L’histoire d’un monde truqué

Histoire d'un monde truqué.jpgHistoire d'un monde truqué_Pl.jpgAuteurs : Benjamin Legrand et Jacques Tardi

Éditeur : Casterman

132 pages

date de sortie : octobre 2015

genre : art book, cinéma, dessin animé

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Univers uchronique créé sur mesure par Benjamin Legrand pour son ami Tardi, Le Monde truqué, avant de devenir un long métrage d’animation, a mûri de longs mois dans l’esprit des deux camarades. Toutes les étapes de cette création, des premières ébauches de personnages aux esquisses des machines les plus folles, sont rassemblées dans ce livre, pour découvrir une nouvelle facette du travail de ces deux auteurs.

 

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Mon avis

Sorti sur les écrans en novembre 2015, Avril et le monde truqué est un film d’animation écrit par Benjamin Legrand, ami de longue date de Jacques Tardi. Auteur touche à tout, écrivain, traducteur, réalisateur, scénariste, Legrand avait écrit Tueur de cafards pour Tardi dans les années 80.

Avril et le monde truqué est une uchronie se déroulant au début des années 30 dans une France dirigée par Napoléon V et bloquée à l’ère de la vapeur suite aux disparitions mystérieuses des plus brillants scientifiques. Un monde imaginaire aux ambiances steampunk créé par Benjamin Legrand et Jacques Tardi.

Co-scénariste du dessin animé, Benjamin Legrand nous raconte dans cet art-book la genèse du film. Dans un style simple et familier il accroche le lecteur dès les premières pages et nous embarque dans les coulisses de la création. On se rend alors compte du long cheminement nécessaire pour arriver à bout d’un projet artistique, et l’on apprend notamment que ce film est né sur les cendres d’un précédent projet ayant capoté. Bourré d’anecdotes, le texte est agrémenté de nombreux dessins et croquis préparatoires réalisés par Tardi. Très accaparé par sa série en cours Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, il s’est vite rendu compte qu’il n’aurait pas le temps de mener de front ces deux projets et n’a donc pas réalisé le film. Mais il a tout de même grandement contribué à sa création en élaborant la galerie de personnages, de monstres et de machineries qui animent cette histoire.

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Le dernier tiers du livre nous permet d’admirer deux des douze carnets du « story-board » commencé par Tardi. Les guillemets s’imposent, car un story-board est en général très technique et pas vraiment destiné à livrer de chouettes dessins. Or, ce que l’on voit dans ces deux carnets pourrait presque constituer une bd ou à défaut de magnifiques sérigraphies.

 

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Un beau livre pour les fans du grand Jacques Tardi, qui donne envie de voir le dessin animé.

 

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Loubrun

 

Réinventer la bande dessinée

REINVENTER-LA-BANDE-DESSINEE.jpgreinventer-la-bande-dessinee_3.jpgAuteur : Scott McCloud

Éditeur : Delcourt

Date de sortie : octobre 2015

256 pages

genre : essai, documentaire

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Scott McCloud a changé radicalement l’image de la BD avec L’Art invisible, une BD sur la BD qui décortiquait les mécanismes du 9e Art. Avec Réinventer la bande dessinée, il franchit une nouvelle étape en décrivant les douze révolutions en cours dans la création, la lecture et la perception de la BD. De l’issue de ces révolutions dépend la place qu’occupe la BD dans la culture aujourd’hui.

 

Mon avis

Est-il encore besoin de présenter Scott McCloud ? Le nom est forcément connu des amateurs éclairés de bande dessinée. Auteur de BD américain, Scott McCloud est un amoureux « loyaliste de la BD » qui fait de la BD parce qu’il l’aime et non pour s’ouvrir d’autres portes. C’est aussi un grand  théoricien de la bande dessinée. A travers 3 ouvrages de référence écrits à la fin des années 90 et au début des années 2000, il a décortiqué et décrypté ce médium qu’est la bande dessinée. Réinventer la bande dessinée est le deuxième de ces trois livres, publié en 2000 aux États-Unis et en 2002 chez Vertige Graphic pour la première fois en France. Il s’agit ici d’une réédition proposée par les éditions Delcourt.

