BLAKE ET MORTIMER – Tome 23: Le Bâton de Plutarque.

Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014Dessin : André Julliard – scénario : Yves Sente

D’après les personnages d’Edgar P. Jacobs

Editeur : Blake et Mortimer (Dargaud)

Sortie : 05/12/2014

64 pages – cartonné

Aventure, Science-fiction.

 

 

Résumé (de l’éditeur) : Le capitaine Blake vient de réussir, aux commandes d’un prototype du Golden Rocket, à déjouer une attaque suicide contre le Parlement anglais. Un exploit qui lui vaut d’être recruté par le MI 6. Sa mission ? Faire gagner aux Alliés la Deuxième Guerre mondiale et les préparer pour… la troisième ! Dans une base secrète du MI 6, Blake découvre que son partenaire n’est autre que Mortimer, son ami d’enfance. Plongés au cœur d’une vaste affaire d’espionnage et de guerre technologique entre grandes puissances, les deux hommes vont côtoyer un étrange et fort peu sympathique spécialiste des langues slaves, un certain colonel Olrik…

Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014

«Il reste une carte à jouer, Commandant :

le Golden Rocket ! »

 

Mon avis : Hello, old chap ! Elitiste ? Vous avez dit élitiste ? La chronique de ce jour concerne le dernier Blake et Mortimer, d’après Edgar P. Jacobs, scénarisé par Yves Sente et dessiné par André Julliard. Il s’agit encore une fois d’une des toutes grosses sorties de cette fin d’année 2014.Il est numéro 1 du top 5 des ventes (information du Télémoustique, magazine belge bien connu…des belges). A moins qu’il faille parler d’élitisme quand on parle d’albums qui se vendent bien ? Quoiqu’il en soit, Samba BD se doit de parler aussi de ces albums qui comptent grandement dans le paysage BD ce mois de décembre 2014 en librairie et sous les sapins.

Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014

L’éditeur, sur son site internet, cadre magnifiquement l’album et la place qu’il prend dans la saga : « Dans Le Bâton de Plutarque, 23e récit des Aventures de Blake et Mortimer, Yves Sente et André Juillard imaginent la toute première collaboration des deux héros. Le récit se déroule avant Le Secret de l’Espadon, nous sommes alors au printemps 1944… ». Le décor est planté ! A force de remplir les trous, les zones d’ombres laissées par Edgar P. Jacobs, il est important de savoir où l’histoire prend place : juste avant  l’Espadon !

Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014

Alors, est-ce juste un album de plus pour faire tourner les rotatives et faire fonctionner le tiroir-caisse ? C’est plus que cela. Le récit en lui-même raconte la rencontre entre Blake et Mortimer qui a pour conséquence la formation du duo mythique. Ils se connaissaient déjà enfants mais ils s’étaient perdus de vue. Blake se fait connaître par ses faits d’arme avec le Golden Rocket, l’ancêtre de l’Espadon. Mortimer, lui, travaille sur les projets d’avion du futur. On découvre également dans cet album le personnage d’Olrik qui joue déjà sur plusieurs tableaux. L’histoire est enlevée, avec de l’action. On a tous les éléments pour construire une histoire  de science-fiction historique palpitante. Bravo à Yves Sente qui a réussi une fois de plus avec cet album à se plonger dans l’univers d’Edgar P. Jacobs.

Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014

André Julliard pour sa part « se caméléonise » et intègre complètement le style graphique de Jacobs. Rien à redire, c’est parfaitement customisé dans le style du grand maître. L’exercice n’est pas facile, bravo l’artiste. J’attends cependant le jour où les ayant-droits accepteront de casser le moule et permettront des audaces graphiques et des planches un peu plus décoiffantes tant au niveau de la structure que du graphisme. Mais là, je crois que nous n’y sommes pas encore.

Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014

Alors que faut-il en retenir au final ? C’est un excellent Blake et Mortimer tant au niveau du scénario que du dessin. Cet album amène réellement un plus à la saga et nous apprend à mieux connaître les personnages principaux. J’ai pour ma part lu l’album en une traite. L’album n’a rien d’ennuyeux. C’est toujours bavard, mais pas caricatural. Il faut bien expliquer les choses, surtout si celles-ci sont un peu scientifiques, relèvent des services secrets et de leurs moyens de communication. Vous y apprendrez d’ailleurs ce qu’est le bâton de Plutarque! A noter qu’une version de l’album « à l’italienne » est sortie également et sera vite épuisée. Comme dirait notre ami Mortimer : « Good job, by Jove ! »

 

 

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Lien vers la fiche technique du « Bâton de Plutarque »: ICI.

 

Capitol.

 

Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014

 

 

Blake et Mortimer, Le bâton de plutarque, Dargaud, 8/10, aventure, Science-fiction, 12/2014

 

 

 

 

Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B -Tome 2: Mon retour en France.

Moi René Tardi, Tardi, Casterman, 8/10, 2e guerre mondiale, Histoire, 11/2014Moi René Tardi, Tardi, Casterman, 8/10, 2e guerre mondiale, Histoire, 11/2014Dessin & scénario : Jacques Tardi

Editions Casterman

Sortie : 26/11/2014

150 pages – cartonné

Histoire, 2e guerre mondiale.

