L’aéropostale, des pilotes de légende – tome 4 – Saint-Exupéry

l'aéropostale,des pilotes de légende,saint-exupéry,bec,dumas,soleil,aviation,histoire,biographie,610,032016l'aéropostale,des pilotes de légende,saint-exupéry,bec,dumas,soleil,aviation,histoire,biographie,610,032016Scénario : Christophe Bec

Dessin : Patrick Dumas

Éditeur : Soleil

52 pages

date de sortie : mars 2016

genre : aviation, histoire

 

 

 

De sa jeunesse jusqu’à l’aube de sa mort, les auteurs livrent ici un portrait insolite d’Antoine de Saint-Exupéry. Ils relatent des évènements connus de tous, comme sa carrière dans l’Aéropostale ou encore son union avec Consuelo de Saint-Exupéry, mais aussi des faits plus secrets : son intérêt pour l’hypnose, l’occultisme ou encore l’accident d’hydravion qui faillit lui coûter la vie.

 

« Je vous préviens, ça va être dur ! Et je suis dur avec tous les pilotes, sans exception ! Mais c’est un service à vous rendre »

 

Poursuivant la belle collection consacrée aux pilotes qui ont fait la légende de l’Aéropostale, ce quatrième opus nous raconte l’histoire d’un personnage plus connu pour sa contribution au patrimoine culturel et littéraire français. Traduits dans le monde entier, Vol de nuit et Le Petit Prince , pour ne citer que les plus connus, ont rendu Antoine de Saint-Exupéry immortel. Pourtant, il s’est d’abord fait remarquer dans l’aviation en tant que pilote chevronné bien que réputé distrait.

Né en 1900, il fut passionné dès son plus jeune âge par l’aviation qui était alors en plein essor. En sortant de l’école, il se rend sur les terrains d’aviations et questionne sans relâche les pilotes. Adolescent, il se payera un baptême de l’air et finira par apprendre à piloter lors de ses premiers pas dans l’armée. Il rejoindra enfin la compagnie Latécoère, célèbre pour ses hydravions qui acheminaient le courrier en Afrique de l’ouest puis en Amérique du Sud. Sous la direction du pionnier de l’aviation de Didier Daurat, il sera formé à la dure en occupant tous les postes au sol avant de prendre les airs.

Christophe Bec raconte en accéléré cette période riche en aventures de la vie de Saint-Ex. Si les évènements se succèdent un peu trop rapidement, l’auteur a la bonne idée de parsemer son récit de quelques faits méconnus comme l’intérêt de Saint-Ex pour l’hypnose et l’occultisme ou encore cet accident d’hydravion qui faillit lui couter la vie et dont on suit l’évolution tout au long de l’album comme un fil d’Ariane.

Patrick Dumas illustre cette histoire de son trait classique et détaillé en remplissant ses planches de cases serrées mais néanmoins très lisibles. Les décors grandioses ne manquent pas pour autant, avec une mention spéciale pour la double page où Saint-Ex tombe en panne en plein désert évoquant avec simplicité et poésie Le Petit Prince.

 

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Loubrun

 

 

K-Shock

Auteure : Christelle PECOUT
Éditeur : Glénat
112 pages
date de sortie : mars 2016
genre : chronique sociale, musique


 Séoul, de nos jours. Alice, une jeune étudiante française, est venue vivre ici par passion pour la K-Pop – la fameuse musique pop sud-coréenne qui fait fureur sur internet. Un peu désabusée, elle se rend vite compte que ce pays et sa culture ne se livrent pas facilement. Elle fréquente surtout des expatriés, comme elle, ou des anglophones. Mais sa rencontre avec Jae Sun, jeune coréen issu d’un milieu populaire, rappeur amateur et sur le point de devenir le prochain idol d’un groupe de K-Pop, pourrait changer la donne…

Lire la suite « K-Shock »

Les poilus – tome 1 – frisent le burn out

les poilus, bouzard, fluide glacial, humour, guerre, 14-18, 6.5/10, 02/2016les poilus, bouzard, fluide glacial, humour, guerre, 14-18, 6.5/10, 02/2016Auteur : Bouzard

