Scénario : Jan Kounen et Omar Ladgham
Dessin : Salvo
Éditeur : Glénat
64 pages
Date de sortie : 13 mai 2026
Genre : Science-fiction
« Ce qui est sûr, c’est que je ne veux ni morts ni blessés. C’est de notre responsabilité en tant que nouvelle génération. Nous, on ne tue personne. »
Quand l’espoir renaît au creux de la forêt.
2072. Cela fait 30 ans que l’Humanité vit à la verticale. Depuis qu’une bactérie a décimé la quasi-totalité de la civilisation, les survivants s’entassent pour se protéger d’une contamination mortelle. Tous s’accrochent à un monde en ruine, rongé par la peur. Dans ce microcosme divisé, les tensions entre les Anciens, et la jeune génération, les Intras, atteignent son paroxysme. Ingrid, très secouée par la disparition d’Aatami refuse d’intervenir pour rétablir l’ordre, dans le même temps Caem prépare une « contre-révolution ». Pourtant un espoir subsiste : Aatami ! Alors que tout le monde le croyait mort, le jeune Intra réapparait au cœur d’une forêt consciente, protégé par Marie, une I.A. aux motivations très ambiguës. Immunisé contre la bactérie, il incarne la promesse d’une nouvelle Humanité. Mais cette révélation fracture les alliances… Entre trahisons, manipulations et affrontements, la Tour devient le théâtre d’un combat ultime : survivre ou s’effondrer.

Mon avis
Près de quatre ans qu’on l’attendait, ce tome final. Le temps que la Tour change de dessinateur (Salvo succède à Mr Fab) et que je relise les deux premiers albums pour me rappeler qui complotait contre qui. Précaution utile, car ce troisième volet ne fait pas dans la sobriété : contre-révolution, forêt consciente, I.A. aux motivations troubles, messie immunisé, trahisons en cascade… Rien qu’à lire le résumé éditeur ci-dessus, vous aurez compris que ça part un peu dans tous les sens.

Et puis il y a ce parti pris qui m’a un peu titillé tout du long… En effet, je commence clairement à faire partie de la génération qui doit, pour le dire poliment, laisser la place, parce qu’elle n’a fait que des conneries, alors que la nouvelle génération, animée que de bonnes et pures intentions, va réparer toutes ces conneries, justement… Spoiler alerte : euh… C’est pas forcément comme ça que ça se passe… Je le sais parce que j’ai moi-même été jeune en rébellion face à la génération de mes parents qui n’était ni plus ni moins que celle du Flower Power, elle-même en rébellion face à la précédente qui avait fait la guerre… Bref, dans ces cas-là, je préfère continuer de me référer à Brassens qui chantait très sagement : “Le temps, ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con”…

Attention, je ne conteste pas l’idée qu’une génération élevée dans la Tour puisse (doive !) porter un regard critique sur le monde d’avant, c’est même le cœur du projet et il est légitime. Mais à force de systématisme, le propos peut devenir un brin caricatural. Un scénario qui s’en serait souvenu aurait peut-être gagné en épaisseur ce qu’il aurait perdu en confort.
Reste le dessin, et là, bonne surprise : Salvo reprend le flambeau de Mr Fab sans que l’univers y perde son identité. Sa Tour verticale et étouffante fonctionne toujours, et la forêt consciente lui inspire de très belles pages.
Finalement, la trilogie se termine, l’ensemble se laisse lire, mais on était en droit d’espérer une conclusion un peu moins manichéenne.
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Odradek
Et la leçon du jour de Tonton Georges pour les habitants de cette tour…




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