Dans le premier – L’art Invisible – Scott McCloud démontre que la BD a un potentiel illimité, qu’elle est un véritable langage avec ses codes, ses mots, sa grammaire, et que son cœur se trouve entre les cases, c’est-à-dire là ou le lecteur donne libre cours à son imagination pour faire vivre les images qu’il lit.

Dans ce deuxième opus, il va au-delà du support BD en lui-même en nous faisant part de ses réflexions et du fruit de ses recherches sur la BD américaine de l’époque (fin des 90′). Se posant en véritable visionnaire, il prédit l’avenir de la BD en 12 révolutions. Partant d’un état des lieux de la BD US et s’appuyant sur son histoire, il dresse une analyse très fine, très pertinente et ultra documentée de cet univers particulier en n’omettant aucune de ses caractéristiques. De la bande dessinée comme littérature à la bande dessinée numérique, en passant par la BD en tant qu’art, son modèle économique, les droits d’auteur, la parité, la diversité des genres, la représentation des minorités, tout est examiné et passé au peigne fin pour démontrer que la BD peut et doit faire sa révolution pour survivre.

 

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Passionnant à plus d’un titre, cet « essai-conférence-illustrée » est assez pointu de par les très nombreuses références qui y sont faites et pourrait n’intéresser que les professionnels ou gros lecteurs compulsifs … Mais Scott McCloud rend la chose très abordable en se mettant en scène à la manière d’un conférencier et en illustrant ses propos de manière claire et limpide, tant dans le trait que dans la mise en page. Si certains chapitres sont plus ardus que d’autres, ce qui ressort de l’ensemble de cet essai, c’est l’extraordinaire lucidité de l’auteur. On s’en aperçoit d’autant plus lorsqu’on aborde le chapitre sur le numérique. Écrit il y a 15 ans, à l’heure ou l’informatique commençait à rentrer dans les foyers et où un ordinateur était moins puissant que nos smartphones actuels, Scott McCloud a vu la révolution que cet outil provoquerait dans la bande dessinée aussi bien d’un point de vue créatif qu’économique. Il a pleinement conscience qu’en 2000 la révolution numérique n’en est qu’à ses débuts et décrit avec une acuité digne des plus grands devins, à quelques détails près, l’état des lieux du monde numérique que nous connaissons aujourd’hui.

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Bien plus qu’un simple exposé nombriliste sur le 9ème art, Réinventer la BD est une brillante conférence faite par un expert passionné qui donne une vision globale de la bande dessinée en l’intégrant totalement dans la société artistique, économique, technologique …

On peut regretter toutefois que les BD européennes et Japonaises ne soient que trop rarement évoquées, et que l’auteur ne se soit pas fendu d’une nouvelle préface, ou postface, apportant une petite valeur ajoutée à cette réédition.

 

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Loubrun

 

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 Bonus

 

Visitez le site de Scott McCloud – http://scottmccloud.com/ – et notamment la partie web comics dans laquelle vous découvrirez le potentiel illimité de la web BD.

Letter 44 – T2 – Décalage spectral

letter 44,albuquerque,soule,glénat comics,science fiction,thriller,politique,910,012016letter 44,albuquerque,soule,glénat comics,science fiction,thriller,politique,910,012016Scénario : Alberto J. Albuquerque

Dessin : Charles Soule

Éditeur : Glénat Comics

160 pages

date de sortie : novembre 2015

genre : science-fiction, thriller

 

 

Présentation de l’éditeur

Six mois après son investiture, le président Stephen Blades essaie toujours d’épargner son administration de l’incroyable révélation qu’il a reçue des mains de son prédécesseur : une présence alien serait en train de construire quelque chose dans la ceinture d’astéroïdes ! Pour enquêter, le précédent président avait envoyé en secret une mission par le biais du vaisseau spatial Clarke. Blades a un plan pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient tout en préparant son peuple à cette inquiétante vérité, mais il doit faire face à de sérieuses menaces au sein de son gouvernement et à un nouveau et mystérieux danger venu de l’étranger. Pendant ce temps, les braves astronautes du Clarke ont finalement rencontré les aliens… et d’après leurs découvertes, la Terre pourrait bien être condamnée !