Éditeur : Fluide Glacial

48 pages

date de sortie : février 2016

genre : humour

 

 

 

 

Début août 1914, c’est la mobilisation générale et la plupart des hommes du village de Pierre Fardin ont hâte de botter les fesses des fridolins. Seul Pierre semble lucide sur les évènements qui se préparent et ne trépigne pas d’impatience d’aller au feu. Il ira finalement comme tout le monde, pour creuser les tranchées, tirer sur les boches, obéir aux ordres absurdes, vivre les pieds dans la merde, et écrire de temps en temps à sa chérie, Suzanne. Il sera, comme tous ses compagnons d’infortune témoin et acteur de cette vie délirante qui s’est organisée dans ces conduits boueux durant 4 années et où l’impensable est possible.

 

« – qu’est-ce que c’est que ça ?!!!

– c’est un Mexicain mon lieutenant !

– Mais je vois bien que c’est un Mexicain !!! Mais qu’est-ce que fout un Mexicain dans nos tranchées ?!!!

– Bah on sait pas trop … Les Frisés l’ont ramené en même temps que nos cinq gars … ils ont dû croire qu’il était à nous … « 

 

Bouzard commémore le centenaire de Verdun à sa manière, par le petit bout de la lorgnette. En une dizaine d’histoires courtes aux dialogues croustillants à souhait, il raconte avec un humour déconcertant le quotidien ordinaire des soldats embarqués dans la boucherie de 14-18. L’humour caricatural n’est ni moqueur ni irrévérencieux, il est parfois grinçant parce qu’il évoque des situations émouvantes, parfois cynique, parfois absurde, souvent simpliste, mais toujours drôle et touchant comme cette lettre maladroitement terminée par les collègues d’un soldat tué en l’écrivant.

On ne rit jamais aux éclats, mais on rit souvent à tous ces bons gags quels qu’ils soient. On rit avec respect pour les poilus qui eux n’ont sûrement pas rigolé tous les jours, à l’instar de Pierre Fardin dont les lettres qu’il écrit à Suzanne servent de fil rouge à l’album et nous empêchent définitivement de nous éloigner de cette affreuse réalité que fut la guerre de 14-18.

Voilà donc une pochade originale qui invite avec beaucoup d’humour au Souvenir en apportant malgré tout sa petite dose d’émotion.

 

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Loubrun

 

 

 

Deepwater prison – Tome 3 – Évasion

deepwater prison, bec, raffaele, soleil production, anticipation, prison, fantastique, trhriller, 7/10, 02/2016deepwater prison, bec, raffaele, soleil production, anticipation, prison, fantastique, trhriller, 7/10, 02/2016Scénario : Christophe Bec
Dessin : Stefano Raffaele
Éditeur : Soleil
48 pages
Sortie : février 2016
Genre : thriller, anticipation

 

 

Stewart et ses compagnons d’évasion mettent à exécution leur plan pour s’échapper de cette énorme boite de conserve échouée à 900 mètres de profondeur. La clé de la porte de sortie, c’est Elaine Rosenberg, la représentante du gouvernement chargée d’enquêter sur le naufrage de la plateforme pétrolière. Alors qu’ils la prennent en otage, celle-ci n’oppose aucune résistance et semble prête à collaborer avec les fugitifs. Elle a découvert que la Prométheus Oil et le directeur de la prison faussaient les résultats de son enquête pour préserver leurs intérêts.

 

« Je vois autour de moi une dizaine d’objets qui vous paraissent anodins mais avec lesquels je pourrai vous tuer en une fraction de seconde ! »

 

Dans un final oppressant et glauque à souhait, Christophe Bec conclut cette aventure abyssale de belle manière mais sans grande surprise. L’explosion de la cocotte minute pressentie dans le tome 2 n’a pas vraiment lieu, bien que l’exécution du plan d’évasion soit soumis à quelques situations des plus sordides et non dénuée d’action et de rebondissements. La narration tourne essentiellement autour de l’évasion et les manœuvres mises en place pour contrer la représentante du gouvernement ne sont pas suffisamment développées. Il y a pourtant matière à faire quelque chose d’explosif avec ce mélange de cynisme exacerbé des toutes puissantes compagnies pétrolières et la déshumanisation sordide et sans morale qui règne dans les prisons laissées en quasi auto gérance. Bref, j’aurais aimé voir un télescopage plus franc entre les deux intrigues développées depuis le début.

