Scénario : Delphine Ribeyre ; Patrizia Zanotti
Dessin : Hugo Pratt
Éditeur : Casterman – Centre Pompidou
144 pages
Date de sortie : mai 2024
Genre : catalogue d’exposition
Le catalogue de l’exposition Corto de Pratt au centre Pompidou
Présentation de l’éditeur
Corto Maltese est l’un des personnages les plus emblématiques de la bande dessinée. Le récit de ses aventures est parsemé de références littéraires, qui viennent donner de l’épaisseur au récit, et construisent une poétique singulière, empreinte de citations, de personnages lecteurs et d’apparitions de personnages écrivains, venus faire « effet de réel » autant qu’ils enrichissent la narration de leur propre univers esthétique. Appuyée sur une sélection de documents originaux (planches, aquarelles, storyboard, croquis, études, photographies, notes), l’exposition proposée par la Bibliothèque publique d’information (BPI) explorera tout particulièrement cette dimension « littéraire », propre à la série imaginée par Hugo Pratt.

Mon avis
La série mythique d’Hugo Pratt apparue en France dans le magazine Pif Gadget en 1970 est devenue au fil du temps un véritable classique de la BD. Bien que sa carrière ait décollé dans un magazine jeunesse, Hugo Pratt fait partie de ces auteurs qui ont sorti la bande dessinée du registre d’histoires illustrées pour enfant dans lequel elle était cantonnée jusqu’à la fin des années 60.
C’est la force de l’œuvre que d’offrir plusieurs niveaux de lecture et donc de s’adresser à un public large. L’aventure est omniprésente dans Corto, et on peut très bien s’arrêter là et passer un excellent moment de lecture. Mais l’on peut aussi élargir son regard et aller au-delà du récit d’aventure en cherchant les très nombreuses références au monde réel qu’Hugo Pratt a distillé dans son œuvre.
Personnages de fiction et personnages réels se côtoient avec tant de naturel qu’on finit par oublier complètement la frontière entre réel et fiction.
Toutes les aventures de Corto, qu’elles soient épiques, rocambolesques, poétiques ou ésotériques, sont parsemées de références littéraires et de personnages bien réels qui donnent une épaisseur réaliste aux récits. Mais, tout en ancrant ses histoires dans la grande Histoire, Hugo Pratt sème le trouble et brouille les repères du lecteur. Et on en revient à se demander si Corto lui-même n’a pas réellement existé. Hugo Pratt le résumait ainsi : « Je raconte la vérité comme si c’était un mensonge. A la différence de bien d’autres qui racontent des mensonges en voulant les faire passer pour vrais. De cette manière, la lecture devient double, triple et le lecteur trouve que certaines choses que j’ai dites étaient vraies, alors il est pris d’une grande envie de partir à leur recherche ».

Dans Corto, on peut croiser entre autres Rimbaud, Jack London, Hermann Hesse, R.L. Stevenson, Staline, Enver Pacha, et traverser la première guerre mondiale, les guerres d’indépendance dans l’Afrique de l’ouest, la lutte des indépendantistes Irlandais contre l’oppresseur Anglais, la révolution russe de 1917 …
Ce livre est le catalogue de l’exposition « Corto Maltese, une vie romanesque » proposée par la Bibliothèque Publique d’Information du centre Pompidou à Paris, jusqu’au 4 novembre 2024. Riche d’une vaste iconographie planches, aquarelles, et le chapitre complet Songe d’un matin d’hiver extrait de l’album Les Celtiques dans sa version couleur, il met en lumière ces nombreuses références littéraires et historiques qui parsèment l’œuvre de Pratt.

Loubrun

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