Le Pays des Cerisiers

Autrice : Fumiyo Kouno
Éditeur : Kana
128 pages
Date de sortie : 25 août 2023
Genre : tranche de vie

« 10 ans ont passé. Que pensent ceux qui ont largué la bombe aujourd’hui ? »

Présentation de l’éditeur :

Hiroshima, 1955, comment vivre normalement, comme une jeune fille, en ayant été témoin de tant d’horreur ?

C’est sur cette interrogation que l’on ouvre « Le pays des cerisiers », récit poignant et lyrique sur la nécessité de se reconstruire et de s’apercevoir que la vie vaut quand même la peine d’être vécue…

Prix Tezuka de la Culture, section manga en mai 2005, au Japon.

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Mon avis :

Après une petite appréhension faisant suite à ma lecture de “Les fleuristes du coin de la rue”, je me suis retrouvée happée par ce récit qui se construit sur deux générations. Une famille qui, le voulant ou non, a du faire avec les effets de la bombe atomique tombée sur Hiroshima… Comme le dit elle-même Fumiyo Kouno en postface, être Japonais, voire même natif de Hiroshima, ne permet pas de comprendre l’ampleur exacte des dégâts subits.

Alors il nous suffit d’ouvrir “Le Pays des Cerisiers” pour comprendre, s’imprégner du vécu des habitants qui ont vu leur ville détruite, recouverte de sang et des cadavres de proches. Devoir soigner les blessés, espérer qu’ils s’en sortent, mais ce n’est pas tout, car c’est de la terrible, de l’impitoyable bombe A que nous parlons, celle qui laisse des traces dans les âmes et dans les corps, même longtemps après… voire transmis aux générations suivantes.

Humblement, avec son chara-design minimaliste, mais des décors finement dépeints, l’autrice nous plonge dans la vie, d’abord de Minami qui vit dans un bidonville d’Hiroshima en 1955. Elle est jeune et belle, la vie devant elle… mais elle a aussi connu l’effroi de cette guerre et la culpabilité d’être en vie alors qu’elle a piétiné tant de cadavres étant petite. Puis, en 2004, avec Nanami qui découvre le secret de son père…

Le style est tellement humble – je n’ai pas d’autre mot – qu’on ne peut que s’attacher à ces personnages et suivre leur vie et les liens tissés entre eux. Mais aussi, et surtout, la force de ces gens malgré la bombe et ses dégâts sur des générations. Une ouverture d’esprit perceptible certainement aux lieux de commémoration sur place, mais également grâce à cet ouvrage qui, en toute simplicité, nous rappelle combien la paix est une chance et qu’il faut la préserver pour nous-même, mais aussi pour les générations à venir (Que ce soit dans vos bonnes résolutions cette année ;-))

ShayHlyn.

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