de sa famille… son « Lazare » !

 

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Voici donc le deuxième tome tant attendu de ce comics dont le succès outre atlantique va grandissant. Succès tel, qu’une adaptation TV est prévue et confiée au producteur de The Amazing Spiderman 1 et 2. Si c’est bien réalisé, ça peut donner quelque chose de vraiment sympa.

Comme le tome 1, ce deuxième volume tient toutes ses promesses et nous prend aux tripes durant les 114 pages.

Nous suivons toujours les pas de Forever, le bras armé de la famille Carlyle, à travers trois arcs narratifs : une rébellion démasquée à Los Angelès, la migration d’une famille de « Déchets » vers Denver dans le but d’accéder au rang de Serf, et, en brefs flashs backs, le très rude apprentissage de Forever pour l’accomplissement de sa mission. Ces retours sur la jeunesse de Forever donnent sur le long terme de la profondeur et de l’humanité à ce personnage formaté pour accomplir une tache bien précise, et révèlent les liens avec son père. Les doutes et les questions sur ses origines prennent un peu plus d’ampleur laissant augurer une évolution intéressante du personnage.

 

Dans une parfaite alchimie combinant violence, action et intrigues, Greg Rucka nous offre une œuvre d’anticipation très sombre qui invite aussi à la réflexion sur le pouvoir et plus généralement la politique, au sens le plus large. Présentant un monde possédé sans partage par quelques familles fonctionnant sur le mode criminel, asservissant les populations et n’ayant qu’un but, celui de s’enrichir toujours plus, Greg Rucka exacerbe ici le système mafieux qui sévit à l’échelle de villes ou de régions, pour l’appliquer en modèle planétaire.

 

Thriller d’anticipation redoutable d’efficacité, Lazarus s’annonce comme une œuvre majeure de ces prochaines années.

 

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Loubrun

 

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Ajin – tome 2 – Semi-humain

ajin,sakurai,glénat manga,horreur,fantastique,thriller,immortalité,092015,710Scénario et dessin : Gamon Sakurai

Éditeur : Glénat Manga

192 pages

date de sortie : septembre 2015

genre : Seinen, fantastique, horreur, thriller

 

 

 

Résumé éditeur

Toujours en cavale, Kei Nagai, le lycéen devenu Ajin, découvre que ces hommes d’un genre nouveau sont plus que de simples immortels. Qualifiés d’inoffensifs par le gouvernement, certains semblent dotés de redoutables alter ego qu’ils ont le pouvoir de faire apparaître à loisir : les fantômes noirs. Laissant son seul allié derrière lui, Kei part à la rencontre des “autres”…

 

« Juste une chose… Au sujet de la méthode de capture. Je vous autorise à utiliser … les tranquillisants. »

 

Ce manga est vraiment curieux ! Malgré un côté parfois un peu brouillon dans la narration, l’histoire est vraiment prenante et il est difficile de lâcher le livre une fois qu’on l’a ouvert. Dans ce deuxième opus, on en apprend pas tellement plus sur les Ajin, ces êtres immortels qui suscitent curiosité, convoitise et effroi, si ce n’est que certains sont dotés de pouvoirs d’une force destructrice impressionnante.

 

Kei, qui s’était isolé à la fin du tome 1, retourne vers le monde civilisé pour essayer de découvrir qui sont ses semblables. Il le découvrira à ses dépens et vivra des expériences terrifiantes lorsque les services du gouvernement lui mettront la main dessus… On voit se mettre en place une lutte sans merci entre les Humains et les Ajin, et le pauvre Kei semble être le jouet des intérêts de chacun des deux camps.

 

La bonne impression que j’avais eu sur le tome 1 se confirme ici. Dans un rythme toujours aussi endiablé et avec une petite surenchère de violence, le thriller fantastique qui semblait poindre dans le premier volume se voit greffer une troisième voie, celle de l’horreur. Âmes sensibles s’abstenir ! Certaines scènes ou situations sont assez violentes et ne conviendront pas à tous public. Sans tomber le gore à outrance la violence est très explicite et fait froid dans le dos.

