Sibylline, Chroniques d’une escort girl.

Auteure : Sixtine Dano.
Éditeur : Glénat.
Date de sortie : 29 janvier 2025.
264 pages
Genre : société.

« Ils tentent d’attraper cette juvénilité au vol avec comme appât quelques billets colorés. »

Chroniques d’une escort girl
À tout juste 19 ans, Raphaëlle ressemble à toutes les jeunes filles de son âge. Fraîchement débarquée à Paris pour ses études d’archi, elle enchaîne à un rythme effréné les cours, les nuits blanches à travailler sur ses maquettes, les soirées à servir des bières ou à refaire le monde avec sa nouvelle meilleure amie. Mais ce que ses camarades d’amphi ne savent pas c’est que certains soirs Raphaëlle se glisse dans les draps d’hôtels parisiens et récolte quelques billets verts.
Avec son tout premier roman graphique, Sixtine Dano crée la surprise. Avec l’élégance de l’encre et du fusain elle dépeint les questions existentielles du passage de l’enfance à l’âge adulte, l’exploration de la féminité et des rapports de pouvoir dans une société marquée par le patriarcat et le capitalisme. Au scénario et au dessin la jeune artiste signe un récit terriblement moderne, à la fois intime et politique : une pépite graphique réussie à ne pas manquer.

Mon avis.
La couverture attire. Une jeune femme allongée et lascive vous regarde. Elle vous invite presque à la suivre. Fatalement, on ne peut qu’ouvrir ce gros roman graphique pour en apprendre plus sur cette belle demoiselle. Elle s’appelle Raphaëlle ou Sybilline pour ces messieurs souvent fortunés qui tentent de capter sa jeunesse. Elle veut devenir architecte. Au fil des rencontres, on fait la connaissance de sa grande amie Leila. Son parcours ira jusqu’à devenir une escort girl. Un chemin comme un autre pour une jeune adulte en quête de réponses avec souvent des sens contradictoires. Mais l’homme (au sens large) n’est-il pas un condensé de contradictions ?
Page 223 « D’un côté, je me dis : sois forte, ne sois pas dépendante d’un homme, bloquée dans une petite maison, dans une petite ville, sans accomplissements et en même temps, je cherche constamment mon reflet pour m’assurer que je suis encore assez jolie pour être désirée. »

Page 252 « J’ai enfin réussi à détruire la petite fille au fond de moi qui attendait le prince charmant.

A aucun moment, je ne qualifierais ces jeunes femmes de prostituées. Elles ne le sont pas. Tout le mérite à son autrice, Sixtine Dano, qui a rendu ce récit touchant et profondément humain. Bien sûr que ça parle de sexe et que les corps se dénudent quand le moment s’y prête mais sans en devenir érotique ni tapageur. On y parle d’amour tout simplement ou pas.
On notera aussi le dessin tout en douceur au fusain et à l’encre de chine pour cette jeune autrice pleine de promesses.
Une belle réflexion sur les rapports de force entre les genres et du capitalisme sur les corps des femmes.
Une belle découverte !


Samba.

4 commentaires sur “Sibylline, Chroniques d’une escort girl.

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    1. Et oui, un prénom qui fait tout de suite penser à une petite souris en BD. Une petite souris qui fera bcp d’ombre à ce titre lors de recherche sur le net d’ailleurs.

  1. ça fait écho à nombre de témoignages d’étudiantes qui se tournent vers cette profession pour payer leur vie estudiantine à Paris (et sans doute d’autres grandes villes).

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