 

 

Mon avis

Tout s’accélère et rien ne va plus ! Voilà comment on pourrait résumer ce deuxième tome s’il fallait le faire en une phrase.

Le Président Blades qui voulait rompre complètement avec les méthodes de son prédécesseur semble au fil des pages être totalement dépassé par les événements. L’auteur, non content d’avoir fourgué dans les pattes de Blades la gestion d’une potentielle invasion alien et la résolution d’un conflit qui s’enlise en Afghanistan, lui colle sur le dos des luttes de pouvoir internes et une grosse trahison de derrière les fagots.

Pendant ce temps là dans l’espace, ça ne va guère mieux à bord du Clarke. Humains et Aliens vont entrer en contact pour … mais ! Que fais-je ! Je ne vais quand même pas tout vous dévoiler maintenant !

 

Ce deuxième tome tient toutes les promesses annoncées dans le premier volume. Charles Soule arrive à nous tenir en haleine avec une double intrigue assez touffue, sur terre et dans l’espace. En développant davantage le thriller politique plutôt que l’aventure spatiale, l’interconnexion entre les deux récits se fait de manière intelligente et rend, curieusement, ce récit de science-fiction parfaitement crédible. Autre point fort, les relations pleines de surprises entre les protagonistes et la psychologie des personnages. Ces derniers prennent du relief et l’on découvre petit à petit la part d’ombre de certains d’entre eux.

Albuquerque assure toujours autant au dessin. Il dynamise véritablement le récit et même les nombreuses planches très bavardes restent agréables à lire, grâce entre autres à un découpage maîtrisé et des bulles savamment positionnées.

Avec Letter 44, on a un vrai récit d’action intelligent dans le quel se mêlent habilement SF et thriller politique. J’adore !

 

 

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Loubrun

 

De beaux moments

de beaux moments, jim, bamboo, grand angle, société,  roman graphique, chronique sociale, 7/10, 10/2015de beaux moments, jim, bamboo, grand angle, société,  roman graphique, chronique sociale, 7/10, 10/2015Scénario et dessin : Jim

Éditeur : Bamboo (Grand Angle)

134 pages

date de sortie : 28 octobre 2015

genre : chroniques sociales, roman graphique

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur

Des histoires courtes. Des regards tendres et justes sur l’essence de nos vies. Des histoires de temps qui passe, d’amour, d’amitié, de corps ou de souvenirs que l’on farde pour s’arranger un peu avec la réalité. Des histoires simples qui n’ont d’autre point commun que leur profonde humanité et leur capacité à nous faire prendre conscience des beaux moments…

 

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Mon avis

Où sont passés les grands jours, Une nuit à Rome, Héléna, Un petit livre oublié sur un banc * … on commence à connaître par cœur le répertoire de prédilection de Jim, l’auteur incontournable des comédies romantiques et historiettes sentimentales. D’aucuns pourraient trouver cela répétitif, mais Jim a ce petit truc en plus dans sa façon d’écrire qui fait que ça marche à tous les coups. Il arrive avec douceur, tendresse et poésie à aborder des sujets qui préoccupent chacun de nous à un moment de sa vie et à les transformer en beaux moments, ou du moins en moments mémorables. Il semble avoir un sens inné de l’observation et une acuité surdéveloppés donnant à chaque fois une justesse de ton dans son propos.

Le temps qui passe, le vieillissement, la solitude, les souvenirs, la nostalgie, la communication intergénérationnelle, voilà autant de thèmes abordés en 12 histoires courtes.

Dans un style graphique toujours aussi léché, doux et chaleureux, il nous présente ici des tranches de vie dont la seule prétention est de nous rappeler que la vie est faite aussi, et peut-être surtout, de petits moments plus ou moins anodins qui s’ancrent à tout jamais dans nos souvenirs.

Pas de leçons de morale, pas de conseils, pas de réflexion métaphysique sur le sens de la vie, mais juste des « moments » racontés en 5 ou 6 pages dans lesquelles tout un chacun pourra se retrouver.