 

Même s’il n’est pas prédominant, le côté réflexion n’est pas en reste. D’abord sur la quête et la maitrise de l’immortalité, puis sur la perversité des hommes, très enclins à détruire ce qui ne leur ressemble pas.

 

Un deuxième tome du même acabit que le premier, en plus sombre, plus glauque et plus oppressant encore …

 

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Loubrun

Bouffon

bouffon,zidrou,porcel,dargaud,conte,moyen-âge,fantastique,710,092015bouffon,zidrou,porcel,dargaud,conte,moyen-âge,fantastique,710,092015Scénario : Zidrou

Dessin : Francis Porcel

Éditeur : Dargaud

64 pages

date de sortie : 28 août 2015

genre : conte fantastique

 

 

 

Emprisonnée sans raison apparente dans les geôles puantes et crasseuses d’un château, Anne subit les pires outrages de la garnison et donne un jour naissance à Glaviot. Le petit a un physique absolument affreux, à tel point que le geôlier préfère le donner en pâture à son molosse. Mais le chien, au lieu de le croquer, le nourrit et le protège ! Lorsqu’il meure, Glaviot prend le geôlier comme protecteur et fera pour lui tous les sales boulots. Il faut dire que le travail ne manque pas tant les cachots du comte sont bien remplis…

 

« l’homme est un nid à espérances d’où, parfois, s’envole un rêve, immense »

 

Un jour, le comte descend assister à une séance de torture et découvre l’existence de Glaviot. Il n’a jamais vu d’enfant aussi laid et décide alors de le remonter à la surface pour l’offrir à sa fille comme objet de distraction, comme bouffon. Arrive ce qui devait arriver, Glaviot tombe amoureux de la belle mais ne peut bien sûr que l’aimer secrètement. Lui qui n’avait rien et n’attendait rien de la vie ressent d’un coup l’immense vide qui l’habite. Il aime et a besoin d’être aimé. Mais qui est capable d’aimer un être aussi repoussant et répugnant ? Pourtant, sa vie basculera lorsqu’il découvrira qu’il est doté d’un don capable de faire mettre à ses genoux tous les puissants de ce monde.

Des profondeurs vers la lumière, de la misère vers la richesse, du mépris vers la reconnaissance, Glaviot sera sa vie durant en quête d’amour et vivra avec sa solitude.

 

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Zidrou réussit à mettre de la lumière dans un récit très sombre et glauque. Sur les thèmes de la différence, de l’amour, de l’espoir et du respect de la condition humaine, ce conte démarre dans les bas fonds, dans une misère crasse et sordide pour finir dans une lueur d’espoir. Comme souvent dans les contes, les apparences sont trompeuses et Zidrou sait y faire pour surprendre et capter l’attention. Le style de narration y est pour beaucoup. C’est un prisonnier qui raconte l’histoire, en voix off comme un long monologue, mais plein de cynisme, avec quelques pointes d’humour et de tendresse rendant l’histoire très accessible et très vivante.

 

Côté dessins, on retrouve Francis Porcel qui avait déjà travaillé aux côtés de Zidrou sur Folies Bergères. Ici, le style est plus réaliste et plus expressif et la mise en couleur sombre participe pleinement à la narration. Les planches sont froides autant que le propos du départ est sordide.

 

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Au final, Bouffon est un conte fantastique intéressant et dérangeant qui laisse une drôle de sensation. Mission accomplie pour Zidrou donc, qui nous montre là qu’il n’est jamais vain de garder espoir et que la lumière finit toujours par poindre.

 

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Loubrun

Ninn – tome 1 – La ligne noire

ninn,la ligne noire,darlot,pilet,kennes,jeunesse,fantastique,métro,paris,métro parisien,092015,0910ninn,la ligne noire,darlot,pilet,kennes,jeunesse,fantastique,métro,paris,métro parisien,092015,0910Scénario : Jean-Michel Darlot

Dessin : Johan Pilet

Éditeur : Kennes Editions

64 pages

date de sortie : septembre 2015

genre : jeunesse, fantastique, aventure

 

 

 

Trouvée dans le métro par deux ouvriers qui l’ont adoptée, Ninn est une petit fille presque comme toute les petites filles, si ce n’est qu’elle est fascinée par cet univers souterrain qui fourmille de vie. Mais il y a encore plus fascinant que ces millions des gens différents qui l’empruntent tous les jours ou même qui y travaillent. Ce sont les coulissent. Ce qu’il y a derrière les accès interdits, les portes de service, les stations désaffectées…. Ninn connais tout ça par cœur – du moins c’est ce qu’elle croit – et arpente cet univers sur son skate. Elle y est tellement à l’aise qu’elle en fait son sujet d’exposé pour l’école.

