Prométhée – Tome 13 – Contacts

Scénario : Christophe Bec
Dessin : collectif *
Éditeur : Soleil
48 pages
sortie : janvier 2016
genre : science-fiction, fantastique


 Présentation de l’éditeur
Au cours de l’Histoire, de nombreux indices ont été disséminés sur toute la surface du globe par l’entité alien mais… personne n’a su les déchiffrer à temps ! L’humanité a par conséquent été méthodiquement exterminée après l’invasion extraterrestre ! Découvrez les signes annonciateurs du désastre dans cet album collectif exceptionnel.

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Outcast – Tome 2 – Souffrance

Scénario : Robert Kirkman
Dessin : Paul Azaceta
Éditeur : Delcourt
154 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : horreur, épouvante, fantastique


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 Présentation de l’éditeur

Kyle Barnes est tourmenté par des possessions démoniaques depuis son plus jeune âge. À la lumière de récentes découvertes et en dépit de terribles cauchemars, il semble commencer à comprendre la nature du mal qui le touche, et à entrevoir les réponses qu’il a cherchées toute sa vie. En revanche, la vie du Révérend Anderson, celui qui le soutient depuis toujours, semble sur le point de s’écrouler.

Mon avis

A peine 10 mois après la sortie du premier volume regroupant les 7 premiers épisodes parus aux États-Unis, nous voilà avec le deuxième tome de Outcast entre les mains. Le tome 1 m’avait laissé une très bonne impression et laissait présager d’une série au succès garanti. Le succès semble être au rendez-vous puisque la série est en cours d’adaptation pour le petit écran et pour une diffusion en 2016.

Ce deuxième opus aura tôt fait de ferrer le lecteur ! Kirkman sait s’y prendre pour distiller juste ce qu’il faut d’informations pour faire avancer le récit et captiver l’attention. Nous en savons un peu plus sur la relation de Kyles avec son ex-femme et l’on découvre un personnage qui semble décidé à prendre un peu plus les choses en mains pour affronter ses démons et ceux des autres, parce qu’il prend conscience qu’il possède un pouvoir particulier. Parallèlement, le personnage du révérend prend plus de place dans l’histoire et commence à révéler une facette de sa personnalité pas très reluisante. Ses motivations ne sont pas tout à fait les mêmes que celles de Kyles et l’on sent des divergences de point de vue poindre entre les deux protagonistes.

Robert Kirkman amène avec habileté les rebondissements et arrive à surprendre le lecteur à chaque nouveau chapitre. La frayeur s’installe peu à peu, lentement mais sûrement, sans surenchère d’effets de possession telles qu’on peut les connaitre dans la filmographie du genre. Ici, les possédés nous effraient parce qu’ils ne sont pas forcément et systématiquement transformés en bêtes immondes proférant des insanités. Ils sont lucides et tant que le démon qui les habite se tient tranquille, ils ne laissent transparaitre qu’un mal être inquiétant.

Visuellement, le travail de Paul Azaceta sur le dessin et d’Elisabeth Breitweiser sur les couleurs est remarquable. Les ambiances créées sont parfois bien flippantes ! La mise en scène et le découpage sont très efficaces avec notamment l’insertion régulière de petites vignettes carrées faisant le focus sur un détail d’une scène. Ce procédé permet l’usage du gros plan pour apporter une nuance ou bien une information complémentaire quant à la scène, sans nuire à la lisibilité de la page. On a d’ailleurs l’impression que ce scénario a été écrit et pensé dès le début pour le cinéma …

Robert Kirkman nous offre là une série accrocheuse qui va nous mettre les nerfs en pelote et avec laquelle il va falloir désormais compter.

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Loubrun

http://fox.outcasttvseries.com/

Pire Ouvrier de France

pire ouvrier de france.jpgpire ouvrier de france_pl.jpgScénario : Besseron

Dessin : Frédéric Felder

Éditeur : Audie – Fluide Glacial

56 pages

date de sortie : janvier 2016

genre : humour

 

 

présentation de l’éditeur
Avec Pire Ouvrier de France, on s’attaque au saint des saints : La tradition Française. Chaque corps de métier est méticuleusement passé à la moulinette. Le souffleur de verre confectionne des pipes à crack, l’horloger prépare des bombes avec des coucous suisses, quant au Boucher sa viande provient uniquement du pare-chocs de sa 4L ! Il en ressort un beau mélange bien homogène de catastrophes, de quiproquos et de gags à n’en plus finir.