L’ensemble peut paraître assez inégal, mais chaque histoire trouvera sa cible et chaque lecteur sera touché par l’une ou l’autre de ces histoires selon sa sensibilité.

Voilà une lecture reposante qui pourra en plus mener à une petite introspection tranquille.

 

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Loubrun

 

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Ou sont passés les grands jours

Une nuit à Rome : tome 1 tome 2

Héléna : tome 1 tome 2

Un petit livre oublié sur un banc : tome 1 tome 2

Les chroniques courtes (82) : Ciel de guerre – Tome 3 – Alerte en Syrie

ciel-de-guerre  t3.jpgciel-de-guerre-t3_cc-4dff88f.jpgScénario : Philippe Pinard
Dessin : Olivier Dauger
date de sortie : 25/11/2015
48 pages

Éditeur : Paquet

 

 

 

 

Prévue en 4 tomes, la série Ciel de guerre raconte l’histoire et les déboires de l’aviation française au début de la seconde guerre mondiale en mêlant fiction et Histoire. Ce troisième volume nous emmène en Syrie où les deux camps français – Vichystes et Gaullistes – vont s’affronter dans les airs sous les traits des deux héros de l’histoire, Tournemire et Marceau. Le fond Historique est bien en place, mais le scénario a du mal à véritablement décoller. La rivalité entre les deux aviateurs qui pourrait donner lieu à une belle fiction est présentée de manière un peu trop anecdotique et donne au final un récit assez poussif.

Dommage, car les deux premiers tomes étaient très corrects. Espérons que l’ultime tome à paraître reprenne un peu plus de hauteur.

Heureusement, on peut toujours se régaler les yeux avec les scènes d’aviation très réussies.

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Loubrun

Les chroniques de Braven Oc – tome 1 – l’épée de Galamus

chroniques de braven oc T1.jpgchroniques de braven oc T1_pl.jpgScénario : Alcante

Dessin : Picksel

Éditeur : Kennes Éditions

48 pages

date de sortie : août 2015

genre : jeunesse, héroïc-fantasy, aventure

 

 

Présentation de l’éditeur

Dans un futur lointain, où la Terre a bien changé, le jeune Braven Oc découvre que les habitants de son village ont été victimes d’un terrible sortilège jeté par les Homoplantes. Après la grande catastrophe écologique et la fin du règne des ­Humains, ce sont ces créatures étranges qui règnent désormais en maîtres sur la planète.

Braven Oc, aidé par de curieux amis aux pouvoirs magiques, va devoir retrouver la légendaire épée de Galamus pour libérer son village. Mais la mission est difficile en ces temps hostiles.

 

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Mon avis

En BD, le genre Héroïc fantasy est pas mal accaparé par des séries très sombres peuplées de dragons, trolls ou Gobelins, dans lesquelles s’affrontent des hordes de monstres tous plus vilains les uns que les autres, sans oublier bien sûr les belles héroïnes plantureuses et peu vêtues.

Bref, le style fantasy s’adresse finalement assez peu aux jeunes lecteurs sans tomber dans des aventures cul-cul la praline.

Les chroniques de Braven Oc comblent cette lacune. Adapté du roman de Alain Ruiz par Alcante et mis en image par Picksel, ces chroniques nous proposent une véritable aventure épique en respectant les codes de la pure fantasy, mais accessible aux juniors. Un peu à la façon des jeux de rôle, le jeune lecteur s’identifiera très facilement à l’un ou l’autre des personnages mis en scène. Braven le héros bien sûr, courageux et intrépide, mais aussi Tamia qui peut se fondre dans le paysage comme un caméléon, ou bien Amalek l’archer, ou encore Becfigus le petit farfadet râleur qui pense avoir moins de pouvoir que les autres. Et puis la carte des territoires dessinée en page de garde est clairement une invitation à l’immersion dans l’aventure. Cette joyeuse équipe partira en quête d’une épée magique pour sauver et rétablir l’honneur de son village. Dans un rythme effréné, ils affronteront avec bravoure et audace tous les dangers d’un bestiaire farfelu, aidés il est vrai de quelques pouvoirs magiques.