 

 

 

Résumé (de l’éditeur) : Le second volume de ce grand récit de guerre reprend là où le premier s’était arrêté, toujours sous le regard attentif de l’alter ego enfantin de Tardi : la longue marche des prisonniers dans un dénuement total et sous des températures extrêmes, la violence des garde-chiourme, la peur que suscitent les troupes russes toutes proches, les expédients pour s’assurer les meilleures chances de survie, les velléités d’évasion et ici et là quelques rares moments de récupération, comme la miraculeuse douche chaude négociée dans les locaux d’une ancienne brasserie…Autant de péripéties authentiques directement inspirées du carnet tenu au fil des jours à la mine de plomb sur « un cahier d’écolier coupé en quatre » par René Tardi, que l’on suit avec ses compagnons d’infortune tout au long de leur marche harassante à travers l’Europe dévastée, en direction de la France et de leurs foyers si longtemps espérés.

Moi René Tardi, Tardi, Casterman, 8/10, 2e guerre mondiale, Histoire, 11/2014

 

« Depuis le départ du Stalag, nous avancions avec difficulté, mettant péniblement un pied devant l’autre dans le vent violent, la neige et la nuit, le tout par -30°. »

 

Mon avis : Deux après la sortie du tome 1 qui nous racontait la captivité de René Tardi, père de Jacques, dans un camp de Poméranie en Pologne, voici la suite de ce témoignage exceptionnel, hors norme. Beaucoup de prisonniers ont dû subir cette épreuve. Peu ont survécu.

Moi René Tardi, Tardi, Casterman, 8/10, 2e guerre mondiale, Histoire, 11/2014

René Tardi avait noté en quelques mots son périple qui s’est déroulé dans des conditions démentielles : Les coups, la fatigue, le froid, la faim, la peur, la mort qui rode, l’avancée des troupes russes,… Jacques Tardi a essayé de combler les informations parcellaires, de recouper celles-ci sur le terrain pour vérifier si elles étaient correctes. Un travail complexe et de grande ampleur pour raconter l’histoire de son père avec le regret de ne pas lui avoir posé plus de questions, le temps des regrets…Heureusement, il reste un espoir qui fait avancer le père Tardi : aller vers l’Ouest, revoir un jour sa maison, sa femme, sa famille, son pays.

Moi René Tardi, Tardi, Casterman, 8/10, 2e guerre mondiale, Histoire, 11/2014

Jacques Tardi nous livre à nouveau un dessin de la même trempe que le premier tome. De grandes cases, un récit didactique, des longs monologues ou dialogues (père-fils) qui expliquent non seulement le déroulement de l’action, mais qui remet aussi l’histoire dans le contexte historique, jour après jour.

Les couleurs sont à nouveau minimalistes, dans la retenue, et instaure plutôt un climat, une ambiance pesante. C’est sombre et de temps en temps un peu de couleur rouge, celle du sang versé. Dans les dernières planches, des petites touches de couleurs apparaissent, le ciel devient bleu, et enfin la dernière planche est remplie de couleurs : René Tardi est rentré chez lui en France et a retrouvé sa famille.

Moi René Tardi, Tardi, Casterman, 8/10, 2e guerre mondiale, Histoire, 11/2014

A noter que dans cet album qui fait 150 pages, le lecteur trouvera les reproductions des notes de René Tardi, ainsi qu’un dossier expliquant les recherches sur le terrain effectués par Jacques Tardi et ses amis.

Moi René Tardi, Tardi, Casterman, 8/10, 2e guerre mondiale, Histoire, 11/2014

Encore une fois, cet album est un événement éditorial. Tardi y raconte l’histoire de son père mais y met aussi beaucoup de lui-même. Le travail est remarquable tant au niveau du récit que du dessin. En plus, c’est un extraordinaire travail de mémoire qui est très important pour les générations qui n’ont pas connu cette époque troublée. On attend maintenant le troisième tome et la suite du récit qui parlera probablement du retour à la vie « normale » après la guerre. Qui a eu l’idée de sortir autant de bons albums en fin d’année ? Ce serait dommage de passer à côté d’une œuvre pareille !

 

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Lien vers le site de l’éditeur Casterman et la fiche technique de l’album: ICI.

Lien vers la chronique du tome 1 de « Moi René Tardi » sur Samba BD : ICI.

 

Capitol.

 

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SINCLAIR – Tome 1: Bathurst 68.

Sinclair, Bollée, Carloni, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, courses automobiles, 10/2014Sinclair, Bollée, Carloni, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, courses automobiles, 10/2014Dessin : Stefano Carloni – Scénario : Laurent-Frédéric Bollée

Editions Paquet

Sortie : 22/10/2014

48 pages – cartonné

Aventure, courses automobiles.

 

 

Résumé (de l’éditeur) : Philippe Sinclair a tout juste 20 ans en mai 1968. Il délaisse ses études de médecine pour assouvir sa passion. Il veut devenir pilote automobile. Ses premiers essais à Montlhéry, près de Paris, sont prometteurs, mais pas concluants…Philippe est invité, à sa grande surprise, à disputer une course à Bathurst, à 200 km de Sydney, en Australie. Il apprend qu’il est le fils de Phil Asher, un pilote australien qui avait participé à la course 30 ans plus tôt. Philippe est accueilli à Bathurst par le patron de l’équipe, Jack French, qui le prend sous son aile. Ce dernier semble avoir bien connu son père, décédé lors de sortie de piste des années plus tôt… Philippe Sinclair marchera alors sur les traces de ce père dont il ignorait l’existence. Il va y connaître, en quelque sorte, son vrai destin. Une première course professionnelle qui va se transformer un parcours initiatique, une quête identitaire, où le passé et le présent sont étrangement liés…