Mais c’est sans compter la part d’ombre et de mystère qui hantent toutes ces galeries souterraines et qui la pousseront en quête de ses origines ….

 

  » Pourquoi est-ce que je fais tout le temps ce rêve, Tonton ? … Tu penses que ça pourrait avoir un rapport avec … avec mon passé ? »

 

Quand j’étais enfant, certains mercredis, ma mère nous emmenaient mes sœurs et moi vers la capitale pour rendre visite à notre grand mère. J’adorais ces mercredis, d’abord parce que j’adorais ma grand mère (et en plus chez elle il y avait la télé !) et ensuite parce que quand on allaient à Paris, on faisait un truc qu’on faisait nul part ailleurs : on prenait le métro. J’adorais ça prendre le métro ! Les vieilles rames Sprague* aux voitures rouge et verte et banquettes en bois, encore en circulation sur la ligne 12 dans les années 70, le ‘ding’ caractéristique avertissant de la fermeture des portes, et le claquement sec et brutal des dites portes se refermant, … j’avais l’impression d’entrer dans un autre monde, un monde fantastique dans lequel la vie ne se déroulait pas comme en surface. Un monde foisonnant de mystères qui laissait libre cours à l’imaginaire. Dans la tête d’un enfant, il peut exister 10.000 mondes derrière une porte de service marquée « accès interdit ». Et puis le métro ne s’engouffre pas dans un tunnel sombre, éclairé par quelques ampoules vacillantes au filament usé que l’on tentait vainement de compter entre chaque station. Non, il pénètre dans une zone hors du temps, inconnue et peuplée de mille et une créatures effrayantes et surement très dangereuses, avec des messages subliminaux sur les parois, Dubo … Dubon … Dubonnet … Étrange que tout cela ! Heureusement on aperçoit toujours dans ces tunnels des débuts de galeries dérobées, des portes, des refuges qui permettent certainement de retrouver les rassurantes galeries bien éclairées et carrelées de cette faïence blanche étincelante …

 

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Alors moi, je comprends bien Ninn quand un jour elle voit des papillons dans les couloirs du métro, ou quand elle sent le chat noir de la publicité la suivre des yeux ! Et je l’admire et l’envie un peu, quand elle se laisse enfermer un soir pour pouvoir mener sa petite enquête. Elle y parcours librement les couloirs secondaires, les stations fantômes et y fait des découvertes proprement fantastiques, jusqu’à emprunter la redoutable ligne noire ! Mais … je ne peux vous en dire plus, car vous ne me croiriez jamais … !

 

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Jean-Michel Darlot (Barzoon Circus) et Johan Pilet (Caktus, Ratafia, Barzoon Circus) ont créé une petite héroïne très attachante qui part à la rencontre d’un monde fantastique où les seules limites seront celles de l’imagination. Ils se sont par ailleurs solidement documentés pour restituer le plus fidèlement possible les ambiances des parties visibles et réelles du réseau parisien comme notamment le grand ouvrage Opéra construit en 1903 et où les lignes 3, 7 et 8 se superposent sous la place de l’Opéra. La planche y faisant référence est superbe. Comme toutes les planches d’ailleurs ! Assez éloigné de ce qu’il a fait sur Ratafia ou Caktus, Johan Pilet exécute ici avec brio un dessin au style semi réaliste tout en douceur. Avec un crayonné appuyé, sans encrage, il donne toute sa fluidité au dessin et ses planches ont un rendu très dynamique.

 

Ce premier tome est une excellente mise en bouche qui a eu pour moi un bon gout de madeleine de Proust. Cette visite aux allures fantastiques du métro Parisien a ravivé en moi quelques bon souvenirs d’enfance et c’est sans retenue que je me suis laissé guidé dans cette aventure. C’est l’occasion de le voir d’un autre œil que celui qui n’en voit que les points négatifs, d’en découvrir le charme ainsi que son histoire et les prouesses techniques liées à sa construction.

