Le magicien de Whitechapel – tome 2 – vivre pour l’éternité

le magicien de whitechapel,benn,dargaud,humour,diable,londres,paris,xixè,082015,710le magicien de whitechapel,benn,dargaud,humour,diable,londres,paris,xixè,082015,710Scénario et dessin : Benn

Editeur : dargaud

64 pages

date de sortie : 21 août 2015

genre : humour, fantastique

 

 

 

 

L’inconsolable magicien qui avait perdu son mentor dans le tome 1, a passé un pacte avec le diable lui assurant immortalité et succès. Mais ce contrat tient-il vraiment la route ? Il n’en est pas vraiment sûr et doit en vérifier la teneur. La peur au ventre il organise donc sa propre mort en provoquant un gros bourgeois qui le tuera lors d’un duel. Le soir même, il se réveille d’entre les morts et se retrouve aux côtés de son diable d’ami, Rabouin. Celui-ci ne prend pas ombrage du manque de confiance de Jerrold et lui offre la possibilité de voyager facilement en empruntant les chemins sataniques des cimetières. Notre bon magicien est rassuré et va sur le champ arroser ça à Paris. Il y rencontre Céleste, une jeune gourgandine qui tente de lui faire les poches. Mais Jerrold voit en elle un grand potentiel et met en scène un tour à sa façon pour qu’elle devienne son assistante. De retour à Londres, le duo infernal se voit proposer de se produire devant la Reine pour célébrer son jubilé. Jerrold se rapproche des portes de la célébrité et prépare avec Céleste le plus grand tour de magie jamais monté pour le jouer devant sa gracieuse Majesté.

 

« Désolé de vous décevoir, Rabouin. Mais pour le simple mortel, le doute est un sentiment naturel… »

 

Deuxième acte de cette trilogie diabolique mais néanmoins drôle et fine concoctée par Benn. Il nous avait mis tellement en appétit avec la fin truculente du premier tome que je redoutais que le soufflé ne retombe trop vite. Mais tout va bien, la recette prend et ce deuxième tome tient la route. Benn a eu la bonne idée de transformer le duo d’enfer en trio diabolique et de maintenir le rôle de belzébuth au même rang que celui du magicien. Ceci nous vaut des scènes vraiment drôles aux dialogues incisifs où les jeux de mots ne sont pas en reste. Entre préparatifs du tour le plus hallucinant du siècle et visite guidée dans l’antre de Lucifer, on se réjouit de suivre Jerrold qui se joue de la mort et se venge des puissants. Les dialogues bien ciselés coulent de source et rendent attachant tous ces personnages. Entre rocambolesque et fantastique, cette histoire ne lasse jamais et l’on se demande quelle tournure elle finira par prendre. Car évidemment, Benn surprend à nouveau tout son monde en nous réservant à la fin un rebondissement d’enfer !

 

Me voilà à nouveau charmé par cette histoire à l’humour fin et noir à la fois, dans l’attente du troisième et dernier acte de cette infernale affaire.

 

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Loubrun

 

 

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Drones – tome 1 – le feu d’Hadès

drones,runberg,louis,daviet,le lombard,anticipation,fiction,guerre,drones,710,082015drones,runberg,louis,daviet,le lombard,anticipation,fiction,guerre,drones,710,082015Scénario : Sylvain Runberg

Dessin : Louis

Éditeur : Le Lombard

48 pages

date de sortie : 21 août 2015

genre : anticipation

 

 

 

Résumé (éditeur)

Deux femmes, deux ennemies. Louise Fernbach et Yun Shao. La militaire européenne contre la terroriste catholique chinoise. Et depuis que cette dernière a causé la mort de soldats du vieux continent, Louise veut sa peau. A tout prix. Louise ne connaît pas la pitié. Louise est pilote de drone. Pour elle, la guerre est un jeu vidéo auquel elle joue depuis son QG de Stockholm, tandis que Yun Shao affronte un robot. Bienvenue dans la guerre moderne…

 

« Et qu’avez-vous à répondre aux ONG qui dénoncent l’utilisation massive des drones de combat et leurs victimes civiles ? »

 

Sylvain Runberg est en passe de rejoindre les auteurs prolifiques et talentueux. Pas moins de 9 albums à son actif depuis janvier. Il continue ici d’explorer le registre SF après l’avoir brillamment abordé dans la série Orbital (6 tome parus) et plus récemment Warship Jolly Roger (2 tomes parus).