On s’interroge aussi dans ce tome 3 sur l’utilité d’avoir introduit un pseudo suspense autour des monstres marins présents dans le premier tome. Leur présence ne sert pas vraiment le scénario si ce n’est à mettre un obstacle supplémentaire dans le plan d’évasion, et comme faire valoir pour la cause écologiste.

Graphiquement, cet album est dans la lignée des deux précédents et le talent de Stefano Raffaele n’est plus à démontrer. Le style hyper réaliste donne des planches assez froides, ce qui colle parfaitement à ce récit, auquel le découpage et les cadrages serrés donnent tout le rythme et le mouvement qu’il faut.

Si ce troisième tome déçoit un peu, les trois albums forment un ensemble cohérent pour un bon thriller d’anticipation oppressant, violent, angoissant, comme sait si bien les faire Christophe Bec. A déconseiller toutefois aux claustrophobes !

 

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Loubrun

 

 

 

Rimbaud, l’explorateur maudit

Rimbaud l'explorateur maudit.jpgRimbaud l'explorateur maudit_pl.jpgScénario : Philippe Thirault
Dessin : Thomas Verguet
Éditeur : Glénat
48 pages
Sortie : mars 2016
Genre : biographie, Histoire

 

 

Présentation de l’éditeur

On connait Rimbaud le poète. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’à l’âge de 29 ans, il partit seul étudier une région dangereuse et inexplorée de l’Éthiopie. Ce travail fut publié par la Société de Géographie française. C’est sur les traces de ce Rimbaud « l’explorateur » que part Valentin Bracq, son ami d’enfance. En 1892, il arrive à Harar dans l’ancienne maison de l’auteur. Rimbaud est déjà mort de la gangrène. Valentin va alors mener une véritable enquête, et revivre le voyage de son ami en Abyssinie comme si c’était le sien.

 

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Mon avis

On pourrait se poser la question quant à la présence du poète tourmenté dans la belle collection Explora dont l’objectif est de nous plonger « au cœur de la véritable histoire des grands explorateurs et de leurs expéditions extraordinaires. » Rimbaud est plus évocateur de poésie que de voyages. Quoique, les écrivains, et les poètes en particulier ont cette faculté de nous faire voyager à travers les mots qu’ils couchent sur le papier.

Rimbaud ne déroge pas à la règle et ses vers qui comptent parmi les plus beaux que la poésie nous ait offerts sont à eux seuls une invitation au voyage ou tout simplement à l’évasion. Et d’évasion, il en aura été question durant toute la vie du poète, comme nous l’explique Christian Clot dans les huit pages du dossier historique en fin d’album.

Brillant et impétueux écrivain introduit très jeune dans le gotha littéraire parisien, Rimbaud s’est vite ennuyé et son tempérament explosif et violent a fini par lui faire perdre de nombreuses amitiés. Ajoutant à cela sa relation tumultueuse avec Verlaine, il n’en fallait guère plus pour le pousser à prendre le large et sombrer dans une fuite en avant irréversible.

Philippe Thirault choisit de nous raconter à sa façon la période « écrivain / voyageur / commerçant / trafiquant » de Rimbaud. Durant 10 ans il arpenta la région méconnue à l’époque entre Aden et Harar dans un pays qui s’appelait alors l’Abyssinie.

L’option narrative choisie par Thirault ne permet malheureusement pas de prendre la mesure de la folie douce et du génie qui animait l’écrivain. En lançant sur ses traces un ami chargé de récupérer ses effets personnels, on a l’impression d’assister à une enquête et de n’être que spectateurs des faits évoqués, un peu comme des badauds flânant d’un œil distrait devant de belles vitrines animées. Le dossier historique en fin d’album nous en apprend plus et est finalement beaucoup plus intéressant que la BD

Le dessin est assuré par Thomas Verguet. Son trait fin expressif et épuré agrémenté de couleurs aux tonalités chaudes et douces donne des planches agréables à l’œil dans lesquelles il est bon de s’évader.

