Scénario : Zanzim
Dessin : Zanzim
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 6 novembre 2024
144 pages
Genre : Aventure
« Toutes les occasions sont bonnes pour saisir l’instantanéité d’une cheville dévoilée. «
Présentation de l’éditeur
Stanislas Rétif habite, avec son chat, un petit appartement sous les combles. Introverti, il rêve de devenir un grand homme mais sa timidité et son mètre cinquante-sept ne lui sont d’aucun secours quand il s’agit d’aborder une inconnue. Stanislas est pourtant un grand amoureux des femmes ! En travaillant dans un magasin de chaussures, rien ne le met plus en joie que d’habiller leurs pieds. Un jour, lassé de ses déboires, il fait le vœu de devenir un « grand homme » tout en caressant sa paire de bottines préférée. Ce qu’il ignore, c’est que ces bottes en cuir de vache sacrée indienne ont un pouvoir immense ! La magie opère, mais à l’envers ! Le voilà réduit à la taille d’un pouce. Comment survivre dans cet environnement devenu hostile ? C’est le début d’une nouvelle vie dans laquelle les araignées deviennent des prédateurs et où les commérages n’ont plus de secrets pour Stanislas se faufilant, invisible, dans l’intimité des foyers. Capturé par une mamie sénile, il va bientôt se retrouver dans la maison de Fleur… jeune femme qui, à la vue de ses bottes pourrait être l’une de ses clientes… Au fur et à mesure, Stanislas va apprendre à connaître Fleur, et tomber éperdument amoureux d’elle… mais aussi la voir souffrir. Car Fleur est atteinte d’un mal qui la ronge. Que peut faire Stanislas du haut de ses 11 cm ? Peut-il devenir un grand homme par son courage, la beauté de ses actes et son don de soi ?

Mon avis
J’adore l’esthétique de cet album. Le côté pop 60s est éclatant de réalisme et sert parfaitement un scénario à la narration admirable. J’ai, sur ce dernier point, eu en tête celle du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Le narrateur parle des gens, de ce qu’ils ont l’air et de ce qu’ils sont intrinsèquement, en dévoilant à tous leur intimité. Et c’est justement d’intimité dont il est question dans Grand Petit Homme. Zanzim raconte le quotidien de Stanislas Rétif (qui me fait d’ailleurs penser à l’acteur français Charles Denner) et nous fait part de penchants qui peuvent le faire passer pour un grand petit pervers.
Car cette histoire de chausseur qui rêve de trouver chaussure à son pied dit beaucoup de choses sur les hommes et les femmes. Zanzim s’est d’ailleurs déjà aventuré dans cette thématique dans L’Île aux Femmes. Finalement, l’idée de cet homme qui se promène sur le corps d’une femme lui trottait déjà dans la tête (regardez la couverture en cliquant sur le lien précédent. Ici, pas d’Île Mystérieuse aux Amazones mais un clin d’œil à l’Homme qui Rétrécit de Richard Matheson.
Le goût pour les chaussures et les jambes des femmes est obsessionnel chez Stanislas. Il va pouvoir s’en donner à cœur joie en assouvissant ses fantasmes voyeurs obsédants , sans d’ailleurs se soucier d’un quelconque consentement.
Le récit intimiste bascule dans un fantastique où les fantasmes de chacun et chacune sont dévoilés. Il est question de temps qui passe , de rapport à l’amour et au(-x) désir(-s). Le rapport hommes/femmes, qui est traité avec un certain humanisme, laisse peu à peu place à une dimension plus dramatique. Cette épopée dans le monde du minuscule se détache du paraître et se concentre sur l’être. Une post-face un peu déstabilisante semble vouloir en dire un peu plus sur un récit bien moins binaire qu’il en a l’air.
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Petitgolem13




Zanzim est un auteur qui aime jouer avec les « genres ».