 

 

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Maintenant qu’elle a ouvert certaines portes, il me tarde vraiment de connaitre la suite des aventures de la petite Ninn.

 

 

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Loubrun

 

Bonus

 

Les stations fantômes du métro parisien

 

***

Circulation d’une rame Sprague sur la ligne 12. Ce type de rame était en circulation jusqu’en 1975 sur cette ligne. 

 

l’ouvrage des trois lignes superposées de la station opéra

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Bagdad Inc.

bagdad inc.,le lombard,legrain,desberg,troisième vague,guerre,thriller,irak,georges w bush,mercenaires,610,092015bagdad inc.,le lombard,legrain,desberg,troisième vague,guerre,thriller,irak,georges w bush,mercenaires,610,092015Scénario :  Stephen Desberg

Dessin : Thomas Legrain

Éditeur : Le Lombard

80 pages

date de sortie : 11 septembre 2015

genre : Thriller, guerre

 

 

 

Abandonnée par son père quand elle a trois ans, Charlene Van Evera voit sa mère se suicider deux semaines après son retour d’Irak. Elle s’était engagée dans l’armée pour payer des études à sa fille. Mais l’armée est une grande famille, et Charlene s’y engage pour payer la suite de ses études. En 2001, le 11 septembre, elle se fait embaucher dans l’armée en tant que juge avocate. Elle est brillante et a fort à faire. Elle commence par défendre le personnel féminin victime de harcèlement moral et sexuel, dont elle faillit être victime le jour de son embauche. Malheureusement la poisse la rattrape quand l’officier dont elle est tombée amoureuse est victime d’un crime raciste. La voilà seule et triste et n’a plus que son métier auquel s’accrocher.

 

 » Mon nom est Charlene Van Evera. Juge avocate attachée aux tribunaux militaires. Mon métier est de traquer ceux qui baisent les innocents. Même, et surtout, quand on croit que la guerre est terminée ! »

 

2003, Georges W. Bush prononce depuis le porte-avion USS Abraham Lincoln son discours annonçant la fin de  » l’Operation Iraki Freedom « , qui au début s’appelait « Operation Iraki Liberation » (O.I.L. !!). La guerre conventionnelle est terminée, mais pas la lutte contre le terrorisme et il y a encore beaucoup de boulot pour les États-Unis : sécurisation, reconstruction, démocratisation … tout un programme ! Les Américains mettent tout en œuvre pour ce programme, dont la privatisation de l’armée. Autrefois on appelait ça des mercenaires. Des tas de sociétés privées proposent leur service de sécurité, qui dans le convoyage de personnalités, qui dans la protection rapprochée, qui dans le renseignement ou l’action et l’exécution de basses besognes. En 2004, 250.000 de ces « soldats » sont en Irak, 125.000 à Bagdad.

 

« par contrat on n’a de compte à rendre que devant la justice américaine, à des milliers de miles d’ici. Autant dire, rien du tout ! »

 

Que vient faire la belle et brillante Charlene dans ce bourbier ? Elle y est envoyée en mission pour élucider une série de meurtres perpétrés sur des civils Irakiens. Meurtres avec mutilations, et messages explicitement racistes. Il y a une très grosse probabilité pour que le meurtrier ne soit pas Irakien. Or, le pays est en proie à un chaos total et la présence américaine commence à peser lourd auprès de la population. Si le public avait connaissance de ces meurtres, la belle mission du fiston Bush serait fortement compromise. Le meurtrier est très probablement un des 125.000 mercenaires. Il faut l’arrêter, c’est le boulot de Charlene, et l’éliminer discrètement. Ça, c’est le boulot de Jackson Baines, l’ange gardien de Charlene.