Sinclair, Bollée, Carloni, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, courses automobiles, 10/2014

« J’ai toujours voulu te protéger, tu comprends… ? Pour moi, ton père est vraiment mort depuis vingt ans ! »

 

Mon avis : Les nouveautés se suivent chez Paquet et aussi pour la collection « Calandre », consacrée à la course automobile. Le tome 1 est arrivé dans les librairies depuis la fin du mois d’octobre 2014. Le scénariste s’appelle Laurent-Frédéric Bollée, un journaliste spécialisé en sports automobiles. Parallèlement, il devient scénariste et a publié plus de 40 albums dans  les plus grandes maisons d’édition dont la série ApocalypseMania, l’Ultime Chimère ou des albums majeurs comme Terra Australis, Deadline ou XIII Mystery, Billy Stockton. Il est donc loin d’être un débutant dans le scénario de BD. Le dessinateur est Stefano Carloni. De nationalité italienne, il a déjà travaillé pour plusieurs maisons d’édition transalpines. C’est son premier album en français.

Sinclair, Bollée, Carloni, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, courses automobiles, 10/2014

Sur quelle base démarre l’histoire ? Philippe Sinclair, un jeune pilote français à la fin des années ’60 est invité en Australie pour représenter son père décédé lors de la course mythique de Bathurst, l’équivalent des 24 heures du Mans en France. Leurs destins vont s’entremêler et Sinclair va retrouver les traces de son père. Cet album est en réalité un voyage et une introspection de Philippe Sinclair sur ses racines, sur son père décédé en course. Ce voyage va prendre des allures de parcours initiatique et va bouleverser sa vie. Autour de ce thème central, vient se lier un autre élément, la vengeance d’une famille de fermiers qui a un compte à régler avec le défunt père de Sinclair. Il faut savoir que la course automobile sert de décor mais n’est pas vraiment le thème central. Le scénario ne se limite pas, loin de là, à raconter une course de 24 heures. C’est beaucoup plus développé que le thème basique de la course automobile.

Le dessin de Stefano Carloni est de bonne qualité. Il me fait penser à l’école italienne des Fumetti mais aussi aux Comics américains. La composition des planches est des plus conventionnelles. Les angles de vue sont plus cinématographiques. Les personnages sont bien rendus même si parfois certains visages sont peu expressifs. Les couleurs de Carloni font appel à des tons se rapprochant du sépia pour, je suppose, faire référence aux années ’60. C’est une option mais je trouve qu’au final le résultat est un peu triste.

Sinclair, Bollée, Carloni, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, courses automobiles, 10/2014

Le bilan ? La lecture est fluide, ce qui est déjà pas mal. Les amateurs de bolides et de scènes de courses seront au régime minimum. Mais par contre il y a une trame, des sentiments et une vraie trajectoire humaine pour le personnage principal. Mon sentiment par rapport à l’album est globalement positif mais le concept général de la série peut encore être amélioré…

 

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Lien vers la page Facebook de l’éditeur Paquet: ICI.

 

Capitol.

 

Sinclair, Bollée, Carloni, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, courses automobiles, 10/2014

 

MAURO CALDI – Tome 7: La vieille dame.

Mauro Caldi, Constant, Lapierre, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, automobile, 11/2014Mauro Caldi, Constant, Lapierre, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, automobile, 11/2014Dessin : Michel Constant – Scénario : Denis Lapierre 

Editions Paquet

Collection Calandre

Sortie : 22/10/2014

48 pages – cartonné

Aventure, automobile.

 

Résumé (de l’éditeur) : Mauro s’entraîne sur les routes de campagne des environs de Brescia. Gigi, son co-pilote, écrit des indications sur sa conduite sur un dérouleur de notes. Ce dernier suspend l’entraînement pendant quelques jours. Il doit s’absenter, comme chaque année, pour rendre visite à une vieille dame. Gigi se montre fuyant lorsque l’on lui demande des précisions. … Ce qui attise la curiosité de Mauro. Qui est- cette vieille dame ? Pourquoi tant de mystère ? Mauro fouille dans les affaires de son ami. Il n’y trouve qu’un vieux dérouleur de notes. Rien d’intéressant… Mauro Caldi se décide à suivre son ami lorsqu’il reçoit le message d’un corbeau. On le prévient. Un lourd secret va bouleverser sa vie. Quel est-il ? 

Mauro Caldi, Constant, Lapierre, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, automobile, 11/2014

 » Quand on devient vieux, on s’attache à certaines habitudes…Tu comprendras ça… ! »

 

Mon avis : Plus de vingt- cinq ans après sa création et vingt ans d’absence dans le bac des nouveautés, Mauro Caldi marque son grand retour avec une nouvelle histoire, une nouvelle aventure. Ce septième album est dans la suite logique de la renaissance de cette série qui a débuté aux Editions du miroir et a été republiée par les éditions Paquet avec des nouvelles couleurs, des nouvelles couvertures des six premiers tomes entre 2011 et 2012.Le huitième tome est déjà sur les rails d’après l’éditeur.

