Les Lions Endormis

Scénario : Sylvie Gaillard (avec le concours de Joana Balavoine)
Dessin : Fanny Montgermont
Éditeur : Grand Angle
Date de sortie : 1er septembre 2021
96 pages
Genre : Témoignage

« Je veux apprendre à exister sans la drogue. Je veux apprendre à exister sans penser que je suis une erreur. »

Présentation de l’éditeur

Joana n’a jamais connu son père, Daniel Balavoine, décédé avant sa naissance. Les deux âmes n’ont fait que se croiser. Alors, Joana se cherche une identité et une légitimité. Tiraillée par une culpabilité inconsciente, elle trouve refuge dans la drogue qui lui donne l’illusion que tout va bien. La dégradation de son état physique est un électrochoc. Elle doit combattre cette emprise qui la dévore et lui dérobe une partie d’elle-même. Cependant la tâche s’avère plus compliquée que prévu, car la drogue est pugnace. On ne la quitte pas en un claquement de doigts

Mon avis

Joana Balavoine parle de sa vie. « Fille de » qui tente de se construire avec l’absence d’un père qu’elle n’a jamais connu, chanteur justement très connu pour sa voix harmonieuse, puissante et contestataire. Elle partage son histoire pour témoigner des ravages de la drogue et du combat qu’elle a mené contre celle-ci.

Il s’agit avant tout d’un portrait de femme qui tente de faire son chemin, portant un double héritage filial et financier qu’elle peine à maitriser et supporter. La drogue est là dés la deuxième page, dés le matin, elle maintient Joana, la rend « invincible » pour reprendre ses propres mots. Le témoignage de cette femme est fort et empreint de toute l’ambivalence que constitue le combat pour sortir de la dépendance. Tout dépend d’elle même, de sa volonté de sortir de ce cercle infernal. Mais en même temps, il est évident qu’elle a besoin d’être accompagnée, d’être entourée, d’être parfois secouée. Sylvie Gaillard trouve un équilibre narratif qui permet de suivre à la fois les parcours amoureux et professionnels de Joana sans cependant mettre la drogue au centre de tout ce que la jeune femme vit au quotidien. La drogue est omniprésente mais elle n’explique pas tout, ne justifie pas tout : le cercle est vicieux, les causes se mêlent parfois aux conséquences. Si certains passages m’ont semblé manquer d’un certain naturel, Les Lions Endormis constitue un solide pamphlet contre les ravages de la drogue, une histoire sur la difficulté des rapports humains souvent mus par des angoisses individuelles projetées sur l’autre. Les aquarelles de Fanny Montgermont soulignent habilement des ambiances parfois pesantes. Les visages, les regards sont expressifs, le malaise est communicatif. Un texte et des dessins (plus symboliques), de Joana Balavoine clôturent cet album précieux car traitant d’un mal auquel nous pouvons tous être confrontés.

ScénarioDessinico_Album
coeur_quatrecoeur_troiscoeur_trois_et_demi


Petitgolem13

2 commentaires sur “Les Lions Endormis

Ajouter un commentaire

  1. Je sais que nous avons eu un petit débat sur la cotation quelquefois un peu trop généreuse et j’espère que ça ne t’a pas trop influencé sur la note graphique de cette BD dont j’aime bien les aquarelles de Fanny (qui méritent un peu mieux, comparées à ta note maxi sur le dessin propre, froid et inexpressif à la Chris Ware de la météorite de Hodges !)😉

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :