Scénario et dessin : Florence Dupré la Tour
Éditeur : Glénat
128 pages
Date de sortie : septembre 2026
Genre : société ; humour ; récit intime
Heureux les chauves, qui sont les seuls à ne plus perdre leurs cheveux.
Claude Frisoni — Frisoni soit qui mal y pense
Présentation de l’éditeur
Depuis qu’il est petit, Emmanuel fait craquer tout le monde avec sa jolie bouille et sa crinière de lion ! Aujourd’hui il a tout pour plaire : un job stylé dans la mode, un physique attrayant, des collègues sous le charme et un succès insolent sur les applis de rencontre ! Mais le jour où un stagiaire sans gêne lui assomme la terrible vérité, tout bascule : Emmanuel perd ses cheveux. Un trou au sommet du crâne va le plonger dans la paranoïa. Car Emmanuel le sait, perdre ses cheveux, c’est perdre bien plus… c’est voir sa virilité vaciller, prendre un coup de vieux dans un monde où règnent les apparences. Effrayé, déprimé, Emmanuel refuse de devenir comme tous ces bonhommes chauves, au crâne luisant. Et s’il n’avait plus de copine, ou pire, plus aucune promotion ? Face à cette tragédie capillaire tous les moyens sont bons : lotions miracle, casques futuristes, voyages improbables … Emmanuel va tout tenter pour sauver son capital capillaire et, accessoirement, son ego XXL.

Mon avis
Florence Dupré la Tour nous emmène sur le terrain luisant d’un mal qui toucherait 50 % des hommes à l’âge de 50 ans. Un mal pour certains, pour qui c’est une véritable terreur que de s’imaginer perdre un jour ses cheveux. J ‘en connais. Pour d’autres rien de plus qu’un élément de son physique duquel on s’accommode très bien, y trouvant même quelques avantages. Imaginez : pas de frais de coiffeur, grosses économies sur les shampoings, énorme gain de temps pour le coiffage du matin, et puis last but not least, on est bien souvent les premiers à savoir quand la pluie tombe. Ah, aussi, il faut savoir encaisser les petits quolibets qui sont plus idiots que drôles.
Tout ça, Emmanuel ne l’a pas compris ou n’en est pas capable. Emmanuel, c’est le héros, ou l’anti héros, de ce sujet de société. Tout petit, il est mignon et fait craquer tout le monde. Ado et adulte, il a pas mal de succès avec les filles, surtout quand il travaille comme graphiste pour un magazine de mode. Tout va pour le mieux, jusqu’au jour ou un stagiaire lui fait remarquer un changement majeur dans sa coiffure : il se dégarni. Horreur ! Il va devenir comme les vieux chauves qu’il abhorraient quand il était petit, ou ces moines à l’étrange tonsure qu’il à vu dans ce monastère où sa mère l’avait emmené. Il ne peut s’imaginer le crâne tout lisse, comme ces œufs à la coque qui lui donnaient autrefois des hauts le cœur ! Depuis tout petit, Emmanuel à une aversion phobique pour les crânes lisses. Ce qui est quand même bien le comble pour un crâneur de son espèce.
Loin d’être hilarant, comme le signale l’éditeur, cet album n’en est pas moins touchant, tendre et quand même un peu drôle. Florence Dupré la Tour traite avec légèreté d’une vraie souffrance pour beaucoup d’hommes. Un ton qui n’a pas pour but de se moquer ni de minimiser la souffrance, mais plutôt d’aider à s’en détacher et à prendre du recul. Le message est limpide : dédramatisons, acceptons nos différences, affranchissons-nous des diktats des apparences et jetons à la poubelle les injonctions aux pseudos canons de la beauté.
Une lecture amusante pour (presque) tous les chauves, mais pas que.
Loubrun
![]() | ![]() | ![]() |




Laisser un commentaire