En filigrane de l’aventure, se devinent des thématiques éducatives sur l’environnement, la tolérance, la justice et le pouvoir, que les jeunes lecteurs découvriront peut-être après plusieurs lectures.

 

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Picksel, aux pinceaux et à la palette, livre un dessin parfaitement adapté au public visé. Les couleurs vives et chaleureuses donnent des planches assez agréables à lire, malgré un dessin un peu trop anguleux et déstructuré à mon goût (mais moi je ne suis pas dans la cible, donc ça n’est pas bien gênant).

Voilà une série « Héroïc-fantasy jeunesse » qui devrait ravir les aventuriers en herbe sans trop leur faire peur et qui enrichit de fort belle manière le catalogue jeunesse des éditions Kennes.

 

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Loubrun

 

et pour vous mettre l’eau à la bouche, voici un extrait du tome 1

 

Lazarus – Tome 3 – Conclave

lazarus T3.jpglazarus T3_pl.jpgScénario : Greg Rucka

Dessin : Michael Lark

Éditeur : Glénat comics

160 pages

date de sortie : 25 novembre 2015

genre : anticipation, thriller

 

 

Le troisième volume de Lazarus fait clairement monter la série comics de l’année en puissance. Les deux premiers tomes nous présentaient un monde dominé par des familles, chacune protégée par leur bras armé, le Lazare. On a suivi particulièrement Forever Carlyle, le Lazare d’une des familles les plus puissantes notamment grâce à une technologie très en pointe concernant la génétique. Cette puissance affichée est la source de toutes les jalousies, convoitises et trahisons.

Un des fils Carlyle s’est mis en tête de trahir les siens et se retrouve pris à son propre piège, prisonnier du pire ennemi de son père, la famille Hock. Il devient une monnaie d’échange et surtout un précieux outil pour découvrir le secret d’immortalité de la famille Carlyle.

Mais il existe des accords entre les familles, ou du moins des règles à respecter. La violation de certaines d’entre elles – comme le vol de technologie peut être motif à déclaration de guerre.

Voilà tout l’enjeu de ce conclave, cette grande réunion des principaux leaders des différentes familles tous accompagnés de leur Lazare. En terrain neutre, entre mondanités et manipulations, ce huis clos ultra tendu portera le sceau du machiavélisme le plus redoutable et redessinera la carte des alliances.

 

« Il y a des secrets cachés dans votre corps Jonah. Des secrets auxquels votre père me refuse l’accès depuis soixante ans. Des secrets que vous m’aiderez à dévoiler »

 

 

Autant vous prévenir tout de suite : impossible de refermer ce livre avant la dernière page. La tension va crescendo jusqu’à la toute dernière case et les auteurs nous laissent sur un cliffhanger des plus insupportables !

On est ici au cœur des luttes de pouvoir où tous les coups, même les plus inimaginables, sont permis. Parallèlement à ces luttes, on suit le cheminement de Forever qui doute de plus en plus de ses origines et de son rôle. D’ailleurs, la rencontre quasi fraternelle de tous les Lazare, ces machines de guerre conditionnées pour obéir au doigt et à l’œil de leur maitre, paraît presque surréaliste et donne une petite touche d’humanité dans cette société totalitaire. Mais finalement, cette séquence marque une pause dans le récit et ancre celui-ci un peu plus dans le réalisme.

Greg Rucka nous livre un récit très intense à la narration fluide alternant habilement scènes d’actions et scènes bavardes. A chaque épisode, il donne un peu plus d’ampleur à ses personnages, révélant leurs forces et faiblesses.

Le dessin de Michael Lark déjà remarquable dans les deux premiers tomes, prend lui aussi de la hauteur. Il nous offre une variété de paysages et d’ambiances sombres et pesants ajoutant son lot de tension à la dramaturgie de ce récit.

 

Ce thriller d’anticipation politique est vraiment à ne pas manquer !

 

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Loubrun

 

La série Lazarus reçoit le Samb’or 2015 du meilleur Comics

 

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Lire les chroniques des deux premiers tomes : ICI

 

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L’actu en patates – tome 4 – mieux vaut en rire

Actu en patates T4.jpgPlancheA_261740.jpgAuteur : Martin Vidberg

Éditeur : Delcourt

206 pages

date de sortie : novembre 2015

genre : dessin de presse, humour

 

 

 

 Présentation de l’éditeur

Retrouvez le regard drôle et mordant de Martin Vidberg dans une hilarante rétrospective qui vous fera vivre et revivre les événements de ces dernières années sous le signe de l’humour. Enrichi de nombreux inédits et d’un fil rouge sur le métier de dessinateur de presse, ce best-of 2014-2015 sera l’occasion  de retrouver tous ceux qui ont fait l’actualité pour le meilleur et pour le rire !

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Martin Vidberg s’est fait connaitre dans le 9è art en 2007 avec le Journal d’un remplaçant, une BD en noir et blanc dans laquelle il racontait les péripéties d’un jeune instituteur remplaçant, catapulté dans un institut de redressement pour élèves ultra violents. Outre la justesse du propos, la particularité de cet album résidait dans son traitement graphique original où tous les personnages avaient la forme d’une patate. Martin Vidberg a fait de ce style sa marque de fabrique et il faut bien avouer que cela a grandement contribué à son succès. Le succès de ce récit autobiographique l’a poussé vers le dessin de presse qu’il exerce depuis 2011 à plein temps.

Il dessine aujourd’hui pour plusieurs revues et sites internet, et tient un blog d’actualités dessinées sur le site du Monde, l’Actu en patates.

Comme tous les blogs à succès, les dessins qui y sont publiés finissent un jour ou l’autre en édition papier. Voilà donc le quatrième opus d’une sélection de dessins et strips publiés sur le blog du Monde mais aussi dans le journal l’équipe et dans la revue le Pharmacien de France.

 

Martin Vidberg traite de tout sur un ton caustique jamais vraiment méchant, souvent assez juste. La rondeur de ses personnages donne un ton globalement assez bon enfant voire gentillet à l’ensemble de ses dessins. Il n’y a pas une once de méchanceté mais plutôt de la moquerie légère, drôle et même parfois tendre. Les personnages toujours représentés en patates se distinguent facilement grâce à quelques accessoires seulement, et c’est là la véritable prouesse de l’auteur. On arrive sans trop de difficultés à reconnaitre toutes ces patates !

Un livre frais qui traite l’actualité avec légèreté, dans le quel on rit de tout sans méchanceté.

 

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Loubrun

 

le blog de l’actu en patates : ICI

 

 

La droite complexée

aurel,glénat,humour,dessin de presse,politique,610,112015aurel,glénat,humour,dessin de presse,politique,610,112015Auteur : Aurel

avec la participation de Renaud Dély

Éditeur : Glénat

160 pages

date de sortie : novembre 2015

genre : dessin de presse, humour, politique

 

 

Gauche, droite, centre, centre gauche ou droit, gauche de la gauche, droite de la droite, extrêmes et radicaux, le paysage politique en France semble bien complexe et sans dessus dessous, et ce depuis bien avant les dernières élections régionales qui ont mis en émoi la France.

Les frontières entre les partis sont parfois ténues, souvent mouvantes, ou carrément opaques. Les plus anciens se souviendront d’un Chirac (RPR – droite) qui en 1981 fit élire Mitterrand (PS – gauche) pour éliminer Giscard (UDF – droite) au second tour et se placer ainsi chef de file de l’opposition. Ce coup tordu lui a bien réussi. Chirac est d’ailleurs aujourd’hui considéré comme le champion des coups bas, félonies et trahisons en tout genre… Lui qui fut porté par un parti de droite est aussi considéré par certains comme un homme de gauche. Et comme François Hollande, il vient de Corrèze.

 

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En 2012, François Hollande a été élu Président de la République Française. Pour accéder à la fonction suprême, il a été porté, comme chacun sait, par le parti socialiste. Il a donc fait comme tout bon candidat des promesses de gauche dont une qui n’a échappé à personne à propos de sa déclaration de guerre à la finance. Promesse électorale qui a fait mouche après les années bling-bling de Sarkozy en pleine crise financière. Et comme « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » *, le peuple s’offusque toujours des quelques écarts et paroles non tenues….

Bref, qu’en est-il de cette déclaration de guerre trois ans plus tard ? Un remaniement ministériel, de nouvelles têtes et de nouvelles idées drainant une cohorte de déçus et mécontents criant à la trahison, à la tromperie, au mensonge !

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Voilà que le nouveau ministre de la finance est un ancien banquier d’affaire, qu’il fait les yeux doux au Medef et caresse le patronat dans le sens du poil. Dans un gouvernement de gauche, c’est quasiment un crime de lèse majesté et nombre de gens de gauche ont les oreilles qui saignent d’entendre ce jeune loup (ou coq) pérorer dans ses beaux costards. Et par dessus le marché, le premier ministre adopte, circonstances obligent, une ligne de conduite jugée ultra sécuritaire.

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Merde alors ! La gauche piétine sans vergogne les plates bande de la droite poussant au passage cette dernière un peu plus sur sa droite, et renvoie dans ses bases ses amis de sa propre gauche … Du coup, Hollande est traité de président de droite par sa gauche, et certaines pointures de droite le considère d’un autre œil et l’inviterai presque à bouffer (quoique, je me demande s’il ne vaut pas mieux l’avoir en photo qu’a table). C’est a en perdre son latin, ce qui ne devrait pas déplaire à l’actuelle ministre de l’éducation Nationale …

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Et qui c’est qui tire les marrons du feu dans tout ça ?

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Quand même, ils sont compliqués en Corrèze, non ?!

 

Après Hollande et ses deux femmes, et plus récemment la république des couacs, le dessinateur de presse Aurel sort un recueil de ses dessins d’humour publiés dans Le Monde, Politis, ou le Canard Enchainé. Égratignant le gotha politique à gauche comme à droite, mais surtout à gauche concernant cette compilation, ses dessins sont piquants, gentiment féroces et la plupart du temps d’une pertinence empreinte d’un bon sens suraigu.

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L’adage selon lequel un dessin vaut mieux qu’un long discours est criant de vérité dans le cas du dessin de presse car celui-ci a pour fondement l’humour. Si ce dernier évite l’écueil de la vulgarité gratuite et que le public est doué d’un minimum d’auto dérision, tout peut passer.

Aurel le maitrise admirablement ce dessin de presse, et que l’on soit de droite ou de gauche, il arrachera forcément un rire ou un sourire à tous.

Ce recueil vole bien au dessus des partis politiques et nous donne une vue d’ensemble de la médiocrité politicienne qui sévit aujourd’hui en France et c’est sans ambages qu’il nous raconte les turpitudes de cette pitoyable politique-spectacle.

De la déclaration d’amour de l’entreprise, à la Grèce qui encaisse les coups après son coup de gueule en passant par le virage à droite d’une gauche déconfite, tous les faits marquants de la politique politicienne de l’ère Hollande sont dessinés et présentés par Renaud Dély, rédacteur en chef à L’Obs. Certains sont commentés par des personnalités politiques ou journalistiques de tous bords comme Cécile Duflot, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, Brice Hortefeux, Denis Sieffert, Clémentine Autain, Thomas Legrand, commentaires beaucoup moins drôles et pas plus pertinents que les dessins et dont on pourrait très bien se passer.

Si comme moi vous pensez que les personnages politiques sont à pleurer, alors lisez les dessins d’Aurel, et vos larmes se transformeront à coup sûr en rires.

 

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Loubrun

 

« les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Cette fameuse phrase à été reprise par Chirac lors d’un discours en 1988. Sa paternité revient à Henri Queuille, homme politique français, radical socialiste qui fut trois fois président du conseil sous la quatrième république. Il fut aussi député puis sénateur de Corrèze … (décidément !)

On lui doit aussi la citation suivante « La politique n’est pas l’art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent. ». Tout un programme.

 

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Pour voir plus de dessins d’Aurel :  http://aurel.blog.lemonde.fr/ ; http://www.lesitedaurel.com/

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