 

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Bienvenue dans le cloaque du Bagdad des années 2000. Desberg concocte un thriller avec comme toile de fond la seconde guerre d’Irak menée par les Américains après les attentats du World Trade Center. Le décor et les circonstances sont parfaits pour faire évoluer un tueur psychopathe et dénoncer au passage la belle hypocrisie du gouvernement américain d’alors. La guerre business menée par Bush, Cheney et consorts, aura englouti des milliards de dollars initialement destinés à la reconstruction du pays. Des milliers de mercenaires, parmi lesquels des criminels trop heureux de pouvoir librement assouvir leurs plus bas instincts, se sont enrichis et ont enrichi des centaines de boîtes de « sécurité » Américaines.

 

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Ce one-shot – le premier de la collection troisième vague – se lit presque comme un documentaire et l’enquête donne l’impression de n’être qu’un faire valoir. Le côté thriller semble anecdotique à tel point que l’on s’intéresse plus au fonctionnement des différentes agences de mercenaires qu’à l’enquête elle même dont la résolution semble couler un peu trop facilement de source. Mais l’action ne manque pas pour autant et le rythme reste soutenu malgré une narration très bavarde.

Le dessin réaliste de Thomas Legrain (Sisco ; L’agence) est très conventionnel et très efficace pour ce style de BD, ou l’action prime. Soigné et détaillé son style est clair et parfaitement lisible.

 

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Au final, Bagdad Inc. est un thriller pas désagréable à lire mais sans grande originalité, servant visiblement de faire valoir à la critique assumée de l’auteur envers l’impérialisme américain et l’administration Bush en particulier.

 

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Loubrun

 

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Stern – tome 1 – le croque-mort, le clochard et l’assassin

stern,le croque-mort le clochard et l'assassin,maffre,dargaud,western,enquête,croque-mort,810,082015stern,le croque-mort le clochard et l'assassin,maffre,dargaud,western,enquête,croque-mort,810,082015Scénario :  Frédéric Maffre

Dessin : Julien Maffre

Editeur : Dargaud

64 pages

date de sortie : 28 août 2015

genre : western

 

 

 

Résumé (éditeur)

1880 au Kansas. Elijah Stern, croque-mort local, mène une existence calme et solitaire jusqu’au jour où on lui demande de pratiquer l’autopsie d’un homme trouvé mort dans un bordel. S’improvisant médecin légiste, il découvre que la mort n’est en rien naturelle et se trouve impliqué, malgré lui, dans une véritable enquête. Mais Stern n’imagine pas encore que les clés de cette affaire sont à chercher dans son propre passé…

 

  » Les gens d’ici ne vous aiment pas, Stern. Vous le savez et vous ne faites rien pour y changer quelque chose. A croire que ça vous amuse. »

 

2015, année du renouveau du western pour les éditions Dargaud. Nous fournir en 9 mois deux croque-mort comme personnages principaux, il fallait oser. Mais avant que les mauvaises langues ne crient au gros coup marketing suite au succès mérité de Undertaker, l’éditeur nous précise dans un avant propos limpide qu’il s’agit d’une pure coïncidence et que ni les uns ni les autres ne savaient ce que leurs confrères préparaient.

 

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Je vous rassure, pour peu qu’on aime le western, il y a la place pour ces deux BD tant les styles sont différents. Avec un titre qui claque comme un film de Sergio Leone, les personnages répondent parfaitement aux codes du genre : le croque-mort terne et chétif, l’ivrogne invétéré et le riche dandy bien sapé. Mais ici, ils ont ce petit quelque chose en plus qui permet à une œuvre de se détacher du lot. Un peu à la manière du cinéma des frères Coen, les frères Maffre posent les bornes permettant au lecteur de se repérer puis les font voler en éclat pour l’emmener sur des chemins de traverse. Le croque-mort n’est pas si blafard qu’il y parait. Cultivé, il s’intéresse à la littérature, il est profondément humaniste et se trouve être par dessus le marché un fin limier. Idem pour l’ivrogne, ami de la victime, qui révèle ses talents de musicien. Anti-héros ou héros malgré eux, ces personnages ont tous des blessures qui semblent prêtes à se rouvrir au moindre incident. Des incidents il y en aura et l’enquête policière qui anime le village de Morrison ravivera bien des souvenirs à tout ce petit monde.

 

 

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Le récit prend alors une autre dimension et s’ancre dans l’histoire de chacun des protagonistes. A partir d’une sordide histoire policière à rebondissements, les frères Maffre ouvrent d’un coup des petites pistes de réflexion sur le racisme, la vengeance, la justice, l’alcoolisme, les ligues de vertus, le poids du passé et des souvenirs.