L’exercice de la biographie romancée est difficile, d’autant quand il s’agit d’une figure du patrimoine littéraire dont on veut montrer une facette peu connue. Ici, l’exercice n’est ni raté ni désagréable, mais on a un léger goût d’inachevé et ce sentiment que les pistes explorées par les auteurs ne l’ont pas été jusqu’au bout.

 

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Loubrun

 

 

 

 

Velvet – Tome 2 – Avant de mourir

velvet, brubaker, epting, breitweiser, delcourt, comics, polar, thriller, espionnage, 9/10, 02/2016velvet, brubaker, epting, breitweiser, delcourt, comics, polar, thriller, espionnage, 9/10, 02/2016Scénario : Ed Brubaker
Dessin : Steve Epting
Éditeur : Delcourt
115 pages
Sortie : février 2016
Genre : comics, thriller, espionnage

 

 

Résumé des tomes 1 et 2

Dans une ruelle sombre du Paris du début des années 70, un agent d’une organisation d’espionnage ultra secrète est assassiné. Le directeur de l’agence ARC-7 provoque une réunion de crise en pleine nuit. Sa secrétaire particulière, Velvet Templeton est de la partie. Une certitude s’impose rapidement : il y a un traitre dans l’organisation, il faut le démasquer au plus vite. Alors que Velvet épluche le dossier de l’agent tué et y découvre des incohérences, un coupable semble avoir déjà été trouvé par le reste de l’équipe. Il s’agit d’un agent à la retraite, Frank Lancaster. Coupable improbable à ses yeux, elle se rend dans une de ses planques connue d’elle seule. Alors qu’elle y découvre le cadavre de Lancaster, les hommes de l’agence pénètrent de force dans l’appartement et la désignent coupable de ce nouveau meurtre. Velvet comprend qu’elle est en train de se faire piéger et qu’elle devient le centre d’une énorme machination. Mais ce qu’ignorent les agents, c’est que Velvet n’a pas toujours été secrétaire et qu’elle n’a rien perdu de ses talents d’autrefois, quand elle était agent de terrain. Une gigantesque traque se met alors en place, durant laquelle Velvet n’aura de cesse de prouver son innocence et de mettre à jour la tête pensante de ce complot. Son enquête la fera revenir à Londres et lui révèlera quatre suspects majeurs dont son directeur et un sénateur. Le gibier deviendra alors à son tour chasseur.

 

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S’éloignant des clichés du genre où les femmes occupent des seconds rôles ou des postes de potiches, Ed Brubaker (Criminal, Incognito, Fatale), qui n’a pas son pareil pour mettre en scène de façon brillante polars et thrillers noirs, nous livre ici une histoire d’espionnage sombre, réaliste et pleine de punch en offrant le premier rôle à une femme.

Velvet, c’est un mélange explosif de James Bond, Oss 117, Jason Bourne et Emma Peel. Secrétaire de direction de l’agence de renseignement ultra secrète ARC-7, elle nous révèle dans le premier volume tous ses talents cachés. Avant d’être attachée aux services du directeur de l’agence, Velvet était un des plus redoutables agents de terrain, la meilleure d’entre tous.

Ce deuxième tome donne un coup d’accélérateur à l’intrigue en révélant le passé d’espionne de Velvet et en resserrant un peu plus sur elle l’étau de la conspiration. Il donne aussi une autre dimension à l’héroïne en nous en montrant quelques failles, la rendant un peu moins glaciale que dans le tome 1.

Il n’y a pas à dire, Brubaker sait s’y prendre pour nous empêcher de reposer un de ses livres une fois qu’on les a ouverts ! Les rebondissements et les surprises ne manquent pas, l’action omniprésente est habilement coupée de flashbacks permettant de bien appréhender l’épaisseur des personnages et leur histoire.

