Scénario : Rudy Ortiz & Sophie Révil
Dessin : Antonia Bañados
Éditeur : Sarbacane
Date de sortie : 4 mars 2026
192 pages
Genre : Drame
« Maman, les secrets, c’est grave de les raconter? »
Présentation de l’éditeur
Petit garçon espiègle et plein d’imagination, Daniel grandit dans la pension de famille que tient sa mère, Madeleine, au cœur de Lima. Femme libre des années soixante-dix, mère célibataire, elle multiplie les boulots et les aventures. Daniel reste souvent tout seul. Jusqu’à l’arrivée de Vicente. Son grand cousin. Beau, charismatique, solaire. Vicente prend le petit garçon sous son aile, et devient son meilleur ami. Le centre de sa vie.
Pour Daniel, c’est un tourbillon de bonheur. Il ne sait pas encore que son enfance est sur le point de basculer brutalement …

Mon avis
Le dessin et la mise en couleur d’Antonia Bañados sont de toute beauté. La dessinatrice chilienne utilise différentes bichromies dont la lumière crépusculaire, apaisante, renforce la dimension nostalgique du récit de cette pension de famille. Les souvenirs reviennent à l’esprit de Daniel qui les partage à Paris, à son psy, dans un long flashback dans le Pérou des années 90. Il se remémore son quotidien avec sa mère, du haut de ses 10 ans. Le temps semble pour lui s’allonger, par manque de loisirs et d’argent.
C’est l’arrivée de son grand cousin qui bouleversera sa vie.
Le scénario de Sophie Révil et Rudy Ortiz évite les fausses pudeurs pour traiter la thématique des violences sexuelles intrafamiliales. La description de l’emprise psychologique exercée par le cousin Vicente sur le jeune garçon glace le sang, tout comme le choix des autrices et de l’auteur de ne pas faire dans la nuance pour évoquer les abus sexuels. C’est cru, en rupture avec l’atmosphère générale de l’album. C’est à mon sens dans cette dichotomie que réside la force de ce roman graphique. La culpabilité écrase Daniel tout au long de son existence alors même qu’il est la victime. Le drame l’isole alors même que les adultes sont nombreux autour de lui. C’est tout ceci que Daniel exprime au cours de sa thérapie, lui qui s’excuse presque de ce qu’il a subi, protège ses souvenirs qu’il a peur, en verbalisant son trauma, de voir disparaitre, de s’envoler. L’évocation du viol change sa vision d’un passé qu’il tente de redécouvrir.
La première planche montre Daniel, seul, assis sous un abribus, immobile, le monde s’agitant autour de lui, indifférent à sa présence. L’Envol du Pélican est une BD poignante qui réussit à traiter avec beaucoup de sensibilité et de talent un sujet des plus terribles
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Petit Golem




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