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Cette nouvelle série aux accents d’anticipation, nous plonge en pleine guerre entre une grande puissance high-tech et un groupe d’autonomistes radicaux usant de méthodes terroristes pour se faire entendre. Cela ne vous rappelle rien ? Bien sûr que si. Cela nous renvoie quasiment en pleine actualité ou du moins aux événements qui se sont déroulés au proche et moyen Orient ces dix dernières années. Sauf qu’ici nous sommes en 2037, que la superpuissance n’est pas américaine mais européenne et que les terroristes ne sont pas des islamistes, mais des catholiques chinois radicaux.

 

Si cette manière de transposer l’actualité brûlante dans une fiction d’anticipation semble assez originale, elle n’en reste pas moins un peu dérangeante lorsque l’on entend tous les jours les atrocités commises par l’organisation État Islamique notamment à l’encontre des Chrétiens d’Orient, ou des Yazidis. J’ai d’abord trouvé ça un peu gros de faire jouer le mauvais rôle à des Chrétiens alors qu’ils se font aujourd’hui massacrer en toute impunité par des criminels se réclamant de l’Islam.

 

Mais une fois passé ce petit malaise, je me suis vite aperçu que là n’était pas le sujet et que le récit de Sylvain Runberg n’avait rien de manichéen. Il n’y a ni bon ni mauvais rôle dans son histoire. Il y a deux groupes qui s’affrontent, dont les motivations et les méthodes semblent, dès ce premier tome de mise en place, sujettes à discussion et contestation. Du coup, on ne peut pour l’instant s’attacher à aucun des personnages. D’un côté les 3 pilotes Européens font la guerre à distance et deviennent complètement déconnectés du monde réel. La vision de la réalité à travers un écran et une machine les empêchent de percevoir cette réalité. La guerre n’est pour eux qu’une sorte de jeu vidéo grandeur nature et la relation fusionnelle qu’ils ont avec leurs drones les rendent à la fois pathétiques et exécrables.

De l’autre côté, Yun Shao la rebelle catholique terroriste – dont on ne sait pas pour l’instant si elle est vraiment une terroriste – en lutte dans son pays contre un parti politique autoritaire et corrompu. Sa cause semble juste, mais les moyens qu’elle emploi sont parfaitement contestables.

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Enfin, le vrai sujet, n’est-il pas tout simplement une critique de ces guerres hyper technologiques qui déshumanisent encore plus les soldats parce que la distance supprime la gravité de la guerre. L’usage des drones sert à éviter les pertes humaines mais déconnecte complètement les pilotes de la réalité, créant de nouveaux traumatismes pour ceux qui les téléguident. A la différence des pilotes d’avions classiques qui quittent la zone après avoir mener une opération, les pilotes de drones voient tout. Comme à la télé. Comme dans un jeu vidéo. C’est sûr, ils ne risquent pas de mourir d’un tir ennemi, mais il ne risquent pas non plus de sortir indemne de ces missions distantes et certaines cicatrices psychiques sont bien plus difficiles à refermer que des cicatrices physiques. Les américains le découvre depuis quelques années.

 

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Bref, la guerre, derrière un écran ou sur le terrain reste terrible et ce récit d’anticipation est affreusement crédible.

Le dessin de Louis est comme le scénario : il ne prend pas parti et ne tombe pas dans la facilité de la caricature du bon et du méchant, renforçant un peu plus l’absence d’empathie pour les protagonistes. Les planches sont dynamiques et le tout est rudement efficace autant dans les scènes d’action que dans les scènes plus posées.

 

Sylvain Runberg nous livre là une nouvelle série qui démarre fort, où la politique fiction se mêle au récit d’anticipation et donne au lecteur l’occasion de prendre du recul sur une actualité internationale très sombre.

Une BD où action, réflexion et psychologie devraient faire bon ménage.

