Metal Hurlant : Le futur, c’est déjà demain

Auteurs : Collectif
Editeur : Les Humanoïdes Associés
Genre : Science-fiction
Sortie : le 29 septembre 2021

C’est donc avec beaucoup d’élan que ce Metal Hurlant nouvelle génération reprend le flambeau, se forgeant sur de solides appuis mais s’adaptant également aux nouvelles et récentes technologies de pointes.

Avis de l’éditeur :

En 2021, la science-fiction est aux portes de notre quotidien  : écologie, robotique, transhumanisme, réalité virtuelle, passeport biologique, avatars post mortem, art numérique… Toutes ces thématiques sont abordées dans un numéro exceptionnel contenant une trentaine d’histoires courtes. Ces récits, éclectiques et fascinants, sont structurés autour d’un genre de la SF  : l’anticipation proche.

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Mon avis :

C’est durant l’année 1975 grâce à son rédacteur en chef Jean-Pierre Dionnet que la revue Metal Hurlant vit le jour aux éditions Humanoïdes Associés. Ce mensuel pour adultes est devenu, pour beaucoup de lecteurs, une mine d’or en matière de science-fiction, référé sous différents sous-genres. Des entités incontournables du 9ème art livrent leur version post-apocalyptique, visionnaire ou encore avant-gardiste, puisant dans ce genre en pleine effervescence durant la seconde moitié des années 70 et les années 80. Moebius, Druillet, Tardi, Bilal, Jodo, pour ne citer qu’eux (la liste étant relativement longue et leurs œuvres tout autant).

Mais le magazine, déjà très prisé par le secteur de la BD, ne s’arrête pas là pour autant. Il décortique minutieusement d’autres arts tels que le cinéma, la musique et les romans illustrant la SF tel un cheval de bataille. Entre les différents groupes de Heavy Metal qui ont fait littéralement fureur dans les années 80-90 et les films incontournables mystifiant le genre tels que Blade Runner, Strange Days, New York 1997, devenus à ce jour cultissimes pour nombreux aficionados.

C’est donc avec beaucoup d’élan que ce Metal Hurlant nouvelle génération reprend le flambeau, se forgeant sur de solides appuis mais s’adaptant également aux nouvelles et récentes technologies de pointes. La SF évolue de manière permanente et ce qui hier encore semblait répertorié exclusivement au domaine de « l’éventuel »  et « envisageable » fait entièrement partie de notre quotidien, sans que l’on s’en soucie le moins du monde.

Ce premier opus de Metal Hurlant nouvelle vague se décortique en deux éléments distincts : la charte explicative quant à l’évolution des technologies, les arts tournant autour de la SF de manière générale (allant du jeu vidéo au téléphone portable dernier cri) et la seconde moitié de l’ouvrage, bien évidemment dédié à la BD, pour laquelle nous allons explorer son contenu.

Et bien que nombre d’auteurs participent à cette aventure ambitieuse, le résultat se veut plus inégal, variant du correct, au bon, les extrêmes n’étant pas épargnés. A chacun de se forger sa propre opinion. « Premiers de cordée » est un récit sans la moindre bulle où Mathieu Bablet expose sa vision de la SF : un immense bâtiment flotte sur l’eau, réunissant des humains et des animaux, bovins majoritairement. Petit à petit, les fondations s’effritent ne laissant plus qu’un large radeau pour les survivants. Fatalité … tout porte à croire que oui.

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S’ensuit un récit pour le moins iconoclaste intitulé « Pet Play » où les animaux domestiques appartenant à un suspect, passent un interrogatoire alimenté d’une puce leur permettant de communiquer avec les humains. Une trame signée Diego Agrimbau & Lucas Varela.

« War Games », quant à lui, évolue en noir et blanc dans un registre somme toute assez classique avec des jeunes qui provoquent pour pas grand-chose dans une aubette de nuit. Un nouveau jeu fait sensation : à tout achat d’un certain produit, recevez en contrepartie des points permettant de s’approprier des armes dans le jeu même… mais la tendance va nettement plus loin lorsque de réelles rixes ou bagarres entre clans interviennent pour freiner les joueurs.

« E-ballade » consiste en un périple de bons et loyaux amis, fiers de se retrouver à chasser du gibier, grâce à la géo localisation bipés des animaux sur leur application.

Les mini-récits de quelques pages défilent sans réellement se ressembler. Notons le captivant « Solar Point » d’une grande méticulosité graphique (Anna MillLuke Jones) s’apparentant à de l’art abstrait. Tout comme « Un futur différent » (Sylvain Runberg – Ingo Romling) s’inscrivant dans un registre comparable à Minority Report. Chacun à sa sauce personnelle tente de s’affirmer évoquant sa vision du futur, qui reconnaissons-le, est enclin au déclin, à la démesure, à une souffrance de l’individu ou sujet à l’incompréhension face aux désastres naturels (causés par l’humain)

Nous voici avec une entrée en matière potable, ni plus ni moins, qui éveille certes notre curiosité mais sans jamais réellement répondre à nos attentes primaires. La difficulté étant que face aux monstres sacrés connus de Métal Hurlant, la tâche est d’autant plus rude. Mais l’intention est là ainsi que la volonté de chaque artiste de faire face au mieux.

Quoi qu’il en soit, nous serons particulièrement attentifs à la suite de Métal Hurlant, qui après cette timide sortie, nous réserve sans nul doute un concentré plus dynamique.

Coq de Combat

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