Mauro Caldi, Constant, Lapierre, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, automobile, 11/2014

Mais rappelons qui sont les auteurs de cette série ? Michel Constant est le dessinateur né en 1963 en Belgique. Après des études à saint-Luc à Liège, il publie ses premières planches dans le journal Tintin. Suivent les séries Mauro Caldi, Bitume chez Casterman,…En 2010, il publie « Rue des chiens marins », son premier récit en tant qu’auteur complet, pour la collection Signé du Lombard. Denis Lapierre est né en 1958 à Namur en Belgique. D’abord libraire, il devient scénariste en 1987. Il travaille pour Spirou et l’Echo des Savanes. Il collabore avec Jean-Philippe Stassen et créent ensemble « Le bar du vieux français » qui reçoit un Alpha-Art à Angoulême en 1993.Il aura ensuite de nombreuses collaborations avec de nombreux dessinateurs dont Michel Constant mais aussi Magda (Charly), Pellejero, Durieux, Chauzy,…Depuis 2011, il est directeur de collections chez Dupuis.

Mauro Caldi, Constant, Lapierre, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, automobile, 11/2014

Michel Constant et Denis Lapierre explorent le passé et les liens qui unissent Mauro, le jeune pilote, et Gigi, son co-pilote. Qui est la vieille dame ? Pourquoi Gigi s’absente-il chaque année à la même période pour lui rendre visite ? Qui se cache derrière les messages d’un corbeau ? Il s’agit en réalité d’une enquête policière qui verra son dénouement en fin d’album. L’action se passe dans les années ’50 en Italie entre mafia et course automobile. Mais, la course automobile est en arrière-plan dans cette histoire.

Mauro Caldi, Constant, Lapierre, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, automobile, 11/2014

Le dessin est dans le plus pur style franco-belge, un peu rétro. Mais les cases sont grandes (souvent trois cases de trois strips par planche). Les couleurs sont dans des teintes rappelant une époque ancienne avec des tons proches du sépia.

La relance de la série est réussie. C’est un album tous publics qui tient la route et plaira à de nombreux lecteurs. Une fois de plus, Paquet a eu la bonne idée de relancer une bonne série endormie.

 

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Lien vers la page internet de l’éditeur Paquet et du tome 7 de Mauro Caldi: ICI.

 

Capitol.

 

Mauro Caldi, Constant, Lapierre, Paquet, Calandre, 7/10, Aventure, automobile, 11/2014

 

 

JUMP – Tome 1: Pédale et tais-toi!

Jump, pédale et tais-toi!, Cambré, Kramiek, 7/10, aventure, BMX, 10/2014Jump, pédale et tais-toi!, Cambré, Kramiek, 7/10, aventure, BMX, 10/2014Dessin & scénario : Charel Cambré

Editions Kramiek

Sortie : 22/10/2014

48 pages – cartonné

Aventure, BMX.

 

 

Résumé (de l’éditeur) : Brains, Dweezil et Lisa sont une bande de copains pleins d’énergie. Ensemble, avec leur tatoo Armando, ils forment un gang qui vit de folles aventures par-dessus les tas de ferraille de la ville. Ils sont les casse-cous sans peur du XXIe siècle. Une chose est sûre : le mot ennui ne figure pas dans leur dictionnaire ! Jump rules ! Brains veut gagner un nouveau vélo en remportant une course de BMX. Il est prêt à tout pour gagner. Même prendre une boisson énergisante interdite ! Mais il y a un obstacle sur le chemin de la victoire : son ennemi juré Steven Stunt. Pour les deux rivaux, tous les coups sont permis…Ca va frotter !

 

Jump, pédale et tais-toi!, Cambré, Kramiek, 7/10, aventure, BMX, 10/2014

« BMX, Skateboard, Rollerblade… JUMP RULES !

 

Mon avis : « Jump » est une série qui cartonne sur le marché néerlandophone. Elle est éditée maintenant en français par l’éditeur Kramiek, la maison d’édition d’humour du groupe Paquet. On devrait plutôt dire que Kramiek s’intéresse aux productions d’origine néerlandophone car franchement cette série « Jump », c’est tout sauf un album d’humour !

La série est dessinée par Charel Cambré, une référence, un dessinateur qui a travaillé au Studio Vandersteen sur la série « Bob et Bobette », très célèbre en Belgique et surtout en Flandres. Le dessin ressemble d’ailleurs très fort au style de cette école issue des studios graphiques flamands.

C’est une série qui plaira à n’en pas douter aux enfants et aux jeunes adolescents qui aiment les aventures d’une bande de  jeunes accros aux sports tels que le BMX, le skateboard ou les rollerblades, qui aiment les sensations fortes que ces sports dégagent.

J’ai trouvé cette série « gentillette » et bien sous tous rapports où la morale est sauve en fin d’album. Mais suis-je le mieux placé pour juger ? Le public cible décidera en fin de comptes !

 

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Lien vers la page Facebook de l’éditeur Kramiek: ICI.

 

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REVOIR PARIS- Tome 1.

Revoir Paris, Schuiten, Peeters, Casterman, 11/2014Revoir Paris, Schuiten, Peeters, Casterman, 11/2014Dessin : François Schuiten – Scénario : Benoît Peeters

Editions Casterman

Sortie : 05/11/2014

64 pages – cartonné

Prix conseillé : 15,00 €

ISBN : 9782203043275

Science-fiction, Paris.

 

Résumé (de l’éditeur) : Février 2156. Kârinh est née dans l’Arche, une colonie spatiale créée par un groupe d’anciens Terriens qui a coupé tout lien avec sa planète d’origine. La jeune femme a toujours rêvé de cette Terre qu’elle n’a jamais vue, et tout particulièrement de Paris, ville découverte dans des livres miraculeusement préservés. Elle a donc sans hésiter accepté de diriger seule le Tube, un vaisseau en route vers la Terre, transportant une quinzaine de corps en hibernation. Mais les immersions, de plus en plus fréquentes, de Kârinh dans ses fantasmes de la ville ne vont-elles pas gêner la réalisation de sa mission ? Et surtout, une fois à destination, la Ville Lumière du XXIIe siècle sera-t-elle conforme à ses visions ?

 

Revoir Paris, Schuiten, Peeters, Casterman, 11/2014

« Tu es responsable du vaisseau et de tous ceux qui sont à bord. A force de négligence, tu nous conduisais tous à la catastrophe. »

 

Mon avis : Cette nouvelle histoire en deux tomes a pour thème la ville de Paris. Il s’agit de leur vision du futur pour la ville lumière. Parallèlement  à cette publication, Schuiten et Peeters assureront la scénographie et le commissariat d’une exposition « Revoir Paris » présentée de  18 novembre 2014 au 9 mars 2015 à la Cité de l’architecture et du patrimoine, Palais de Chaillot, 1 place du Trocadéro à Paris 16e. Cette exposition est consacrée aux visions de Paris à travers le temps.

 

Revoir Paris, Schuiten, Peeters, Casterman, 11/2014

 

Cet album ne s’inscrit donc pas dans l’univers de la série mythique des « cités obscures », née il y a 30 ans mais reste fort proche quand on connait les thèmes développés pour le duo d’auteurs, à savoir l’urbanisme, la ville, les gens qui y vivent.

Au niveau du dessin, Schuiten est toujours égal à lui-même et on retrouve directement la patte du dessinateur bruxellois. Rien à redire, le travail est magnifique. Les couleurs sont bien calibrées en fonction du récit. Rien de criard, on fait dans le soft.

Revoir Paris, Schuiten, Peeters, Casterman, 11/2014

Par contre, j’ai été un peu déçu par le scénario ou plutôt par ce premier tome. Les auteurs veulent nous faire revoir Paris mais Paris se fait attendre. Il faut en effet être très patient…L’histoire en elle-même part en mode mineur, comme les passagers enfermés dans le vaisseau spatial en direction de la terre. Par moment, je me suis même un peu ennuyé en me disant : « alors, elle est où cette ville de Paris ? ». Le personnage principal s’appelle Kârinh. Elle est la plus jeune des passagers (parmi une horde de vieilles personnes) et a été catapultée chef de bord. Mais elle est toxicomane et abuse de substances pour rêver et essayer de retrouver dans ses rêves ses parents et la ville de Paris. L’histoire devient bien plus intéressante lorsqu’elle arrive enfin sur terre et se dirige vers Paris au départ du port du Havre, devenu la banlieue et  le port de Paris. Nous sommes à ce moment déjà à la page 47 et Kârinh arrivera à Paris à la dernière planche du tome 1.Grosse frustration donc. Autant dire que le meilleur reste à venir avec le tome 2. Ce tome 1 n’est en réalité qu’un échauffement avant le vif du sujet.

Revoir Paris, Schuiten, Peeters, Casterman, 11/2014

Vous l’aurez compris, j’ai été un peu déçu par ce tome 1 mais il faudra juger surtout l’œuvre sur l’ensemble des deux tomes. Mais ce n’est pas l’album par lequel le novice découvrira en priorité ce formidable tandem d’auteurs. Ce n’est pas le choc et l’émerveillement que j’avais ressenti lors de la lecture de la fièvre d’Urbicande. On en est loin. Trop psychologique, un peu trop torturé, lent, trop lent à mon goût. Cet album n’est-il pas « à la remorque » de l’exposition de Paris ? Quoiqu’il en soit, un démarrage en mode mineur. Les amateurs de Schuiten/Peeters cependant se jetteront sur cet album et je les comprends car cela reste une sortie importante dans le monde de la BD. Pour ma part, je reporte mes espoirs sur le second tome à paraître bientôt !

 

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Lien vers le site de Casterman et la fiche du livre « Revoir Paris » : ICI.

 

 

Capitol.

 

Revoir Paris, Schuiten, Peeters, Casterman, 11/2014

 

JOURNAL DE SPIROU N° 4000!

Spirou, journal, 4000, 10/12/2014

Le journal de Spirou a vu le jour en 1938. Ce mercredi 10 décembre 2014, l’hebdomadaire fêtera son 4000e numéro. Cela fait 77 ans que cette institution qui a vu passer de grands talents tels que Franquin, Jijé, Will et bien d’autres. Elle a dynamisé la bande dessinée franco-belge. Le journal, fondé par la famille Dupuis, est à l’origine de l’école dite de Marcinelle. Malgré les aléas de la vie (une guerre mondiale,…), les changements dans les comportements de lecture, un marché de la bande dessinée qui a grandi avec des crises, le journal de Spirou continue son chemin avec un but principal de divertissement de ses lecteurs mais aussi un laboratoire pour les auteurs confirmés et les néophytes. Cela demande bien entendu beaucoup d’idées innovantes et un perpétuel renouvellement. Mais le journal de Spirou garde toute son attractivité.

Lire la suite « JOURNAL DE SPIROU N° 4000! »

GILLES DURANCE – Tome 1: Le bombardier blanc.