 

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Loubrun

 

 

 

 

 

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Prométhée – tome 12 – Providence

Scénario : Christophe Bec
Dessin : Stefano Raffaele
Éditeur : Soleil
54 pages
genre : science-fiction, fantastique


Résumé (éditeur)

Venus des mers et des océans, les vaisseaux extraterrestres lancent une attaque massive contre l’humanité : 99,9% seront méthodiquement exterminés !
Seule une poignée de survivants, parmi lesquels Jeff Spaulding ou encore Kellie Lambert, arrivent à se cacher… jusqu’à quand ?

Lire la suite « Prométhée – tome 12 – Providence »

Letter 44 – tome 1 – vitesse de libération

letter 44,soule,albuquerque,glénat comics,science-fiction,trhiller,politique,anticipation,710,082015letter 44,soule,albuquerque,glénat comics,science-fiction,trhiller,politique,anticipation,710,082015Scénario : Charles Soule

Dessin : Alberto J. Albuquerque

Editeur : Glénat Comics

150 pages

date de sortie : juin 2015

genre : science-fiction, anticipation

 

 

 

Résumé (éditeur)

Dure journée pour Stephen Blades, le 44e président des États-Unis. Au premier jour de son investiture son prédécesseur, Francis T. Carroll, lui laisse un courrier qui va changer non seulement son propre destin, mais très probablement la face du monde. Depuis 7 ans, la Nasa a détecté une construction extraterrestre sur la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Mais la rencontre du troisième type n’a pas encore eu lieu. Dans l’expectative de devoir combattre une invasion d’outre-espace et de pouvoir défendre l’humanité, Carroll a envoyé les troupes américaines sur tous les fronts, inlassablement, ce qui l’a rendu pour le moins impopulaire. Avait-il finalement raison de préparer la nation au désastre imminent ? Et quel sera le rôle de l’équipage du Clarke, le vaisseau d’observation envoyé vers l’« ennemi » voici trois ans déjà ?

 

 » le plus grand secret d’État de l’histoire tient dans une enveloppe »

Si ma dernière lecture SF de chez Glénat Comics m’avait quelque peu échaudé, je me félicite d’avoir persisté dans le genre et d’avoir accepté ce service presse. Letter 44 est un pur récit d’action et d’aventure dans lequel se mêlent habilement intrigues politiques et thriller d’anticipation. Charles Soule (Swamp thing) prend son temps pour poser son univers, et mettre en place tous les personnages à tel point que pour l’instant personne – à par le Président des États-Unis – ne se détache vraiment du lot pour figurer comme personnage principal.

Mais l’attention du lecteur est attirée avec une narration faite d’allers retours équilibrés entre intrigues politiques et aventure spatiale. Les deux facettes du récit son passionnantes à suivre et c’est là la vraie force de ce récit.

En complète immersion dans les coulisses du pouvoir ou dans les coursives du vaisseau spatial, le lecteur participe tantôt à l’angoisse du nouveau Président qui veut tout mettre en œuvre pour aider l’équipage du Clarke à accomplir sa mission, tantôt à la vie pesante en huis clos d’un équipage qui ne sait pas vraiment vers quoi il va.

Comme dans les séries TV américaines, les rebondissements de fin de chapitres sont d’une efficacité redoutable et font à chaque fois avancer un peu plus l’intrigue. Bref, on devient vite accroc !

 

Les dessins sont assurés par l’Espagnol Alberto Jiménez Albuquerque – connu aussi sous le pseudo de AJA ( les fugitifs de l’ombre, Elle, dieu des cendres)– qui nous livre ici des planches dans le pur style comics US : un découpage dynamique ajoutant du rythme à un récit très bavard, des gros plans et des décors fouillés.

 

Ce premier tome démarre vraiment bien et me donne envie de poursuivre l’aventure.

