1629… ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta

Scénario : Xavier Dorison
Dessin : Thimothée Montaigne
Éditeur : Glénat
136 pages
Date de sortie :  novembre 2022
Genre : Histoire ; drame

 


« – ça se mange ?
– Bien sûr que non ! Pourquoi cette question ?
– Ben… si on emporte une bestiole sur un Indiaman, c’est pour la becqueter ! Si vous tenez à votre singe, le meilleur service à lui rendre, c’est de pas l’emmener ! »

 

Présentation de l’éditeur

Seuls les désespérés prennent le risque de s’embarquer sur le Jakarta. À son bord, un équipage issu des bas-fonds d’Amsterdam et assez d’or et de diamants pour exciter les plus folles convoitises. Un baril de poudre sur un enfer flottant. Invitée improbable dans cette traversée vers le cauchemar, Lucrétia Hans devient la seule à pouvoir empêcher Jéronimus Cornélius, apothicaire hérétique et ruiné, d’allumer la mèche… Bon voyage.

 

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Mon avis

Avec ce titre à rallonge qui ne cache pas ses intentions, on sait avant même d’ouvrir le livre que la lecture sera éprouvante. Aussi, avant de se plonger dans cette aventure qui s’annonce rude, attardons-nous sur l’objet que l’on a dans les mains. Il est lourd, grand, épais et beau. La couverture à la fois sombre et lumineuse avec ce dessin en dorures est comme le titre, assez évocatrice.

Oubliez donc toutes les histoires de pirates et de marine à voile que vous avez lues jusqu’à présent. A bord du Jakarta nous avons une représentation de la vie à bord de ces bateaux de la compagnie hollandaise des Indes orientales (la VOC) sans doute assez réaliste. C’était un véritable enfer tant pour l’équipage composé de malfrats recrutés dans les pires bas-fonds que pour les passagers. Aucune hygiène, humidité permanente, violences en tout genres, punitions d’une violence inouïe, risque permanent de mutinerie… rien n’est fait sur le bateau pour l’équipage qui passe après les cargaisons et les intérêts de la VOC. Le représentant de la compagnie à bord y veille avec toute son autorité et bien plus. La VOC n’a cure du bien-être de l’équipage et calcule tout à l’économie pour engranger le plus de profit.

Xavier Dorison s’inspire d’une histoire vraie pour nous embarquer dans ce huis clos maritime lugubre et violent qui se transforme vite en thriller psychologique. Seuls les forts tempéraments peuvent survivre ou se faire obéir dans un tel environnement, exacerbant d’autant les tensions à bord. Au milieu de de ce nid de vipères, les rares personnages positifs ont du mal à faire valoir les bribes de valeur qu’il leur reste.

La lecture de ce premier tome d’un diptyque consacré à l’une des pages les plus sanglantes de l’histoire maritime ne laisse pas indemne. La rudesse de la vie à bord et des personnages y est exposée sans filtres et l’on n’en finit pas de voir à quel point l’âme humaine peut être noire.

La mise en image est époustouflante et participe grandement au malaise qu’inspire ce récit. Pas d’images exotiques, on ressent toute la puanteur, la crasse et le sordide qui habitent le vaisseau.

C’est sûr, après cette histoire, les récits maritimes n’auront plus jamais la même saveur.

Loubrun

 

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