Le goût de la nectarine

Autrice : Lee Lai
Éditeur : Sarbacane
240 pages
Date de sortie : 3 février 2021
Genre : tranche de vie, introspection, roman graphique, LGBTQ+

« Deux femmes, Bron et Max, s’aiment d’un amour dévorant.
La société américaine puritaine les rejette.
Abandon, marginalité… leurs peurs respectives ressurgissent.
Ça tangue, ça vacille, ça tiraille… jusqu’au clash.
Retour à la case départ ? »

Présentation de l’éditeur :

Une ode à l’émancipation des femmes et à la tolérance

Bron et Max sont liées par un amour puissant et dévorant. Leurs escapades sauvages avec Nessie, la nièce de Max, constituent des îlots de bonheur qu’elles attendent chaque semaine avec impatience. Entraînées par le pouvoir d’imagination de l’enfant, elles peuvent être elles-mêmes et oublier leur quotidien pris en étau entre des tensions familiales, le rejet et l’isolement. Mais les vieux démons de Bron resurgissent et leur relation s’étiole… Les deux jeunes femmes n’auront d’autres choix que de s’ouvrir à leurs sœurs respectives, dont elles se sont autrefois détournées.

Parviendront-elles à laisser de côté leur rancœur et à trouver le chemin de la réconciliation ?

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Mon avis :

Comme pour « De l’importance du poil de nez », le titre ici fait référence à une petite anecdote vécue par les héroïnes, Bron et Max. La première est transgenre, tentant de devenir une femme malgré les remontrances passées de sa famille ultra-catholique. La seconde est homosexuelle et tante d’une adorable petite fille, Ness qu’elle a promis de prendre deux jours par semaine afin d’aider sa sœur dans son éducation.

Ces moments avec cette petite sont magiques pour les deux femmes. En effet, ça fait ressortir leur instinct primaire, travailler la partie reptilienne de leurs cerveaux, pour laisser libre court à l’imagination sans bride – c’est sans doute pour ça qu’elles ressemblent à des lézards quand elles courent dans les bois ?! Mais le bonheur ne peut pas se résumer à ces deux après-midi et autant Bron que Max en sont conscientes, tant et si bien qu’un jour : Bron s’en va trouver paix et quiétude chez ses parents où elle peut compter sur sa jeune sœur pour la soutenir…

Drôle d’endroit pour se ressourcer connaissant les appréhensions des parents, membres ultra-conservateurs de la communauté de l’église de leur quartier, mais pourtant : Bron sent que c’est là qu’elle doit reprendre sa vie en main.

De son côté, après le choc d’avoir perdu celle qu’elle aime pour un temps ou pour toujours, Max se réconcilie avec sa sœur avec qui ça n’a pas toujours été l’entente cordiale. Mais petit à petit, Bron comme Max vont pouvoir se pencher sur qui elles sont réellement et ce à quoi elles aspirent dans la vie, ensemble ou séparément, avec ou sans le soutien de leurs proches qui se révéleront, au-travers des sœurs respectives de nos héroïnes, présents ou absents, voire manquant de courage pour assumer leurs sentiments.

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Si le fond de ce scénario est intéressant pour aider les membres de la communauté LGBTQ+ à se trouver en puisant au fond de soi-même, et à leurs entourages de comprendre et accepter ces gens qu’ils aiment malgré tout : la forme laisse à désirer. Alors que Lee Lai, l’autrice, parvient à rendre les personnages somme toute assez attachantes, le dessin est… laid. Bien que souvent, les romans graphiques dont ce titre fait partie, sont une expression personnelle de l’auteur, ça n’en reste pas moins que le dessin de Lee Lai soit basique, en noir et blanc qui plus est, et avec des traits dont on se serait passé – ne serait-ce que le contour des nez : c’est une catastrophe.

Alors on se focalise sur le texte, les échanges entre toutes ces personnes. Max et Bron qui s’aiment, incontestablement, mais qui doivent d’abord chasser leurs démons personnels ; Max et sa sœur qui ont traversé pas mal de galères au point de n’avoir été liées que par la petite Ness jusqu’à présent ; cette enfant qui, malgré son jeune âge, comprend et ressent bien les choses et enfin dans la famille de Bron qui ne parvient pas à imaginer leur fils devenu une femme. Seule sa sœur, âgée de 16 ans, semble la soutenir… mais elle a ses limites, comme tout un chacun, finalement.

En résumé, une approche humaine des difficultés à être différent dans cette société où tout le monde doit rentrer dans des cases, avec un dessin qui est, soit laid pour magnifier le texte, soit juste « pas beau », ce qui affecte un peu la qualité que « Le goût de la nectarine » aurait pu avoir.

ShayHlyn.

5 commentaires sur “Le goût de la nectarine

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  1. Belle chronique (encore) Jeanne avec une analyse limpide de la situation et… objective du graphisme (pas beau😱) dont je partage l’appréciation et la note !😉

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