 

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Loubrun

 

Le site de Charles Soule :  https://charlessoule.wordpress.com/

Le site de Albuquerque : http://ajaalbertojimenezalburquerque.blogspot.fr/

 

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Amère Russie – tome 2 – Les colombes de Grozny

amère russie,ducoudray,anlor,bamboo,grand angle,guerre,tchétchénie,russie,femmesamère russie,ducoudray,anlor,bamboo,grand angle,guerre,tchétchénie,russie,femmesScénario : Aurélien Ducoudray

Dessin : Anlor

Éditeur : Bamboo

48 pages

date de sortie : mai 2015

genre : guerre

 

 

 

Résumé (éditeur)

Pour retrouver son fils, un militaire russe détenu en Tchétchénie, Ekaterina a bravé tous les dangers. Jusqu’à rencontrer Bassaiev, le redoutable chef tchétchène, qui lui présente un prisonnier… qui n’est pas celui qu’elle recherche éperdument. Retranchée dans une Grozny assiégée, déçue par l’attitude des belligérants des deux camps, Ekaterina semble plus seule que jamais. Mais une porte de sortie se trouve peut-être au milieu des immeubles en ruines.

 

 » y’m’font chier ces wahhabites, jamais contents de rien ! Est-ce que je leur demande si Allah préfère les AK 47 ou les Famas ? « 

 

La pauvre Ekaterina s’est faite dupée par Bassaiev ! Le chef tchétchène lui a servi un beau baratin pour l’attirer dans ses filets et avoir une monnaie d’échange avec les Russes. Cette stratégie s’avèrera inutile puisque les Russes ne font pas d’échange. La « mère courage » devient alors vite encombrante et est envoyée à Grozny, dans « l’immeuble des aveugles ». Un immeuble en ruine dans le quel survivent d’anciens combattants abrutis par des années de guerre, et des gamins qui n’ont que le jeu vidéo Bomberman à l’esprit. Trop jeunes pour faire la vraie guerre, ils la vivent par procuration sur leur console de jeu. Tout ce petit monde vit comme si de rien n’était dans cet immeuble détruit, dans une ville bombardée quotidiennement. Chacun s’accroche à ce qu’il peut pour continuer à vivre et tenter d’oublier le drame duquel il sont malgré eux acteurs. Bref, la vie continue et s’organise au milieu des bombardements, des snipers et des convois humanitaires de l’ONU saccagés par les mercenaires payés par les Russes.

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Ekaterina ne perd jamais espoir et est plus que jamais déterminée à ramener son fils Volodia. Sa planche de salut, c’est ce jeune soldat russe aveugle, qui porte le même nom que son fils.

 

Aurélien Ducoudray et Anlor, terminent avec brio cette fiction réaliste (voir le tome 1). La guerre est évoquée ici avec une touche d’humour et de sensibilité mettant en exergue son absurdité et sa violence omniprésente. Les auteurs ne prennent pas partie. Ils montrent la violence qui devient presque la règle de vie des soldats et miliciens de tous bords, comme si la guerre rongeait inéluctablement leur part d’humanité. Petit être fragile animé d’une foi inébranlable et d’une force de caractère certaine, Ekaterina et son petit chien Mylyi incarnent l’humanité et l’espoir au milieu d’un tas de ruines.

Le dessin semi réaliste d’Anlor est parfait et flirte sans cesse entre légèreté et dureté. Les scènes sont vivantes et très animées grâce aussi à des dialogues simples, percutants et d’une efficacité redoutable, que l’on finit par entendre.

 

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Je rajoute un point de bonus pour la couverture que je trouve très réussie. Non seulement elle est belle, mais elle résume parfaitement tout ce que l’on trouve dans ce diptyque : la violence, la sensibilité, la fragilité, l’innocence, la fatalité, la détermination et l’espoir.

 

 

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Loubrun

 

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Un petit livre oublié sur un banc 2/2

un petit livre oublié sur un banc, jim, mig, bamboo, grand angle, comédie romantique, bookcrossing,7.5/10,06/2015un petit livre oublié sur un banc, jim, mig, bamboo, grand angle, comédie romantique, bookcrossing,7.5/10,06/2015Scénario : Jim

Dessin : Mig

Éditeur : Bamboo

54 pages

date de sortie : mai 2015

genre : comédie romantique

 

 

 

Résumé (éditeur)

Depuis qu’elle a mis la main sur ce livre oublié sur un banc, Camélia s’est retrouvée dans un petit jeu du chat et de la souris… La souris c’est elle, mais qui est le chat ? Qui est ce mystérieux amoureux qui lui écrit des messages dans son livre ? Et surtout, comment expliquer qu’une autre femme a le même livre ? Et si elle avait un message à l’intérieur, elle aussi ?