 

« c’est marrant parce que des fois, être fleuriste, c’est pas loin de sociologue. Si on prend le temps, si on observe attentivement, si on fait bien attention, bin on peut arriver à mieux comprendre notre société. »

 

Mon avis
A l’heure où le made in France devient tendance dans l’hexagone, il est absolument indispensable de mettre en avant les artisans qui œuvrent durement pour mettre en avant ce qu’on appelle la tradition artisanale française. L’amour du travail bien fait, du bon produit et du savoir faire, érigés face à l’industrie et aux grandes surfaces. Le consommateur, de plus en plus exigeant, est en quête de références, de garanties, de labels qualité, de normes. En résultent de nombreux prix, médailles et certificats récompensant les meilleurs produits et/ou les meilleurs artisans. C’est fou, d’ailleurs ce qu’on peut voir comme labels « meilleur produit dans sa catégorie ». C’est bien, c’est rassurant et les gens sont contents.

Sauf que…

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Olivier Besseron et Frédéric Felder ne sont pas du genre à se fondre dans un conformisme rébarbatif et se foutent pas mal de rassurer les gens en racontant de gentilles histoires sur le bel artisanat français. A l’opposé de la bienséance, ils s’échinent dans une succession de gags en deux pages à présenter une palette de métiers artisanaux de la manière la plus trash possible. Ainsi, du boucher au souffleur de verre, en passant par le maçon, le sculpteur, le prothésiste dentaire ou le fleuriste, et j’en passe, les auteurs nous font l’éloge de ses métiers à leur façon dans une apothéose de giclées liquides de toutes les couleurs.
Attention ! c’est vraiment trash, gore, scabreux, graveleux, scato. Les gags ne feront sûrement pas rire tout le monde, et ne sont pas à mettre entre n’importe quelles mains. Mais ceux qui ne craignent pas ce registre démesurément irrévérencieux et qui n’ont pas la nausée facile se payeront quelques bonnes tranches de rigolade.
Par ailleurs, ce qui donne un peu de consistance à cet humour spécial et du coup l’affine un tant soit peu, c’est le décalage entre les textes narratifs très consensuels et le visuel trash représenté dans un style clair et aéré. On est à l’opposé du style « dessin dégueu » de Vuillemin. Là, on est dans du « crade propre » avec un trait simple et des couleurs tout en aplats (sauf pour les giclées) qui rendent presque supportable l’insupportable.
Pire Ouvrier de France, c’est un gros pied de nez totalement déjanté et bien graveleux fait au made in France. Mais que les âmes sensibles se rassurent, tout cela n’est que pure fiction. La preuve : les personnages n’ont que 4 doigts …

Allez ! vous en reprendrez bien une petite tranche !

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Loubrun

 

Drifter – Tome 2 – Veillée

drifter T2.jpgdrifter t2 pl01.PNGScénario : Ivan Brandon
Dessin : Nic Klein
Éditeur : Glénat comics
112 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : science-fiction, space opera

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Abram Pollux navigue vers l’inconnu. Il a décidé de revenir sur le lieu du crash de son vaisseau, situé à des centaines de kilomètres de la ville, dans les profondeurs inexplorées de Ouro… Qui sait ce qu’il y trouvera d’autre? Mais Abram est bien déterminé à recoller les morceaux du passé et à trouver un moyen de rentrer chez lui. Arrivé sur la face cachée de la planète, il ignore que, contrairement aux apparences, il n’est pas seul…

 

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Mon avis

J’avais refermé le tome 1 de ce space opéra sur un sentiment de déception et d’incompréhension. Le scénario m’avait paru plus que flou et le personnage principal d’un ennui mortel. Les multiples pistes ouvertes dans le premier tome se perdaient dans l’infini spatio temporel….

On revient avec ce deuxième volume sur une trame plus terre à terre : le pilote Abram Pollux, toujours en quête d’éclaircissements sur son passé, veut retrouver son vaisseau pour y récupérer des pièces et bricoler un truc pour rentrer chez lui. Pour ce faire il va devoir arpenter la face cachée de la planète Ouro. Il y fera des rencontres inattendues et détonantes.

Le scénario, moins flou que dans le premier tome, n’en est pas pour autant plus captivant. J’ai rarement vu un personnage principal aussi ennuyeux ! On a vraiment du mal à saisir ce qui anime tous les protagonistes et il est absolument impossible d’avoir un brin d’empathie pour eux.