Dans un rythme assez lent, sans grandes scènes d’action, on suit alors avec intérêt ce microcosme grouillant entre le bordel, la prison du shériff et le cimetière.

 

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Des deux frères Maffre, c’est Julien qui tient les pinceaux. Assurant aussi la mise en couleur des planches, il donne un ensemble très cohérent répondant à l’imagerie du western que l’on attend, et ne cède pas à la facilité du cliché. Sans apporter de grande innovation dans ses décors, il réussi à créer son propre univers western sans que le lecteur ai la sensation de déjà vu. Idem pour ses personnages. Les traits sont bien marqués mais ne versent pas dans la caricature exagérée.

 

Pour ceux qui pensent que tout a été fait dans le western, je recommande chaudement cet album qui prouve qu’il est parfaitement possible de renouveler un genre qui semble éculé.

 

Pour ma part, je réponds déjà présent pour la suite de cette série qui sera constituée de one-shot et espère en savoir un peu plus sur cet énigmatique personnage.

 

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Loubrun

 

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Le magicien de Whitechapel – tome 2 – vivre pour l’éternité

le magicien de whitechapel,benn,dargaud,humour,diable,londres,paris,xixè,082015,710le magicien de whitechapel,benn,dargaud,humour,diable,londres,paris,xixè,082015,710Scénario et dessin : Benn

Editeur : dargaud

64 pages

date de sortie : 21 août 2015

genre : humour, fantastique

 

 

 

 

L’inconsolable magicien qui avait perdu son mentor dans le tome 1, a passé un pacte avec le diable lui assurant immortalité et succès. Mais ce contrat tient-il vraiment la route ? Il n’en est pas vraiment sûr et doit en vérifier la teneur. La peur au ventre il organise donc sa propre mort en provoquant un gros bourgeois qui le tuera lors d’un duel. Le soir même, il se réveille d’entre les morts et se retrouve aux côtés de son diable d’ami, Rabouin. Celui-ci ne prend pas ombrage du manque de confiance de Jerrold et lui offre la possibilité de voyager facilement en empruntant les chemins sataniques des cimetières. Notre bon magicien est rassuré et va sur le champ arroser ça à Paris. Il y rencontre Céleste, une jeune gourgandine qui tente de lui faire les poches. Mais Jerrold voit en elle un grand potentiel et met en scène un tour à sa façon pour qu’elle devienne son assistante. De retour à Londres, le duo infernal se voit proposer de se produire devant la Reine pour célébrer son jubilé. Jerrold se rapproche des portes de la célébrité et prépare avec Céleste le plus grand tour de magie jamais monté pour le jouer devant sa gracieuse Majesté.

 

« Désolé de vous décevoir, Rabouin. Mais pour le simple mortel, le doute est un sentiment naturel… »

 

Deuxième acte de cette trilogie diabolique mais néanmoins drôle et fine concoctée par Benn. Il nous avait mis tellement en appétit avec la fin truculente du premier tome que je redoutais que le soufflé ne retombe trop vite. Mais tout va bien, la recette prend et ce deuxième tome tient la route. Benn a eu la bonne idée de transformer le duo d’enfer en trio diabolique et de maintenir le rôle de belzébuth au même rang que celui du magicien. Ceci nous vaut des scènes vraiment drôles aux dialogues incisifs où les jeux de mots ne sont pas en reste. Entre préparatifs du tour le plus hallucinant du siècle et visite guidée dans l’antre de Lucifer, on se réjouit de suivre Jerrold qui se joue de la mort et se venge des puissants. Les dialogues bien ciselés coulent de source et rendent attachant tous ces personnages. Entre rocambolesque et fantastique, cette histoire ne lasse jamais et l’on se demande quelle tournure elle finira par prendre. Car évidemment, Benn surprend à nouveau tout son monde en nous réservant à la fin un rebondissement d’enfer !

 

Me voilà à nouveau charmé par cette histoire à l’humour fin et noir à la fois, dans l’attente du troisième et dernier acte de cette infernale affaire.

 

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Loubrun

 

 

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