Dessin : Denis Rodier.
Scénario : Cedric Apikian.
Couleurs : Elise Follin.
Éditeur : Glénat.
Date de sortie : 16 octobre 2024
152 pages
Genre : Guerre
«Vous n’étiez pas dignes de notre règne ! »

Quand l’Histoire défile sous nos yeux : retour sur les reporters du IIIe Reich
1945 à Berlin sous occupation alliée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 700 soldats, appareils photo et caméras en main, alimentaient la propagande du Reich. Ces « Propaganda Kompanien », des reporters de guerre allemands sous les ordres de Goebbels, avaient pour habitude d’utiliser deux appareils photo officiels. Pourtant certains s’étaient munis d’un 3e appareil clandestin, échappant à tout contrôle : la fameuse 3e « Kamera ». C’est le cas du lieutenant Frentz, mandaté pour suivre le Führer en personne !
Mon avis.
On est presque hypnotisé par la couverture de cette 3e Kamera. Cet officier SS qui nous photographie me donne presque des sueurs dans le dos. Voilà donc bien un album qui vous fera de l’œil quand vous le verrez en librairie. Un bel album, imposant, plus de 150 pages, qui nous narre l’histoire de ces reporters de guerre au service de la propagande de Goebbels. Le récit s’articule sur une assise bien réelle pour le contexte et ses personnages mais la trame est bien fictive. On s’intéresse surtout à l’immédiate après-guerre à Berlin qui est généralement très peu abordée comme époque. Vous imaginez bien le chaos qui y règne. En plus la pourriture survit encore au plus profond de ces ruines. L’immersion est excellente et le dessin de Rodier est d’excellente facture. Je serais un peu moins dithyrambique sur la colorisation. J’ai tout de suite tiqué à cause de l’omniprésence de ce jaune-vert qui donne une impression de « vieille photo » , ce qui était peut-être le but recherché mais je dois dire que je ne suis pas du tout emballé par ce procédé.
Pour le scénario, je m’attendais à un récit plus complexe mais le focus sur la réalité du moment est convainquant. Avec aussi par l’intermédiaire du personnage d’ Elke, un douloureux zoom sur le sort peu enviable des nombreuses femmes allemandes violées par l’occupant.
A noter le dossier explicatif en fin d’ album qui m’a presque plus intéressé que l’histoire proposée.
Photographier, c’est une attitude, une façon d’être, une manière de vivre a dit Henri Cartier-Bresson. Difficile donc de croire que ces photographes étaient tous des oies blanches !
Samba.







Il fallait bien choisir une BD pour la bannière !…
http://img.xooimage.com/files118/5/3/7/ban-3e-kamera-5a29715.jpg
Gros succès pour ce titre, déjà un tirage à 52.000 ex.