Ce « space opera introspectif aux accents de western initiatique » ne me convainc toujours pas malgré les dessins sublimes de Nic Klein.

Ce dernier arrive à susciter des ambiances inquiétantes grâce à une mise en scène inspirée et une maitrise parfaite de la colorisation. Certaines planches sont d’une beauté époustouflante, presque envoutante.

Le scénario est pénible à suivre, mais on a au moins la satisfaction d’avoir de belles planches à admirer.

Malheureusement, le dessin seul, aussi beau soit-il, ne suffit pas à faire une bonne BD.

 

 

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Loubrun

 

 Une vidéo qui permet d’apprécier le travail de Nic Klein. Impressionnant !

 

 

Nankin, la cité en flammes

Nankin la cité en flamme.jpgNankin la cité en flamme_pl.jpgScénario et dessin :  Ethan Young
Éditeur : Urban China
188 pages

Sortie : janvier 2016
Genre : manhua, guerre, Histoire

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Chine, décembre 1937. Après des mois de conflit à Shanghai, l’armée impériale japonaise entre dans Nankin et massacre la population, faisant des centaines de milliers de victimes. Dans la ville fortifiée, entre les patrouilles et les décombres, deux soldats chinois tentent d’échapper à l’horreur. Ethan Young nous dépeint avec talent l’un des évènements les plus tragiques du XXe siècle, qui reste aujourd’hui encore méconnu. Un récit poignant qui ne laissera pas le lecteur indemne.

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Mon avis

Avec Nankin, la cité en flammes, Urban China enrichit son catalogue d’un nouveau roman graphique historique. Après avoir publié la bataille de Shanghai racontée avec force détails par l’auteur Chinois Bo Lu, voici, non pas l’histoire du massacre de Nankin, mais une histoire se déroulant pendant l’épisode le plus terrible de la seconde guerre Sino-japonaise. Fin 1937, la ville de Nankin, déclarée capitale de la Chine par Tchang Kaï-Chek, est conquise par les troupes Japonaises. Le rapport de force est largement en faveur des japonais et les militaires de haut rang Chinois fuient rapidement la ville, abandonnant sur place population civile et troupes militaires sans donner aucun ordre de retraite.

S’en est suivi durant six semaines le massacre de centaines de milliers de civils et militaires et le viol de dizaine de milliers de femmes, perpétrés par une armée japonaise totalement affranchie des lois de la guerre et des soldats endoctrinés dans la haine.

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Ethan Young, New-yorkais né de parents immigrés Chinois, nous raconte ici l’histoire de deux soldats chinois qui tentent de fuir la ville et d’échapper à la barbarie. Il choisit délibérément de ne pas raconter le massacre de Nankin mais plutôt de nous en faire ressentir l’horreur en suivant deux personnages auxquels on pourrait aisément s’identifier. C’est par leurs yeux que le lecteur découvre l’ampleur du massacre, mais sans aucune débauche ni surenchère de scènes violentes ou sordides. On ne voit que quelques bribes d’atrocités, du coin de l’œil, un peu comme si les soldats ne voyaient plus l’abomination tellement ils y sont plongés. Ils gardent pourtant au fond d’eux une part d’humanité, et ont bien conscience des évènements qui se trament. Le lecteur prend aussi conscience qu’il n’est pas juste en train de suivre la cavale de deux soldats lorsque ceux-ci croisent la route de civils tentant de survivre.

Ethan Young réussit dans son récit à nous faire ressentir pleinement l’abomination de ce massacre de masse sans céder à la facilité de trop en montrer. Il réussit de plus à y mettre une petite once d’humanité lors de la rencontre des deux fuyards Chinois avec les civils.

Pour la partie graphique, on est en plein mix du style Chinois et Américain. Un trait à l’encre précis et prononcé, et des plans serrés renforçant le caractère immersif du récit et son évolution à hauteur d’homme. On appréciera en fin d’ouvrage quelques pages présentant des croquis préparatoires permettant d’apprécier le trait de l’auteur, ainsi qu’une brève chronologie de la seconde guerre Sino-japonaise.

Nankin, la cité en flammes raconte un évènement majeur des guerres du XXè siècle en plaçant l’homme au cœur du récit plutôt que le fait historique lui-même.

Un beau document sur une histoire peu connue en Europe, qui devrait bien compléter le Nankin des éditions Fei publié en 2011.

 

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Loubrun

Golem

Golem.jpgGolem_pl.jpgAuteur : LRNZ
Éditeur : Glénat Comics
288 pages
Sortie : janvier 2016
Genre : anticipation

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Steno ne peut pas s’arrêter de rêver. Pour une raison quelconque, dans un monde où le moindre besoin est déjà satisfait par le «système», Steno sent qu’il devra, tôt ou tard, réaliser son rêve par lui-même. Il n’imagine alors pas que le monde entier a besoin de lui, de cette capacité à rêver…

 

« Aujourd’hui les chiffres sont formels : tout citoyen Italien a les moyens de s’acheter cette voiture, et posséder un Desmophone est désormais un droit inaliénable »

 

Mon avis

L’histoire se passe en Italie en 2030. La société est prospère et en paix, les gens ont tout ce qu’ils veulent grâce à la technologie qui leur est entièrement dévouée. Un peu trop même ! La société est ultra connectée, le port de l’oreillette est permanent et les gens sont sans cesse sollicités pour consommer ou pour se préserver de risques potentiels. Tout ce qui sort du contrôle de la technologie est dangereux. Un groupuscule, les Shoraï, refuse cette société du bien-être apathique, du confort imposé et du risque aboli qui bloque inexorablement l’accès à un bonheur simple.

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LRNZ, de son vrai nom Lorenzo Ceccotti, est un artiste illustrateur et designer Italien et a ce projet en tête depuis environ 20 ans. Golem est son premier roman graphique. Dans un récit d’anticipation ambitieux, surprenant et déroutant, il dépeint une société où la dictature des multinationales se cache derrière une démocratie de façade, prétextant apporter bonheur et bien-être aux populations tout en exerçant insidieusement un contrôle toujours plus prégnant sur elles.

 

Dystopie* par excellence, ce livre a ceci d’effrayant qu’il nous renvoie un reflet pas si déformé que ça de la société actuelle. Surconsommation, matérialisme galopant, société ultra connectée (regardez le nombre d’objets connectés qui fleurissent un peu partout et supposés améliorer notre quotidien) et paradoxalement de plus en plus individualiste, populations consentantes soumises malgré elles à cet autoritarisme grandissant et à une ingérence de leur vie privée. Le monde aseptisé et étouffant dépeint dans ce récit d’anticipation me fait froid dans le dos tant j’ai parfois l’impression d’en voir les prémices dans la vraie vie…

Sur le fond, Golem est assez réussi et LRNZ nous sert une excellente satire sociale dans une étonnante parabole politique sur la fin de l’économie mondiale.

 

golem,lrnz,lorenzo ceccotti,glénat comics,anticipation,dystopie,technologie,510,012016Je suis en revanche beaucoup plus réservé sur la forme. Non pas parce que ce livre est inclassable et à la croisée d’inspirations diverses, mais parce que je trouve que le propos n’est pas assez clairement mis en scène. Il y a beaucoup de scènes d’action, presque trop, où gros plans et surenchère d’effets nuisent à la lisibilité. De nombreuses planches sont difficiles à lire à cause sans doute d’un découpage qui se veut trop dynamique pour servir un scénario à la fois  dense et abscons. Du coup, la lecture devient vite pénible et l’on décroche du sujet parce qu’on ne peut rentrer dans les planches. Pour ne rien arranger, le graphisme est déroutant. Mélange de styles et d’influences manga, comics et Franco Belge, le dessin très coloré ou alors dans des teintes plus pastelles, est, d’une planche à l’autre très détaillé ou très épuré, avec entre chaque chapitre des peintures réalistes assez sombres. On se noie un peu dans cette abondance de styles qui s’entremêlent sans cesse.

Au final, le travail énorme qu’a fourni l’auteur pour boucler ce livre se voit, mais à la fin de la lecture j’ai ressenti comme une frustration et j’ai eu le sentiment d’un énorme ratage.

Cette histoire, qui prend pourtant 280 pages, aurait mérité un développement plus lent et une narration plus posée, ce qui aurait permis d’exposer plus clairement le propos et de rendre le tout beaucoup plus accessible.

Dommage, parce que le sujet vaut le coup d’être abordé.

 

 

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Loubrun

 

 

* Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. (src- wikipédia)

Beaucoup de séries BD d’anticipation peuvent entrer dans ce style de récit : SOS Bonheur, Ikigami, L’incal, Golden City, Lazarus ….

 

 

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Le site de l’auteur : http://www.lrnz.it/

L’Épervier – Tome 9 – Coulez la Méduse !

epervier T9.jpgepervier T9_pl.jpgAuteur : Patrice Pellerin

Éditeur : Quadrants

48 pages

date de sortie : décembre 2015

genre : aventure

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Sur ordre de Louis XV, L’Épervier doit rejoindre le Canada pour sauver une périlleuse mission. Les Anglais, ennemis de toujours, alimentent là-bas de sournoises intrigues, y mêlant les populations indigènes. Yann de Kermeur devra succéder à un espion français qu’un certain Masque de fer a massacré. Mais la mer est peuplée de navires Anglais, la promiscuité sur la Méduse est pesante, et la traversée si longue…

 

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Mon avis

Patrice Pellerin est fou ! Il est fou comme tous ces passionnés et amoureux du travail bien fait qui ne rechignent pas à la tâche, qui visent sans cesse la perfection. Fou de détails et de précisions qui font de ses BD des encyclopédies vivantes du costume, de l’architecture, ou de la marine du 18ème siècle. Et tous les trois ans, au rythme de parution de ses livres, je me délecte de cette folie douce qui m’embarque pour une aventure au large et dont le souffle épique me fait briller les mirettes.

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Car l’épervier, c’est de la grande série d’aventures, populaire et feuilletonesque à souhait. Seul à la barre depuis 1994, Patrice Pellerin a su capter son public dès le début en l’entrainant sans relâche des côtes Bretonnes aux îles de Guyane en passant par les ors de Versailles.

Le second cycle des aventures de Yann de Kermeur, débuté au tome 7 lors du passage de la série dans le giron de Soleil production sur le label Quadrants, a donné une nouvelle dimension et un nouvel élan à la série en envoyant le marin sur le chemin de l’espionnage. Ainsi, autour de la mission secrète (dont, comme Yann de Kermeur, on ignore toujours la teneur !) se greffent deux intrigues : l’une concernant les déboires d’Agnès de Kermellec et l’autre où l’on voit se tramer des complots dans les bas fonds de la capitale ou dans les dorures des salons Versaillais.

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Patrice Pellerin mène drôlement bien sa barque avec tous ces allers-retours entre les trois arcs narratifs. Ils donnent le rythme nécessaire à une histoire dont l’intrigue avance très (trop) lentement. C’est le petit point de frustration que j’ai eu sur cet album. Au bout de 6 ans et seulement trois albums parus sur ce deuxième cycle, on n’en sait pas tellement davantage sur ce qui attend le corsaire dans le nouveau monde. Eh oui ! Patrice Pellerin est un perfectionniste, un pointilleux, un amoureux du détail qui ne se voit pas, et vous pouvez être sûrs que le nombre de carreaux aux fenêtres du château de Versailles ainsi que le nombre de poulies sur les bateaux sont les bons. Et qui plus est, il est multitâche : dessinateur, scénariste, coloriste. On peut donc bien lui pardonner ces délais à rallonge d’autant que c’est toujours un régal de se perdre dans  les détails de ses planches. Mais quand même, il me plairait dans le prochain tome de voir l’intrigue franchir un nouveau cap !

L’Épervier reste donc une valeur sûre pour les férus de BD d’aventure historique et navale, pourvu qu’ils soient un peu patients.

 

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Loubrun

Les nouvelles aventures de Sarkozix – tome 1 – sur le retour

nouvelles aventures de sarkosix, pothier, rudowski, delcourt, humour, parodie, politique, 1.5/5,12/2015Snouvelles aventures de sarkosix, pothier, rudowski, delcourt, humour, parodie, politique, 1.5/5,12/2015cénario : Nicolas Pothier

Dessin : Geoffroy Rudowski

Éditeur : Delcourt

32 pages

date de sortie : décembre 2015

 

 

 

Présentation de l’éditeur

On le croyait fini, perdu pour la cause gauloise et pourtant, il revient ! Sarkozix est plus déterminé que jamais à remonter sur son bouclier de chef gaulois. Trahir ses anciens amis, plagier les idées de Marina pour séduire les Gaulois tentés de la rejoindre : il est prêt à tout pour effacer l’affront d’avoir été battu par ce nul de Hollandix. et se mettre hors de portée du glaive de la justice.

