Perpendiculaire au soleil

Scénario : Valentine Cuny – Le Callet
Dessin : Valentine Cuny-Le Callet
Éditeur : Delcourt
436 pages
Date de sortie :  août 2022
Genre : documentaire ; reportage ; témoignage

 


« Chère amie en l’ACAT, suite à votre demande, j’ai le plaisir de vous communiquer les coordonnées de votre correspondant. Je l’ai informé qu’il devait s’attendre à recevoir une correspondance de votre part. Ne tardez donc pas à lui écrire. »

 

Présentation de l’éditeur

À 19 ans, Valentine Cuny-Le Callet entame une correspondance avec Renaldo McGirth, un condamné à mort américain. Au fil de leurs échanges, naît un projet de récit graphique d’une intense émotion.

En 2016, Valentine Cuny-Le Callet entame une correspondance avec Renaldo McGirth, condamné à mort, incarcéré depuis plus de 10 ans en Floride. Au fil de leurs lettres, des images qu’ils s’échangent, des rares visites, naît le récit graphique de leurs vies parallèles. Le livre questionne avec une intense émotion la brutalité d’un système carcéral, et l’amitié qui surgit, depuis une cellule de 5m2.

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Mon avis

Seul un nom figure au générique de ce livre, pourtant il a bien été réalisé à 4 mains. Valentine Cuny-Le Callet a 19 ans lorsqu’elle entame des échanges épistolaires avec un condamné à mort, Renaldo Mc Girth. Comme tout le monde en 2015, elle est sous le choc des attentats perpétrés en France. Alors que ces drames ont fait ressurgir le débat sur la peine capitale, elle écoute Danièle Mérian, avocate militante à l’ACAT, l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture. Elle envoie en 2016 sa demande à l’ACAT pour être correspondante avec un condamné à mort.

Ce livre est le fruit de ces échanges sans fard et sans tabous. Le propos n’est pas de refaire le procès du condamné mais d’apporter de l’humanité dans un univers carcéral et judiciaire d’une grande violence morale et psychologique. L’exercice est difficile des deux côtés, et il apporte son lot de joies, de peines, de déceptions et de satisfactions. Tous les échanges sont restitués quasiment mots pour mots et dessins pour dessins, et nous découvrons les embûches semées par les règles de l’administration carcérale quant aux courriers envoyés aux condamnés. Aussi strictes qu’imbéciles elles confinent souvent plus à la censure qu’aux règles de sécurité.

Ces échanges permettent à Renaldo de découvrir le monde par procuration et offrent à Valentine de témoigner de l’inhumanité des couloirs de la mort. Au moment de ces correspondances, Renaldo est en prison depuis 10 ans. Il fut, à 21 ans, le plus jeune condamné à mort des États-Unis.

Ce témoignage est d’une richesse inouïe et sa lecture, qui se fait d’une traite, apporte une émotion intense et poignante. Qui peut rester insensible à ces textes, d’une grande douceur et humanité, écrits par un homme que la société à condamné à mourir ? Qui peut rester insensible à ces dessins de fleurs et de paysages colorés d’une grande poésie, réalisés au fond d’une cellule de 5m2 avec les moyens du bord ?

Ce témoignage est tout simplement bouleversant et, si la loi interdit à tout condamné de tirer profit de son crime en mettant son nom sur un ouvrage, rien ne nous empêche nous lecteurs de rendre hommage à cet auteur invisible, qui reste un homme avant d’être un condamné.

Loubrun

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