Portrait d’une femme perdue dans une vie qui l’ennuie, en quête d’une vraie passion amoureuse.

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Suite et fin tant attendue de cette enquête romantique imaginée par Jim, le spécialiste des histoires de couple en BD.

La jolie Camélia tient une piste pour démasquer l’inconnu du petit livre oublié sur le banc. Mais surprise ! Il y a un deuxième livre qui circule et qui contient le même genre de messages … La surprise de Camélia se transforme en déception ; elle qui se voyait au centre d’une grande histoire romanesque s’aperçoit qu’elle n’est pas la seule visée et qu’elle est peut être victime d’une drôle de machination. Comme elle ne peut compter sur son compagnon pour la réconforter, elle continue de plus belle son enquête.

De vraies fausse piste en désillusion, sa traque aboutira sur une drôle de surprise.

 

J’avais bien apprécié le tome 1, mais j’avais trouvé l’intrigue un peu lente et la mise en place un peu longue pour une histoire prévue en deux tomes. J’avais par ailleurs regretté que cette histoire ne se déroule pas sur un seul album avec une pagination plus dense. Ce deuxième volume confirme mon impression de n’avoir eu a faire qu’a une mise en place dans le tome 1 et que tout aurait pu tenir dans un seul gros volume. 

Dans cette deuxième partie, Jim accélère les choses et nous montre une Camelia un peu bringuebalée dans son enquête, mais ayant beaucoup plus d’entrain et beaucoup plus active. Ce livre trouvé sur un banc lui aura finalement servi de détonateur pour prendre en main son destin. En habile conteur des relations humaines, Jim a construit une belle histoire fraiche et romantique dans la quelle il fait une critique à peine déguisée de cette société de plus en plus nombriliste et (dé)connectée. Avec des dialogues qui sonnent juste, des personnages et des situations un peu caricaturales mais crédibles, Jim embarque facilement le lecteur dans cette comédie romantique, jusqu’au dénouement inattendu et surprenant.

Le dessin épuré agrémenté de couleurs chaleureuses contribue à passer un bon moment de lecture en compagnie de Camelia et de son enquête.

Cette seconde partie gomme ma déception ressentie sur le premier volume, et j’ai bien apprécié cette histoire dans son intégralité, en la lisant comme un one shot.

 

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Loubrun

 

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Un long silence – tome 2 – que la fête commence !

un long silence,stalner,glénat,aventure,new york,règlement de compte,vengeance,immigration,7.510,052015un long silence,stalner,glénat,aventure,new york,règlement de compte,vengeance,immigration,7.510,052015Scénario et dessin : Eric Stalner

Éditeur : Glénat

56 pages

date de sortie : mai 2015

genre : aventure

 

 

 

Résumé (éditeur)

Will sait à présent que l’attentat dans lequel sa mère a disparu n’a pas été perpétré par un groupuscule anarchiste. Il cacherait des raisons beaucoup moins… idéologiques. C’est en tout cas ce que lui a révélé Charly, agonisant, avant d’ajouter une chose : le véritable responsable est bien au Pink Flamingo. Mais qui exactement ? Profitant de son « pouvoir » de sourd-muet, Will mène l’enquête en toute discrétion. Sauf que les membres du cabaret commencent à se méfier… Et s’il n’était qu’un simulateur ?

 

 » En Irlande déjà, je me réfugiais dans le silence pour me mettre à l’écart du monde »

 

Eric Stalner conclut ici son diptyque de fort belle manière. Son héros sourd et muet use plus que jamais de son pouvoir pour démasquer les responsables de l’attentat ayant coûté la vie à sa mère.

L’auteur plonge le personnage et le lecteur dans une quête de vérité effrénée, où vengeance et trahisons sont de mise. Nous assistons à une sorte de course poursuite ou l’action occupe une place prépondérante et ou rebondissements et surprises maintiennent le lecteur en haleine. Bénéficiant d’une pagination plus importante que le premier tome, ce volume est plus enlevé et beaucoup plus rythmé. Je mettrai juste un bémol sur le choix du diptyque. Stalner aurait pu faire durer le plaisir en développant son histoire sur trois tomes, lui permettant ainsi d’étoffer un peu plus certains personnages. Néanmoins, il arrive quand même à distiller quelques infos permettant de lever le voile sur des interrogations qui se posaient dans le premier volume.

 

A propos du dessin, il n’y a pas grand chose à ajouter par rapport au tome 1. Nerveux, précis, son style réaliste, allié à des cadrages et découpages dynamiques, donne un souffle épique et toujours aussi flamboyant à chaque page.

Voilà un bon diptyque divertissant et magnifiquement mené, jusqu’au dénouement qui réserve son petit lot de surprises.

 

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Loubrun

 

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Maggy Garrisson – tome 2 – l’homme qui est entré dans mon lit

maggy garrisson,trondheim,oiry,dupuis,policier,londres,7.510,042015maggy garrisson,trondheim,oiry,dupuis,policier,londres,7.510,042015Scénario : Lewis Trondheim

Dessin : Stéphane Oiry

Éditeur : Dupuis

48 pages

date de sortie : tome 1 – mars 2014 / tome 2 avril 2015

genre : polar

 

 

Je vais frapper deux coups en un avec cette chronique et rattraper un double retard. Alors qu’en avril 2015 sort le tome 2 de Maggy Garrisson, je m’aperçois que le tome 1 sorti lui, en mars 2014, n’a pas été chroniqué sur Samba BD. Grave erreur, car cette série lancée par Lewis Trondheim est tout simplement d’excellente facture.

Pour nous faire pardonner ce petit ratage, je me fend donc d’un double résumé.

 

Dans le tome 1

Par un beau jour pluvieux Londonien, Maggy Garrisson entame la première journée de son nouveau boulot. Sans emploi depuis un moment, elle a finit par dégoter un job chez Anthony Wight, détective privé. A peine franchi le seuil de sa nouvelle boite, elle trouve son patron avachit sur son bureau, entouré de vapeurs éthyliques. 5 jours plus tard, il est passé à tabac et, de son lit d’hôpital, demande à Maggy de lui apporté fissa son portefeuille. Pas de quoi fouetter un chat ! Pourtant, Maggy est suivie, et le contenu du portefeuille n’est peut être pas si anodin que ça. Son contenu la mènera jusqu’à Brighton en compagnie de bien drôles de loustics.

Dans le tome 2

Maggy, qui n’avait pas le sou, est revenue de Brighton avec un joli pactole en poche. 15 000 livres qu’il va falloir cacher pendant un certain temps pour ne pas éveiller les soupçons. C’est en tout cas ce que lui conseille Alex, son compagnon de fortune. Elle continue donc à mener sa petite vie de détective en menant une enquête sur une sombre histoire de bijoux disparus. L’affaire, plus délicate que prévue, l’oblige à faire appel à Alex et lui fera même remettre les pieds chez son ancien patron.

 

 « Déjà, c’est une pinte pour écouter ton histoire. »

 

Cette nouvelle série lancée par Lewis Trondheim en 2014 nous emmène dans l’Angleterre pluvieuse sur les pas d’une espèce d’anti-héroïne des plus attachantes. Maggy Garrisson n’est pas de ces créatures top model qui peuplent nombre de BD ; elle n’est pas non plus dotée de super pouvoirs ou d’un QI supérieur à la moyenne. Elle est juste normale et juste un peu plus maline que les autres. Amatrice de bières, d’un tempérament faussement nonchalant mais affirmé, elle n’a pas la langue dans sa poche et affiche une désinvolture teinté de cynisme face aux événements qu’elle vit. Bref, elle ne s’en fait pas; ou du moins elle ne s’en fait plus.

 

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Les enquêtes qu’elle mène ne rentreront pas dans les annales du polar, mais son rôle à contre emploi la rend plutôt attachante. Lewis Trondheim a créé là un personnage authentique lui faisant vivre de manière ordinaire des situations extraordinaires.

L’authenticité est renforcée par des dialogues incisifs entrecoupés de longs silences qui en disent tout autant que les répliques percutantes des protagonistes.

La narration est par ailleurs remarquable. Usant d’un gaufrier classique hyper séquencé, Trondheim et Oiry nous offrent un découpage cinématographique insufflant du rythme dans une histoire ou action, coup d’éclat ou coup de feu son quasiment absent.

Au final, on a là un polar décalé et drôle dont l’intérêt principal réside plus dans le comportement de l’enquêtrice que dans l’enquête elle même.

 

 

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Loubrun

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Vin gloire et bonté

vin gloire et bonté .jpgvin gloire et bonté,bunisset,liotti,glénat,reportage,bordeaux,viticole,vin,510,062015Scénariste : Isabelle Bunisset

Dessinateur : Giuseppe Liotti

Éditeur : Glénat

136 pages

date de sortie : juin 2015

genre : satire sociale, reportage

 

 Des médocs dans le Médoc

 

Annabelle de la Poisse est une jeune, riche et jolie journaliste Parisienne dont la vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille. En instance de divorce, et en proie à deux adolescents épousant parfaitement les formes du canapé, elle est un brin névrosée, accro à la psychanalyse et tient le coup grâce aux médocs. A propos de médoc, son père qui est à la tête d’un gros hebdomadaire et se trouve être son patron, l’envoi dans le vignoble Bordelais afin de réaliser un dossier de 50 pages. Annabelle n’y connait rien, mais ça n’est pas grave car le dossier portera non pas sur le vin, mais sur le milieu viticole. La voilà partie en immersion dans un milieu assez particulier.

 

 

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Bienvenue dans le monde merveilleux de la vinocratie Bordelaise ! Isabelle Bunisset est critique littéraire au journal Sud ouest et chroniqueuse viticole au Figaro magazine. Elle a écrit quelques ouvrages sur le vin et semble avoir ses entrées dans le milieu assez fermé du vin et particulièrement du côté de Bordeaux.

 

Elle nous invite à la suivre dans son reportage immersif sur la bourgeoisie viticole Bordelaise et nous livre sur un plateau une satire sociale parfois drôle et souvent acide sur un milieu qui, d’après ce qu’on en voit dans cet ouvrage, ne gagne pas trop à être connu ! Dans toutes ces grandes familles de propriétaires viticoles, l’hypocrisie et le paraitre sont des valeurs sûres dont il vaut mieux maitriser les règles si l’ont veut avoir sa place. Chaussée de ses Louboutins, la jeune journaliste Parisienne débarque la dedans un peu comme un chien dans un jeu de quille et n’a pas l’air très en phase avec ce milieu. Quoique. Faussement candide, elle en comprend vite les règles, et prend plaisir à jouer. Les journalistes en prennent d’ailleurs aussi pour leur grade. Ils jouent le jeu de cette aristocratie vieillotte et hypocrite, et profitent du système à coup de flatteries et cirage de pompes. Finalement personne n’est dupe, tout le monde accepte ces règles du jeu absurdes et l’on en vient à plaindre ceux qui travaillent vraiment la terre et font le vin, si proches et si loin de ce monde factice et superficiel.

 

 

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J’ignore jusqu’à quel degré de caricature Isabelle Bunisset pousse sa critique, mais la satire est plutôt bien vue et sent le vécu, permettant d’y accorder un crédit certain. Y compris le personnage d’Annabelle, parisienne un peu bobo, surbookée et surlookée, dont les traits proposés par Giuseppe Liotti ne sont pas sans évoquer le physique de l’auteure.

 

J’émettrai toutefois quelques réserve à propos de la narration. Trimballé entre château , expos vinicoles et mondanités, le lecteur ne fait qu’assister aux sarcasmes des protagonistes et doit supporter les multiples réflexions pensées de la journaliste. L’effet de ces bulles de pensées omniprésentes rend la lecture pesante, et la mignonne Annabelle un brin agaçante … Au final, je ne me suis pris de sympathie pour aucun des personnages et me suis demandé si tout ce barnum n’est pas mis en place uniquement pour servir de toile de fond à une banale histoire d’une névrosée parisienne.

