De l’importance du poil de nez

Autrice : Noémie
Éditeur : Sarbacane
Date de sortie : 4 novembre 2020
Pages: 240
Genre : Maladie, tranche de vie, introspection, intimiste.

Elle a vingt ans, elle s’appelle Noémie.
Vibrante de vie et d’humour, elle tourbillonne entre ses amis et sa famille, car au Liban, la famille, c’est toute une affaire !
Rien n’empêchera Noémie d’être heureuse : ni ses amours compliquées, ni les méandres d’une société parfois labyrinthique… ni son cancer.
Parce que oui, il y a ça aussi.

Présentation de l’éditeur :

Mais comment fait Noémie pour nous parler d’un sujet aussi grave – son cancer – avec autant de légèreté ? LE TALENT.

Noémie a 18 ans quand elle tombe malade. Étudiante en arts aussi brillante que drôle, elle brûlait la vie par les deux bouts, avec joie et gourmandise… jusqu’à ce que son corps lui renvoie tout dans les dents. Un combat s’engage alors entre elle et son cancer – avec pour décor, Beyrouth, sa folie, son multiculturalisme, son caractère inimitable.

De l’importance du poil de nez est un projet autobiographique unique, fourmillant de joie et d’émotion. Portrait à vif de la jeunesse libanaise, mais aussi étonnante comédie de mœurs superposant quatre générations de femmes, c’est un objet narratif inclassable… et une merveille graphique. Des planches foisonnantes au crayon de couleur, à chaque page plus inventives et hypnotiques !

de-l-importance-du-poil-de-nez-scan2

Mon avis :

Si le titre prête à sourire, le thème de cette bio-fiction ferait, quant à lui, plutôt pleurer. Je peux d’ailleurs vous dire, à titre personnel, que je me le suis pris dans la tronche comme un pavé car j’ai retrouvé dans ce récit tant de points communs avec le combat de ma maman qui a également eu un cancer de Hodgkin qu’on a suspecté être tout autre chose (une tuberculose plus exactement) au départ. Mais trêve de bavardage…

Il faudra lire plusieurs pages pour comprendre le titre, une anecdote pas très ragoutante mais qui démontre effectivement l’importance de nos poils nasaux. Mais avant cela, il aura fallu chercher à découvrir le mal qui rongeait Noémie. Pourquoi, d’un coup, s’est-elle mise à se gratter frénétiquement partout ? Eczéma ? Anxiété ? Cancer…

Ce terme a une puissance de frappe monumentale, que nous soyons au Liban ou n’importe où dans le monde. Des images de malades en chimio, le crâne lisse comme une boule de billard… qu’on imagine se diriger tout droit vers le corbillard, des visages cadavériques, la maigreur, les vomissures, … un simple mot peut faire imaginer toutes ces horreurs, même quand le mal en question est curable, bénin. Parce qu’un cancer, quel qu’il fût il y a encore quelques dizaines d’années, c’était toujours mortel.

de-l-importance-du-poil-de-nez-scan

Mais Noémie, on le comprend dans ses souvenirs familiaux, est une battante. Avec son caractère bien trempé et le soutien indéfectible de ses proches qu’on découvre au fil des pages, elle surmontera l’adversité pour nous dévoiler les secrets de l’après cancer. Parce que le combat en lui-même, déjà difficile, n’est qu’une première étape, aussi lourde soit-elle, dans sa propre prise en main, son estime de soi et sa perception de la vie malgré l’aura de la mort qui rôde.

Dès lors, on admire le choix des couleurs de l’autrice pour son ouvrage. Des tons chauds, rayonnants et pleins de vie malgré ce fichu cancer et ce qu’il engendre. Ce dessin qui semble tout droit sorti de son journal intime, crayonné aux pastels, rend le récit encore plus intime, de même que les quelques lignes écrites en arabe pour lesquelles nous n’avons pas toujours la traduction.

Ça sent le vécu et cette vie de famille, ces gens si soudés les uns aux autres, permet de voir la maladie selon différents points de vue. Une façon de toucher un large public qu’on soit atteint d’un cancer ou proche d’un malade. La vie continue, il faut se battre et aller de l’avant ensemble, mais aussi pour soi-même. Et là, « de l’importance du poil de nez » est un exemple parlant de vérité et d’optimisme.

ShayHlyn.

2 commentaires sur “De l’importance du poil de nez

Ajouter un commentaire

  1. C’est vrai qu’au premier regard les couleurs paraissent agressives… mais je pense qu’on doit s’y habituer et ça doit aider à faire passer la gravité du sujet.
    Pas sûr que j’aurais envie de lire ce type d’histoire avec le climat anxiogène d’aujourd’hui !🙄

    Aimé par 1 personne

  2. En soi, le cancer passe assez vite. C’est davantage les liens humains durant cette période, avant et après. Mais c’est sûr qu’avec le covid, c’est pas le plus drôle à lire.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :