Scénario : Stefano Nardella
Dessins : Vincenzo Bizzari
Éditeur : Sarbacane
184 pages
Date de sortie : septembre 2026
Genre : western
« Moi, je veux juste épouser ma belle Filomena«
Présentation de l’éditeur
Italie du Sud, 1868, sous le soleil écrasant des Pouilles. Carmine et Filomena s’aiment. Et lorsque le puissant baron Don Michele décide d’épouser Filomena malgré elle, le sol se dérobe sous eux… Mais dans le Sud, ne dit-on pas que la passion est aussi violente que la guerre… ?

Mon avis
La couverture donne le ton. L’ambiance va être noire, âpre et violente. Quand on la regarde, on s’attend à un bon vieux western. Tout y fait penser, jusque dans le titre et la typo. De western, il n’en est pas vraiment question, quoi que… cette histoire qui se passe dans les pouilles en Italie, se rapproche du genre. On y trouve tous les codes. Le clan des méchants, ici la pègre, les pauvres fermiers qui en sont les victimes et un amour rendu impossible par le puissant baron local. Et puis en toile de fond, un pays qui n’a pas tout à fait pansé ses plaies, deux ans après l’unification. Le sud s’embrase, et les villages sont ravagés par la la guerre entre l’armée Piémontaise et les bandes de brigands. Tous les éléments sont en place pour un scénario rythmé par une vengeance impitoyable et sanguinaire.
Carmine, simple paysan qui n’aspirait à rien d’autre que d’épouser sa bien aimée Filomena, se transforme au fil du récit en un brigand de grand chemins, dont le cœur s’est laissé noircir par la haine et la vengeance après que le parrain Don Michele lui a volé sa promise.
Le western n’est vraiment pas loin ! La violence est crue, va crescendo et semble n’avoir aucune limite, comme dans les films de Tarantino. On assiste, impuissants, à cette spirale infernale qui entraîne les protagonistes dans une tragédie toute shakespearienne. Une fuite en avant, sans retour, dont l’unique échappatoire ne peut être que la tombe.
Ce récit nous prend aux tripes du début à la fin même si, au final, quasiment aucun personnage ne suscite d’empathie. Avec un dessin noir, charbonneux mais limpide, proposant des personnages aux trognes caricaturales mais néanmoins expressives, Vincenzo Bizzari sert cette histoire avec maestria. Idem pour les décors qui ne manquent pas de détails et de grandeur.
Pour qui aime la BD en noir et blanc, les histoires rugueuses et sans concessions, cet album est superbe et incontournable.
Loubrun
![]() | ![]() | ![]() |




Laisser un commentaire