On sent bien qu’Isabelle Bunisset fait là ses premiers pas en BD et qu’elle n’en maitrise pas tous les codes. A mi chemin entre le reportage satirique et la fiction documentée humoristique, ce livre à du mal à se situer, et le lecteur finit par s’ennuyer ferme. Les ficelles sont un peu grosses, comme tous ces noms qui se veulent drôles : de la Poisse, de la Taigne, château Lafoire, château Sournois …

 

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Vin gloire et bonté ne vous apprendra rien sur le vin, et pas grand chose d’intéressant sur un milieu ou l’argent occupe un peu trop les esprits. A moins d’être de la caste de la vinocratie Bordelaise, ou de la bobocratie Parisienne, et d’avoir un minimum le sens de l’autodérision, je ne vois pas trop à qui cette BD peut s’adresser.

 

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Loubrun

 

 

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Zombies néchronologies – tome 2 – Mort parce que bête

zombies néchrologies,peru,boudoiron,soleil,anticipation,zombies,mort vivants,810,062015zombies néchrologies,peru,boudoiron,soleil,anticipation,zombies,mort vivants,810,062015Scénario : Olivier Péru

Dessin : Arnaud Boudoiron

Éditeur : Soleil production

48 pages

date de sortie : juin 2015

genre : anticipation, fantastique

 

 

 

Résumé (éditeur)

Stockholm, quelques mois après l’apparition du virus. L’hiver et les zombies ont transformé la ville en un désert glacé. Seule une poignée de survivants a trouvé refuge dans un bunker et résiste à la mort. Avant de se couper du monde, tous travaillaient sur un jeu vidéo de zombies et pensent pouvoir tenir bon.
Mais confrontés à une réalité plus forte que la fiction, dans la faim, la peur et l’isolement, ils découvrent qui ils sont vraiment et se rendent à l’évidence : trop nombreux, divisés, et prêts à se battre pour une boîte de conserve…
Ils ne verront pas tous la fin de l’hiver.

 

« Il y a un axe qui n’a pas encore été exploré. C’est l’hyperréalisme. »

 

Les amateurs de séries zombies n’ont pas le temps de se remettre de leurs émotions. Un walking dead en début d’année, et tout récemment Alice Matheson et Gold of the dead… , Si les titres se succèdent à une vitesse impressionnante, chacun réussit à trouver son style et, a défaut de renouveler le genre, a apporter sa pierre à l’édifice.

Le succès de la série Zombies de Olivier Peru, lui permet d’étendre son univers en décomposition dans une série annexe constituée de one shots. Alors que le tome 1 se déroulait à Paris et mettait le Président François Hollande dans une bien mauvaise posture, ce deuxième opus nous emmène à Stockholm au cœur d’une équipe de production de jeux vidéos. Reprenant à son compte l’idée de Romero dans son film « Chronique des morts vivants », ou il est question d’une équipe de cinéma tournant un film de zombies en pleine forêt, rattrapée par une invasion de mort vivants, Olivier Péru crée une situation de mise en abyme en confrontant les créateurs du jeu vidéo à la réalité du virus qui a envahit la ville. Le chef de projet qui voulait un jeu hyper réaliste en aura pour son argent et mouillera la chemise, au sens propre.

 

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Olivier Péru nous sert un scénario aux petits oignons, qui nous tient en haleine du début à la fin. Face à l’adversité, les personnages révèlent leur vraie nature et les vrais méchants ne sont bien évidemment pas les zombies. On est vraiment pas loin des walking dead où la tension est essentiellement psychologique.

Graphiquement, Arnaud Boudoiron opte pour un registre quasi hyper réaliste conférant des attitudes un peu figées aux personnages. Mais son trait précis rend le dessin assez expressif et ses mises en scènes remarquables d’efficacité, font du coup oublier l’aspect figé.

Ce deuxième volume de Zombies Néchrologies est d’excellente facture et ne démérite pas sa place aux côtés de la série mère Zombies, et de la série reine Walking Dead.

 

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Loubrun

 

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