Gilles Durance, le bombardier blanc, Callixte, Cockpit, Paquet, 11/2014Gilles Durance, le bombardier blanc, Callixte, Cockpit, Paquet, 11/2014Dessin & scénario : Callixte

Editions Paquet

Collection cockpit

Sortie : 12/11/2014

48 pages – cartonné

Aventure, aviation.

 

Résumé (de l’éditeur) : Printemps 1967. Le gouvernement fédéral du Nigeria réagit à la sécession du Biafra en déclarant la guerre et organise un blocus. La situation se complique par l’intervention de pays étrangers dont les ventes d’armes alimentent le conflit. A la mort de l’industriel Marcel Castin, Gilles Durance hérite mystérieusement de l’école de pilotage dans laquelle il travaillait. En mettant de l’ordre dans les affaires de la compagnie, il découvre qu’une société de surveillance aérienne aux activités douteuses occupe l’un des hangars de l’aérodrome. Cette dernière y prépare en secret un bombardier RB26-Invader et lui confie la délicate mission de livrer le bombardier au Biafra pour le compte des services secrets français. Aux commandes de ce magnifique avion, Gilles et son équipe se lancent dans un périlleux voyage à travers l’ouest Africain qui les conduira au cœur d’un conflit armé. 

 

Gilles Durance, le bombardier blanc, Callixte, Cockpit, Paquet, 11/2014

 

« Tu parles ! Sous ton armure de preux chevalier, tu n’es qu’un accro à l’adrénaline qui s’ignore. »

 

Mon avis : Une nouvelle série débute dans la prestigieuse collection « cockpit » dirigée et supervisée par la star du dessin d’aviation, Romain Hugault. Le héros s’appelle Gilles Durance et j’ai l’impression que la série va rapidement s’étoffer. Au dessin et au scénario, le lecteur retrouvera Callixte qui n’est pas un inconnu. Il a dessiné « Eightball hunter » et a été co-dessinateur sur les derniers tomes des « Enquêtes autos de Margot » avec Olivier Marin, toujours chez Paquet.

Gilles Durance, le bombardier blanc, Callixte, Cockpit, Paquet, 11/2014

Son dessin est très moderne, ligne claire, bien fignolé, très épuré. Les personnages sont très bien rendus tant au niveau des attitudes corporelles que des expressions du visage. Les voitures et les avions sont superbement dessinés, y compris et surtout en situation. Il ne lésine pas sur les décors. Le découpage des planches est dynamique. Callixte fait aussi lui-même les couleurs et s’en tire plus que bien. Un style de dessin en fin de compte très agréable à regarder et qui donne envie de feuilleter et de lire l’album.

Gilles Durance, le bombardier blanc, Callixte, Cockpit, Paquet, 11/2014

Le scénario, quant à lui, est dans le plus pur style « aventure, services secrets ». Ajoutez-y de l’action, des avions (collection cockpit oblige), quelques jolies filles, un plan presque foireux et un personnage principal un peu crédule. Vous avez tous les éléments pour réaliser un bon album, sans grandes prétentions, mais délassant, qu’on lit en fin de soirée en toute quiétude. C’est un album « one shoot » avec une histoire complète. Je dois reconnaître cependant que le scénario est un peu tarabiscoté. A un certain moment, j’ai dû revenir en arrière pour bien comprendre toutes les ficelles du récit car les rebondissements et les intervenants sont nombreux. C’est un peu le lot, il faut bien le dire, de ces histoires d’espionnage, de services secrets. Callixte s’est inspiré de faits réels qu’il a mis à sa sauce, bien secondés par quelques pointures (voir l’avertissement en début d’album).

Gilles Durance, le bombardier blanc, Callixte, Cockpit, Paquet, 11/2014

Un grand mensuel français de BD en trois lettres a côté cet album dans la catégorie des « Bofs », se permettant au passage d’écrire en une phrase sa pensée sur l’album, à savoir : « Cet album volontiers machiste et va-t’en guerre réjouira les amateurs jusqu’au-boutistes de BD aéronautique, mais laissera les autres lecteurs sur leur faim ». Au revoir Buck Danny classic (classé Top ! dans le même magazine) et autres Tanguy et Laverdure…Ne parlons pas des réalisations de Romain Hugault dont le Angel Wings est un succès actuellement en librairie. Faut-il bannir pour autant les albums qui traitent d’une guerre que ce soit celle de ’40-45 ou du Biafra ? Ne peut-on pas dessiner quelques jolies filles au détour d’une case ? Cela n’a rien de révoltant, et cela reste très correct et prude par rapport à d’autres productions…C’est un avis parmi tant d’autres mais je pense qu’il est fort réducteur. Ce n’est pas parce qu’on fait une série « grand public » que c’est nécessairement de la merde en boite. D’autres livres, parfois présentés comme des chefs d’œuvre par certains, sont d’un ennui mortel à la lecture. Question de sensibilité ?  Je donne moi aussi un avis qui vaut bien un autre.

Gilles Durance, le bombardier blanc, Callixte, Cockpit, Paquet, 11/2014

Bref, pour moi, ce fut un bon moment de lecture, sans prise de tête. Que demander de plus ?

 

a07-3e78901.gifScénario 

a09-3e78912.gifDessin 

a08-3e78906.gifMoyenne

 

Lien vers le site de l’éditeur Paquet et la fiche du livre « Le bombardier blanc » : ICI.

 

Capitol.

