La prophétie de Molène

Scénario : Frédéric Bertocchini
Dessin : Michel Espinosa
Colorisation : Marie-Laure Vincent
Éditeur : Kalopsia
Date de sortie : 6 mars 2026
Genre : thriller

« Ta famille est maudite depuis le temps des druides. Deux milles ans fiston. C’est comme ça, nous n’y pouvons rien… Personne… Personne n’a jamais pu mettre un terme à cette implacable tragédie. »

Présentation de l’éditeur :

À la fin de l’année 1918, Malo Tallec, jeune soldat miraculé de la Grande Guerre, rentre chez lui sur l’île de Molène, en mer d’Iroise. Mais ce retour sur « l’île chauve » n’est pas du goût des Molénais.

D’autant qu’il coïncide avec l’apparition de meurtres épouvantables. Tous les regards et les suspicions se portent alors sur Malo, dont la famille serait – dit-on – frappée d’une terrible malédiction. Car les Tallec « portent malheur » et « assassinent leur femme » depuis la nuit des temps. C’est écrit ! C’est la prophétie de Molène !

Alors qu’Enora, la fille du maire s’éprend du jeune homme, les assassinats se multiplient dans ce microcosme marin. L’étau se resserre alors autour du seul suspect et d’anciens secrets oubliés vont refaire surface.

Malo peut-il échapper à la terrible malédiction qui frappe sa famille ? Prendra-t-il le risque d’aimer, au risque d’accomplir malgré lui la prophétie ?

La Prophétie de Molène est un thriller qui nous entraîne au cœur de secrets familiaux enfouis et de traditions druidiques millénaires que l’on croyait oubliées.

Mon avis :

On connaît tous ces endroits isolés où les habitants se connaissent et qui sont pétris de préjugés, de croyances et de superstitions. Ce sont généralement des lieux propices aux thrillers et autres scénarios aux frontières du réel.

Avec “La prophétie de Molène”, Frédéric Bertocchini a fait le choix de jongler avec les deux, jouant sur cette légende millénaire vouant la famille Tallec à la malédiction. Un peu prévisible sur la forme, surprenant malgré tout sur le fond, car : pourquoi ces meurtres justement à son retour de la première guerre mondiale ? Mystère. Bien que quelques indices sont semés sans qu’on y prête vraiment garde. Le scénario en est pourtant rempli, même au creux de conversations anodines.

C’est qu’on a affaire à une histoire complète, l’auteur doit donc réussir à rester cohérent mais un brin expéditif… et confus, par moments, à l’instar de l’esprit malmené de notre héros, Malo Tallec.

La confusion est également de mise avec le graphisme de Michel Espinosa, comme si lui aussi se cherchait dans son dessin. Si les décors et les contrastes sont réalistes et bien rendus, les protagonistes ressemblent (trop ?!) souvent à des caricatures, manquant de constance dans la morphologie. Ils restent certes identifiables, mais le style reste comme hésitant, là où la colorimétrie de Marie-Laure Vincent est nette et précise, dans les teintes orageuses et pourtant naturelles d’une île bretonne isolée du continent.

La prophétie de Molène” apporte donc son lot d’intrigues et de croyances d’un temps révolu, certes, mais aussi une trame parfois hachée d’un scénario qui aurait peut-être pu s’apprécier davantage si le récit avait été plus long, plus étoffé, moins fouillis, avec ses diverses idées mélangées. De quoi rester avec un goût un peu amer en bouche, une fois ces quelques pages refermées… comme l’eau salée de la mer d’Iroise.

ShayHlyn.

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