 

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C’est Steve Epting qui tient les pinceaux et nous gratifie de planches sublimes au réalisme bluffant, nous plongeant dans les ambiances des années 70 dignes des meilleurs films du genre. On peut aussi saluer la qualité de la colorisation d’Elizabeth Breitweiser dont les tonalités sont toujours en adéquation parfaite avec le propos, contribuant grandement à la réussite des ambiances immersives de ce thriller noir.

Ed Brubaker frappe un grand coup avec ce nouveau thriller qui vous prend aux tripes et dont on peut parier dès à présent qu’il deviendra rapidement un incontournable du genre.

 

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Loubrun

 

 

Moses Rose – Tome 2 – La mémoire des ruines

Scénario : Patrice Ordas et Patrick Cothias
Dessin : Christelle Galland
Éditeur : Bamboo
48 pages
sortie : mars 2016
genre : western


 « – La dernière fois qu’un homme dans cette tenue m’a prise par la taille, il a pris aussi ma main dans la figure !
– La dernière fois qu’une demoiselle m’a dit ça, je l’ai laissé tomber comme une bouse ! « 

Lire la suite « Moses Rose – Tome 2 – La mémoire des ruines »

La ville copiée

La ville copiée.jpgLa ville copiée_pl2.jpgScénario et dessin : Matthias Gnehm
Éditeur : Urban China
60 pages
sortie : 18 mars 2016
genre : chronique sociale

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Leo Lander mène une vie très calme. Peut-être même un peu trop : sa carrière d’architecte est au point mort et sa femme ne manque pas de le lui reprocher. Alors quand un de ses anciens camarades, devenu un véritable magnat de l’immobilier en Chine, lui propose de venir l’aider à construire une copie exacte de la ville de Zurich à Kunming, il saute sur l’occasion. Mais cet environnement inconnu lui réserve bien des surprises…

 

« Si ça continue, Xiao et Hans vont recouvrir toute la Chine de villes Suisse. »

 

Mon avis

 

Parallèlement à sa carrière d’architecte, Matthias Gnehm se livre de temps à autre à la réalisation d’albums de bande dessinée. Après Bouffe et Châtiment, Mort d’un banquier et La Conversion, La ville copiée est son quatrième album. Il prend ici l’architecture comme toile de fond à un récit intimiste où se mêlent business et magouilles immobilières.

Durant les 60 pages, on suit les déconvenues d’un homme prêt à tout pour mener la carrière d’architecte qu’il rêvait d’avoir. Il se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui dans un univers complètement déshumanisé et pourtant familier. Il retrouve en effet à Kunming tout son environnement familier de Zurich puisqu’il est chargé de participer à la construction de la copie exacte de la ville Suisse. D’ailleurs, le logement qu’il occupe est la copie conforme de celui qu’il a laissé en Suisse.

Dans un découpage strict et sans surprise, Matthias Gnehm tente de nous montrer la place qu’occupent la ville et l’urbanisme dans nos quotidiens en plaçant son histoire au cœur des projets architecturaux délirant des Chinois. On les savait champions du monde de la contrefaçon et de la copie, mais pas au point de reproduire des villes européennes entières !

Le dessin, réalisé vraisemblablement aux pastels gras, est morose et angoissant, comme le sont l’histoire et le personnage principal. Néanmoins, l’histoire reste intrigante même s’il manque un de peu de peps pour la rendre fascinante.

 

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Loubrun

 

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Des reproductions de villes européennes au milieu de la Chine

 

La peur géante – Tome 3 – La guerre des abysses

la peur géante,lapierre,arnaiz,ankama,stefan wul,science-fiction,écologie,mer,710,022016la peur géante,lapierre,arnaiz,ankama,stefan wul,science-fiction,écologie,mer,710,022016Scénario : Denis Lapierre
Dessin : Raul Arnaiz
Éditeur : Ankama
50 pages
date de sortie : 26 février 2016
genre  : science-fiction

 