 

Mon avis

Après Les aventures de Sarkosix de Wilfrid Lupano et Bruno bazile (5 tomes s’il vous plait ! sortis entre 2010 et 2012), voici de nouvelles aventures du président le plus bling-bling de la 5è république. Cette fois-ci son retour est mis en scène par Nicolas Pothier (Ratafia, Junk, Caktus …) et mis en images par Geoffroy Rudowski.

N’étant pas naturellement attiré par ce genre d’albums, j‘avoue humblement ne pas avoir lu la première série. Bref, je me suis un peu dévoué pour m’occuper de ce service presse, en essayant de me rassurer avec le nom de Nicolas Pothier qui me fait bien marrer dans Ratafia.

Nous retrouvons donc l’ex-chef des Gaulois Sarkosix qui s’agite pour revenir sur le devant de la scène et surtout prendre sa revanche sur le chef actuel Hollandix.

Pas besoin de faire un dessin pour comprendre l’effet d’humour voulu dans cette BD et le pastiche assumé d’Astérix. L’idée de transposition est en elle-même assez rigolote, mais son traitement manque cruellement de subtilité et les effets comiques tombent complètement à plat. N’est pas Goscinny qui veut. L’ajout de suffixes en « ix » ou « us » aux noms propres est trop simpliste, tout comme les situations qui ne sont qu’un pâle reflet d’un médiocre JT. Quant au dessin, si le décorum est plutôt bien planté, certains personnages sont carrément méconnaissables.

Faire un copier/coller de l’actualité politique en ajoutant des suffixes en « ix » ou « us » aux noms propres n’aboutit finalement qu’à une comédie fadasse qui ne m’a pas arraché un seul éclat de rire.

Mais il est vrai qu’il ne doit pas être évident de caricaturer une caricature …

Voilà un retour dont on pourrait très bien se passer…

 

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Loubrun

 

L’histoire d’un monde truqué

Histoire d'un monde truqué.jpgHistoire d'un monde truqué_Pl.jpgAuteurs : Benjamin Legrand et Jacques Tardi

Éditeur : Casterman

132 pages

date de sortie : octobre 2015

genre : art book, cinéma, dessin animé

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Univers uchronique créé sur mesure par Benjamin Legrand pour son ami Tardi, Le Monde truqué, avant de devenir un long métrage d’animation, a mûri de longs mois dans l’esprit des deux camarades. Toutes les étapes de cette création, des premières ébauches de personnages aux esquisses des machines les plus folles, sont rassemblées dans ce livre, pour découvrir une nouvelle facette du travail de ces deux auteurs.

 

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Mon avis

Sorti sur les écrans en novembre 2015, Avril et le monde truqué est un film d’animation écrit par Benjamin Legrand, ami de longue date de Jacques Tardi. Auteur touche à tout, écrivain, traducteur, réalisateur, scénariste, Legrand avait écrit Tueur de cafards pour Tardi dans les années 80.

Avril et le monde truqué est une uchronie se déroulant au début des années 30 dans une France dirigée par Napoléon V et bloquée à l’ère de la vapeur suite aux disparitions mystérieuses des plus brillants scientifiques. Un monde imaginaire aux ambiances steampunk créé par Benjamin Legrand et Jacques Tardi.

Co-scénariste du dessin animé, Benjamin Legrand nous raconte dans cet art-book la genèse du film. Dans un style simple et familier il accroche le lecteur dès les premières pages et nous embarque dans les coulisses de la création. On se rend alors compte du long cheminement nécessaire pour arriver à bout d’un projet artistique, et l’on apprend notamment que ce film est né sur les cendres d’un précédent projet ayant capoté. Bourré d’anecdotes, le texte est agrémenté de nombreux dessins et croquis préparatoires réalisés par Tardi. Très accaparé par sa série en cours Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, il s’est vite rendu compte qu’il n’aurait pas le temps de mener de front ces deux projets et n’a donc pas réalisé le film. Mais il a tout de même grandement contribué à sa création en élaborant la galerie de personnages, de monstres et de machineries qui animent cette histoire.

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Le dernier tiers du livre nous permet d’admirer deux des douze carnets du « story-board » commencé par Tardi. Les guillemets s’imposent, car un story-board est en général très technique et pas vraiment destiné à livrer de chouettes dessins. Or, ce que l’on voit dans ces deux carnets pourrait presque constituer une bd ou à défaut de magnifiques sérigraphies.

 

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Un beau livre pour les fans du grand Jacques Tardi, qui donne envie de voir le dessin animé.

 

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Loubrun

 

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