Jeanne la Mâle reine T3/3

Scénario : France Richemond
Dessin : Michel Suro
Éditeur : Delcourt, collection « Les reines de Sang »
64 pages
Date de sortie : 3 février 2021
Genre : historique, Moyen-Âge, biographie

« Quand ce coq cy chantera
Le roy trouvé cy entrera »
Cassel août 1328, Banderole accompagnant un coq en paille, narguant les troupes du roi en approche.

Présentation de l’éditeur :

Jeanne de Bourgogne exerça la régence du royaume dès 1338 durant l’absence de son mari constamment en train de livrer bataille. Ses décisions feront d’elle la reine unanimement haïe par le peuple de France.

Jeanne réside dans le palais du Tau, qui jouxte la cathédrale de Reims, avec ses enfants. C’est le palais épiscopal, résidence des rois lors du sacre. Elle est reine, enfin ! Elle jouit pleinement de ce moment de grâce en attendant d’assister au sacre du comte de Flandre, Louis de Nevers. Elle n’aura pas le temps de profiter de la cérémonie car de tristes évènements requièrent son « expertise ».

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Mon avis :

Soyons fous et commençons par la fin, avec la documentation historique relatant l’importance des femmes au Moyen-Âge, fussent-elles reines ou paysannes. Rares sont celles qui ont eu le « privilège » d’être mentionnées à plus d’un titre dans les ouvrages de l’époque. Pourquoi ? Parce qu’elles n’étaient pas, ou peu, importantes. Hormis leurs mariages, leurs enfantements – de garçons plus précisément – et leurs testaments (si elles avaient eu une quelconque fortune) : voilà à quoi étaient réduites ces dames.

Alors forcément, quand l’une d’entre elle mérite davantage de lignes dans les rapports historiques : ça titille ! Et c’est ainsi qu’est né le triptyque de la collection « Les reines de sang » aux éditions Delcourt sur « Jeanne la Mâle reine ». Mâle car elle était accablée de maux, dont à priori, la boiterie. On la disait aussi servante du Malin : ce qui a fait couler beaucoup d’encre… Rares furent les dames de l’époque à jouir d’une telle importance politique. En effet, son époux, le roi Philippe VI de Valois, écoutait attentivement les conseils de son épouse, faisant même d’elle, à l’aube de la guerre de cent ans, la lieutenante du royaume pendant qu’il guerroyait contre le roi Édouard III d’Angleterre revendiquant la couronne de France, apparemment volée par Philippe VI.

Mais ceci se retrouve à la fin de ce tome. Avant cela, il y a la « guerre des Jeanne » comme j’aime à le dire car pas moins de trois homonymes se retrouvent mêlées à des histoires de succession et d’usurpation de titre. En effet, Jeanne de Valois, la demi-sœur du roi et épouse de Robert d’Artois, complote – certes à juste titre – pour que son époux récupère le titre et les terres d’Artois qui, faute de documents légaux en sa faveur, sont passé aux mains de la dame nommée Mahaut, parente de Robert d’Artois.

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C’est dans cette quête pour récupérer ce qui leur revient de droit que Jeanne de Valois va rencontrer Jeanne de Divion, épouse de chevalier, certifiant que Robert d’Artois est bel et bien le dépositaire de ce titre contrairement à Mahaut et sa descendance. Quelle affaire ! C’est là que notre Jeanne la Mâle reine, bonne amie avec Robert, intervient. Un jeu du chat et de la souris s’engage entre ces dames pendant que des affaires royales occupent Philippe VI et Edouard III qui attirent tout autant l’attention des Jeanne, cela va sans dire.

Voilà un scénario, signé France Richemond, qui peut se targuer d’être autant historique, politique que romantique, voire sombre et complotiste au vu des morts qui entourent ces familles. Le dessin de Michel Suro, colorisé par Dimitri Fogolin, quant à lui, peine un peu. Bien que de bonne facture, surtout dans les fresques héroïques ou les plans larges, les personnages semblent quant à eux toujours en train de crier, déformant leurs traits pas toujours constants. On en remercierait presque les quelques caractéristiques physiques comme les coupes de cheveux de ces dames ou la pilosité de ces messieurs pour reconnaître les protagonistes. Mais dans l’ensemble, c’est avec assez d’émerveillement que les grands faits historiques de l’époque sont perçus par le lecteur et la trame scénaristique joue évidemment pour beaucoup dans l’intérêt croissant pour ces Jeanne en guerre secrète pendant que les rois guerroient.

ShayHlyn.

7 commentaires sur “Jeanne la Mâle reine T3/3

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    1. Moi je savoure quand y a plein de Jeanne. J’ai grandi à une époque où les seules Jeanne que je connaissais étaient (très) âgées. J’ai même une homonyme née aussi un 3 août mais elle a presque 100 ans. Donc c’est toujours drôle quand la pharmacienne me dit « vous êtes la jeune, c’est ça ? »

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      1. ‘tain, elle est vachement perspicace ta pharmacienne !🤣
        Sinon, ça te laisse de l’espoir pour la longévité !😉

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