 

présentation de l’éditeur

L’heure de l’ultime confrontation a sonné : en décryptant le langage Torpède et en créant les Méduses, des submersibles capables de résister aux attaques électriques, l’équipe militaire de Bruno pense pouvoir atteindre le point d’émission du flux qui brouille la structure moléculaire de l’eau et qui menace l’humanité d’une extinction finale. Cette dernière frappe contre les Torpèdes sera décisive, mais c’est une mission-suicide dont la plupart ne reviendront sans doute pas…

 

 

« Cet affrontement est notre dernier espoir, Bruno. Si nous ne gagnons pas , il restera de la vie sur terre, mais elle ne sera plus humaine. »

 

Mon avis

Suite et fin de ce triptyque aquatique, adaptation du quatrième roman de Stefan Wul. La fable écologique du début de l’histoire se transforme ici en combat ultime entre l’espèce humaine et les créatures super intelligentes des fonds marins. L’espèce humaine menacée a finalement su trouver les ressources pour survivre mais au prix de nombreux sacrifices. Si l’humanité est sauvée, l’histoire ne se termine pas pour autant en happy-end. Les combattants ne reviendront pas tous, les Torpèdes payeront un lourd tribut et pour certains, la victoire sera bien amère.

La narration de ce troisième volume est menée tambour battant et Denis Lapierre ne donne pas beaucoup de temps au lecteur pour reprendre son souffle entre deux plongées. L’action est au cœur du récit avec une mise en scène cinématographique qui nous en jette plein la vue. C’est très efficace même si ce dernier tome ne déborde pas franchement d’originalité, tant sur le fond que sur la forme. La narration est linéaire et les situations sont toutes assez prévisibles. Mais on ne s’ennuie pas un instant, et on se laisse volontiers engloutir dans la bataille, happé par les belles planches de Raul Arnaiz qui a pris la suite de Mathieu Reynès. Avec un style un peu moins fin que celui de Reynès, Arnaiz s’en sort assez bien et réussit à conserver l’esprit du design initié dans les premiers albums.

La peur géante reste une bonne œuvre de SF, offrant à la fois un bon moment de divertissement et quelques pistes de réflexion sur l’humanité.

 

A noter que 4 autres romans de Stefan Wul sont en cours d’adaptation : La mort vivante par Olivier Vatine et Alberto Varanda ; Odyssée sous contrôle par Dobbs et Stéphane Perger ; Terminus 1 par Serge Le Tendre et Jean-Michel Ponzio ; et L’orphelin de Perdide. Ce dernier a fait l’objet d’une adaptation en dessin animé sous le titre Les maitres du temps au début des années 80, par René Laloux sur des dessins de Moebius.

 

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Loubrun

 

voir les tomes 1 et 2 : ICI

Le Postello

le postello,richez,winoc,bamboo,grand angle,art,edgar degas,peinture,tableaux,enquête,810,012016le postello,richez,winoc,bamboo,grand angle,art,edgar degas,peinture,tableaux,enquête,810,012016Scénario : Hervé Richez
Dessin : Winoc
Éditeur : Bamboo
127 pages
sortie : janvier 2016
genre : roman graphique, art

 

 

présentation de l’éditeur

Passionné d’art pictural, Stéphane K. acquiert un tableau qui ressemble trait pour trait à une célèbre toile de Degas. Il croit d’abord détenir un « modello », oeuvre préparatoire en vue de la réalisation du tableau final. Mais sa toile semble postérieure au chef d’oeuvre du grand maître… Stéphane n’aura alors de cesse que de prouver l’authenticité de son « postello ». C’est le début d’une enquête passionnante dans le monde impitoyable de l’Art et de l’expertise…

 

« – Petit. Note 300.000 francs dans le livre de police pour le buste.

– Putain, 30 barres ! Le mec m’a laissé partir avec un buste à 30 plaques sous le bras rien qu’en entendant ton nom. T’es qui Robert ? Le Pape ? »

 

 

mon avis

Le Postello est né d’une de ces rencontres fortuites que les hasards de la vie nous réservent parfois. Dans une préface alléchante, Hervé Richez nous raconte cette rencontre qu’il a eue avec le personnage principal de cette histoire, Stéphane K. nous invitant à vite découvrir cette curieuse aventure.