 

Gilles Durance, le bombardier blanc, Callixte, Cockpit, Paquet, 11/2014

 

 

INTERVIEW D’ANTONIO LAPONE.

L’album « Adam Clarks » d’Antonio Lapone (dessin) et de Régis Hautière (scénario) est sorti en librairie. Il détonne dans le flot des nouveautés en cette fin d’année 2014.Un album qui sort résolument des sentiers battus et qui nous vaut son lot de surprises et d’émerveillements. Pour en savoir plus, Samba BD a posé quelques questions à Antonio Lapone, histoire de mieux comprendre la démarche des auteurs et de mieux comprendre leur travail sur cet album hors du commun !

 

 

Copyrights Antonio Lapone

 

 

Samba BD : Pouvez-vous me décrire en quelques lignes votre parcours professionnel ?

Antonio Lapone: Avant d’être un dessinateur BD, je suis graphiste publicitaire. J’ai fait mes études dans les années 80 à Turin, ma ville d’origine en Italie.

 

Samba BD : Vous êtes d’origine italienne, vous vivez en Belgique. S’agit-il d’un choix personnel ou simplement les aléas de la vie, de votre famille ? Votre travail professionnel en a-t-il été profondément influencé ?
 
Antonio Lapone: J’ai préféré venir m’installer en Belgique pour des raisons de cœur, je me suis marié en 2009. Et ensuite  parce que ici en Belgique c’est plus facile d’être près des maisons d’éditions et de la galerie qui expose mes originaux, la Galerie Champaka de Bruxelles.

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014

 

 

Samba BD : Vous maîtrisez très bien les codes de la ligne claire et du style « Atome ». Pourquoi avez-vous pris cette option graphique ? Etes-vous capable de faire d’autres styles de dessins comme le dessin réaliste ?

Antonio Lapone: Le style Atome, en Ligne Claire, c’est le style le plus proche de ma profession d’affichiste publicitaire. Je travaille beaucoup à mon storyboard. Je cherche parfois des mises en page différentes, sans rester bloqué par les classiques 6/9 cases carrées. J’adore aussi travailler dans un style encore plus « cartoon » comme on peut le voir à la page 26 de mon album Adam Clarks. Sinon, c’est mon style, Je ne cherche pas à faire des autres styles. Quand j’ai découvert Serge Clerc, je me suis dit : «  alors, moi aussi, je peux faire de la BD ».

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014

 

Samba BD : C’est le deuxième album que vous réalisez avec Régis Hautière après « Accords sensibles ». Comment s’est mise en place votre collaboration ? Qui propose les sujets, les thèmes de vos livres ? Comment travaillez-vous ?

Antonio Lapone: J’avais envie d’une histoire plus classique. J’ai regardé toutes les saisons de la série télévisée « Mad men ». Au départ (en 2012) avec Régis, nous avions pensé de réaliser un scénario à la « Mad men », des publicitaires autour de belles voitures dans la Manhattan des années 60. Après,  notre éditeur a trouvé l’idée un peu difficile à gérer dans une BD et nous avons abandonné l’idée. Tout ce qui reste, c’était le personnage élégant d’Adam Clarks, les cocktails, la haute société, les drinks, les cigarettes (dans ma BD, les cigarettes sont sans tabac comme le signale une publicité à la page 9 de l’album), les belles femmes, les mises des grands soirées… Régis a travaillé le scénario au départ de certaines idées de base. Disons que lui a écrit l’histoire. Moi, j’ai créé l’univers d’Adam Clarks. Nous avons pensé ensemble au caractère de notre personnage. Après, Régis m’a proposé son idée et j’ai cherché à enrichir les planches parfois en dénaturant son idée, mais sans jamais toucher ses dialogues.

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014

 

Samba BD : Adam Clarks est-il un album important pour vous ou juste un « one shoot » ? Quels sont vos attentes par rapport aux réactions du public, des lecteurs ? Y aura-t-il une suite à Adam Clarks ?

Antonio Lapone: Pour le moment, Adam Clarks est et reste un « one shoot », pas de suite donc. Il s’agit d’imaginer et de pouvoir créer des autres univers. J’ai besoin de changer, de travailler sur des nouveaux personnages, peut être encore une fois à cause de  mes origines de publicitaire, travailler beaucoup sur quelque chose (je ne suis pas un dessinateur rapide), le développer, le conduire dans les mains des lecteurs…. et passer à autre chose…. Pour le moment, la réaction du public est très, très positive! Je suis très content parce qu’Adam Clarks est un album pour s’évader, pour s’amuser un peu, pour prendre ton verre de Martini avec des olives et savourer un bon cigare. Il n’y a pas de guerre, d’angoisse, des croix gammées… juste une belle aventure pour passer un beau moment!

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014

 

 

Samba BD : Qui a eu l’idée de ce « concept album » ? Vous ? Votre éditeur ? Est-il facile de mettre en place et de mener à bien un tel projet qui sort de l’ordinaire (grandeur des pages, qualité de l’album, recherche graphique, mise en place,…) ?

Antonio Lapone: le format du livre a été décidé dès le début. Frédéric Mangé, mon éditeur, avait envie de mettre en valeur mes planches, l’album est riche de « splash page », de grands cases, de la couleur aussi, très recherchée. Elle avait besoin d’un bon papier pour bien ressortir. Donc J’ai travaillé tout en sachant que le format aurait été « grand »! Je dois dire que le choix de sortir un « grand format » a été très courageux de la part de mon éditeur. J’ai eu vraiment la chance et l’opportunité de m’amuser avec des grandes images, des décors très riches, avec des mises en page différentes de la BD classique, tout ce que je préfère dans mon découpage de la page, jouer avec des cadrages différents. D’ailleurs, c’est pour ça que la phase du découpage est si long pour moi.