C’est au début des années 80 que le destin de ce jeune homme désinvolte et un brin arrogant changera, alors qu’il se trouve devant une sérigraphie d’Andy Wahrol. Ce tableau sera pour lui comme une révélation et le fera entrer dans le milieu de l’art, et plus particulièrement celui des experts, ceux qui déterminent de l’authenticité dune œuvre. Il commence courtier pour un antiquaire et collectionneur d’art, passe par l’école du Louvre, se met à son compte et devient expert en art. Sa vie basculera une deuxième fois, lorsque aux puces, il tombera sur un tableau ressemblant fortement à un Degas. Ce tableau sera au centre de sa vie et durant 20 ans il tentera d’en percer les mystères.

Avec une narration très fluide et très rythmée grâce notamment à des dialogues qui sonnent juste, Hervé Richez nous embarque dans une histoire passionnante, mélange d’enquête et de chasse au trésor. Il nous fait pénétrer dans les coulisses du milieu fermé et donc méconnu du grand public qu’est celui de l’expertise d’art. Et comme un gosse qui cherche un trésor sur une plage, on se prête au jeu de l’enquête et on partage avec le protagoniste tous ses doutes, espoirs et désillusions. Impossible de quitter cette quête de vérité ! Les auteurs arrivent avec légèreté et réalisme à nous faire ressentir l’intensité et la force que dégage le tableau sur son propriétaire et à nous faire comprendre l’obsession qui l’anime.

Le dessin réaliste de Winoc n’est pas des plus léchés, mais il retranscrit malgré tout parfaitement tous les sentiments et émotions que vit Stéphane K. et permet au lecteur de se projeter complètement dans l’histoire.

Enfin, on retrouve en fin d’ouvrage un dossier clair et concis expliquant le fonctionnement de l’expertise des œuvres d’art, nous montrant au passage que cette activité n’est pas une science exacte, malgré l’usage des techniques de pointe qui de plus en plus confortent l’œil des experts.

 

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Loubrun

 

le site de Winoc

 

 

Ajin – Tome 4

Ajin T4.jpgScénario : Tsuina Miura
Dessin : Gamon Sakurai
Éditeur : Glénat Manga
194 pages
sortie : février 2016
genre : fantastique

 

 

 

Présentation de l’éditeur

L’appel de Sato a été entendu. Le premier rassemblement d’Ajin de l’Histoire va pouvoir avoir lieu. Sept d’entre eux, vivant cachés parmi les mortels, ont fait le déplacement. Accepteront-ils de prendre part au projet sanguinaire de ce leader auto-proclamé ?
Ignorant tout de ces tractations, Kei croit quant à lui avoir enfin trouvé un havre de paix de l’autre côté de la baie de Tokyo…

 

Mon avis

Ce quatrième tome marque un tournant dans la série. Le troisième se terminait en apothéose avec une évasion spectaculaire de Kei du centre de recherches laissant augurer d’une suite des plus palpitantes et l’espoir de quelques grandes révélations sur le héros. Mais Gamon Sakurai a décidé de surprendre le lecteur en apportant encore de nouveaux éléments à son histoire. Dans la première moitié du volume, il laisse de côté Kei et introduit un nouveau personnage, Nakano, qui lui servira à approfondir le personnage de kei. On lui découvre alors un nouveau visage, pas si sympathique que ça. Il semble prêt à tout pour préserver son refuge et cherche à se protéger de tout risque de menace extérieure. Peu lui importe ce qui peut se passer autour de lui et les projets fous de Sato.

Avec des scènes d’action très immersives et un dosage parfait entre révélations et nouvelles pistes, le récit est toujours aussi redoutable d’efficacité pour donner envie au lecteur de poursuivre l’aventure, même si on a parfois l’impression que l’intrigue peine à avancer.

Bien malin celui qui serait capable de prévoir la suite tant la propension à surprendre de Gamon Sakurai semble illimitée. Surtout après la fin de ce tome, inattendue, époustouflante et effrayante !

 

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Loubrun

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