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014

 

Samba BD : J’ai été interpelé par le travail des couleurs. Celles-ci sont radicalement différentes au fur et à mesure de la progression de l’histoire. En fin d’album, les couleurs sont moins variées et plus sombres voire plus agressives. Quelle est votre démarche à ce sujet ?

Antonio Lapone: Pour moi, la couleur est très, très importante. Elle raconte des états d’âme, pas seulement bien remplir des espaces. La couleur pour moi est et doit être comme au cinéma: sombre la nuit, par exemple, c’est pour ça que, dans la BD, elle change. Les moments dramatiques sont très sombres, le rouge est la couleur de la mort, du drame… le bleu électrique pour les soirées chic…

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014

 

Samba BD : Vos planches ont toutes un « liseré vertical »  d’environ 1,5 cm du côté de la face « ouverte » de l’album. Ce liseré reprend des éléments graphiques de l’action en cours et forme des sortes de chapitres graphiques. Quelle est l’idée recherchée de cette innovation graphique ?

Antonio Lapone: il faut savoir que je travaille dans un format A3, toujours comme la vieille école, papier Canson 1557, 180 g/m, pas des planches virtuelles comme c’est à la mode aujourd’hui. Or, le format de la page de l’album était plus large, donc il fallait imaginer quelque chose pour éviter le blanc à côté. C’est pour ça que J’ai imaginé une frise qui change à chaque chapitre, très design, mais sans envahir graphiquement le sens de la lecture. Elle donne encore une fois une richesse à l’ensemble de l’album. Disons que je cherche toujours l’esthétique dans mon travail.

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014Samba BD : Vous faites une référence appuyée dans cette histoire à un album musical mythique de Donald Fagen intitulé « The Nightfly » et de deux de ses titres très connus à savoir « New frontier » et « I.G.Y. ». Donald Fagen y développe une musique très jazzy et fait référence à Dave Brubeck. Que représente cet album pour vous ? Pourquoi en faire référence  et lui donner une place plus que symbolique dans l’album ?

Antonio Lapone: « The Nightfly » de Donald Fagen est pour moi  « l’Album »! En bref: élégance, ambiance, voyage, style, perfection du son… voilà pourquoi ! Déjà la couverture, elle parle toute seule : le noir et blanc, un speaker dans un studio d’une radio, la platine… La fumée de la cigarette, une horloge, la nuit… Voici résumé mon univers!

Samba BD : On vous voit aussi régulièrement dans les galeries, sur les cimaises où vous avez déjà une certaine cote auprès des amateurs du genre. Qu’est-ce qui vous pousse à explorer ce côté de l’ »Art graphique » ? En tirez-vous beaucoup de satisfaction ?

Antonio Lapone: La galerie, pour moi, c’est le moment final d’un processus commencé dans l’atelier, l’œuvre d’art prend vie, elle commence à respirer quand les gens l’observent, mes tableaux prennent leur force seulement quand ils sont exposés. Alors, moi aussi, je les découvre! Ce qui me pousse,  c’est l’envie de travailler sur des univers différents, toujours et encore une fois… L’envie de visiter des endroits différents!

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014

 

Samba BD : Quels sont vos futurs projets ?

Antonio Lapone: Je suis déjà au travail sur un album qui sortira l’année prochaine, il s’agit d’une belle collaboration avec Jean-Philippe Peyraud autour de la biographie de Mondrian. On avait envie de travailler ensemble Jean-Philippe et moi. On a trouvé notre point de départ, la sortie est prévue pour novembre 2015 toujours chez Glénat. Les planches seront des grands formats, plus grands qu’un A3, en couleurs directes et à l’aquarelle et acryliques. Pour le côté « tableaux », je prépare mon Expo à la Galerie Champaka de Bruxelles pour le mois de février 2015. Le titre est: « The New Frontier ». Pour la BRAFA de Bruxelles (Brussels Antiques & Fine Arts Fair), je suis en train de réaliser deux grand tableaux et j’ai le grand honneur de participer à la vente Sotheby’s organisée avec Champaka/Galerie 9eme Art. C’est prévu pour le mois de mars 2015 mais, pour le moment, je ne peux pas dire de plus, ni montrer des images.

Samba BD : Quels sont les dessinateurs ou les œuvres qui vous ont influencés ou que vous aimez plus particulièrement ?

Antonio Lapone: Jack Kirby, Chaland, Serge Clerc!

Samba BD : Avez-vous eu des coups de cœur récents au niveau des sorties BD, musicales, littéraires ou cinématographiques ?

Antonio Lapone: Dans la Bd… Picasso! Au cinéma… difficile, je ne sais pas vraiment. J’aime pour le moment les séries télés : Board Walk Empire, Mad Men, Gotham, The Newsrooms…

 

Interview, Lapone, Adam Clarks, Glénat, 10/2014

 

Copyrights Antonio Lapone.

 

Interview réalisée par Capitol pour Samba BD.

Un grand merci à Antonio Lapone pour sa gentillesse, sa disponibilité et sa rapidité de réaction qui nous a permis de boucler cette interview en un temps réduit.

 

 

 

 

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